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 MIKHAÏL BARYSHNIKOV

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liliane
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MessageSujet: MIKHAÏL BARYSHNIKOV   Sam 3 Jan - 18:59

MIKHAÏL BARYSHNIKOV


Mikhaïl Barychnikov reste aujourd'hui encore l'un des plus grands noms de la danse du XXe siècle.

Ce danseur, chorégraphe et acteur américain, d'origine russe est né le 28 janvier 1948 à Riga, en Lettonie, alors en URSS.

Il débute ses cours de danse classique à Riga à l'âge de 9 ans au Latvian National Opera avant d'entrer en 1964 à la prestigieuse École Vaganova de Saint-Pétersbourg en Russie, où il sera l'élève d'Aleksander Pushkin.

Barychnikov entre dans la compagnie de ballet du Kirov en 1967. A peine deux ans plus tard, il est nommé étoile en 1969.

Il remporte en 1966 la médaille d'or du célèbre Concours international de ballet de Varna en Bulgarie et une médaille d'or au Concours international de ballet de Moscou en 1969.

GISELLE
Lors de la tournée canadienne du Kirov en 1974, Barychnikov disparaît l'espace de quelques jours.

Il profite de ce laps de temps pour déposer une demande d'asile au Canada, qui décide de l'accepter.

Cette même année il débute une riche carrière avec l'American Ballet Theatre, en interprétant Giselle avec Natalia Makarova pour partenaire.

Mikhaïl danse les plus grands rôles du répertoire classique : Casse-Noisette, Don Quichotte ou encore Cendrillon. Il adopte la nationalité américaine.
Le célèbre danseur quitte l'American Ballet Theatre après une collaboration de 4 ans pour entrer au New York City Ballet en 1978.

C'est là qu'il rencontre George Balanchine et Jerome Robbins avec qui il travaillera.

Mikhaïl Barychnikov et l'American Ballet Theatre renouent leurs liens en 1980 lorsqu'il est nommé directeur artistique de la compagnie, poste qu'il occupera jusqu'en 1989.

Les plus grands chorégraphes, tels que Merce Cunningham, Martha Graham ou Twyla Tharp, feront appel à ses talents artistiques.

En 1990, il fonde avec Mark Morris le White Oak Dance Project, une compagnie pour laquelle il sera danseur et chorégraphe.

C'est son amour pour la danse contemporaine qui le pousse à la création de sa propre compagnie qu'il dirigera jusqu'en 2002.

Il met sur pied dès 2003 un programme d'encouragement et de promotion de la danse, le Barychnikov Art Center à New York.

Baryshnikov a 3 enfants avec sa partenaire de longue date et danseuse étoile Lisa Rinehart ainsi qu'une fille issue d'une précédente relation avec l'actrice Jessica Lange

Il continue de se produire.
Mikhaïl Baryshnikov fait ses débuts au cinéma en 1977 dans The Turning Point, d'Herbert Ross, un long-métrage de fiction consacré au monde du ballet.

Le film fut nominé 11 fois à l'Oscars du cinéma 1977, dont une nomination pour Baryshnikov en tant que meilleur acteur dans un rôle secondaire.

Le cinéma lui permet de jouer avec des grands noms du 7e art : Shirley MacLaine, Anne Bancroft, Isabella Rossellini, etc.
On le retrouve en 1987 aux côtés de la danseuse étoile Alessandra Ferri, dans le film Dancers, également réalisé par Herbert Ross.

Il est également apparu dans la dernière saison de la série télévisée américaine Sex and the City (HBO), aux côtés de Sarah Jessica Parker.


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MessageSujet: Re: MIKHAÏL BARYSHNIKOV   Sam 3 Jan - 19:03

SPECTACLE. Il a choisi la voie des airs à neuf ans. Légende papillonnante, l'artiste danse ce week-end à Lausanne. Rencontre avec un prince en habit de ville.

Valérie Fromont
Samedi 20 décembre 2008


Vendredi, dans les couloirs du Ballet Béjart Lausanne, on chuchote et on rit un peu plus fort que d'habitude. Ce matin-là, dans «la classe», les danseurs de la compagnie ont fait une place à la barre à Mikhaïl Baryshnikov qui donne, ce week-end, deux représentations de The place, pièce de Mats Ek. Pour des générations de professionnels, ce danseur soviétique parti faire carrière aux Etats-Unis incarne un rêve de virtuosité technique. Sa maîtrise des grands rôles du répertoire classique, ses collaborations avec les plus prestigieux chorégraphes, la longévité de sa carrière font de lui une icône.


Combien de vocations et de frustrations les 11 pirouettes que Mikhaïl Baryshnikov exécute dans le film Soleil de nuit ont-elles suscité? Mais le voici qui apparaît, comme par enchantement, d'un pas silencieux. Petites lunettes, sérieux, chemise bleue. L'interview peut commencer. Après la dernière question, il frappe des mains, comme un maître de ballet signifie la fin d'une répétition. Avant qu'on ait pu le retenir, il avait déjà disparu.

