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 INDUSTRIE DE LA MUSIQUE ... ENQUETE RUE89 INROCK

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Nine
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MessageSujet: INDUSTRIE DE LA MUSIQUE ... ENQUETE RUE89 INROCK   Dim 25 Jan - 11:11

Musique (1/4) : le CD, pas encore mort, déjà collector

Par Isabelle Hanne et Nolwenn Le Blevennec | Journalistes |

A l'occasion de l'ouverture du 43e Midem, Rue89 et Les Inrockuptibles s'associent pour une grande enquête en quatre volets sur l’industrie musicale française. Une semaine après la promesse d’iTunes de supprimer ses DRM, le point sur la mort annoncée du CD, le combat des majors pour survivre, les nouveaux acteurs et la musique bientôt gratuite.

Le refrain passe en boucle: "L’industrie musicale française est sinistrée." Depuis cinq ans, les majors ont vu leur chiffre d’affaires s’écrouler, divisé par deux. Leurs effectifs et leurs budgets, diminuer comme peau de chagrin. Selon le Syndicat national de l’édition musicale (SNEP), le nombre de salariés permanents du secteur a été réduit de moitié depuis 2003.

Les ventes de CD ont chuté de 14% en 2008 selon l’institut statistique GFK, qui calcule les chiffres de l’industrie de la musique. Le SNEP avance, lui, un chiffre un peu supérieur, "de 15 à 20%", selon Hervé Rosny, son président. Les bénéfices TTC des ventes de CD sont, cette année, passés, selon GFK, sous la barre symbolique du milliard d’euros: de 1,066 milliard en 2007, à 914 millions d’euros cette année, avec 66,6 millions de disques vendus.

Le single, victime du téléchargement illégal

La crise est bien réelle, et pourtant, la musique n'a jamais autant été consommée. L’assassin notoire du CD, c’est bien sûr Internet, et ses possibilités infinies et gratuites de diffusion, téléchargement et reproduction. Pour GFK, selon des études basées sur des déclarations de consommateurs, le téléchargement illégal n’aurait pas tendance à augmenter.

"Mais cela reste l’une des principales causes de la baisse du marché", nous indique Laurent Pâtissier, responsable musique de l’institut. Car le téléchargement légal n’affecte, pour le moment, que très peu l’industrie du disque. Même s’il est en nette progression, avec un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros en 2008. Soit une progression de 70% par rapport à 2007:

"Cette croissance n’est pas encore assez rapide. L’annonce d’iTunes faite début janvier [sur la suppression des mesures anti-copie] promet cependant de dynamiser le marché. On s’attend à un fort développement en 2009."

Vinyle, cassette, CD, puis Internet. Depuis trente ans, l’industrie musicale a encaissé les révolutions technologiques, douloureusement. A chaque fois, il a fallu laisser aux différents acteurs le temps de s’adapter. "Au début, l’industrie musicale a lutté contre le CD", rappelle Olivier Hascoat, DG de MySpace France. "On pensait que le son analogique était meilleur."

Un comble: les distributeurs ne voulaient pas changer la largeur des bacs dans les magasins, adaptés aux vinyles. "Puis l’industrie s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’argent à se faire avec le CD, en passant du tube à l’album". A partir du milieu des années 80, l’ensemble du "music business" s’est replacé sur un marché rapidement dominé par le Compact Disc, jusqu’au début des années 2000.

Aujourd’hui, avec Internet, marche arrière toute. L’album est obsolète, les internautes consomment du titre. Le téléchargement se concentre sur le single, sur le hit. "Personne n’achètera plus quinze chansons pour n’en écouter qu’une ou deux", constate Olivier Hascoat. Le fameux "CD 2 titres" est ainsi devenu rapidement le support le plus vulnérable au téléchargement illégal. Hervé Rosny, l’actuel président du SNEP, va dans le même sens:

"Le single va mourir, parce que le téléchargement en est une parfaite substitution. Les tubes éphémères sont les titres les plus téléchargés."

Les singles visent, en plus, les jeunes consommateurs, "ceux qui ont pris Internet en pleine figure". Une disparition que confirme Bertrand Delrue, directeur des produits audio et vidéo à la Fnac:

"Le single, c’est un marché qui devient anecdotique. On en vend encore en hypermarché, mais c’est un support qui va être amené à disparaître."

