Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: TOUT SUR SEAN PENN Jeu 18 Déc - 23:12
.
Tout sur Sean Penn
Sean Penn nous ouvre les portes de son jardin secret et nous livre ses sentiments sur le cinéma et son parcours devant et derrière la caméra.
San Francisco.
Un immeuble magnifique de métal et de pierre, vert et blanc.
Datant de 1904, c’est l’une des curiosités historiques de la ville. Avançant en pointe à l’angle d’une rue, on dirait la proue d’un navire. C’est de là que, depuis trente ans, Francis Coppola, qui y a ouvert les bureaux d’American Zoetrope, défie Hollywood.
C’est de là aussi que Sean Penn a choisi, depuis quelques années, de regarder le monde différemment.
Comme s’il avait voulu, lui aussi, s’éloigner de Los Angeles, cette ville où il est né mais pour laquelle il n’a aujourd’hui que méfiance et mépris. Comme s’il avait voulu prendre de la hauteur.
Tout en haut du Sentinel Building, il a en effet installé le siège de sa société de production, baptisée il y a quinze ans Clyde Is Hungry Films (« les films Clyde a faim » ! du nom, paraît-il, de l’un de ses chiens).
Aux murs, les affiches des films du maître des lieux. Il n’est pas encore arrivé. Mais son assistante est là. Et son associé, le producteur Michael Fitzgerald aussi, dont les titres de gloire sont affichés dans le bureau : des photos de John Huston, toujours et partout. Fitzgerald a en effet produit quelques-uns de ses derniers films : Le malin et Au-dessous du volcan.
Accueillants et chaleureux, l’assistante et le producteur me font faire la visite. Une salle de réunion qui ressemble à une salle à manger. Deux autres pièces avec des ordinateurs, des cartons bourrés à craquer comme au lendemain d’un déménagement, des piles de journaux et de livres à même le sol
Et tout au bout, vraiment à l’angle de l’immeuble, avec une vue à 180 °, le poste de la vigie. Une chambre-bureau, dont ce qu’il reste de murs entre les fenêtres est entièrement couvert de photos. On reconnaît Jack Nicholson et Dennis Hopper, Charles Bukowski et Gérard Depardieu.
Et son père - Leo Penn, disparu en 1999 -, dont l’immense portrait en noir et blanc semble être le pivot autour duquel a été organisée cette pièce.
Et sa mère, l’actrice Eileen Ryan, avec ses trois fils : Sean, Chris et Michael.
Et Robin Wright, sa femme, seule et avec leurs enfants, un petit garçon et une petite fille tout sourires. L’histoire d’une vie.
Sur la table de nuit, à côté du divan qui occupe quasiment toute la pièce, un Polaroid de Marlon Brando faisant le clown. Et sur le bureau couvert de papiers, une bouteille de whisky entamée.
Nous parlons de la sélection de The Pledge au Festival de Cannes, des autres films en compétition et du jury lorsque Sean Penn arrive.
Les yeux. D’abord, on ne voit qu’eux. Beaux, perçants, en alerte. Ceux d’un félin.
Ce n’est qu’ensuite qu’on remarque le reste. Chemise hawaïenne, jeans élimés, bottes en lézard. Les tempes rasées et, sur le dessus, les cheveux en bataille - vestiges du film qu’il a terminé il y a juste quelques jours : I Am Sam, où il joue, aux côtés de Michelle Pfeiffer, un attardé mental.
Il fouille dans ses tiroirs pour trouver des photos inédites
Sa voix est étonnamment douce, et son comportement très naturel. On a l’impression de poursuivre une conversation entamée la veille.
Je lui dis à quel point j’ai été touché par The Pledge, par ses acteurs, par ce mélange de lyrisme et de retenue, par sa maîtrise du récit et ses trouvailles de mise en scène.
Et surtout, une fois de plus, par les émotions authentiques et profondes qu’il suscite.
Un éclair de gratitude passe dans son regard. En même temps, il y a dans son allure générale une sorte de modestie évidente. Une retenue naturelle. Comme s’il ne voulait pas se laisser aller à trop de satisfaction. Comme s’il se protégeait aussi.
