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 FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS

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Nine
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MessageSujet: FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS   Jeu 29 Jan - 10:51

Freud et Rodin collectionneurs
La passion à l'oeuvre

SCULPTURE

« L'Antique est la vie même », proclamait Auguste Rodin. « J'ai lu plus d'ouvrages sur l'archéologie que sur la psychologie », confessait Sigmund Freud.

Le sculpteur de la Porte de l'enfer et le père de la psychanalyse partageaient une passion commune, qui justifie leur rapprochement actuel au musée de la rue de Varenne : collectionner des antiquités. Les six mille pièces de Rodin (« des morceaux de Neptune, de femmes déesses ») transforment sa villa, sur les hauts de Meudon, en une Acropole bis. Les trois mille statuettes de Freud - égyptiennes, grecques - envahissent son appartement du 19, Berggasse, à Vienne.

Mais chacun amasse selon son tempérament : l'un, en artiste qui ne se fie qu'à son instinct du beau ; l'autre, en homme de science, qui exige des preuves - des certificats d'authenticité, délivrés par les conservateurs du Kunsthistorisches Museum de Vienne.

Pourquoi cette frénésie d'acquisitions ? « Tous les collectionneurs sont des répliques de Don Juan », diagnostique Freud, qui décèle dans l'archéologie une métaphore de sa pratique d'analyste : « Comme l'archéologue, je mets à nu plusieurs couches de la psyché du patient, avant de parvenir à ce qui est le plus précieux, mais le plus profondément enfoui. » Rodin, lui, en reçoit une incitation créatrice : « Ces dieux mutilés m'instruisent, ils sont animés et je les anime encore plus. »

En réalisant des moulages qu'il greffe sur des supports évasés et selon un principe que n'aurait pas désavoué l'inventeur de la cure analytique : l'association libre.

Gilles Macassar

Telerama n° 3081 - 31 janvier 2009

Jusqu'au 22 février au musée Rodin, Paris 7e. Tél. : 01-44-18-61-10. Catalogue : Coéd. N. Chaudin/musée Rodin, 240 p., 39 EUR.

Etoile


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MessageSujet: Re: FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS   Jeu 29 Jan - 16:51

UN AUTRE REGARD SUR

LA PASSION À L'OEUVRE,
RODIN ET FREUD COLLECTIONNEUR
AVEC MICHELLE MOREAU RICAUD,
PSYCHANALYSTE

Peu connue, la collection d’un Freud amateur d’antiques, exposée aujourd’hui en regard de celle de Rodin, intriguera et touchera à la fois le grand public et celui des spécialistes.

On verra l’avantage que Freud tirait de cette passion, pour lui-même, mais également pour sa théorie et ses patients. Michelle Moreau Ricaud, psychanalyste, est notamment membre du « IVème groupe OPLF » (Organisation Psychanalytique de Langue française).

Conférence gratuite, droit d'entrée à régler.
Sans réservation (dans la limite de 25 personnes)

HORAIRE

Samedi 31 Janvier à 11h30

ADRESSE

Dans l'espace de l'exposition

Musée Rodin
21, boulevard des Invalides
75007 Paris
Téléphone : 01 44 18 61 10
Télécopie : 01 44 18 61 30

Métro (ligne 13) : Varenne ou Invalides
R.E.R (ligne C) : Invalides
Bus : 69, 82, 87, 92
Stationnement : Bd des Invalides
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MessageSujet: Re: FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS   Jeu 29 Jan - 16:54

Le musée Rodin possède environ six mille six cent sculptures. Celles-ci, terres cuites, plâtres, bronzes, marbres, cires, pâtes de verre, grès, etc.... sont conservées à Paris et pour la plus grande partie à Meudon. Lors de la création du musée il fut en effet décidé de présenter à Paris les sculptures achevées, marbres et bronzes, tandis que les plâtres qui reflètent la genèse des oeuvres resteraient à Meudon.

La situation n'a guère changé : tandis qu'à Meudon le visiteur plonge dans le mystère de la création, à l'hôtel Biron il peut étudier, en un jeu permanent de renvoi entre les salles et le jardin, les grandes oeuvres de l'artiste : aux marbres et aux bronzes que comprenait la donation de 1916 sont en effet venus s'ajouter des dons et acquisitions, des fontes réalisées par le musée (la Porte de l'Enfer, Ugolin, etc....), enfin des dépôts ou attributions d'oeuvres qui appartenaient à l'Etat et ont rejoint le musée Rodin en 1919 ou plus tard : c'est le cas de deux des oeuvres les plus célèbres du musée : le Baiser et le Penseur.

Un lien pour entrer dans l'univers de RODIN super

http://www.musee-rodin.fr/accueil.htm
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MessageSujet: Re: FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS   Jeu 29 Jan - 16:59

François-Auguste-René Rodin (Auguste Rodin).

Naissance : Paris - 1840 / Décès : Meudon-la-Forêt, 1917
Auguste Rodin naît le 12 novembre 1840, 3 rue de l'Arbalète à Paris dans une famille d'origine rurale et modeste.

Son père Jean-Baptiste est d'origine normande, sa mère Marie Cheffer d'origine lorraine. Du premier mariage de son père avec Gabrielle Cateneau il a une demi-soeur, Clothilde, qui semble avoir été écartée de la famille après le deuxième mariage de Jean-Baptiste. Auguste a une soeur aînée, Maria.