Le CD: un support musical obsolète?

Pour certains, 2009 serait la dernière année du CD. Mais si le single est agonisant, n’enterrons pas trop vite l’album. Près de 80% des revenus sont encore générés par le physique. Pour Alan Gac, DG du label Cinq-7 (The Do, Dominique A…):

"Le CD n’est certainement pas l’avenir, mais il reste une base indispensable. Dans cinq à dix ans, le physique ne représentera peut-être plus que 20% des ventes. Mais il n’y aura pas de rupture, c’est une transition."

Une transition garantie par l’inertie démographique: une certaine tranche de la population, plus âgée, continuera à acheter des disques. C’est ce qui assure à certains genres musicaux leur pérennité sur support physique: "Les répertoires classique et jazz se portent mieux sur le marché", indique Bertrand Delrue.

Pour Michel Pampelune, fondateur du label indé Fargo, certaines bonnes ventes d’albums en 2008 (Fleet Foxes, Alela Diane) prouvent qu’il "existe encore des gens qui ont envie d’acheter des CD".

A la Fnac, comme le précise Bertrand Delrue, "on a fait des meilleures ventes en décembre 2008 qu’en décembre 2007. Ce sont des signes positifs qui montrent que le marché du physique existe toujours." D’ailleurs Pascal Nègre rappelle que le CD est un cadeau indémodable:

"C’est un cadeau qui fait toujours plaisir, d’ailleurs 60% des CD sont offerts. On ne peut pas offrir un téléchargement."

Enfin, la mise à disposition gratuite d’albums sur Internet peut paradoxalement stimuler les ventes de CD. Selon le site américain Amazon.com, c'est l'album du groupe Nine Inch Nails, "Ghosts I-IV", qui a été le plus vendu au cours de l'année écoulée. Il était pourtant disponible gratuitement -et légalement- sur Internet. Vendu cinq dollars sur Amazon, cet album de 36 morceaux était sorti sous licence Creative Commons, c'est-à-dire que son partage intégral et sa réutilisation à des fins non-commerciales étaient autorisés.

"On ne peut pas dire aujourd’hui que le CD va disparaître, poursuit Hervé Rosny. Mais il finira par être résiduel, comme un livre d’art. On l’achètera pour posséder physiquement l’œuvre d’un artiste qu’on adore."

Le CD, une œuvre d'art à posséder, comme un vinyle se collectionne

Les acteurs de l’industrie musicale l’ont bien compris, et proposent désormais pléthores d’éditions limitées et "collector", avec des bonus et des contenus exclusifs. Bertrand Delrue confirme:

"Le consommateur est prêt à dépenser de l’argent sur la valeur ajoutée. Ces contenus sont très vite en rupture de stock."

Le disque n’est pas mort, mais la crise a diminué son espérance de vie. Pour Alan Gac, "le disque vit un cycle plus court, et connaît plus de mutations: des éditions limitées, puis des pochettes cheap premier prix… Aujourd’hui tout va plus vite." Pour Laurent Pâtissier, "le CD, on ne le voit pas disparaître. On devrait atteindre un seuil minimum d’ici quelque temps."

Selon Borey Sok, blogueur spécialiste de la musique 2.0, "le CD sera le vinyle de demain". Et c’est tout le mal qu’on souhaite à la galette dorée: devenir un objet "vintage", de collection. Selon Nielsen Soundscan, qui mesure les ventes de musique aux Etats-Unis, le marché du vinyle se porte plutôt bien, avec 1,88 millions d’unités vendues outre-Atlantique en 2008. Un record depuis 1991.


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MessageSujet: Re: INDUSTRIE DE LA MUSIQUE ... ENQUETE RUE89 INROCK   Dim 25 Jan - 11:13

ENQUETE SUR L'INDUSTRIE DU DISQUE
Musique (2/4) : le réveil des majors

Par Isabelle Hanne et Nolwenn Le Blevennec


A l'occasion de l'ouverture du 43e Midem, Rue89 et Les Inrockuptibles s'associent pour une grande enquête en quatre volets sur l’industrie musicale française. Une semaine après la promesse d’iTunes de supprimer ses DRM, le point sur la mort annoncée du CD, le combat des majors pour survivre, les nouveaux acteurs et la musique bientôt gratuite.