Ici, aux Etats-unis, le film, sorti début janvier, a eu d’excellentes critiques, mais n’a pas marché. C’est d’autant plus dommage qu’il y avait longtemps (sans doute depuis Crossing Guard, de… Sean Penn !) que l’on n’avait pas vu Nicholson aussi profond, aussi émouvant, aussi vrai.
Et il est clair qu’on doit certainement à cette deuxième chance offerte au film - et à ce que sa sélection au festival de cinéma le plus réputé du monde doit signifier pour son metteur en scène - l’acceptation de Sean Penn de nous recevoir, et de réaliser avec nous ce sujet un peu spécial, qui réclame plus d’implication qu’une simple interview.
Malgré sa réserve habituelle et sa méfiance vis-à-vis des journalistes.
Cette méfiance, Sean Penn ne la manifestera à aucun moment. Au contraire. Attentif, disponible, ne pratiquant jamais la langue de bois, il n’hésite pas à aller fouiller dans ses cartons ou ses tiroirs pour trouver des photos inédites, des souvenirs de tournage ou des CD, qu’il me fait écouter.
Lorsqu’on parle des choses qu’il pourrait nous confier - comme des images des courts métrages qu’il a tournés, adolescent, avec son frère Chris, et ses voisins Charlie Sheen et Emilio Estevez -, on en vient à parler de sa maison de Malibu (qu’il avait achetée avec Madonna), que les grands incendies de novembre 1993 ont complètement détruite.
« Je n’ai eu qu’un instant pour décider ce que je pouvais emporter. J’ai pris les photos de mes enfants, j’ai emmené mes chiens, et c’est tout ! La seule copie du long métrage qu’on avait fait a donc brûlé - et les courts métrages, c’est Emilio qui les a et je ne sais pas ce qu’il en a fait. »
Lorsque j’évoque le traumatisme qu’a dû être la vision de sa maison partant en fumée, il répond avec un sourire malicieux : « Depuis, il n’y a pas plus de cinq ou six objets que j’ai regrettés. En fait, c’est comme si ça m’avait libéré de la responsabilité de tout ce qu’il y avait dans cette maison. Comme si tous les fantômes du passé avaient disparu. C’est étonnant, parfois, ce que le feu peut être libérateur. »
C’est à cette période-là que, séparé alors de Robin Wright, il s’est installé dans un mobil-home dans le canyon voisin, défiant les conventions, vivant comme un bohémien, s’amusant avec sa collection d’armes.
Je lui raconte l’histoire de Jean Cocteau à qui l’on demandait ce qu’il emporterait s’il y avait le feu chez lui et qui avait répondu : « Le feu . » Il éclate de rire.
Pas étonnant que cette histoire lui plaise. Ce pourrait être l’histoire de son propre parcours. Lui qui n’a cessé d’apporter feu et flammes à son métier, à ses films, à sa vie, au risque parfois de se brûler.
Son assistante vient nous interrompre. On l’a appelé pour lui dire que Brando était tombé malade.
Tout de suite, il s’inquiète. « Il n’est pas à l’hôpital ? Il faut vraiment s’en occuper. » Il donne des consignes, le nom des gens à appeler.
J’apprendrai à mon retour que Brando a été victime d’une pneumonie et a été conduit à l’hôpital de Los Angeles.
« Je l’ai eu il y a quelques jours au téléphone. Il n’avait pas une bonne voix. »
On est ensemble depuis moins d’une demi-heure et, déjà, le portrait s’est dessiné. Sa légende, ses affections, son exigence. Sean Penn tel quel.
Dernière édition par Bridget le Dim 21 Aoû - 23:29, édité 10 fois
Bridget
Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Ven 19 Déc - 0:01
.
.
Il s’invente une nouvelle tête pour chaque film
Sean Penn est l’une des personnalités les plus intrigantes du cinéma américain d’aujourd’hui.
En vingt ans, il s’est forgé la réputation de « l’acteur le plus doué de sa génération » et, en même temps, du « bad boy d’Hollywood ».
Accumulant les performances impressionnantes et les éclats publics, s’inventant une nouvelle tête pour chaque film et affirmant chaque fois qu’il s’agit du dernier qu’il tourne en tant qu’acteur, affichant son indépendance et revendiquant son admiration pour ses aînés, multipliant les provocations verbales et les coups de poing.