Biographie

En partie à cause de sa forte myopie, il mena des études médiocres, dont il gardera longtemps le handicap de sa maîtrise du français, il est admis en 1854 à l'École spéciale de dessin et de mathématiques dite la "petite école" à 14 ans (devenue depuis École nationale supérieure des arts décoratifs) où il suit les cours du talentueux Horace Lecoq de Boisbaudran, dont la méthode consiste à préserver la sensibilité de chaque élève en lui enseignant à utiliser sa vue et sa mémoire visuelle, et du peintre Belloc.

En 1855 il découvre la sculpture avec Antoine-Louis Barye puis Albert-Ernest Carrier-Belleuse.

En 1857 il quitte "la Petite École" et fort d'un talent reconnu par ses professeurs, suivant l'avis du sculpteur Hippolyte Maindron, il tente le concours d'entrée de l'École des Beaux-Arts, dont il réussira l'épreuve de dessin, mais échouera trois fois de suite à celle de la sculpture. Son style n'était pas conforme aux traditions néo-classiques qui y régnaient. Il est alors contraint pour se nourrir de travailler, et est engagé comme artisan-praticien dans des ateliers de divers sculpteurs et staffeurs ornemanistes, chez divers décorateurs tels que Garnier, Blanche ou Cruchet. L'activité de cette époque est particulièrement dopée par les travaux du baron Haussmann et les goûts de l'époque pour l'ornementation.

Le 8 décembre 1862, frappé par le décès de sa soeur Maria, Rodin entre au noviciat de la congrégation du Très-Saint-Sacrement. Au terme d'un an le R.P. Pierre-Julien Eymard l'encouragea vivement à poursuivre dans la voie artistique. Durant cette période il réalisa un buste du P. Eymard. L'anecdote rapporte que l'oeuvre n'obtint pas satisfaction et fut alors remise au grenier.

Collaboration avec Carrier-Belleuse et Van Rasbourgh
En 1864 il rencontre Rose Beuret, une ouvrière couturière âgée de 20 ans qui lui servira de modèle et deviendra sa maîtresse et sa future épouse, et avec qui il aura un fils Auguste Eugène Beuret en 1866, qu'il ne reconnaitra jamais. Rose fut plusieurs fois le modèle de Rodin, témoignant de son évolution stylistique, de "Jeune fille au chapeau fleuri" en 1865, particulièrement imprégné par le style charmant du XVIIIe, en passant par "Mignon" en 1869, puis "Bellone", exécutée en 1878 après son retour de Belgique.

Son "Homme au nez cassé" est refusé au Salon de Paris, où Rodin ne sera exposé qu'en 1875.

C'est dans la période de 1865 - 1870 qu'il débute sa collaboration avec Albert-Ernest Carrier-Belleuse, sculpteur renommé du Second Empire, formé lui aussi à la Petite Ecole. Carrier-Belleuse porte l'art de la sculpture à une production en série, stimulée par la forte demande de la haute bourgeoisie de l'époque. Rodin travailla dans l'atelier de Carrier-Belleuse, qui produisit de nombreuses ornementations de qualités, aussi bien pour les décors architecturaux de grands chantiers tels que l'Opéra, l'hôtel de la Païva des Champs-Elysées.

En 1870 Rodin accompagne le sculpteur belge Antoine-Joseph Van Rasbourgh à Bruxelles où il participe aux travaux de décoration de la Bourse du Commerce. Il est mobilisé comme caporal dans la Garde nationale pour la guerre franco-allemande de 1870 puis réformé pour myopie. Il retourne alors en Belgique avec Carrier-Belleuse avec lequel il collaborera jusqu'en 1872.

Il s'associe par contrat avec Van Rasbourgh en 1873 et participe entre autre au décor du Palais des Académies à Bruxelles.

Voyage en Italie et étude de Michel-Ange
1875 il réalise un de ses grands rêves en voyageant en Italie pour découvrir Turin, Gênes, Pise, Venise, Florence, Rome, Naples, leurs trésors artistiques et "découvrir les secrets" de Donatello et surtout de Michel-Ange. À son retour en France, il visite les cathédrales françaises.

Première grande oeuvre et succès
1877 - âgé de 37 ans, de retour à Paris il réalise sa première grande oeuvre L'Âge d'airain, la statue en grandeur nature en plâtre d'un jeune homme qu'il expose au "Cercle artistique et littéraire de Bruxelles" et au "Salon des Artistes français de Paris". Sa statue donne une telle impression de vie, qu'on l'accuse scandaleusement d'avoir fait un moulage sur un modèle vivant. Des experts prouvent son génie et ce scandale retentissant amorce sa gloire, sa fortune et ses 40 ans de carrière. Les commandes officielles abondent rapidement et Rodin devient portraitiste mondain.

1878 - Rodin crée son Saint Jean Baptiste plus grand que nature pour prouver définitivement qu'il n'a pas recours au moulage et prouver son génie. Rodin révolutionne alors la sculpture, par l'expressivité des formes, des expressions, des émotions, des sentiments et de la sensualité, de la perfection des visages, et de parties aussi complexes que les mains, les pieds etc. Il invente "le style Rodin" avec de nouvelles techniques de sculpture comme l'assemblage, la démultiplication ou la fragmentation, en totale contradiction avec l'académisme d'alors.