Internet a profondément déstabilisé l’industrie de la musique. "Les majors ont vraiment manqué de vision, elles n'ont pas du tout compris ce qui était en train de se passer", juge Vincent Demarthe, manager de Rohff et ancien d’EMI: "Les maisons de disque ont très vite considéré Internet comme un ennemi, ce qui leur a fait prendre 7-8 ans de retard."

Mais depuis quelques années, l’industrie s’est réveillée et multiplie les initiatives pour sortir la tête de l’eau: "Nous ne sommes pas endormis. Le taureau est arrivé, il a fallu le prendre par les cornes", rigole Pascal Nègre, PDG d’Universal Music.

Sus aux pirates, encourageons
le téléchargement légal
Déjà, en encourageant le vote du projet de loi Création et Internet, ou loi Olivennes. La loi devrait être examinée en mars à l’Assemblée nationale. Son vote débouchera sur la création de la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) qui contrôlera et punira, selon un mécanisme de "riposte graduée", les internautes qui se livrent au téléchargement illégal en peer to peer. "On attend beaucoup de cette loi", assure Hervé Rosny, le président du Syndicat du disque (Snep). "On a déjà perdu beaucoup de temps. Plus le temps passe, plus le sentiment d’impunité grandit."

Pour certains, la loi aura peu d’impacts. Trop tard. "La loi contre le piratage est complètement obsolète, parce qu’elle ne peut s’appliquer qu’au P2P", explique Borey Sok, blogeur spécialiste de la musique 2.0. "Or, aujourd’hui, on télécharge de plus en plus en megaupload." Sur les serveurs de newsgroups et sur les sites de stockage comme RapidShare, il est en effet impossible de connaître l’adresse IP des utilisateurs. Impossible de les identifier, et donc, impossible de les punir.

La seule véritable option pour les majors reste donc d’encourager le téléchargement légal. La suppression des mesures anti-copie, une partie des DRM (Digital rights management), annoncée notamment par Apple début janvier, devrait pouvoir y contribuer. La levée de ces verrous numériques permet le partage de fichiers téléchargés légalement: "On ne pourra plus dire que l’offre légale est moins agréable à utiliser", commente Hervé Rosny.

Les vidéos monétisées
En plus du téléchargement légal, les acteurs de l’industrie musicale cherchent de nouvelles sources de revenus. Premier front: la monétisation des contenus vidéos.

Jusqu’à fin 2008, les maisons de disque ont vu leurs revenus vidéo fuiter vers d’autres acteurs, comme YouTube ou Dailymotion. Le temps où les quatre majors, Universal Music, Warner Music, Sony BMG et EMI, n’étaient que très modiquement rémunérées sur ces vidéos est révolu. Fin décembre, Warner a demandé à YouTube de retirer les clips de ses artistes, au terme de leur contrat de licence.

Les majors auraient plusieurs projets: conclure un partenariat avec la plateforme de séries et films Hulu.com, et créer leur propre site de clips vidéo. Universal a déjà créé Alloclips, en partenariat avec Allociné, en octobre dernier.

Pour Borey Sok, "les maisons de disque ont compris qu'il fallait changer et s'adapter comme un média à part entière". Et qu’il fallait s’adapter aux nouveaux acteurs du marché de la musique. Elles ont signé des accords avec SFR, MySpace, Deezer...

"Nous travaillons main dans la main avec les majors", explique Olivier Hascoat, le DG de MySpace France. "Elles viennent nous voir pour mettre du contenu en avant, faire des exclusivités. Nous avons un échange amical, et chacun fait son métier."

La stratégie 360°
Deuxième initiative: le développement de "stratégies 360°". Les majors gagnent de moins en moins d’argent sur la vente de CD, mais de plus en plus sur l’ensemble des autres activités de l’artiste: édition, tournées, produits dérivés et publicité.