Et le voilà metteur en scène de films, qui, tout en étant résolument contemporains, ne sont pas sans rappeler le cinéma des années 70, des films qui plongent au cœur de l’Amérique mythique, mais qui, par leur exigence et leur structure échappant à toutes les normes, ont des allures de films européens, à l’instar de ceux de John Cassavetes.
Contrairement à un Johnny Depp, dont il est proche et auquel le relient beaucoup d’admiration et de rencontres communes, Sean Penn donne toujours l’impression de passer en force.
Là où Depp, malgré quelques accidents, semble garder une certaine maîtrise, une certaine distance avec les gens et avec les choses, un curieux mélange de naïveté et d’ironie, peut-être grâce à ce succès télé qui a d’abord fait de lui une idole des jeunes, Penn semble toujours au premier degré.
Portant ses déchirures en bandoulière et n’ayant peur d’aucun lyrisme, ni d’aucune émotion.
Comme si Depp marchait vers la sagesse des derniers Indiens, et Penn, vers la flamboyance des premiers cow-boys. Comme si Depp était un aventurier que le goût de la connaissance poussait à aller à la rencontre de démons éventuels, tandis que Penn passait sa vie à se battre contre les siens.
Pourtant, son enfance semble avoir été heureuse.
Un père réalisateur, une mère actrice et une jeunesse au bord du Pacifique. Certes, sa mère n’a jamais été une vedette et a sans doute connu des années difficiles. Certes, son père a été l’une des victimes de la chasse aux sorcières qui a régné dans l’Amérique conservatrice des années 50, sous le règne du sinistre sénateur McCarthy, ce qui l’a contraint à abandonner ses ambitions d’acteur et à devenir réalisateur pour la télévision.
À la seule évocation de cet épisode, dont Sean Penn n’a pris conscience qu’à la fin de l’adolescence, on sent une blessure mal refermée.
« Vous imaginez ce que c’est, pour un homme qui s’est battu pour son pays, qui est revenu de la guerre la poitrine couverte de médailles, de s’entendre dire cinq ou six ans plus tard qu’il est un traître à la patrie, sous prétexte qu’il a des sympathies communistes ? En plus, ce sont ceux avec qui vous travaillez qui vous “dénonce” ! Vous imaginez ce que c’est, quand à la bêtise et à l’injustice s’ajoute la trahison ? »
Une rage inextinguible et le goût de la vérité
Est-ce cela qui a grandi en lui ?
Est-ce cela qui a fait naître sa conscience politique et le fait démarrer aujourd’hui au quart de tour contre « la censure qui règne comme jamais dans le domaine artistique aux États-Unis et encourage l’abrutissement général » ou contre la peine de mort ?
Est-ce cela qui a fait qu’il n’est jamais rentré dans les rangs ?
Est-ce cela qui a fait couler dans ses veines cette rage inextinguible ?
Est-ce cela, enfin, qui lui a donné ce goût de la vérité, qui marque de manière indélébile son jeu d’acteur et ses ambitions de réalisateur ?
En tout cas, très tôt, sa quête d’absolu a été manifeste. Aussi bien dans sa passion pour le surf, à laquelle il a consacré plusieurs années de son adolescence, que dans sa volonté de devenir acteur. Il a plongé dans le jeu comme il plongeait dans l’océan.
Cherchant à faire corps avec ses personnages comme il devait chercher à faire corps avec la vague. Se nourrissant de l’exemple de De Niro (c’était l’époque de Raging Bull), qui investissait ses rôles avec un engagement proche de l’abnégation et qui fut pour lui, plus qu’un modèle, un héros. Une étoile dans la nuit.
« J’habitais alors à San Fernando Valley et j’étais fasciné par tous ces jeunes mecs qui faisaient ronfler leurs voitures dans ma rue, ces Mustang, ces Chevrolet, ces Corvette dont je rêvais…
Quasiment du jour au lendemain, ces vrombissements ont laissé la place au silence.
Les voitures étaient garées dans la rue et recouvertes d’une bâche. Tous ces jeunes mecs étaient partis au Vietnam ! Et le soir, je regardais la télé - ç’a été la première guerre télévisée - pour voir si, parmi les blessés ou les morts, je reconnaissais mes voisins ! Je me souviens de l’horreur de cette période. Et de l’époque qui a suivi.