Le Temps: Vous êtes considéré comme l'un des danseurs les plus virtuoses. A quoi attribuez -vous le succès de votre carrière?

- La danse est un art, pas un sport. Il n'est pas question de compétition. Je suis flatté que les gens viennent me voir danser, parce que je me produis rarement. Je suis comme un ours qui dort pendant l'hiver et travaille l'été. Je me contente de danser; parler de soi, ça rend paresseux. Un danseur pense surtout à ce qu'il n'aime pas chez lui.

- Il y a des choses que vous n'aimez pas chez vous?

- Beaucoup! Presque tout! Pas seulement en temps que danseur. Dans la vie, et pas seulement dans la danse, il y a des tas de raisons de n'être pas content de soi. Pour s'améliorer, il faut analyser ses erreurs.

- Pour un danseur, quel défi représente le style de Mats Ek?

- C'est un vocabulaire exigeant pour le corps et pour la tête. Le corps se tord, c'est dur pour le dos et les genoux. Chez Mats Ek, chaque mouvement a un sens, mais ce n'est jamais narratif.

- Vous avez souvent été blessé. Quel est votre rapport à la douleur du corps?

- Quand vous vous réveillez, vous vérifiez que vous ayez toujours vos cheveux, vos orteils, mais vous pouvez à peine vous lever. Pour un danseur, c'est naturel de prendre soin de son corps. Je travaille avec un physiothérapeute, je m'entraîne tous les jours. Je ne peux plus tout danser, j'ai 60 ans, je choisis des choses qui me correspondent. Beaucoup d'artistes plus âgés m'ont inspiré, comme le Français Jean Babilée, les danseurs de flamenco, les acteurs de kabuki.

- Etre sur scène, c'est une drogue? Pourriez-vous un jour imaginer arrêter?

- Bien sûr! J'arrêterai quand je ne pourrai plus faire les choses comme je souhaite les faire. Ou lorsque je ne trouverai plus de chorégraphe intéressant. Je ne peux pas créer pour moi-même, je ne suis qu'un instrument dans les mains d'un chorégraphe.

- Vous avez été une source d'inspiration pour beaucoup de danseurs. Qu'espérez-vous leur avoir transmis?

- Je ne me considère vraiment pas comme un modèle. J'espère simplement que les jeunes danseurs respectent une éthique du théâtre, qu'ils soient de bons petits soldats du théâtre. Cela signifie ne pas tricher, travailler à 100%, se comporter intelligement. Ne pas faire sa Prima donna. Les gens, parfois, ont tendance à se plaindre: ils n'obtiennent pas un rôle, ils trouvent leur partenaire mauvais, le chorégraphe terrible... Si on aime la danse et que l'on s'y consacre, on ne se plaint pas. Si quelque chose ne marche pas, il faut s'en prendre à soi-même. Ça fait partie de ce métier.

- Vous avez appris la danse en Russie, mais passé l'essentiel de votre carrière aux Etats-Unis. Quel rôle ont joué ces deux écoles dans la construction de votre style?

- Ce n'est pas nécessairement américain, car j'ai beaucoup travaillé à Londres et à Paris... Mais quand j'ai quitté la Russie, j'ai probablement commencé à travailler de manière plus propre. Avant, j'étais plus sauvage. Mon corps est devenu plus compact. Une de mes grandes sources d'inspiration fut Jean Babilée. J'adorais regarder cet homme sur scène. Ce n'était pas qu'un danseur. C'était un homme qui dansait parfois. Je me souviens aussi de Vladimir Vassiliev, mon idole d'enfance... Je regardais cet homme simple, qui ressemblait à un paysan, se transformer en créature lyrique, spirituelle, pleine de force et de tendresse. C'est la complexité de ces hommes qui m'attirait.

- Quel rôle a tenu le cinéma dans votre vie?

Ce furent toujours de petites expériences annexes et passagères... Je n'ai jamais vraiment été heureux devant une caméra.

- Votre passage à l'Ouest a fait de vous un symbole de la liberté occidentale. Quel regard portez-vous sur ce genre d'étiquettes?

- Je n'ai jamais été un dissident, ni en guerre contre le régime. Je reste à distance de la politique, bien que je la suive. C'est vrai, j'ai quitté la Russie pour des raisons sérieuses. Pour des raisons politiques, mais aussi pour des raisons personnelles. J'avais 26 ans et je voulais être libre! Libre de voyager, de rencontrer des gens, de travailler avec les chorégraphes de mon choix, libre d'être responsable de ma vie. Ne pas être à genoux pour demander d'être un homme.

Mikhaïl Baryshnikov a dansé les 20 et 21 décembre dans Mats Ek, Lausanne, Palais de Beaulieu.
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MessageSujet: Re: MIKHAÏL BARYSHNIKOV   Mer 26 Aoû - 17:27

Le légendaire Mikhaïl est la star « classique » d'une saison qui fait le grand écart entre hip-hop et créations branchées


Comme le dit Yorgos Loukos, grand manitou du ballet de l'opéra de Lyon : « Je cherche à briser l'opposition établie trop souvent entre la danse néo-classique supposée ringarde et les créations dites branchées ».