1879 - il intègre la Manufacture nationale de Sèvres de porcelaine jusqu'en décembre 1882.

1880 - il installe son atelier au 182 rue de l'Université dans le 7e arrondissement de Paris (qu'il gardera toute sa vie) et l'État français lui commande La Porte de l'enfer inspirée par La Divine Comédie de Dante et des Fleurs du mal de Charles Baudelaire pour le futur musée des Arts décoratifs du Musée du Louvre, son oeuvre la plus monumentale de 7 m de haut et 8 tonnes, qui ne sera jamais livrée ni fondue en bronze de son vivant et à laquelle il travaillera seul jusqu'à la fin de ses jours (fondue en bronze en 1926 et exposée actuellement au musée Rodin).

Il part en voyage en Angleterre ou il apprend la gravure avec Alphonse Legros à Londres. À son retour en France il réalise les figures d'Adam, d'Eve et Le Penseur en 1882.

Camille Claudel
1883 - Rodin fait la connaissance de sa brillante jeune élève et muse Camille Claudel alors âgée de 19 ans, qui partage son atelier et participera activement entre autre à la création du monument Les Bourgeois de Calais (commandé en 1885 par la municipalité de Calais à la mémoire d'Eustache de Saint Pierre) et avec qui il entretient une relation artistique et amoureuse passionnée et tumultueuse durant 10 à 15 ans. Rodin refuse les demandes de mariage de Camille qui sombre dans la démence.

1887 - il est fait Chevalier de la Légion d'honneur et illustre de dessins l'édition originale des Fleurs du mal de Baudelaire appartenant à Paul Gallimard. L'État français lui commande Le Baiser en marbre pour l'Exposition universelle de Paris de 1889.

1889 - Auguste Rodin est un des membres fondateurs de la Société Nationale des Beaux-Arts et reçoit la commande du monument à Victor Hugo pour le Panthéon de Paris (assis puis debout). Il expose avec Claude Monet à la "Galerie Georges Petit".

1891 - la Société des gens de lettres lui commande un monument pour Honoré de Balzac. Il est promu officier de la Légion d'honneur en 1892 et succède à Aimé-Jules Dalou au poste de Président de la section sculpture et vice-président de la Société Nationale des Beaux-Arts.

1893 - il s'installe avec Rose à la villa des Brillants à Meudon ou il commence à constituer sa collection d'antiques et de peintures (devenu depuis 1919 une annexe du musée Rodin de la rue de Varenne). En 1894 Claude Monet l'invite chez lui à Giverny en Normandie ou il rencontre Paul Cézanne.

1897 - publication de "l'album Goupil" (du nom de l'éditeur-imprimeur) : 142 dessins ou il divulgue ses techniques de travail novatrices.

Consécration internationale
1900 - une rétrospective de son oeuvre organisée au "Pavillon Rodin" de la place de l'Alma pour l'Expositions universelles de Paris lui vaut une consécration internationale. Il est nommé Chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique. En 1901, le pavillon est transféré dans sa propriété de Meudon et devient son atelier. Il est fait Commandeur de la Légion d'honneur en 1903.

1904 - Rodin devient l'amant de la peintre et femme de lettres britannique Gwendolen Mary John (soeur du peintre Auguste John). Elle lui sert de modèle pour la Muse Whistler. Puis il rencontre la duchesse de Choiseul dont il devient l'amant jusqu'en 1912. En 1905, Rodin rencontre le poète Rainer Maria Rilke qui devient son secrétaire jusqu'en 1906.

1906 - Le Penseur est placé devant le Panthéon de Paris et Rodin s'installe à l'Hôtel Biron en 1908, que Rilke lui fait découvrir (actuel musée Rodin). Il est nommé grand officier de la Légion d'honneur en 1910.

1911 - l'État commande un buste de Pierre Puvis de Chavannes pour le Panthéon de Paris et l'Angleterre acquiertLes Bourgeois de Calais pour les jardins du palais de Westminster de Londres (Parlement du Royaume-Uni). L'Homme qui marche est installé au palais Farnèse (ambassade de France à Rome). La "salle Rodin" du Metropolitan Museum de New York est inaugurée en 1912. etoile scintillante etoile scintillante

Une video rare Rodin vu par Sacha Guitry. Etoile



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MessageSujet: Re: FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS   Jeu 29 Jan - 17:02




Camille Claudel.




1883 - Rodin fait la connaissance de sa brillante jeune élève et muse Camille Claudel alors âgée de 19 ans, qui partage son atelier et participera activement entre autre à la création du monument Les Bourgeois de Calais (commandé en 1885 par la municipalité de Calais à la mémoire d'Eustache de Saint Pierre) et avec qui il entretient une relation artistique et amoureuse passionnée et tumultueuse durant 10 à 15 ans. Rodin refuse les demandes de mariage de Camille qui sombre dans la démence.

1887 - il est fait Chevalier de la Légion d'honneur et illustre de dessins l'édition originale des Fleurs du mal de Baudelaire appartenant à Paul Gallimard. L'État français lui commande Le Baiser en marbre pour l'Exposition universelle de Paris de 1889.

1889 - Auguste Rodin est un des membres fondateurs de la Société Nationale des Beaux-Arts et reçoit la commande du monument à Victor Hugo pour le Panthéon de Paris (assis puis debout). Il expose avec Claude Monet à la "Galerie Georges Petit".

