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 JEAN FERRAT

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Nine
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 18 Mar - 2:54

A BRASSENS
Jean Ferrat




Est-ce un reflet de ta moustache
Ou bien tes cris de "Mort aux vaches !"
Qui les séduit ?
De tes grosses mains maladroites
Quand tu leur mets dessus la patte
C'est du tout cuit
Les filles de joie, les filles de peine
Les Margoton et les Germaine
Riches de toi
Comme dans les histoires anciennes
Deviennent vierges et souveraines
Entre tes doigts

Entre tes dents juste un brin d'herbe
La magie du mot et du verbe
Pour tout décor
Même quand tu parles de fesses
Et qu'elles riment avec confesse
Ou pire encor
Bardot peut aligner les siennes
Cette façon d'montrer les tiennes
N'me déplaît pas
Et puisque les dames en raffolent
On n'peut pas dire qu'elles soient folles
Deo gratias

Toi dont tous les marchands honnêtes
N'auraient pas de tes chansonnettes
Donné deux sous
Voilà qu'pour leur déconfiture
Elles resteront dans la nature
Bien après nous
Alors qu'avec tes pâquerettes
Tendres à mon cœur, fraîches à ma tête
Jusqu'au trépas
Si je ne suis qu'un mauvais drôle
Tu joues toujours pour moi le rôle
De l'Auvergnat
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Nine
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Lun 22 Mar - 13:33

HOMMAGE DU CANARD ENCHAINE


... Mais ma môme elle a vingt-cinq berges
Et j'crois bien qu'la Saint'Vierge
Des églises
N'a pas plus d'amour dans les yeux
Et ne sourit pas mieux
Quoi qu'on dise ...

Le petit Tenenbaum préférait Saint-Jean-Cap-Ferrat au Cap Nègre.
Il choisit donc Jean Ferrat pour nom de scène,
ce qui était plus facile pour un gamin de Versailles que de prendre un nom au black.

Pile une semaine après les Victoires de la musique qui ont couronné
Benjamin Biolay chanteur de l’année,
Ferrat a tiré sa révérence avec superbe.
Sans autre victoire en poche que l’émotion suscitée par sa disparition.
Un coup de blues national qui en dit long sur l’époque et sa nostalgie
d’un temps où les chanteurs étaient aussi engagés qu’engageants
et plus peuple que people.

En ces temps-là, les Brel, Brassens côtoyaient les Ferrat, Ferré,
un carré magique qui avait en commun de battre froid le bourgeois
et de fêter copains, camarades et anarchistes.
Sarko, qui connaît la musique, a rendu hommage à ce politiquement incorrect :
« Farouchement attaché à sa liberté et à son indépendance,
il a toute sa vie pensé et vécu son art comme un artisanat,
privilégiant l’authenticité et l’excellence à la facilité consumériste
des standards commerciaux » .

Parole d’expert pour applaudir en Ferrat l’anti-bling-bling, par excellence.
Sa « môme », « elle joue pas les starlettes/ elle met pas des lunettes/ de soleil/
elle pose pas pour les magazines/ elle travaille en usine/ à Créteil » .
On est loin des valeurs du Fouquet’s, même si Carla a aussi son poète,
Yeats, qu’elle fredonne en anglais, mondialisation oblige,
quand Ferrat chante Aragon en VF ?

L’Ardéchois n’était pas consumériste mais il avait une longueur d’avance sur la tendance.
Il voyait en la femme l’avenir de l’homme,
sa « Montagne » était écolo avant l’heure et, pour le rappeur Akhenaton,
il était même « l’une des racines du rap français ».

Ferrat aimait les ânes et avait baptisé le sien « Justice sociale ».
Les ânes l’avaient pourtant censuré à la radio parce qu’ils trouvaient
« Nuit et Brouillard » plombant et pas très « twist ».
Et à la télé parce qu’ils pensaient que Potemkine rime avec Lénine.
Les ânes ne goûtaient pas non plus son compagnonnage critique avec les communistes,
qui l’avaient recueilli quand son père avait été déporté à Auschwitz.