Aussitôt déclaré, aussitôt fait. La saison du ballet de l'opéra, dépourvue de préjugés et très éclectique, fait vraiment le grand écart. Hip-hop, classique, néo, post : tous les styles défilent sur scène.

Bonne nouvelle donc pour les éternels grogneurs, qui reprochaient au ballet de célébrer une danse « trop » avant-gardiste. Ils vont enfin roucouler et boire du petit-lait : Mikhaïl Baryshnikov, le prince moderne du classique, fait escale à Lyon pour quatre soirées exceptionnelles. La classe et le charisme n'ont décidément pas d'âge.

À soixante ans et des poussières d'étoile, l'ancienne légende du Kirov brillera dans deux duos de Mats Ek, au bras de la non moins mythique Ana Laguna, et deux solos conçus sur mesure par Benjamin Millepied et Alexeï Ratmansky.






Mikhail Baryshnikov prend sa classe au Palais Garnier quand il passe par Paris, dit adorer la France mais voilà bien dix ans qu'il n'y a pas dansé. On court le voir à l'Opéra de Lyon avec Three Solos and a Duet, tous écrits sur mesure pour cet artiste qui choisit encore et toujours la danse, malgré ses soixante ans. Indispensable pour l'apprécier d'oublier ses collants blancs et son incroyable façon de rester accroché en l'air dans les sauts. Restent intactes la rapidité du geste et la puissance d'évocation. À côté d'Untitled, une pièce russe signée Ratmansky, trois monuments à Misha : Place et Solo for Two, scène de la vie conjugale entre deux amants au long cours, écrits par Mats Ek pour Baryshnikov et Ana Laguna. Et Years Later de Benjamin Millepied où, grâce à un montage vidéo réalisé par Olivier Simola, complice de Découflé, Misha se confronte un film de lui, pris dans les studios du Kirov de Leningrad, à ses débuts.

Opéra de Lyon : Festival Ici on danse du 10 au 13 nov. Loc. : 08 26 30 53 25


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MessageSujet: Re: MIKHAÏL BARYSHNIKOV   Lun 9 Nov - 21:38

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Baryshnikov, le dernier titan







Mikhaïl Baryshnikov en 2007, à New York. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS



Le danseur de légende se produit dans trois soirées d'exception à l'Opéra de Lyon. Rencontre.


C'est le dernier titan de la danse à avoir franchi le rideau de fer. Rudolf Noureïev n'est plus, Natalia Makarova a épousé un milliardaire californien et tourné le dos au ballet. Mikhaïl Baryshnikov, lui, danse encore.


«Misha» ne porte plus le collant blanc des princes et ne s'assoit plus en l'air quand il saute. Il danse en pantalon et tee-shirt, la silhouette à peine épaissie à la taille.
Comme autrefois, le geste a le tranchant du scalpel, et le corps est musical de la pointe du pied à la fameuse mèche d'or qui danse sur le front. Misha a eu 61 ans le 28 janvier.
Dans le métier, on raccroche les chaussons à 40. «Il y a des danseurs de flamenco, de tango, de butô qui dansent jusqu'à leur mort. Le problème n'est pas l'âge qu'on a mais le genre de travail qu'on présente», dit-il.


«Tant que des chorégraphes intéressants acceptent de me créer des pièces en sachant qui je suis et l'âge que j'ai, je continue. Danser face à un public est la chose la plus effrayante et la plus excitante que j'ai pu éprouver. Parce que les gens paient pour vous voir, cela procure une inimitable orgie d'ego.


Mais je suis un interprète nerveux. Je dois me préparer à la barre, ce qui demande de plus en plus d'efforts. Un matin, je me réveillerai en me disant que ça suffit et j'arrêterai d'un coup. Je prends mes décisions comme ça.»


Question de tempérament. C'est sur ce genre de coup de tête qu'il a demandé l'asile politique au Canada en 1974, s'éclipsant à l'improviste d'une petite tournée de danseurs russes. Par curiosité, pour tout dévorer. Parce que, pour avoir perdu sa mère enfant, il s'est très tôt laissé guider par un seul principe : «Accepter de prendre des risques, parce qu'on ne vit qu'une fois.»



Nominé aux Oscars



Aux États-Unis, depuis le premier jour, Baryshnikov est une immense star. Même si, à l'opposé de Noureïev, il joue la discrétion et la simplicité, il a, comme Coco Chanel, son nom sur une série de parfums.
Il reçoit chaque jour une pluie de propositions de cinéma, théâtre, comédies musicales. Contrairement aux autres danseurs qui attendent l'âge de la reconversion pour tenter de continuer sur les planches ou à l'écran, Misha a vécu ces carrières-là depuis son arrivée.


Dès 1977, il était nominé aux Oscars pour sa prestation dans The Turning Point de Herbert Ross. Sa voix profonde et son talent d'acteur lui ouvrent toutes les portes. Il a même tourné dans la dernière saison de Sex and the City. «Sex ? The City ? J'ai été approché par Jessica Parker, mais je ne savais pas ce que c'était.
On a regardé avec les enfants, que ça a mis dans un tel état d'excitation qu'on a dû finir en douce. Là, je lis des scénarios», dit-il. Passe dans son regard la méfiance d'un chat auquel on voudrait passer un collier. «Je veux voir mes enfants grandir. Le dernier a déjà 15 ans et j'ai aussi des petits-enfants. Je mesure mes engagements.