1891 - la Société des gens de lettres lui commande un monument pour Honoré de Balzac. Il est promu officier de la Légion d'honneur en 1892 et succède à Aimé-Jules Dalou au poste de Président de la section sculpture et vice-président de la Société Nationale des Beaux-Arts.

1893 - il s'installe avec Rose à la villa des Brillants à Meudon ou il commence à constituer sa collection d'antiques et de peintures (devenu depuis 1919 une annexe du musée Rodin de la rue de Varenne). En 1894 Claude Monet l'invite chez lui à Giverny en Normandie ou il rencontre Paul Cézanne.

1897 - publication de "l'album Goupil" (du nom de l'éditeur-imprimeur) : 142 dessins ou il divulgue ses techniques de travail novatrices.

Consécration internationale
1900 - une rétrospective de son oeuvre organisée au "Pavillon Rodin" de la place de l'Alma pour l'Expositions universelles de Paris lui vaut une consécration internationale. Il est nommé Chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique. En 1901, le pavillon est transféré dans sa propriété de Meudon et devient son atelier. Il est fait Commandeur de la Légion d'honneur en 1903.

1904 - Rodin devient l'amant de la peintre et femme de lettres britannique Gwendolen Mary John (soeur du peintre Auguste John). Elle lui sert de modèle pour la Muse Whistler. Puis il rencontre la duchesse de Choiseul dont il devient l'amant jusqu'en 1912. En 1905, Rodin rencontre le poète Rainer Maria Rilke qui devient son secrétaire jusqu'en 1906.

1906 - Le Penseur est placé devant le Panthéon de Paris et Rodin s'installe à l'Hôtel Biron en 1908, que Rilke lui fait découvrir (actuel musée Rodin). Il est nommé grand officier de la Légion d'honneur en 1910.

1911 - l'État commande un buste de Pierre Puvis de Chavannes pour le Panthéon de Paris et l'Angleterre acquiertLes Bourgeois de Calais pour les jardins du palais de Westminster de Londres (Parlement du Royaume-Uni). L'Homme qui marche est installé au palais Farnèse (ambassade de France à Rome). La "salle Rodin" du Metropolitan Museum de New York est inaugurée en 1912.

1913 - Camille Claudel est internée à l'Hôpital de Ville Evrard puis à l'Hôpital de Montfavet ou elle décèdera 30 ans plus tard le 19 octobre 1943, malheureuse, misérable, rejetée de tous, après avoir sombré progressivement dans la démence. Lors de la déclaration de Première Guerre mondiale, Rodin fuit la France pour l'Angleterre avec Rose, ou il tombe gravement malade. Il réalise le buste du pape Benoît XV au cours d'un voyage à Rome en 1915.

1916 - Rodin gravement malade fait trois donations successives de son hôtel particulier, de son atelier et de ses collections d'art à l'État français afin de les transformer en musée Rodin. La Chambre des députés et le Sénat votent l'établissement du musée Rodin à l'Hôtel Biron. Rodin reçoit une commande pour un monument à la mémoire des combattants de Verdun.

Disparition
À son retour en France, âgé de 77 ans, il épouse à Meudon, après 53 ans de vie commune, le 29 janvier 1917, Rose Beuret, âgée de 73 ans et très affaiblie. Rose s'éteint le 14 février 1917, suivie le 17 novembre par Auguste. Leur sépulture à Meudon est dominée par le Penseur.

Le musée Rodin du 79 rue de Varenne dans le VIIème arrondissement de Paris est inauguré et ouvert au public le 4 août 1919. Sa Villa des Brillants à Meudon du 19 avenue Auguste Rodin est également devenue depuis un musée.

L'oeuvre d'Auguste Rodin Rodin a révolutionné la sculpture par une liberté de forme qu'on n'avait pas connue jusque-là. Il sculpte un danseur (Mouvement de danse H) sans tête et dont les membres forment des lignes s'élançant vers le haut, exprimant ainsi l'oubli de soi et la libération du corps dans la danse. Son célèbre Penseur est tout en déséquilibre, composé de cinq triangles dans un arrangement précaire, exprimant ainsi la nature du cours de la pensée et son lien au corps. Réexplorant le maniérisme tout en l'associant à un travail de la matière, il exprime avec des sculptures comme Le Baiser une sensualité qui choque parfois le public de l'époque. On reconnaît souvent ses oeuvres à une forme achevée qui reste partiellement prise dans un bloc plus rustique et partiellement dégrossi. Le résultat toujours frappant est un équilibre entre un modèle englué dans la masse brute et un élan donné à l'oeuvre qui semble toujours prête à s'en échapper. Il s'est lié avec le peintre américain Whistler et avec Alphonse Legros.

Rodin, à l'avant-garde de son art, a laissé les moules de ses sculptures à la disposition du public. Il avait aussi préparé des copies de sa signature. Une manière pour lui de laisser d'autres prolonger son oeuvre après son décès.

La statue d'Honoré de Balzac fit scandale (pour son apparence et sa préparation interminable) et la Société des Gens de Lettres, commanditaire de l'oeuvre, la refusa. Rodin emporta l'oeuvre dans sa villa de Meudon et c'est là que quelques années plus tard, un jeune photographe allemand en découvrira la beauté, assurant les débuts de sa postérité. Ce n'est qu'en 1939 qu'un tirage en bronze fut érigé à Paris, boulevard Raspail. Rodin écrivait en 1908 : "Cette oeuvre dont on a ri, qu'on a pris soin de bafouer parce qu'on ne pouvait pas la détruire, est la résultante de toute ma vie, le pivot de mon esthétique".