Lorsque tout le monde se foutait de tout, que ceux qui avaient survécu foutaient leur vie en l’air, tombaient dans la drogue…
Alors, voir quelqu’un comme De Niro, qui avait une vraie raison d’être, pour qui quelque chose semblait essentiel, au point d’y consacrer sa vie entière, ne pouvait que m’inspirer. C’est ce dont j’avais besoin… »
Dernière édition par Bridget le Mer 18 Mai - 9:42, édité 9 fois
Bridget
Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Lun 5 Jan - 20:29
.
Un acteur incroyablement doué, mais aussi un “sale gosse”
Dès ses premiers films (Taps, Bad Boys), son exigence, son implication, son audace, cette manière qu’il a de confondre ce qu’il joue avec ce qu’il est (on dit même que, sur le plateau, il ne répond que si on l’appelle par le nom de son personnage !) lui donnent une réputation d’enfer.
Et l’impose d’emblée comme un acteur incroyablement doué, exigeant et audacieux.
Réputation qui ne se démentira jamais.
Dès ses débuts, Penn estime que le cinéma est une chose trop importante pour n’être que du divertissement. Il s’y investit totalement ; il y cherche un accomplissement personnel, au-delà de toute velléité financière ou carriériste.
Certes, cette passion poussée jusqu’à l’obsession, jusqu’au sacerdoce, et qui fait feu de tout bois, de tous les excès, ne facilite pas toujours les rapports sociaux, les politesses de façade.
À côté de son image d’acteur doué, une autre s’impose tout aussi vite : celle d’un sale gosse. Ce qui brouille les cartes un peu brutalement, c’est que sa notoriété explose alors pour une autre raison que son talent. Pour une simple histoire d’amour, qui, soudain, prend des allures de feuilleton planétaire. Il a rencontré Madonna, alors au top. Ils s’aiment, décident de se marier. Et tout s’emballe… Les paparazzi, qui ne les lâchent pas ; la presse people du monde entier, qui répercute le moindre mot plus haut que l’autre échangé par les époux… Résultat, après quelques coups de poing (sur les paparazzi ou sur ceux qui s’approchent trop près de sa femme) et une conduite en état d’ivresse, il se retrouvera plus d’un mois en prison.
Il ne cesse de répéter qu’il ne veut plus être acteur
Lorsqu’il épouse Madonna, il a 25 ans. Le monde entier le connaît, sans pour autant être capable de citer un seul de ses films. C’est sans doute le pire qui pouvait lui arriver. C’est sans doute plus que cet acteur, tout entier consumé par son art, ne pouvait supporter.
C’est à ce moment-là, en octobre 1990 - et aussi juste après sa rencontre avec De Niro, sur le tournage de Nous ne sommes pas des anges, dont il est clair qu’elle n’a pas répondu à tous ses rêves d’adolescent - qu’il annonce qu’il va arrêter d’être comédien. Depuis, il n’a cessé de le répéter régulièrement (comme il répète régulièrement qu’il va arrêter de fumer ou de boire).
Et d’autant plus qu’un an après avoir dit qu’il arrêtait, il a mis en scène son premier film, The Indian Runner. Pourquoi un acteur aussi doué que lui décide-t-il un jour d’arrêter ? « Parce que je n’y prends plus assez de plaisir », répond-il simplement quand on lui pose la question. Sans doute aussi a-t-il trop aimé ça pour se résigner.
Comme s’il avait soudain réalisé qu’on ne pouvait pas passer sa vie à être quelqu’un d’autre sans finir par s’y perdre, ou sans devoir abandonner ses exigences.