Par exemple, je viens souvent à Paris, où j'ai un pied-à-terre sur l'île Saint-Louis. Je prends la classe au Palais Garnier mais je n'y donne pas de spectacle : il faudrait que je m'engage deux ans à l'avance, c'est le rythme de programmation des théâtres dans les capitales. Et si dans deux ans, j'avais envie d'autre chose ?»


Parce qu'il reste avide d'expériences et, malgré tout, celles qui le font frissonner sont du côté de la danse. «Diriger une compagnie ? Non merci. J'ai déjà dirigé l'American Ballet Theatre et je tiens à mourir de causes naturelles ! »


Transmettre ? Il fait mieux : il a fondé, en 2005 à New York, le BAC (Baryshnikov Center of Arts), immeuble de 4000 m2 dans le quartier du Hell's Kitchen, dont le théâtre de 299 places dédié à Jerome Robbins en échange du financement par sa fondation, est en voie d'achèvement.
Le concept ? Aider la création avec des studios ouverts à tous et former le public avec des spectacles souvent gratuits et des conférences données notamment par Patrick Bensard de la Cinémathèque de la danse à Paris.



De Lucinda Childs à Alain Buffard, chacun y travaille avec une reconnaissance inconditionnelle pour Misha. L'ensemble est financé par une soirée de gala annuelle et des donations privées, ainsi que par une aide de la Ville de New York : «C'est une idée un peu socialiste», dit-il en riant, «mais j'avais le sentiment qu'il fallait un endroit comme ça dans cette ville et qu'il était temps pour moi de faire quelque chose : tout ne viendrait pas toujours sur un plateau.



Et puis les chorégraphes me fascinent.»


Dès son arrivée, il a toujours répondu présent à Ailey, Taylor, Graham, Tharp, Childs, Cunningham, Paxton, Hay et tous ceux qui lui demandaient de danser pour leurs soirées de gala. «Je savais que c'était pour être sûr de lever sur mon nom un maximum de fonds. Mais aujourd'hui encore, c'est eux que je peux appeler à tout moment.»


Et d'enchaîner : «Je me sens parfaitement américain. Toutes mes pensées, tous mes soucis sont aux États-Unis. Toutes mes racines aussi : c'est là que vivent ma femme, mes enfants et mes petits-enfants. Je suis né à Riga en Lettonie et ne suis resté que dix ans en Russie. Qu'est-ce que c'est en comparaison des trente-cinq années passées aux États-Unis ?»



LA CRITIQUE


Ce programme porte la marque de Mats Ek, avec qui Baryshnikov travaille pour la première fois. L'aventure se poursuit aujourd'hui encore avec la création d'un nouveau duo, The Other, écrit pour Misha et Niklas, le frère de Mats.



Dans Three Solos and a Duet, c'est Ana Laguna, épouse et muse de Mats, qui accompagne Misha et danse magistralement Solo for Two. Pour ces deux monstres sacrés, Mats Ek a écrit Place, vingt minutes sur le couple, ballotté de manière un peu mécanique entre tracas quotidiens et élans passionnés. « Mats travaille sur quelque chose entre la bouffonnerie, le jeu, le cri. Il est plus un homme de théâtre qu'un obsédé de la recherche de nouveaux pas. »


Misha a aussi, pour ce programme, « osé demander à Alexeï Ratmanski s'il serait intéressé par lui écrire une pièce ». Ratmanski a voulu une pièce russe sur la Valse-Fantasie de Glinka, père de la musique russe, écrite pour se guérir d'une passion russe. Les répétitions se sont passées en russe.


Le résultat l'est évidemment, et Misha y fait merveille autant dans la valse que dans une pantomime réinventée de manière complètement contemporaine. Benjamin Millepied est aussi au programme. Il signe un ballet merveilleux, Years Later, répété dans la maison de Misha à Saint-Domingue, où le danseur, un peu matamore, se confronte avec sa propre image en vidéo, jusqu'à ce que celle-ci laisse apparaître un Misha de 17 ans exécutant ces enchaînements qui ont fait dire qu'il était un danseur parfait.


Three Solos and a DuetValse-Fantasie. Solo for Two - Extraits deYears Later- Place,à l'Opéra de Lyon du 10 au 13 novembre,en ouverture du festival Ici on danse.



http://www.lefigaro.fr/culture/2009/11/09/03004-20091109ARTFIG00440-baryshnikov-le-dernier-titan-.php



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MessageSujet: Re: MIKHAÏL BARYSHNIKOV   Dim 16 Mai - 16:34

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MICHAEL BARYSHNIKOV ET ANA LUGANA

THEATRE DE LA VILLE DU 15 AU 20 JUIN 2010

THREE SOLOS AND A DUET

AVEC LES ÉTÉS DE LA DANSE DE PARIS










chorégraphies de

Mats Ek
Benjamin Millepied
Alexeï Ratmanski
Mikhail Baryschnikov qui ne s’était pas produit à Paris depuis 10 ans rêvait de danser sur la grande scène du Théâtre de la Ville. Nous sommes heureux avec les Etés de la Danse à Paris, d’accueillir cet artiste d’exception et d’offrir au public la possibilité de le découvrir ou de le revoir.