Les partenariats avec des marques, appelés "endorsement", sont de plus en plus courants. U think!, l’agence conseil d’Universal Music France, dédiée aux partenariats entre artistes et marques, a orchestré, entre autres, l’association du DJ Martin Solveig au lancement de la nouvelle Ford Fiesta, à l’automne 2008.

La musique live, qui se porte bien, devient une autre manne financière pour les maisons de disque qui rachètent tourneurs et salles: Universal a racheté l’Olympia dès 2001. En 2008, Sony BMG s’est emparé d’Arachnée Productions, Warner de Jean-Claude Camus Productions. Le label indépendant Because Music a, lui, pris le contrôle de l'organisateur Corida et de trois salles de concert. Pour Vincent Demarthe, manager du rappeur Rohff:

"Les maisons de disque doivent apprendre à devenir des structures polymorphes, capables de tout faire pour la commercialisation de l'artiste."

Michel Pampelune, fondateur du label indé Fargo, tempère:

"Je ne crois pas trop aux contrats 360. Organiser des concerts, c’est une activité aussi risquée que de produire des disques. En dehors de la grosse cavalerie, pour un artiste peu ou pas connu, il faut autant d’énergie et de moyens pour emmener les gens voir un concert que pour les convaincre d’acheter un album."

Promo de proximité
Enfin, grâce aux possibilités du web 2.0, les acteurs traditionnels de l'industrie de la musique ont commencé à développer des outils de promotion sur Internet. Les maisons de disque ont investi les réseaux sociaux, offrant la possibilité d’une relation privilégiée entre l’artiste et son fan.

Marketing direct, emailing et autres newsletters permettent de fidéliser une communauté d’amateurs. Des fans que l’on sollicite le moment venu pour acheter les dernières sorties. On leur propose même les albums en pré-vente. "C’est flatteur pour le fan, et en même temps, ça le fidélise", explique Vincent Demarthe, qui a organisé un partenariat entre le rappeur Rohff et la plateforme Attention musique fraîche de l’opérateur SFR:

"On a tout mis sur Internet. On va cliper tout l'album. Les gamins découvrent les titres en exclusivité, avant le passage en radio."

Les maisons de disque vendent désormais la musique de l’artiste et son univers: boutique en ligne des produits dérivés, catalogues en téléchargement payant, vidéos exclusives... "On sollicite de plus en plus les artistes pour qu’ils génèrent du contenu: des live, des sessions acoustiques", raconte Alan Gac.

Dans ce nouvel environnement, les maisons de disque se débattent pour survivre, persuadées de leur légitimité: "Il y a une vraie naïveté de croire qu’Internet construit une carrière", constate Hervé Rosny. Selon lui, Internet ne permet que de découvrir, de faire du buzz.

Pour Michel Pampelune, "un label, c’est une identité, une réputation, une expertise." Pascal Nègre confirme: "Un producteur, ce n’est pas un gars qui fait un chèque, c’est un coach, quelqu’un qui croit en un artiste et va lui donner des moyens."

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MessageSujet: Re: INDUSTRIE DE LA MUSIQUE ... ENQUETE RUE89 INROCK   Dim 25 Jan - 11:15

Musique (3/4) : des nouveaux acteurs tout terrain

Par Isabelle Hanne et Nolwenn Le Blevennec | Journalistes

A l'occasion du 43e Midem, Rue89 et Les Inrockuptibles s'associent pour une grande enquête en quatre volets sur l’industrie musicale française. Une semaine après la promesse d’iTunes de supprimer ses DRM, le point sur la mort annoncée du CD, le combat des majors pour survivre, les nouveaux acteurs et la musique bientôt gratuite.

Un peu de Facebook, une pincée d'Itunes et un zeste de Fnac Spectacle. Les nouveaux acteurs de l'industrie musicale, présents sur le Web, jonglent avec les outils et, sans en avoir l’air, occupent de plus en plus de place sur le marché de la musique.

Les marques vendent, produisent de la musique et séduisent les fans, avec du 2.0. Dans les années à venir, les majors vont devoir composer avec ces nouveaux entrants qui se développent à grande vitesse, très bientôt incontournables. Alan Gac, du label Cinq-7 (The Do, Dominique A…), prévient:

"C’est la conquête de l’Ouest, les nouveaux acteurs (FAI, Nokia, SFR) arrivent et veulent faire tous les métiers. Il va y avoir une redistribution des cartes."