Comme s’il n’y avait pas d’autre choix que d’exploser en plein vol ou d’exercer ce métier de manière “normale” - même De Niro et Depardieu ont fini par faire ça. Il y a, pour des acteurs de leur nature, trop de douleur, trop de souffrance que le succès ni la reconnaissance ne compenseront jamais tout à fait... En même temps, Sean Penn a toujours une bonne raison pour revenir. Un scénario formidable (Les anges de la nuit, La dernière marche…), la fidélité (à Cassavetes, à Malick), le goût de la rencontre (avec Gary Oldman, Al Pacino), la soif de vrais metteurs en scène (De Palma, Stone, Allen, Bigelow)…
Sans parler du plaisir du théâtre : il a créé en novembre The Late Henry Moss, de Sam Shepard, avec Nick Nolte et Woody Harrelson. Peu d’acteurs, au fond, ont un parcours aussi limpide. Le sien montre également à quel point il se méfie du divertissement pur. ça lui a d’ailleurs valu de se fâcher avec son pote Nicolas Cage, à qui il reprochait d’aller à la soupe.
Pas plus aujourd’hui qu’hier, il ne cherche à faire carrière. Il se dit tout au plus, comme Cassavetes, que ses films d’acteur lui donnent plus de liberté pour ses films de réalisateur. Il n’a jamais été, en tout cas, quelqu’un qui rentre dans le rang. Il n’y a qu’à voir les gens qu’il aime et ceux qu’il fréquente.
Dernière édition par Bridget le Mer 18 Mai - 9:42, édité 9 fois
Bridget
Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Lun 5 Jan - 21:00
.
Mettre ses pas dans les empreintes de ses aînés
Ce sont de « grands brûlés », comme dirait Richard Bohringer. Des insoumis, des hors-la-loi, des types qui biaisent avec le système, sans jamais succomber à ses sirènes. Des artistes. De Cassavetes à Bukowski, de Harry Dean Stanton à Dennis Hopper, de Nicholson à Brando. Comme autant de pères “idéaux”. Sans parler de tous les frères de fortune qu’il s’est trouvés chemin faisant, tout autant solitaires que solidaires, à l’image de ces êtres singuliers qui habitent les films qu’il a mis en scène.
Et c’est justement ce qui est le plus frappant - et pas le moins touchant - chez lui. Cette volonté de mettre ses pas dans les empreintes des hommes qui l’ont précédé. Ce désir d’être plus le maillon d’une chaîne qui se poursuit que l’avant-garde qui invente le chemin de demain. Mais s’il lui arrive de glisser dans la conversation, avec un brin de nostalgie, que « les meilleures choses ont été faites », que « plus rien ne sera comme avant », il lui suffit de parler des derniers films qu’il a vus, Amours chiennes et Avant la nuit, pour s’enflammer. « Des films comme ça, des réalisateurs comme Alejandro Gonzalez Inarritu et Julian Schnabel, des acteurs comme Javier Bardem, ça donne envie de se retrouver derrière la caméra demain ! »
Il y a chez lui la nostalgie d’un paradis perdu, où les hommes pourraient tous être frères et s’aimer. Et, plus que tout, la nostalgie de l’innocence. Ses trois films sont, d’une certaine manière, reliés à l’enfance. À l’innocence menacée, à l’innocence saccagée. Des plaies d’enfant qui ne guérissent jamais dans The Indian Runner. Un enfant tué par un chauffard alcoolique dans Crossing Guard. Des enfants assassinés par un maniaque dans The Pledge.
Est-ce la douleur d’avoir lui-même perdu son innocence ? Ou un exorcisme pour conjurer ce danger ? À moins que ce ne soit une blessure intime, dont il ne dira jamais rien. C’est en tout cas quelque chose de trop profond pour qu’il en parle simplement. Ses mots se font alors plus confus, son discours plus théorique. Il y a des cicatrices qu’on cache à jamais.
Aujourd’hui, Sean Penn a 40 ans. Il n’aime pas le mot maturité. En même temps, comment faut-il appeler ça ? The Pledge en porte la trace. Sa vie aussi. Après une histoire pleine d’allers et retours, de ruptures, de retrouvailles et de naissances, Sean Penn et Robin Wright, une femme et une actrice magnifique qu’il a rencontrée sur Les anges de la nuit en 1990, ont fini par se marier en 1996. Et par fuir Hollywood, où l’actrice s’est fait braquer sur un parking, pour s’installer près de San Francisco. Là, l’artiste est aussi devenu père. Un père impatient que ses enfants aient l’âge de s’intéresser à son travail. « Mais j’ai déjà écrit un scénario qu’a imaginé ma fille. L’histoire d’un arbre qui veut se promener, mais réalise qu’il a des racines et qu’il doit faire des choix ! » Un franc sourire illumine son visage. On sent que cet homme a d’autres préoccupations que les siennes propres. D’ailleurs, il me demande l’heure. « Oh, déjà ! J’avais promis à ma fille d’être là cet après-midi. C’est son anniversaire, elle a 10 ans aujourd’hui. Si vous avez besoin d’autre chose, n’hésitez pas à m’appeler. » Il se lève et s’en va. Il reste encore dans l’atmosphère quelque chose de sa présence. Le feu ne brûle pas impunément.