Trois oeuvres de Rodin qui se trouvaient dans le World Trade Center ont été sérieusement endommagées lors des attentats du 11 septembre 2001. Lors des fouilles qui ont eu lieu après les attentats, on a retrouvé en mauvais état Les Bourgeois de Calais, et Les Trois Ombres. En revanche, une reproduction du Penseur, ayant été retrouvée par un pompier de New York, a été perdue, probablement volée.

Rodin a notamment eu pour collaboratrice Camille Claudel (elle était chargée de dégrossir les marbres d'après un modèle en plâtre.) Tout à la fois muse et maîtresse, elle lui a aussi servi de modèle, lui inspirant des oeuvres comme la Convalescente, la France ou la Pensée... Un débat fait rage entre Rodiniens et Claudeliens quant à la réalisation de certaines oeuvres jusque-là attribuées à Rodin, par Camille Claudel. Les recherches les plus récentes menées à l'occasion de l'exposition itinérante "Camille Claudel et Rodin, rencontre de deux destins", (Musée national des Beaux-Arts du Québec, Detroit Institute of Art, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2005-2006) montrent la grande complexité des rapports entre les deux sculpteurs travaillant ensemble dans le même atelier aux mêmes sujets. Tous deux ont vécu une passion stimulante mais orageuse, relatée de manière romanesque dans le film Camille Claudel.



Le marché de l'art a connu un scandale important aux cours des années 1990 avec la découverte d'un réseau de faussaires, dont Guy Hain, condamnés par la justice française en 2001 mais dont l'activité a inondé le marché de centaines d'oeuvres contrefaites. Il existe plusieurs projets de catalogues raisonnés des oeuvres du sculpteur menés par le Musée Rodin et par le Comité Auguste Rodin à Paris.

Plusieurs lieux et bâtiments portent le nom du sculpteur à Paris dont la place Rodin dans le 16e arrondissement de Paris et le lycée Rodin dans le 13e arrondissement de Paris, rue Corvisart et aussi au musée de Rodin situé aussi à Paris.

Source Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_Rodin
Texte soumis à la licence GNU : http://www.gnu.org/copyleft/fdl.htm Etoile[list=1][*]


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MessageSujet: Re: FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS   Jeu 29 Jan - 17:05

Rodin remettra à l'Etat la totalité de ses collections, ses archives personnelles, sa propriété de Meudon et l'ensemble de son oeuvre, sculptures et dessins, assorti des droits de reproduction. Le Musée, ouvert depuis le 4 août 1919, présente des marbres, des bronzes, des plâtres, des cires, des terres cuites, des céramiques, des peintures, des dessins et des oeuvres d'autres artistes (Monet, Renoir, Van Gogh) provenant de la collection personnelle de Rodin.
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MessageSujet: Re: FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS   Jeu 29 Jan - 17:08

CAMILLE CLAUDEL

Jacques Vilain




« Ma très bonne à deux genoux devant ton beau corps que j'étreins ». Lettre de Rodin à Camille Claudel (fin 1884 - début 1885 ?).

Ces quelques mots enflammés, qui évoquent l'érotisme de l'Eternelle Idole, traduisent parfaitement la passion qui unit les deux sculpteurs.

Née d'une famille modeste, soeur du célèbre écrivain Paul Claudel (1868-1955), Camille (1864-1943) décida très tôt de devenir sculpteur ; elle s'établit à Paris en 1881, sûre de son destin et de sa beauté : « Un front superbe, surplombant des yeux magnifiques, de ce rare bleu si rare à rencontrer ailleurs que dans les romans », notait Paul en 1951.

En 1883, elle rencontre Rodin et entre dans son atelier l'année suivante. Très vite l'élève douée devient la maîtresse de Rodin, alors en pleine maturation de la Porte de l'Enfer et des Bourgeois de Calais.

Les deux artistes s'influencent mutuellement ; la Jeune Fille à la gerbe de 1887, annonce la Galatée de Rodin, et les Trois Faunesses sont à l'origine des figures féminines de la Vague de Camille Claudel.

Ce n'est cependant qu'au début des années 1890 que Camille donne toute la mesure de son art, alors que les relations avec Rodin commençent à se détériorer comme en témoigne la cruauté des dessins charges que Camille consacre au couple Rose-Rodin, le Système cellulaire, le Réveil, le Collage... Camille s'aperçoit qu'elle ne sera jamais madame Rodin et qu'elle n'arrivera pas à évincer Rose Beuret ; les deux amants rompent définitivement en 1898, et la blessure de cette rupture fut à la mesure de l'amour incandescent que vécurent, même irrégulièrement, les deux artistes pendant plus de dix ans.

Camille ne s'en remit jamais, même si son art commençait alors à s'affranchir de l'influence de son illustre maître avec la Valse de 1892, reprise en 1895 et éditée à de nombreux exemplaires par Eugène Blot après 1905, la Clotho de 1893, les différentes versions de la Petite Châtelaine commencée en 1893 ou l'Age mûr de 1895, repris en 1898 et en 1907, cruel constat de l'abandon, Rodin laissant Camille qui l'implore à genoux pour rejoindre Rose.

