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 LE CHATEAU DE PICASSO

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MessageSujet: LE CHATEAU DE PICASSO   Dim 25 Jan - 11:01

Les mystères du château Picasso enfin révélés au grand public ?
Par Alain Paire | Galeriste | 23/01/2009 | 09H51

Dans le cadre de l'exposition Picasso-Cézanne organisée à Aix-en-Provence cette année, le château de Vauvenargues, qui fut la propriété de Picasso, ouvrira ses portes au public. Un événement rarissime...



Quand on emprunte au milieu du village la ruelle qui porte le nom d'un résistant assassiné en 1944 et lorsqu'on s'approche de la grille ouest de l'entrée du château de Vauvenargues, on achève de comprendre que cet espace ne reçoit jamais des visiteurs.

Un panneau profère sèchement que "le musée Picasso est à Paris, merci de ne pas insister". Excepté pour quelques très rares personnes, les habitants de Vauvenargues n'ont jamais appréhendé autrement que de loin l'imposante demeure achetée par Picasso en septembre 1958.

Une habitation austère quelquefois comparée à l'Escurial, des pièces et des étages où l'artiste entreposa momentanément son énorme collection personnelle, les Matisse, les Miro ou les Modigliani qui voisinaient avec ses sculptures et ses tableaux ainsi que des toiles de Cézanne et du Douanier Rousseau.

Picasso se plaignait de la violence du mistral



A ce château mal équipé et trop souvent inconfortable - Picasso se plaignait de la violence du mistral - s'ajoutaient, depuis le coeur de la vallée jusqu'aux cimes de la face nord de la Sainte Victoire, mille et un hectares de terrain ensauvagé...

Jacqueline et Pablo Picasso vécurent à Vauvenargues entre février 1959 et juin 1961. Deux jours après son décès, le 10 avril 1973, la neige tombait sur les pentes de la vallée, Picasso fut inhumé du côté du couchant sur le tertre de la terrasse du château.

La municipalité de Mougins n'avait pas donné d'autorisation pour qu'il fut enterré à Notre-Dame-de-Vie, le maire de Vauvenargues Christian Barbarin-Paquet signa l'indispensable dérogation.



Quelques saisons plus tard, Jacqueline scellait sur la tombe le bronze de La femme au vase, une statue dont la version originale avait été imaginée en 1933: en mai 1937, La femme au vase ponctuait à Paris l'entrée du Pavillon Espagnol de l'Exposition Universelle où l'on découvrit le tableau de Guernica.

Des années durant, Jacqueline Picasso se rendit au château afin d'y déposer une rose. Le 15 octobre 1986, elle commet le geste final qui lui permet de rejoindre la tombe de son époux. L'année précédente, le Musée Picasso du quartier du Marais avait été ouvert grâce aux dations de l'énorme héritage.

Jacqueline avait rencontré Picasso en décembre 1953 dans la cour de la galerie Madoura de Vallauris. Il lui avait offert une cigarette, elle avait 26 ans. Françoise Gillot l'avait quitté, Pablo en avait 73.

Un numerus clausus un tantinet rigide

Avant de commettre son geste ultime, Jacqueline Picasso avait imaginé pouvoir offrir au monde le château de Vauvenargues, sollicité l'Etat et les collectivités pour qu'une Fondation Picasso soit créée.

En 1985, un référendum avait réuni sans possibilité de recours les suffrages franchement négatifs des Vauvenarguais: soupçonnant que les rues étroites de leur village risquaient de se saintpaulvenciser, 85 % des votants refusèrent catégoriquement le projet de Jacqueline.

En 2009, la grille s'entre-baille et un aspect du château sera livré au public dans des conditions un tantinet rigides. Catherine Hutin, la fille de Jacqueline, le maire de Vauvenargues (qui précise que le souvenir et le château de Picasso doivent s'adapter au village "et non l'inverse"), ainsi que l'Office du Tourisme d'Aix-en-Provence se sont mis d'accord pour installer un système d'ouverture et de navette qui reliera, entre fin mai et fin septembre, Aix et le château.