Il avait aggravé son cas dans le show-biz en devenant
moustachu chez les barbudos de Cuba
. Sa fidélité pourtant payait :
sa dernière compil’, l’automne dernier, est encore partie à 200 000 exemplaires.
Chaque fois qu’il passait à la télé, il explosait l’audience.
TF1 n’a pas pensé à l’inviter pour sauver sa « Ferme célébrités ».
France 3 n’a pas loupé le coche qui a diffusé ses obsèques en direct.

Maintenant qu’il est mort, et le communisme avec, Ferrat est sur toutes les chaînes…

Jean-Michel Thénard

Le Canard Enchaîné N° 4664 du 17 mars 2010
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Dim 2 Mai - 18:45

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Nine
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Mer 16 Juin - 0:27

Jean Ferrat
"La chanson, ce n’est pas un métier facile".


Paris
10/01/2003 -

Plus de tournées depuis 1973, pas de disque depuis 1994,
Jean Ferrat est un artiste rare.
Il est un peu sorti de sa retraite ces temps derniers avec la parution de
Jean Ferrat en scène,
un spectacle enregistré en public pour la télévision en 1991.
Rencontre avec un grand personnage de la chanson,
toujours actif et très attentif à la cause de sa chère chanson "classique",
bien malmenée ces dernières années,
en raison du "mépris de la part des petits marquis
envers ce genre de création".

Pourquoi ne recommencez-vous pas à donner des concerts ?
On ne peut pas faire de scène comme ça. Il faut remettre une usine en route, il me faudrait répéter des mois avec des musiciens, recréer une logistique. Je n’en ai plus envie pour l’instant. J’ai l’impression que si je refaisais de la scène, cela m’apporterait plus de choses désagréables qu’agréables.

Même le contact avec le public ?
Le public, c’est magnifique mais ce n’est pas le plus important. Ces vingt dernières années, le travail d’écriture, d’enregistrement, voire les émissions de télévision, m’ont plus intéressé que la scène.

Vous aviez le trac ?
Je l’ai eu, terriblement. Puis il s’est petit à petit dissipé. Enfin, cela n’a plus été le trac qui détruit mes possibilités. Au début, c’était le cas : j’avais la voix qui chevrotait, les jambes aussi. Je ne suis pas un garçon très extraverti.

On a parfois l’impression que vous écrivez vos chansons dans l’instant, sous le coup de l’émotion, comme lorsque vous avez interpellé l’éditorialiste Jean d’Ormesson dans Un air de liberté, en 1975.
J’ai eu un choc quand j’ai lu l’article dans lequel M. d’Ormesson déclarait qu’avec la chute de Saigon, un air de liberté disparaissait. J’ai immédiatement pensé réagir mais ça a pris plusieurs mois avant que j’achève ce texte. J’ai souvent traité en chanson des thèmes qui ne sont pas a priori des thèmes de chansons. C’est cela ma caractéristique, je pense. Plus on écrit sur des sujets qu’on peut penser inadaptés à la chanson, plus on est sur la corde raide. C’est terriblement difficile pour ne pas déraper d’un côté ou de l’autre.

Mais souvent vos chansons, même si elles sont très écrites, contiennent des expressions très familières, comme votre fameux "pauvres petits cons"...
En effet, je privilégie souvent l’expression qui veut dire quelque chose à un langage extrêmement raffiné. "Pauvres petits cons", c’est une locution courante et il me semble qu’en l’occurrence, elle était particulièrement adaptée.

Vous êtes volontiers satirique...
Oh oui, j’ai fait des chansons satiriques, comme Jeunes imbéciles, sur les révolutionnaires soixante-huitards qui étaient sur les barricades et dont on voit où ils sont maintenant.