La part la plus profondément originale de l'oeuvre de Camille se situe au tournant de ce siècle quand, avec entre autres les Causeuses (1897) et la Vague (1900), elle aborde un nouveau style issu du japonisme alors en vogue et profondément ancré dans l'Art nouveau. Utilisant l'onyx, matériau rare, elle fonde ses compositions sur d'élégants jeux de courbes ; Camille est alors un sculpteur en phase avec l'art de son temps. Hélas, les prémices de la maladie de la persécution commençent à se manifester.

A partir de 1906, la folie s'accentue et elle détruit. C'est ici au musée, avec quinze sculptures, que l'on peut voir la sélection la plus représentative de l'art de Camille. Rodin le voulut ainsi, et il n'est qu'à citer ce qu'il écrivait en 1914 à l'ami Morhardt, alors que son projet de musée était enfin en train de prendre forme : "Quant à l'hôtel Biron, rien n'est encore fini. Le principe de prendre quelques sculptures de Mlle Say (pseudonyme phonétique de Camille Claudel, Mademoiselle C.) me ferait grand plaisir. Cet hôtel est tout petit et je ne sais comment on fera pour les salles. Il y aurait quelques constructions pour elle et pour moi". A la suite de l'exposition de 1951, Paul offrait au musée la Clotho en plâtre, l'Age mûr en bronze et Vertumne et Pomone en marbre. En 1963 entrait la version des Causeuses en onyx, rejointe tout naturellement en 1995 par la Vague, le chef-d'oeuvre de bronze et d'onyx, également acheté par le musée.

C'est donc dans la maison même de Rodin que l'on peut apprécier au mieux l'oeuvre de Camille, dans toute la force et l'originalité de son génie propre, débarrassé des oripeaux médiatiques qui ont eu trop tendance à le déformer. love


http://www.musee-rodin.fr/claudel.htm

video : A VOIR

L'IMPLORANTE DE CAMILLE CLAUDEL . :star:



Camille Claudel (1864-1943) : « L'implorante ».
Epreuve en bronze à patine brun vert.
Ventes aux enchères du 2 juin 2007
Me Loizillon, Compiègne (60)

Présentation : Frédérick Chanoit, expert


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MessageSujet: Re: FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS   Jeu 29 Jan - 17:16

LA VALSE DE CAMILLE CLAUDEL


Découvrez Kiri Te Kanawa!


Ma très bonne à deux genoux devant ton beau corps que j'étreins" (1) :

les mouvements de l'amour ressemblent aux mouvements de l'art. Sensualité des corps, réels et sculptés, contorsions du désir et du temps, douleur des mots amoureux.

Quand Camille Claudel réalise 'La Valse' en 1892, Rodin est en train de la quitter. Ils ont connu dix ans d'une passion compliquée, faite d'admiration et d'inspiration réciproques. Entrée à 19 ans dans l'atelier du maître, Camille Claudel aura attendu cette rupture pour s'émanciper. 'La Valse' est la pièce qui marque cet affranchissement.


Oeuvre aux nombreuses variantes, élaborée sur plusieurs années, 'La Valse' a d'abord montré les personnages nus. Mais, face au scandale, ils furent (partiellement) habillés. Malgré cela, la sculpture ne sera jamais exécutée en marbre : "Cette oeuvre ne peut être acceptée (…).

Le violent accent de réalité qui s'en dégage lui interdit, malgré son incontestable valeur, une place dans une galerie ouverte au public. Le rapprochement des sexes est rendu avec une surprenante sensualité d'expression qui exagère considérablement la nudité absolue de tous les détails humains", peut-on lire dans un rapport des Beaux-Arts. Une autre version les montre le visage couvert d'un voile, comme pour mieux dire leur isolement.


Le couple est penché, dans un tourbillon sur le point de verser. Camille Claudel accompagne la tendresse de sa scène d'une impossibilité. Pas de désamour ni de haine, mais le lent déchirement qui prend les amants, entraînés dans un implacable courant, entre souvenirs tournants et avenir renversé. Valse, vague, volée alanguie : l'homme retient encore par la taille sa bien-aimée. Mais jusqu'à quand ? Elle s'abandonne. Le visage plongé dans le cou de son amant, ses yeux sont cachés. Son buste ploie comme sous l'effet du vent. Où l'emmène-t-il dans ce mouvement ? On ne sait s'ils vont s'étendre ou se séparer.
Flottant dans le regret, ralentis, ils s'entraînent dans les orages d'un amour enfui. Depuis leur équilibre instable, vulnérables, ils s'empoignent. Les laissant presque dénudés, l'étoffe de bronze de la robe sombre n'est qu'une aile frêle qui s'en va. Et la souffrance du passé les enveloppe encore d'une musique lourde. Leurs mains se touchent à peine et son pied à lui est tout simplement détaché du sol, soulevé, aérien et pourtant perdu, à l'image de ce couple, en suspens. Ils oscillent enlacés au son d'un air qu'on ne peut entendre. Pourtant cette oeuvre a appartenu à Debussy, le compositeur de 'La Mer'. Et les valseurs tanguent, tristes et tendres. Une volute évoluant au gré d'une impulsion obscurcie.