Dernière édition par Bridget le Mer 18 Mai - 9:43, édité 5 fois
Bridget
Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Mer 11 Fév - 19:39
.
Fin février - début mars, Sean Penn sera présent en France pour la promotion du film Milk, de Gus Van Sant. Un drame où il interprète un élu politique homoseuxel de San Francisco qui fut assassiné et où il est nommé pour son interprétation aux Oscars.
Le comédien et réalisateur sera présent à la cérémonie des César, où selon le Parisien, il remettra le César du meilleur film.
Le vendredi 27 février sur Canal+, en clair.
L'acteur américain en promo en France ira faire un petit crochet par notre cérémonie nationale pour remettre le prix le plus attendu de cette soirée.
J'ai toujours eu l'impression qu'entre le cinéma français et le cinéma américain existait une sorte de rapport amour-haine.
Comme une vague sensation d'envie, d'avoir à faire à des amis-ennemis entre lesquels auraient lieu de grandes scènes de jalousie… Le succès des productions US décriées dans notre cher pays, l'exil de nos acteurs à Hollywood city, le rêve américain qui continue de hanter nos esprits, on la connaît celle-ci, on la vit... La course au meilleur, au plus joli, n'a pas fini de confirmer ce que je dis, soyez-en avertis !
En attendant que New-York avale Paris, c'est un peu d'Etats-Unis qui sera présent à la prochaine cérémonie des Césars puisqu'on murmure que Sean Penn devrait remettre le prix du Meilleur film 2008 le 27 février prochain. Pour l'occasion, il devrait être accompagné de Charlotte Gainsbourg, avec laquelle il tenait l'affiche du film d'Alejandro González Inárritu, 21 grammes.
L'acteur sera en effet à Paris pour la promo du film Harvey Milk alors il s'est dit qu'il irait bien mettre un smoking et dire bonjour à toute la profession du cinéma français. Les histoires d'agenda parfois, c'est aussi simple que ça.
De plus, il se pourrait bien que la star reçoive même un César puisque son film Into the Wild est nominé dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère. Ça s'arrange pas mal à Paris…
.
Dernière édition par Bridget le Mer 18 Mai - 9:44, édité 10 fois
Bridget
Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Jeu 12 Fév - 22:29
.
. MEILLEUR ACTEUR
Rourke veut que Penn gagne l’Oscar 12-02-2009 | 04h00
Sean Penn et Mickey Rourke, gagnant respectivement aux Screen Actors Guild Awards et au BAFTA pour leurs performances dans Milk et The Wrestler
Mickey Rourke espère que c’est Sean Penn qui remportera l’Oscar du meilleur acteur et non lui-même, parce que la vedette de Milk a changé sa vie pour le mieux, selon lui.
Les deux acteurs sont en nomination dans la même catégorie: Sean Penn pour son rôle du politicien et militant des droits des gais Harvey Milk, et Rourke pour son rôle dans The Wrestler.
Mickey Rourke est catégorique; il veut absolument que son ami remporte le prix parce que celui-ci l’a aidé à se reprendre en main lorsqu’il a été aux prises avec une dépendance aux drogues dans les années 90.
Il a déclaré: «Sean Penn est un très bon ami à moi. Lorsque j’ai touché le fond du baril, il m’a contacté et m’a dit exactement quoi faire et quoi ne pas faire. Je lui suis tellement redevable que j’espère qu’il gagnera l’Oscar.» [/center]
Dernière édition par Bridget le Mer 18 Mai - 9:44, édité 5 fois
liliane Admin
Nombre de messages: 8853 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Sam 14 Fév - 21:31
ean Penn, qui joue le rôle d’Harvey Milk, un élu homosexuel dans le film 'Milk', a connu une mésaventure de tournage pour le moins hilarante.