En septembre dernier, Myspace music a été lancé aux Etats-Unis. Jusqu'à présent, sur le profil Myspace d'un artiste, les internautes ne pouvaient écouter que six morceaux en streaming. Dorénavant, aux Etats-Unis et bientôt en France (courant 2009), les internautes auront accès à tout le catalogue de l'artiste, en téléchargement payant sans DRM.

"Nous avons signé un accord avec les majors et des indépendants, on finira par avoir tout le monde", assure Olivier Hascoat, DG de Myspace France. Lucile Morin, attachée de presse, renchérit: "A terme, nous aimerions que les artistes non signés soient aussi offerts en téléchargement."

Aussi, sur le nouveau Myspace, les fans pourront télécharger des sonneries, faire des T-shirts à l'effigie des artistes ou acheter des places de concerts. "Nous allons fournir aux artistes le moyen de monétiser leurs contenus, de créer des mini-magasins en ligne. C'est une stratégie 360°", se réjouit Olivier Hascoat.

Goom, radio révolution
Même stratégie 360 chez SFR. L'opérateur de téléphonie mobile au carré rouge est sur le point de devenir un poids lourd de l’industrie musicale. Le site, sur sa plateforme Attention musique fraîche, offre déjà des concerts en live, un service de billetterie et une plateforme jeunes talents. SFR a signé des accords avec toutes les maisons de disque et vend de la musique à la chaîne.

Sur le premier semestre 2008, la marque est passée numéro 2 français, derrière Itunes, pour le téléchargement de musique digitale. Le téléchargement sur mobile (sans DRM) explose. En 2008, SFR a enregistré 10 millions de téléchargements, dont 90% sur le mobile. L'achat de musique se réalise à l'acte ou, plus intéressant, via des forfaits de téléchargement illimité.

SFR va aussi annoncer au Marché international de l'édition musicale (Midem) son partenariat avec Goom radio, une toute nouvelle radio, 100% numérique. Un partenaire mais aussi un de ses principaux concurrents dans les années à venir.

Chez Goom, pas un seul CD sur les bureaux. C'est au bord de la Seine, au Pont de Sèvres, que la radio s'est installée. Une radio pour les moins de 25 ans, au nom cool: "Cela veut dire faire sauter le public dans le langage hip-hop", explique Roberto Ciurleo, cofondateur et ancien directeur des programmes de NRJ.

Chez Goom, l’obsolète bande FM fait doucement rigoler. Dans les couloirs, on parle normes technologiques obscures: 3G, 4G, Wifi et Wimax. La radio offre déjà un bouquet de 15 radios en format wav, "un son bien meilleur que celui du CD", accessible sur son portable, son ordinateur, sa chaîne et son poste de radio Wifi. "L'année prochaine, la radio Wifi sera le premier cadeau de Noël offert dans le monde", sourit Roberto Ciurleo.

Comme Myspace et SFR, Goom radio ne se contentera évidemment pas de faire son métier d’origine. Sur le site, les auditeurs pourront acheter les titres qu'ils aiment mais aussi des places de concert, des produits dérivés.

"Nous souhaitons également découvrir des talents. Aujourd'hui, la radio ne diffuse que 4% de la production musicale, nous voulons aller bien au-delà", confie Ciurleo.

Seule réserve de ces nouveaux acteurs à triple casquette: la production. Myspace et Goom s'accordent pour dire que c'est un métier à part. Pour Olivier Hascoat:

"Le rôle d'un producteur, c'est de sentir les tendances, d'accompagner les artistes. Un groupe comme Cocoon a longuement travaillé avec un producteur compositeur, avant de se faire connaître. C'est un vrai savoir-faire."

Chez SFR, par contre, aucun complexe: "On y pense, on y réfléchit forcément. Nous sommes très sollicités. Pour le moment nous nous contentons d'être partenaire, co-producteur d'événements", explique Laurence Dolivet, responsable musique de SFR.