À ses côtés, Ana Laguna, partenaire emblématique de Mats Ek, va ajouter un maillon à sa longue histoire avec leThéâtre de la Ville. Elle y créa, entre autres, une Carmen inédite, une inoubliable Giselle et, en 1996, elle y interprétait Solo for Two qu’elle dansera avec Mikhail Baryshnikov.

Emmanuel Demarcy-Mota et l'Équipe du Théâtre de la Ville




http://www.theatredelaville-paris.com/spectacle-Threesolosandaduet-220


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MessageSujet: Re: MIKHAÏL BARYSHNIKOV   Dim 4 Sep - 13:01



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Baryshnikov de retour à Paris en comédien et danseur





Mikhail Baryshnikov à Madrid le 2 septembre 2007
(AFP/Archives, Pierre-Philippe Marcou)




PARIS — Légende de la danse, Mikhaïl Baryshnikov, 63 ans, également comédien et chorégraphe, se produira au Théâtre national de Chaillot du 8 au 17 septembre dans un spectacle inédit en France alliant théâtre, danse et vidéo.


Invité d'honneur à nouveau des "Étés de la danse", "Misha" Baryshnikov revient à Paris pour dix représentations d'une adaptation scénique de la nouvelle "In Paris" écrite en 1940 par l'écrivain russe Ivan Bunin (1870-1953), prix Nobel de littérature en 1933.



D'origine russe naturalisé américain, Baryshnikov partage l'affiche avec la comédienne russe Anna Sinyakina.

Jouée en russe surtitré, "In Paris" est une production du Baryshnikov Arts Center et du Dmitry Krymov Laboratory, en association avec la Russian Korjaamo Century Foundation et le Théâtre Korjaamo d'Helsinki.



"C'est le récit de deux émigrants russes qui se rencontrent par hasard à Paris, en 1930. Lui est un ancien général de l'Armée blanche russe, elle une belle jeune femme, de loin sa cadette. Ils tombent éperdument amoureux, mais le temps qui les unit leur est compté.
Lorsque l'un décède, le second découvre alors ce qu'est la véritable solitude", expliquent les organisateurs des Etés de la danse, manifestation annuelle qui propose des rendez-vous à Paris avec les plus grandes compagnies de danse du monde.


L'an dernier, Mikhaïl Baryshnikov avait déjà participé aux Etés de la danse à Chaillot en interprétant la "Sarabande" chorégraphiée pour lui par Jerome Robbins.


Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés



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MessageSujet: Re: MIKHAÏL BARYSHNIKOV   Ven 9 Sep - 13:07


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PORTRAIT : MIKHAÏL BARYSHNIKOV









Paris, place de l’étoile




Mikhaïl Baryshnikov. La légende de la danse classique échappée du Bolchoï chérit la France qui lui a donné son «âme sœur», Barbara.



Personne ne prête attention à l’homme à lunettes coiffé d’un tout petit chapeau multicolore qui traverse l’île Saint-Louis, enjambe les ponts nez au vent et marche tranquillement vers la rive droite pour rejoindre les bureaux des Etés de la danse.


Le spectacle que Mikhaïl Baryshnikov joue et danse en ce moment à Chaillot s’intitule In Paris. Ça tombe bien. Comme Ivan Bounine, l’auteur du texte, Mikhaïl Baryshnikov se sent un peu parisien. Pas seulement parce qu’il possède un pied-à-terre à un jet de sorbet des établissements Berthillon. «Depuis mes jeunes années, Paris a toujours été mon rêve et mon bonheur.» Au premier prétexte, il accourt.



Baryshnikov a son badge de l’opéra de Paris dont il suit la classe lorsqu’il est là. «On me donne des clés, une loge, ça me touche beaucoup. J’y suis à la maison.» Il a appris le français en chantant Piaf, Brassens, Brel, Aznavour et Mireille. Il venait de quitter Riga où il est né pour une nouvelle vie à Leningrad. Baryshnikov vouait un culte à Gérard Philippe dans Fanfan la Tulipe, mais aussi à Gabin et Signoret. «Montaigne, La Fontaine, Dumas, Molière, Saint-Exupery, j’ai été élevé avec ça.»



La grande passion de Baryshnikov, c’est Barbara. Pas la Streisand des Américains, la Barbara de l’Aigle noir.

«Barbara était mon âme sœur», dit-il. D’ailleurs atterrir à Roissy le met toujours de bonne humeur. Il associe l’aéroport à Barbara, parce qu’il lui arrivait de gagner directement la maison de Précy-sur-Marne où la chanteuse s’était retirée.
«Lorsqu’elle se mettait au piano, elle ressemblait à une belle corneille qui descend sur les touches.» A New York, où elle vécut plusieurs semaines dans le loft de Baryshnikov, ou à Précy, ils jouaient à quatre mains au milieu de la nuit. «Je regrette de ne pas avoir enregistré nos improvisations.»