Vous n’avez pas aimé les révolutionnaires de Mai-68 ?
Mais si, je les aimés, j’étais avec eux ! J’ai occupé Bobino, j’ai été à la Sorbonne... Certes, je n’ai pas été sur les barricades, ce n’était déjà plus de mon âge. Ce qui était touchant, c’est le jaillissement qu’ils ont provoqué à cette époque, qui était une jouvence extraordinaire en même temps que d’une extraordinaire puérilité. Tout d’un coup, ils avaient la révélation et personne n’avait rien fait avant eux. Ils découvraient le monde du travail, l’exploitation capitaliste, des vieux qui maintenaient leur chape de plomb et contre qui personne ne s’était jamais battu ! C’était d’une fraîcheur incroyable et sympathique, mais exaspérante. Ils niaient tous les efforts, toutes les luttes, tous les combats qui avaient eu lieu avant eux et dont ils se foutaient carrément.
On a créé un comité des jeunes de la variété, avec sans arrêt des réunions. On allait dans les usines en grève distraire le peuple en lutte. Ça avait des côtés formidables et des côtés un peu énervants. Comme ça, je suis allé chanter pour les grévistes chez Renault à Billancourt.
Il y avait de tout en 68, et même des "Maos" pur jus avec leur livre rouge brandi dans la France profonde – la pensée de Mao dans la Sarthe! C’était d’une puérilité à vous faire tomber les bras. Mais il y avait quelque chose qui se passait, une certaine France en mouvement. Et il est issu de ce mouvement des choses qui ont changé le visage de la France, surtout dans le domaine des mœurs, mais aussi dans le domaine strictement syndical. Avant Mai-68, on a dit "la France s’ennuie". Elle s’était réveillée mais elle est vite retombée. Alors je suis parti en voyage aux Etats-Unis avec Eddie Barclay. Comme je suis très joueur, ça m’a beaucoup plu...


Vous jouez beaucoup ?
Je joue aux cartes - au poker, à la belote, au rami -, aux dames, à la pétanque, à la lyonnaise, à tout ce que vous voulez. Mais le casino m’ennuie un peu. Si j’y joue, c’est au vingt et un.

Avec vos chansons, on vous imaginerait plutôt puritain...
Pas du tout. J’aime rigoler avec les copains, boire un coup, jouer, tout ça...

Et vous perdez beaucoup d’argent en jouant ?
J’en ai plutôt gagné. Mais depuis quelques temps, je suis dans une mauvaise passe. Aux cartes, je me traîne...

La chanson est-elle un métier facile ?
Non, ce n’est pas un métier facile. Mais les gens ne savent pas si c’est facile ou pas; ils reçoivent ce qu’on leur donne. Et, en général, c’est les paillettes. Ils ne voient que des gens joyeux, qui gagnent des sous. Il y a une distorsion terrible dans le public, entre la réalité qu’ils perçoivent à propos de quelques-uns et la vraie condition de tous les autres, de tous les soutiers de la chanson.

Avez-vous longtemps été soutier ?
J’ai chanté sept ans avant de voir une petite lueur. Sept ans, ce n’est rien du tout à dire, mais quand on les vit journellement, qu’il faut manger, c’est long...


Mais il y a de grandes joies, aussi.
La plus grande joie, c’est de créer quelque chose qui vous semble abouti, un petit truc rond devant lequel on sait qu’on n’aurait pas pu mieux faire. Mon souci, même en parlant des choses les plus quotidiennes, les plus actuelles, les plus politiques, n’est pas d’écrire sur tel ou tel sujet mais d’apporter ma part de création.

Aviez-vous des modèles, à vos débuts ?
Dans les années d’après-guerre, les chansons de Prévert et Kosma. Puis le répertoire que chantait Montand, qui était d’une extrême qualité et qui m’a beaucoup influencé, non pas tant par son côté social ou politique, mais par la qualité des textes et des musiques dont il arrivait à faire des succès. C’est la démarche que, depuis le début, j’ai essayé de suivre.
Ce qui est pour moi un sujet de satisfaction, c’est d’avoir mis dans la rue des chansons issues de la grande poésie française, en particulier Aragon. Et je l’ai fait à l’encontre de tout ce qu’on me disait et de tout ce qu’on entend encore chez les gens de radio, chez les gens de ce métier dégueulasse, de ces marchands de merde qui tiennent aujourd’hui les propos qu’on me tenait à cette époque: "Oh, c’est bien ce que vous faites, c’est beau, mais ça n’intéressera personne. C’est pour un petit cabaret de la rive gauche..." Et moi, j’ai prouvé le contraire. Et ces connards, vous croyez que ça leur a servi de leçon ? Non, on entend la même musique : ça c’est pour les jeunes, ça c’est pour les moins de quinze ans, les jeunes beurs, les jeunes blacks, les jeunes citadins… Mais où sommes-nous? Enfin, je m’énerve. Des fois, ça déborde !