Il faut dire que le carton de Mymajorcompany, une plateforme qui permet aux fans de produire les artistes de leur choix en un clic, donne des idées. Car l’un des défis de ces sites est aussi d’impliquer, avec tous les outils qu’ils ont à disposition, de plus en plus les internautes.

Opération séduction d'internautes
Mymajorcompany permet aux internautes de miser sur des artistes, parmi une dizaine sélectionnée par le label. Quand l’artiste atteint 70 000 euros, il est produit. Le site n'a qu'un an et peut déjà se vanter d'avoir à son actif une star au box-office.

Grégoire, avec son tube entêtant "Toi + Moi", a vendu 240 000 albums. Il est n°1 des ventes digitales, depuis des semaines. "Les producteurs internautes de Grégoire ont quadruplé leur mise. Un internaute a gagné 24 000 euros, en misant sur lui", se réjouit Simon Istolainen, cofondateur du site avec Michael Goldman, le fils de Jean-Jacques.

Mymajorcompany ne compte pas s'arrêter là. Le site vient de lever trois millions d'euros, avec l'entrée dans le capital de Stéphane Courbit, ancien d'Endemol. "Avec cette augmentation de capital, en 2009, nous allons ouvrir le système", confie Istolainen.

Jusqu'à présent, le label présélectionnait les artistes produits par les internautes. D’ici quelques semaines, une seconde plateforme ouvrira en parallèle, accessible à tous les artistes. Les internautes pourront alors faire leur propre direction artistique.

"Nous avons eu cette idée afin de coller encore plus aux attentes des internautes. Ils veulent être toujours plus impliqués dans le choix des artistes", confie Simon Istolainen.

Chez Goom, même démarche: "Les internautes ont leur rôle à jouer", assure Ciurleo. Dès le mois de septembre, les auditeurs pourront créer leurs propres radios, "My Goom". "Ils pourront choisir d'écouter l'horoscope, seulement leur signe s’ils le souhaitent, à 7h00, un flash info à 7h05 et une programmation musicale de leur choix à 7h15", s'enthousiasme l'ancien directeur des programmes d'NRJ. Et d'ajouter: "On ne peut plus dire 'écoutez-ça! point barre'. L'internaute doit pouvoir faire ce qu'il veut."

Dans ce nouveau paysage musical, l'offre explose. Opérateurs télécoms, fabricants de téléphones (Nokia, Sony), fournisseurs d’accès à Internet, marchands de musique (Fnac, Virgin) et radios vendent de la musique sur Internet. Dans ce contexte, la question de la recommandation musicale est probablement le prochain défi de ces acteurs Web.

"En ce qui concerne la musique, en France, aucun médium sur Internet ne déplace les foules quand il dit qu’un disque est top. Les médias prescripteurs restent les journaux papiers classiques. Il manque un site comme Pitchfork, aux USA", analyse Michel Pampelune, directeur de Fargo Records.

La place reste à prendre.


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MessageSujet: Re: INDUSTRIE DE LA MUSIQUE ... ENQUETE RUE89 INROCK   Dim 25 Jan - 11:17

Musique (4/4) : à quand la gratuité légale ?

Par Isabelle Hanne et Nolwenn Le Blevennec


A l'occasion du 43e Midem, Rue89 et Les Inrockuptibles s'associent pour une grande enquête en quatre volets sur l’industrie musicale française. Une semaine après la promesse d’iTunes de supprimer ses DRM, nous avons fait le point sur la mort annoncée du CD, le combat des majors pour survivre, les nouveaux acteurs. Aujourd'hui se pose la question de la musique gratuite.

Ecouter de la musique, comme on respire, gratuitement et sans limite. C'est le rêve de tout mélomane, aussi celui de Borey Sok, blogueur et auteur du livre "Musique 2.0":

"Je ne comprends pas pourquoi nous devrions payer pour de la musique, alors qu'on ne paye pas pour regarder Julie Lescaut, la pub paye pour nous".

Sur Internet, deux modèles financés par la publicité existent.