Une fois, il l’a invitée au Metropolitan Opera pour un récital unique. Elle a chanté Pierre et le Mal de vivre tandis qu’il dansait derrière elle. Pourtant elle ne l’a jamais vu danser et lui ne l’a jamais vue sur scène, sauf au Metropolitan. «Elle était brusque avec ses amis, et très exigeante sur le plan émotionnel. Elle donnait tout à la chanson.»

Lors d’un voyage à Londres avec le ballet du Kirov, au début des années 70, quelqu’un avait offert à Baryshnikov le Soleil noir. Un album Philips avec sur la pochette le visage graphique et blanc de Barbara. Toutes ces chansons déchirantes semblaient avoir été écrites pour lui. «Mon âme sœur» redit-il, le regard clair. Ils avaient des chagrins en commun. Et un même refus de s’abandonner au malheur.



Baryshnikov se balade avec un carnet en cuir fermé par un élastique dans lequel il a copié un poème de Prévert : «C’est pas un fleuve la Seine/c’est l’amour en personne/c’est ma petite rivière à moi […]/les vacances de ma vie […]/Et le Louvre avec les Tuileries la tour Eiffel […]/Notre-Dame la gare de Lyon ou d’Austerlitz/c’est mes châteaux de la Loire/la Seine c’est ma Riviera/et moi je suis son vrai touriste.»



Devant le Théâtre de la Ville, Baryshnikov songe à Pina Bausch. Il n’a pas encore vu le film de Wenders. Pour lui, Pina, c’est Paris parce qu’il y a vu tous ses spectacles. «Elle a fait son théâtre sans langage et ouvert tellement de portes…
Même ses spectacles les moins réussis me remplissaient d’émotions.» Ils ont envisagé un projet commun, mais Baryshnikov ne pouvait vivre plusieurs mois à Wuppertal, chez Pina.
Même ici, à Paris, il est plusieurs fois par jour en contact avec le Baryshnikov Arts Center, son laboratoire new-yorkais. On ne peut pas tout vivre. Baryshnikov pense à ce proverbe chinois : «Il faut un siècle pour vivre. Et puis un autre pour apprendre. Et de toute façon, tu meurs bête.»



Le Paris de Baryshnikov suit la géographie de l’amitié. Saint-Germain-des-Prés et la rue du Bac, c’est Jean Babilée. «Une légende vivante de la danse.» Quand Baryshnikov pense à lui, il le voit à moto. «Il enfourchait sa moto comme un cheval de course. Casque sur la tête, buste droit, il était le chevalier Babilée.»
S’il connaissait le travail de Babilée en vidéo, c’est seulement en 1979, à New York, qu’il le vit enfin sur scène.

En jean et tee-shirt, Babilée dansait autour d’une simple structure métallique. Life, de Maurice Béjart. Un îlot de souveraineté aristocratique. Le Français avait alors 56 ans, âge où les danseurs classiques sont à la retraite depuis longtemps. «Un complexe d’émotions bien contrôlées.» Baryshnikov fut si bouleversé qu’en coulisses il tomba à genoux devant le Français. «Je n’ai jamais vu danser comme ça», lui dit-il (1).


Baryshnikov devient l’ami de Babilée lorsqu’il tourne Soleil de nuit où il danse le Jeune Homme et la mort, dans lequel Babilée a excellé après-guerre. «Sa version est très supérieure à la mienne.» Celle de Babilée est dramatique et habitée, celle de Baryshnikov, virtuose. Ils se voient rue du Bac. «Même chez lui, il ne s’avachissait jamais. Il faisait comme ça.»

Rejetant les épaules, jambes ouvertes, main dans les cheveux en arrière, Mikhaïl Baryshnikov mime le Français extraordinaire en éclatant de rire. «Paris n’est pas seulement une ville mais des gens. Des gens qui m’ont appris des choses.» Quoi par exemple ? «La joie de vivre.»


Quand il passe devant le musée d’Orsay, il pense à Serge Gainsbourg et Jane Birkin, qui habitaient derrière. «Gainsbourg m’a appris à manger des huîtres. Et à boire des cocktails "mort subite" qu’il préparait.» La rue de l’Université lui évoque Odile Versois qui le recevait dans l’hôtel Pozzo di Borgo.


La Seine, c’est Jean-Michel Folon sur sa péniche, et l’avenue Montaigne, Roman Polanski dans son penthouse, qui avait fini par partager sa passion pour Babilée - lequel était fan de Barbara…


Lorsqu’il a rencontré Jessica Lange, la mère de sa fille Aleksandra, ils échangeaient en français.

Puis comme la Callas, il a appris à… compter en anglais. Dans In Paris, mis en scène par Dmitry Krymov, il joue le rôle d’un ancien général de l’armée blanche qui vit un dernier amour à Paris dans les années 30. «C’est émouvant et troublant : jouer pour la première fois en russe et en français à Paris.»