Bertrand Dicale
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Mer 4 Aoû - 11:09



Ils sont nés près de Barcelone
Ils ont grandi en Australie
Ils se sont aimés à Paris
Mais ils s'en vont encore d'ici
Les Nomades

Ils ont habité la roulotte
Les quatre planches qui cahotent
De Saint-Ouen aux Saintes-Maries
Mais ils s'en vont encore d'ici
Les Nomades

Ni la couronne d'oranger
Ni la cheminée de faux marbre
Ne leur mettent racine au pied
Ils ne sont pas comme les arbres
Les Nomades

Ils vont toujours de ville en plaine
Il n'y a rien qui les retienne
Eux c'est la route qui les mène
En dimanche comme en semaine
Les Nomades

Ils ont eu froid comme personne
Ils ont chanté mieux que nous tous
Mais c'est la route qui les pousse
Avec des fifres à leurs trousses
Les Nomades

Qu'ils soient venus du fond des âges
Tous les gitans, tous les tziganes
Un violon leur a brisé l'âme
Ils en gardent parfois des larmes
Les Nomades

Ni la peur de mourir un jour
Dans quelque ville frontalière
Sans tenir la main d'un amour
Ne les arrête sur la terre
Les Nomades

Et quand on voit sous les platanes
Passer les mulets et les ânes
On a beau être des profanes
On voudrait suivre la caravane
Des Nomades
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 30 Sep - 20:22



La mort de Jean Ferrat, le 13 mars 2010, a bouleversé la France. L’émotion populaire a salué l’artiste et l’homme. Cette biographie, qui aura nécessité plus de deux ans de travail, montre la cohérence profonde d’une carrière, d’une oeuvre et d’une vie, en s’attachant à donner la parole à celui qui restera, après Brassens, Brel et Ferré, l’un des derniers « grands » de la chanson française et son défenseur inlassable. En contrepoint, différentes personnalités ont apporté leurs témoignages, souvent inédits.



Richement documenté, conjuguant l’Histoire de notre pays et l’histoire d’un homme, cet ouvrage raconte comment le petit Jean Tenenbaum, marqué par la mort de son père en déportation, deviendra Jean Ferrat, mélodiste hors pair, chanteur à la superbe voix grave, ambassadeur populaire de la poésie d’Aragon (Que serais-je sans toi, Aimer à perdre la raison). Son écriture y est mise en perspective, entre espoir et combat viscéral contre toutes les oppressions, au fil du parcours de cet amoureux de la vie, « romantique et rebelle » constamment censuré (Nuit et brouillard, Potemkine, Ma France…), qui n’aura jamais cédé un pouce de son intégrité à qui que ce soit (Camarade, Le Bilan) et qui repose aujourd’hui à Antraigues, sa commune adoptive d’Ardèche.

C’est là qu’il écrivit La Montagne, chanson emblématique d’un être droit, authentique, sincère, d’un humaniste farouche qui nous a quittés à 79 ans mais restera à jamais dans la mémoire collective.

Spécialiste de la chanson française, longtemps titulaire de la rubrique « chanson » à L’Humanité et l’un des principaux journalistes de la défunte revue Chorus, Daniel Pantchenko a rencontré et interviewé Jean Ferrat à de nombreuses reprises. En 2006, il a publié dans cette même collection (en collaboration avec Marc Robine), Charles Aznavour ou Le Destin apprivoisé, biographie considérée comme une référence.

Jean Ferrat
Daniel Pantchenko
Collection : Chorus
Prix public TTC : 20,90 €
Code ISBN / EAN : 9782213638393 / hachette : 3540853
Format (153 x 235)
Nombre de pages : 500

http://www.editions-fayard.fr/livre/fayard-318463-Jean-Ferrat-hachette.html

http://www.pantchenko.fr

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