Le "streaming" permet d'écouter de la musique en ligne, gratuitement, sans télécharger. Le site Deezer, fondé par deux Français, Daniel Marhely et Jonathan Benassaya, est le chef de file du modèle. Deux ans après sa création, Deezer est traduit en seize langues et compte quatre millions de membres mais son modèle économique est encore fragile. Le site, qui a signé un accord avec les majors et 3500 indépendants ainsi qu’avec la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), reverse de l'argent aux artistes, à chaque écoute. "6 à 8% de nos revenus publicitaires", explique Jonathan Benassaya, cofondateur du site.

Mais, sur le premier semestre 2008, le site n'a rapporté à la Sacem que 70 000 euros de recette, soit quelques centimes par ayant-droit. Les recettes publicitaires sont encore trop faibles, pour satisfaire l’industrie. éJe ne crois pas que Deezer pourra continuer à vivre sans passer par un système d’abonnement", confie Pascal Nègre, PDG d’Universal Music. L’année prochaine, le site va développer le couplage publicitaire audio et affichage. Un spot publicitaire sera accolé au titre. L’année 2009 sera décisive.

Le modèle d'Airtist va encore plus loin. Le site propose lui de télécharger des MP3 gratuitement, après avoir visionné une publicité de quelques secondes, en plein écran. "La possession est une attitude très latine et pas du tout anglo-saxonne. Ces deux types d’offres [Deezer et Airtist] peuvent coexister", assure Laurent Magnin, cofondateur du site. La plateforme compte aujourd'hui 125 000 internautes et 3000 artistes:

"C'est parti du constat qu'il n'y avait aucune offre légale et gratuite, financée par la pub, sur le modèle de la télévision ou de la radio."

Mais le site ne fonctionne pas à plein régime dans toutes les régions. En Ile-de-France, de nombreux titres ne sont pas disponibles en téléchargement gratuit:

"Nous avons l'offre, mais nous manquons d'annonceurs prêts à investir sur la plateforme. Les gens du marketing sont finalement assez frileux."

Le site a reversé 54 000 euros aux artistes sur l'année 2008 (0,12 centimes par titre). Mais Laurent Magnin est sûr de son coup:

""Pour moi, le modèle Airtist est un des modèles du futur. Les annonceurs peuvent cibler les internautes en terme de profil et de géolocalisation."

Les futures générations ne paieront pas

Borey Sok pense lui aussi que l'avenir est au tout gratuit: "Le téléchargement légal en hausse en ce moment, ce sont les gens qui achetaient des CD qui s'y mettent. Les futures générations ne paieront pas." Mais Pascal Nègre, lui, s’insurge: "Attention à ne pas faire de jeunisme. Tokyo Hôtel et Sheryfa Luna vendent aussi des centaines de milliers d’albums!" Et d’ajouter:

"Je ne crois pas que la publicité puisse supporter le coût de toute la création: musique, cinéma, édition."

Ces modèles gratuits trouveront probablement leur équilibre, à côté l’offre légale payante. "Derrière un titre, il y a des ingénieurs du son et des techniciens. En piratant, vous pouvez faire crever la filière", explique Hervé Rosny, président du syndicat national de l'édition phonographique, le SNEP. Mais à quel prix? L'urgence pour l'industrie est aujourd'hui de trouver le juste prix de la musique digitale.

Un fichier MP3 coûte certes moins cher qu'un CD, mais il a un prix: "Le prix de la production, de la commercialisation, du stockage. Mettre un titre en avant sur iTunes ou SFR coûte de l'argent", explique Vincent Demarthe, manager de Rohff, dont les clips sont mis en avant sur le site SFR music. Hervé Rosny confirme:

"A l'avenir, il y aura les magasins, le système du “à la carte”, l'écoute en streaming, le modèle sur les forfaits téléphoniques de téléchargement illimité, tout ça c'est très positif. Mais la vraie question est combien vaut la musique. Quand on regarde le prix à l'acte de 0,99 cents, c'est relativement cher. Les forfaits illimités et le streaming génèrent beaucoup de trafic, mais sont peu chers par rapport à la réalité du prix."

Selon lui, tant que le téléchargement illégal existera, faussant les mécanismes du marché, il sera difficile de trouver le juste prix de la musique en ligne.

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les auteurs de cette excellente enquête sont :

ISABELLE HANNE ET NOLWENN LE BLEVENNEC

heureux
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