Sur le plateau de tournage, Cleve Jones a déclaré: "J’étais un peu inquiet au sujet de la scène du baiser, je me disais qu’il y aurait sans doute des moments de doute ou des blagues idiotes mais ça n’a pas été le cas. La seule chose ridicule qui soit survenue est l'atterrissage de la moustache de Sean dans la bouche de James."D'après James Franco, Sean Penn aurait par ailleurs demandé personnellement à ce que le film comporte davantage de scènes intimes.
James a expliqué: "Dans le script d’origine, il n’y avait qu’une seule scène de baiser. Un mois avant le tournage, le metteur en scène Gus Van Sant m'a envoyé un nouveau script et j'ai découvert en page 5 un scène d'amour intégrale. Je lui ai dit 'Gus, qu'est ce que c'est que ça?' Il m'a répondu 'Eh bien, c'est une idée de Sean.'"
Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Dim 22 Fév - 19:54
.
. New York Times, Oscars issue : Sean mercredi 18 février 2009
Les Oscars approchant à grands pas, c'est au tour de Sean Penn de passer à la moulinette dans le New York Times magazine.
Vous rêviez de le voir chez lui, c'est chose faite avec les deux photos qui suivent, en condition dans sa maison de Marin County. Sean est nominé pour l'Oscar du meilleur acteur, pour son rôle d'Harvey Milk dans le film de Gus Van Sant (sorti le 4 mars chez nous).
Je vous laisse en donc en compagnie de Sean, le photoshoot est plutôt sympa, avec, comme souvent, le clope au bec.
.
Dernière édition par Bridget le Mer 18 Mai - 9:45, édité 5 fois
Bridget
Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Lun 23 Fév - 9:33
.
Sean Penn, Mickey Rourke, amis dans la vie, rivaux aux Oscar
Sean Penn, Oscar du meilleur acteur pour "Harvey Milk", a tenu un discours militant, comme il en a l'habitude, d'abord sur la cause gay que traite "Harvey Milk", qui avait visiblement suscité une petite manif contre le mariage gay aux portes de la cérémonie des Oscar, ensuite, sur la fierté de l'élection de Barak Obama dans son pays.
Enfin, Sean Penn a terminé son speach par une phrase solidaire sur celui qui aurait dû être logiquement sur scène à sa place : "Mickey Rourke rises again and he is my brother". Mickey Rourke qui a tout raflé (pour sa bouleversante interprétation dans "The Wrestler") hors système des studios, le Golden globe, le Bafta, le Spirit award la veille (équivalent des Oscar pour les films indépendants) et à qui l'académie des Oscar aura finalement refusé son retour symbolique dans la "grande famille" du cinéma...
Grande déception pour cette injustice malgré mon admiration inconditionnelle pour Sean Penn. Quant à Brad Pitt et Angelina Jolie, nominés respectivement pour Benjamin Button" et "L'Echange", comme toujours, ils n'ont pas décroché de prix, leur vie privée semblant passionner davantage les foules que leurs rôles...
.
Dernière édition par Bridget le Mer 18 Mai - 9:52, édité 6 fois
Bridget
Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Lun 23 Fév - 18:41
.
Bientôt, c’était au tour de Sean Penn de recevoir son oscar du meilleur acteur masculin pour son époustouflante performance dans le rôle d’Harvey Milk, légendaire maire homosexuel de San Francisco, assassiné en 1978.
«Sean! Tout le monde se demande comment tu as pu, pendant des années, jouer des rôles d’hétérosexuels, plaisantait Robert de Niro en lui remettant son trophée. Non sans avoir auparavant ironisé sur la courtoisie de ce défenseur des droits de l’homme à l’égard des chefs d’Etat, et son talent à raisonner les paparazzi, qu’il aurait plutôt tendance à boxer à la première occasion.