Ça fait longtemps que Baryshnikov n’a pas autant parlé sa langue maternelle. Comme ses quatre enfants, Peter Andrew, Anna Katerina, Sofia Luisa et Aleksandra, il est américain. Aleksandra, c’était le prénom de la mère de Baryshnikov. Elle est morte quand il avait 12 ans. Jamais il n’a su pourquoi elle s’était suicidée.
Distant et taciturne, son père se mura dans le silence jusqu’à sa mort, en Lettonie. C’est à sa mère que Baryshnikov doit son goût de la danse et du spectacle. A Riga, elle l’inscrivit à ses premiers cours de danse.


Si, depuis son départ d’Union Soviétique en 1974, il n’a jamais trop cherché à revoir son pays, ces temps-ci, il recommence à parler russe. Dans l’avion, il a lu la Douce, une nouvelle de Dostoïevski : la douleur d’un homme, un ancien militaire dont la femme vient de se suicider. En russe.


(1) Patrick Bensard, «le Mystère Babilée».

Photo Roberto Frankenberg



En 6 dates

28 janvier 1948 Naissance à Riga. 1960 Mort de sa mère Aleksandra. 1964 Quitte Riga pour Leningrad. 1974 Départ au Canada. 1980 Naissance de sa fille Aleksandra à New York. 8-17 septembre 2011 In Paris, les Etés de la danse.




Libération 9/09/2011 .




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liliane
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MessageSujet: Re: MIKHAÏL BARYSHNIKOV   Ven 16 Sep - 12:59

Quand Baryshnikov danse avec les mots

Sur les affiches placardées dans les couloirs de métro, Mikhail Baryshnikov pose sagement, l'air presque ahuri, un bras autour de l'épaule de sa jeune partenaire Anna Sinyakina. On a peu l'habitude d'observer le danseur -né russe, naturalisé américain -, une des dernières légendes du ballet, dans une posture aussi immobile. Il faut voir dans ce visuel, en « sous-texte », l'annonce que son dernier spectacle « In Paris », d'après une nouvelle d'Ivan Bounine, est une pièce, pas une chorégraphie.

Baryshnikov a déjà fait l'acteur au cinéma (dont le film à succès « Soleil de nuit ») ou à la télévision (il était l'amant peintre et sculpteur de l'héroïne de « Sex and the City » !). Dernièrement, il cabotinait presque au côté d'Ana Laguna dans « Place », un ballet de Mats Ek théâtralisé en diable. Invité une nouvelle fois par Les Etés de la danse, il se retrouve à incarner un général russe blanc exilé à Paris dans les années 1930, au crépuscule de sa vie. Il y rencontre une jeune serveuse dans un restaurant. Raconte un peu de son passé, va au cinéma avec elle - le lundi, jour de congé de la dame.
Images poétiques

Des quelques pages de la nouvelle de Bounine, le metteur en scène Dmitry Krymov tire le maximum : surtout, il joue des mots, des mouvements, des sons avec intelligence. Dans un décor avec plateau tournant, des cartes postales géantes en guise de visuel, le duo Baryshnikov et Anna Sinyakina fait mouche. On découvre cette jeune artiste douée, musicienne et chanteuse aussi, s'élevant dans les airs, flirtant avec Misha. En bande-son, les figurants jouent de la « flûte » avec des bouteilles, créent des bruitages inattendus. Parfois Krymov en fait trop - comme ce passage avec une Carmen vociférée -, mais ses idées, poétiques, renvoient joliment à un certain théâtre d'images slave. Ainsi, quand Anna fait de son tablier blanc un sac à main ou un plastron en un clin d'oeil.

Quant à Misha, il ne démérite pas, passant allégrement du français au russe. Sous sa fine moustache, il évoque ses recherches d'une fille dans le journal « La Russie illustrée » ou ose quelques pas de claquettes. La danse de fin, lui en torero, est moins convaincante paradoxalement. En ce soir de première, le 8 septembre, on le sentait encore un peu juste dans sa diction, presque gêné par un micro et une oreillette. Mais il se dégage toujours de sa personne une aura particulière. On l'entend murmurer que « l'eau gâte le vin comme la charrette, le chemin, la femme, l'âme ». Et une nostalgie certaine nous saisit. « In Paris » se termine abruptement, il conseille à son flirt de prendre un coffre au Crédit Lyonnais. Il meurt dans le métro trois jours plus tard. Rideau de fin sur un amour inachevé, au crépuscule d'une vie.

Le spectacle va partir en tournée en Europe puis aux Etats-Unis. Mais il n'est pas dit que Mikhail Baryshnikov ne revienne pas un de ses jours à la danse.
PHILIPPE NOISETTE

http://www.lesechos.fr/culture-loisirs/sorties/musique/0201622373021-quand-baryshnikov-danse-avec-les-mots-217595.php?xtor=EPR-1500-[loisirs]-20110916-[s=461370_n=10_c=1001_]-156896@1
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MessageSujet: Re: MIKHAÏL BARYSHNIKOV   Dim 4 Déc - 0:21




Mikhaïl Barychnikov Le mot et le geste







Rares sont les danseurs qui se métamorphosent en acteurs ou en comédiens. Mikhaïl Barychnikov est l’un d’eux. Il le prouve en montant à nouveau sur scène dans une pièce conçue par Bob Wilson et inspi­rée des carnets du mythique ­Nijinski.