(1) Lettre d'Auguste Rodin à Camille Claudel, 1884-1885.
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MessageSujet: Re: FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS   Jeu 29 Jan - 17:53

Camille Claudel à rodin







Camille Claudel dans une lettre Rodin écrit :
"Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente"

"Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente"
Un espace vacant
Un jardin oublié
Un inconnu
Entraperçu
Sur un quai

Il y a toujours quelque chose d’absent
Dans le sourire
Dans les larmes
Dans le lac vert
De l’iris étoilé

Il y a toujours quelque chose
Penché au bord
Du vide et de l’oubli
Du temps qui s’enfuit
Comme un train dans la nuit

Il y a toujours
Un toujours
Qui ressemble à jamais
Un presque
Un encore
Une réponse inachevée
Une question en suspens
Un firmament

Il y a
Sur le toit
Un chat
Qui regarde la lune


Exposition « Camille Claudel »

Le musée Rodin consacre une rétrospective exceptionnelle à Camille Claudel. L'exposition rassemble l’essentiel de l’œuvre de l’artiste avec plus de quatre-vingt sculptures en marbre, terre cuite, plâtre, onyx et bronze, ainsi qu’une dizaine de gravures et dessins provenant de collections publiques et privées. Certains documents, comme la correspondance de Rodin et Camille Claudel et des photographies d’époque, complètent cet ensemble.

Cette rétrospective éclaire d’un jour nouveau le parcours artistique ponctué de chefs-d’œuvre d’une artiste aujourd’hui plus connue pour sa vie privée que pour ses propres créations. Après avoir été longtemps jugé en référence à Rodin, l’art de Camille Claudel apparaît profondément original, intense et rayonnant. Cette exposition a pour ambition d’appréhender l’œuvre de cette insoumise en dehors de la passion qui l’unit à Rodin. Le maître a certes inspiré l’élève, mais l’inverse est également vrai, à tel point qu’il est parfois difficile de déterminer le travail de chacun d’eux. L’exposition permet de découvrir ou de redécouvrir les œuvres qui ont fait la renommée du sculpteur : La Valse où un couple de danseurs passionnément enlacés semble emporté par un tourbillon ; L’Âge mûr, œuvre autobiographique symbole de sa rupture avec Rodin ; La Vague ou Les Causeuses, exemples représentatifs de sculptures où Camille Claudel s’affranchit du maître pour réaliser des œuvres plus personnelles, fortement influencées par les arts décoratifs et le japonisme.

Document : Lettre de Camille Claudel à Paul Claudel, s.d. [décembre 1893]


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MessageSujet: Re: FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS   Ven 27 Fév - 10:31

Rodin, Freud et le langage de la pierre

par Werner Spies


Jusqu’au 22 février, le Musée Rodin, à Paris, présente La Passion à l’œuvre, Rodin et Freud Collectionneurs, un large choix d’objets révélant la pulsion possessive qui anima aussi bien les deux personnalités historiques.

Il n’y aucune raison biographique à cette « action parallèle », les deux hommes ne se sont jamais rencontrés. Nous ignorons s’ils avaient même connaissance l’un de l’autre. Mais il y a entre eux des catalyseurs éminents : Rilke, Lou Andreas-Salomé, Stefan Zweig, Marie Bonaparte les ont tous deux fréquentés. Hugo Heller, qui publie à Vienne la revue de Freud Imago, fait venir dans la ville de la Sezession une importante exposition d’aquarelles de Rodin.

On a l’impression que les objets sont comme des antennes ou des tentacules servant aux deux énormes cerveaux à palper le corps et le psychisme. Dès le premier regard, il est évident que ce commerce avec les vases, les statuettes et les bronzes n’est pas animé par une passion fanatique de connaisseur et de collectionneur. Ce qui accompagne ces œuvres va plus loin que l’intérêt pour les antiquités ou que la possibilité d’aiguiser encore, sur une trouvaille nouvelle, l’acuité de ses connaissances. On parlerait volontiers d’une chasse aux œuvres, jouant avant tout un rôle d’inspiration et un rôle herméneutique.

Les collections avaient des fonctions personnelles radicalement différentes. On sait le grand intérêt que Freud portait à l’archéologie, en relation avec sa propre recherche, qui avait à fouiller lentement et patiemment dans des strates incertaines. Pour le découvreur des traces mnésiques qui survivent sous forme inconsciente dans « l’ardoise magique », la confrontation avec des époques différentes, avec mémoire courte et mémoire longue, fournissait un modèle décisif. C’est pourquoi un Schliemann pouvait être considéré par Freud comme le fouilleur — et l’analyste — par excellence.

Ce qui saute immédiatement aux yeux, c’est que chez Rodin, qui réunit près de six mille objets, l’on trouve aussi bien de grands que de petits formats. Il a de la place, il peut laisser sa collection s’étendre indéfiniment. Elle occupe peu à peu, aussi bien à l’hôtel Biron à Paris qu’à Meudon, les ateliers, le musée et les jardins. Freud, qui arrive pour sa part à plus de trois mille œuvres, collectionne manifestement pour son intérieur. Il évoque sans cesse les efforts financiers que lui coûtent ces pièces. Mais visiblement ces sacrifices participent au plaisir que doit procurer la collection. Freud aurait pu justifier les prix payés comme il le faisait pour ses substantiels honoraires : « Un traitement pour rien ne vaut rien. »

Et, comme Rodin, il était presque exclusivement attiré par les objets qui pouvaient se palper. Les tableaux — à part quelques peintures sur cire du Fayoum — ne séduisirent pas le collectionneur. En témoignent les clichés pris par le photographe Edmund Engelmann dans l’appartement de la Berggasse, peu avant que Freud ne fuie Vienne. Freud s’en tient à des formats susceptibles de transformer appartement et cabinet médical en un cabinet d’art bien composé. Car tout est de l’art, dans cette collection. Aucun artefact donnant dans le cabinet de curiosités. La disposition et le jeu des voisinages formels régissant l’arrangement évoquent cette mise en scène de l’horror vacui qu’a longuement peaufinée André Breton dans son atelier de la rue Fontaine.