Toutes les demi-heures, et pour un parcours d'une heure et quart, des groupes de dix-neuf personnes visiteront la forteresse. Les réservations ont commencé vendredi 17 janvier, des files d'attente se sont immédiatement formées et les tour-opérateurs raflent une partie de la mise.

Le château des comtes de Provence

On découvrira à 440 mètres d'altitude un château reconstruit au XVI° siècle en forme de carré, deux grosses tours rondes, une façade de deux étages, une mezzanine avec cinq fenêtres en oeil de boeuf ainsi qu'un large escalier avec un perron à balustres.

Dans cet espace vécurent autrefois des comtes de Provence, des évêques, un médecin du Roi René et puis les ascendants de Luc de Clapiers, le philosophe moraliste parrainé par Marmontel et Voltaire, l'auteur des Maximes qui porta le titre de marquis de Vauvenargues.



Pendant la Révolution, la famille des Izoard acquiert ce domaine qui devient en 1942 la propriété d'industriels marseillais ; ces derniers installèrent momentanément les séjours d'une colonie de vacances.

Hormis l'impressionnante carcasse, peu de choses subsistent de son état antérieur: meubles, armes, tableaux et tapisseries furent emportés par les antiquaires de la région. On admirera une porte d'entrée Louis XIII avec des bossages, des murs épais, des cheminées, des gypseries, des boiseries Régence et des plafonds en bois peint.

Reproduit dans l'ouvrage d'Henri Dobler consacré au Cadre de la vie mondaine d'Aix-en-Provence au XVII° et XVIII° siècles (photographies Detaille / Boissonnas) un document ancien laisse imaginer ce que fut l'intérieur du château.

Vert sombre, noir et rouge profond

De la brève mais comme à l'accoutumée intense activité de Picasso dans l'enceinte de Vauvenargues, très peu de choses subsistent. Avec une fresque rapide qu'on apercevra - un faune qui joue de la musique entre des branches feuillues - Pablo décora le mur de sa salle de bains.

On se reportera à l'exposition du Musée Granet conçue par un comité scientifique coordonné par Bruno Ely pour imaginer cette période de création largement consacrée à l'exécution de portraits de Jacqueline, joyeusement baptisée par le maître des lieux "Reine de Vauvenargues".



Cette séquence marque également le début de la série des Déjeuners sur l'herbe inspirés par Manet. Avec ses dominantes vert sombre, noir et rouge profond et ses emprunts à Murillo, la période de Vauvenargues signe principalement un retour aux origines espagnoles: pour dire vrai, elle n'est presque pas cézannienne.

Les leçons du cubisme sont depuis longtemps intégrées, le peintre va où rebondit son énorme appétit de création. Entre Cannes et Mougins, avec des coulures de Ripolin ou bien des traits de fusain, Picasso poursuit une étonnante série de Buffets Henri II auprès de laquelle pose son chien dalmatien Perro.

Il exécute les 29 et 30 avril 1959 trois paysages du village et de la face nord de la Sainte Victoire, ou bien encore livre des natures mortes avec dame-Jeanne, mandoline, cruche et flacon.

Le 10 avril 1973, le convoi funéraire quittait Mougins, où Picasso s'était finalement installé, pour rejoindre Vauvenargues. Lorsqu'il atteignit le village, la neige était tombée, la vallée et les crêtes de la montagne étaient incroyablement blanches. Dans la tumultueuse biographie de l'Hidalgo qui n'avait pas
voulu rédiger son testament, Vauvenargues devenait alors son ultime demeure.




► Pour visiter le château de Vauvenargues et l'exposition Picasso-Cézanne (du 25 mai au 27 septembre 2009), rendez-vous sur le site internet du Musée Granet.

Etoile
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