Malgré sa carrière exceptionnelle, il n’avait curieusement jamais dansé les rôles phares de l’artiste russe comme L’Après-midi d’un faune. « Oui, je le regrette un peu aujourd’hui », nous confie-t-il, assis derrière son bureau en désordre qu’il occupe au troisième étage du Baryshnikov Arts Center (BAC) qu’il a créé à New York, sur la 37e Rue, et qui abrite plusieurs studios de danse et un grand théâtre remarquablement équipé.


Barychnikov n’est pas qu’un chorégraphe, il est aussi un alchimiste : il a transformé cette « lacune » en un atout pour son approche de Letter to a Man. Car à 68 ans, c’est en acteur que Barychnikov aborde ces textes, et ce, même s’il conserve toujours cette gestuelle maîtrisée et puissante qu’on lui connaît.



« Je ne sépare pas le verbe du geste. Car il y a ici beaucoup de langage du corps », explique-t-il. Pendant le spectacle, ce texte que l’on écoute comme une musique, est pour les deux tiers préenregistré.
Tantôt par Bob Wilson, tantôt par Barychnikov ou Lucinda Childs, qui a contribué à la chorégraphie et dont on reconnaît la patte précise et aérienne.



L’idée de ce spectacle est née pendant les répétitions de The Old Woman que nous avions vue au Théâtre de la Ville en 2013 et que Barychnikov avait également préparé avec Bob Wilson. « Au cours d’un long monologue, Bob me faisait lancer une chaise. Je lui demandai d’où venait cette idée, et il m’a répondu qu’il l’avait lue dans le journal de Nijinski.

“Aurais-tu envie que l’on fasse quelque chose avec ce journal ?” ai-je demandé à Bob. “Pourquoi pas ?” a-t-il répondu. Il nous a fallu quelques années pour faire aboutir cette idée. »


Barychnikov admet que l’exercice fut délicat. « Nous ne voulons pas faire le portrait de Nijinski. Nous n’essayons pas de le copier. Le propos, c’est ce qu’il a écrit. » Au fil de sa carrière, ses rencontres avec de nombreux proches de Nijinski, notamment Dame Marie Rambert, l’ont aidé à trouver la bonne approche. « C’était un acteur extraordinaire, très doué. Un chorégraphe visionnaire. Le premier à être si radicalement moderne dans le monde occidental. »


Son journal, Barychnikov l’a d’abord lu en français, puis en anglais et enfin en russe. Dans ce récit très intime rédigé pendant l’hiver 1918-1919, le danseur déjà en proie à ses crises de folie évoque Dieu, l’art, le père, la sexualité…

« Ce journal a été écrit par quelqu’un qui était gagné par la schizophrénie. La qualité littéraire y est telle qu’on peut le comparer parfois à Dostoïevski ou à Henry Miller. C’est fascinant. Ce document écrit en six semaines est le manifeste d’un homme qui s’enfonce dans les profondeurs. D’autres artistes ont sombré dans la folie comme Schumann, mais aucun n’a écrit ce qu’il ressentait. Ses propres sentiments. C’est ce qui fait de ce texte un document exceptionnel. » Pour Letter to a Man, Barychnikov et Wilson ont choisi d’un commun accord des passages très clairs. La pièce est « une histoire d’amour et de haine » résume Barychnikov. A l’inverse de son compagnon Diaghilev, Nijinski n’a jamais eu de désir de gloire. Cette divergence lui a fait écrire : « J’étais devenu pour lui un homme ennuyeux ».


Physiquement, ce spectacle est une épreuve, confie ­Barychnikov : « Je ne suis plus un jeune homme ! » Danser et jouer impliquent un rapport avec la scène et le public absolument différents. Le danseur se lève le matin, fait sa barre, mange un morceau, fait la sieste, se maquille, se chauffe avant le spectacle. C’est un rituel qui monte crescendo. A l’inverse, « l’acteur se lève le matin avec dans la tête ce qu’il va faire le soir. Il réfléchit, il se demande : comment vais-je jouer ce soir ? Comment vais-je être différent ? Comment être plus juste ?

C’est épuisant car vous ne pouvez pas échapper à ces réflexions ». Pour dissiper cette angoisse, Mikhaïl a conservé sa routine de danseur : il fait une très longue « barre » avant le maquillage, lui-même très long. Puis viennent les tests de microphone avant d’enfiler son costume. En tout, plus de trois heures de préparation avant le lever du rideau. Qui a dit déjà que « les grands ne cherchent à surpasser personne d’a
utre qu’eux-mêmes » ?


FRANÇOIS DELÉTRAZ

http://kiosque.lefigaro.fr/ouvrir-liseuse-milibris/figaro-magazine/37be768c-df55-4c90-9cde-5ace98e33c1a




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