Cela donne une vision étourdissante qui exclut tout gros plan sur un objet isolé. N’oublions pas que le futur pape du surréalisme, lors de son voyage à Vienne en 1922, est reçu chez Freud. Et cette visite, qui a pu donner des idées au visiteur, tombe à un moment où le fondateur de la psychanalyse avait déjà disposé ses trouvailles sur les commodes et sur son bureau. Malheureusement, l’exposition du Musée Rodin ne donne aucune idée, même approximative, de la disposition qu’avaient à l’époque les deux collections.

L’ordre auquel Freud soumettait ces pièces, le jeu de contrastes que Rodin instaurait entre ses acquisitions, cela nous est dissimulé. Au lieu de se risquer à une reconstitution au moins partielle, qui pourrait expliquer les regards différents de l’artiste et du savant, le musée nous présente une anthologie décousue d’objets et de documents. Certes il est fabuleux que, pour la première fois, le célèbre relief romain des Agraulides, qui devait occuper Freud depuis sa rencontre avec la fantaisie pompéienne du romancier Wilhelm Jensen, ait pu quitter les musées du Vatican pour venir à Paris. Au mur de la Berggasse n’était accroché qu’un moulage en plâtre. Le pied gauche que lève la Gradiva — évocation sensuelle et signe de départ — doit au texte de Freud Délires et rêves dans la Gradiva de Jensen d’avoir littéralement enchanté les surréalistes.

Il est compréhensible que le collectionneur Rodin ait eu une prédilection pour la sculpture. Chez lui prédominent les œuvres de l’Antiquité et du Moyen Âge. Au milieu d’elles trouvent place quelques pièces égyptiennes, ou tel objet d’Extrême-Orient. Mais rien ne vient ébranler l’hégémonie du canon classique.

La fascination pour l’Asie du Sud-Est est due à une vision nouvelle, papillonnante, qui annonce déjà le Musée imaginaire de Malraux. Il décrit cela dans son livre sur les cathédrales de France : « De même que, quelque temps après mon séjour à Marseille, j’ai discerné la beauté antique dans les danses du Cambodge, de même je reconnais la beauté cambodgienne à Chartres, dans cette attitude du Grand Ange, vraiment pas très éloignée du geste de la danse. » Rodin justifie le mélange des époques et des atmosphères en indiquant qu’il entend être une passerelle reliant les deux rives, le passé et le présent.

La fringale d’objets que manifeste Freud englobe même quelques travaux ethnologiques. Lesquels ne semblent nullement intéresser Rodin. Pourtant, dans les premières années du XXe siècle, fétiches et masques d’Afrique Noire et d’Océanie commençaient d’envahir les ateliers parisiens. Que signifie finalement, s’agissant de Freud et de Rodin, les confrontations de cette « foule d’impulsions » que Walter Benjamin voit à l’œuvre dans les « diverses sortes de collections » ?

Au centre de celle que fait Rodin, il y a le fragment. C’est ce qui l’attire et le stimule. Il ne cesse de ramasser tessons et tronçons. Mais il ne les traite pas du tout en restaurateur : ce qui est brisé l’incite à accentuer encore la forme irréparable. Avec ses trouvailles, Rodin crée des divinités-prothèses, qui cannibalisent proprement le passé. Rilke situe cette pratique de Rodin dans l’esthétique romantique du fragmentaire : « Chacun de ces morceaux est d’une unité si éminemment saisissante, il est à ce point seul possible, il requiert si peu d’être complété qu’on oublie que ce sont seulement des parties, et souvent des parties de corps différents, qui sont là si passionnément attachées les unes aux autres. »

Les collages plastiques, faits de fragments de la collection et de torses créés par lui-même, font finalement éclater certitude et canon. Le sculpteur fait offrande de son propre déchirement. Cela culmine dans des montages psychiques étourdissants. Ils le poursuivent comme des Érinyes. Ce n’est pas par hasard qu’il fait sortir la main de Pierre de Wissant, l’un des Bourgeois de Calais, de la tête d’une de ses victimes : Camille Claudel.

Sur la façon dont Rodin se tourne vers la forme ouverte, incertaine, Rilke donne une indication inouïe, dans la monographie qu’il lui consacre. Il note que l’inachevé appartient à un art vivant qui se règle sur la « mère Nature ». C’est la première fois que le principe de l’évolution est transposé à celle de l’art. À cette mélancolie dans le traitement de la forme, l’autre grand modeleur d’hommes de l’époque, Freud, oppose tout autre chose. À partir des manifestations fragmentaires et obscures du psychisme, il cherche à restaurer une image de l’homme qui soit rationnelle et sans ombres.

Ce texte a été publié dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung et a été traduit de l'allemand par Bernard Lortholary.
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MessageSujet: Re: FREUD & RODIN COLLECTIONNEURS   Sam 28 Fév - 17:00

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