Sean Penn, fort choqué par les banderoles haineuses entrevues de sa limousine à son arrivée au Kodak Theater de Los Angeles, brandies par des militants hostiles au mariage gay, a conspué l’ignorance et les préjugés acquis qui poussent une minorité extrémiste à nier aux homosexuels l’égalité des droits. Ses propos faisaient échos à ceux du scénariste du film, Dustin Black, lui-même primé en début de soirée d’un Oscar du meilleur scénario pour Milk: «Fils de Mormons transplanté à Los Angeles, j’ai appris que je pouvais être moi même…».
Sean Penn : des remerciements très engagés !
Depuis toujours, Sean Penn est un acteur engagé, tant à la ville qu'à l'écran. Primé hier soir pour son rôle d' Harvey Milk , le premier avocat à revendiquer son homosexualité et à militer pour les droits des gays, l'acteur n'a pas manqué de faire un petit discours politique parmi ses remerciements, lorsqu'il est monté sur scène récupérer sa statuette. Il a effectivement plaidé en faveur des homosexuels, dont le combat n'est toujours pas abouti depuis Harvey -qui a véritablement existé . Au contraire !
Sean est revenu sur ce qu'il qualifie de "grande honte" , celle de "refuser l'égalité des droits des personnes", à savoir la proposition numéro 8, adoptée en Novembre dernier en Californie, qui interdit le mariage aux homosexuels.
L'acteur trouve tout de même de quoi se réjouir, et voit en Barack Obama , comme tant d'autres célebrités , une lueur d'espoir. Il se félicite d'ailleurs que les Américains aient élu à la tête de leur pays "un homme élégant".
En gagnant un Oscar, Sean n'a pourtant remporté qu'une petite victoire. Ses plus belles récompenses, il ne les obtient que lorsque ses combats prennent fin...
Dernière édition par Bridget le Mer 18 Mai - 9:52, édité 7 fois
Bridget
Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Sam 28 Fév - 15:44
.
.
SEAN PENN
Le coeur sur la main
Il y a un an tout juste, Into The Wild le consacrait cinéaste de premier plan. Avec Harvey Milk de Gus Van Sant, son plus beau rôle depuis longtemps, Sean Penn prouve qu’il reste un acteur précieux.
Portrait d’un écorché vif.
A qui voudrait percer le code de la filmographie de Sean Penn, une image de 21 Grammes offrait, il y a cinq ans, une possible clef. Dans le film d’Iñárritu, où il joue un professeur d’université cardiaque, une scène le montre, littéralement, le coeur sur la main : fraîchement transplanté, son personnage est alité et on lui glisse dans la paume, archivé dans un bocal, l’organe malade qu’on vient de lui tirer de la poitrine.
L’image est un raccourci pertinent parce que Penn est probablement, de toute sa génération, l’acteur le plus viscéral, un corps éternellement secoué par un bouleversement intérieur qu’il s’agirait, toujours, de faire remonter à la surface.
Du très beau Comme un chien enragé, qui le révélait face à Christopher Walken, à La Dernière Marche (où il incarnait un autre condamné à mort), Penn joue à vif, comme on le dirait d’une blessure, et comme s’il lui fallait commencer par disséquer ses personnages, pour faire palpiter le jeu au rythme de leurs humeurs.
Enfant du sérail (père cinéaste, mère actrice), Sean Penn est nourri au lait d’une tradition, très seventies, d’acteurs expressionnistes et électriques, dont il revendique l’héritage : ses affinités avec Dennis Hopper (il joua sous sa direction dans Colors, et lui offrit un rôle dans The Indian Runner, son premier film en tant que metteur en scène) et Jack Nicholson (qu’il a dirigé deux fois, dans The Crossing Guard, puis The Pledge) n’ont rien pour surprendre.
Il paya même un double tribut à ces monstres du Nouvel Hollywood en baptisant son fils «Hopper Jack». Acteur par deux fois pour De Palma (Outrages, L’Impasse) et Terrence Malick (La Ligne rouge, le prochain Tree of Life), on sait aussi l’admiration qu’il portait à Cassavetes, à qui il dédia The Indian Runner.
Lequel Cassavetes, avant de mourir, voulait lui confier le rôle de She’s So Lovely, finalement réalisé par son fils Nick, et pour lequel Penn reçut un prix d’interprétation à Cannes.
De Cassavetes, Penn a hérité une notion du jeu comme événement purement physiologique, une manière de donner corps, littéralement, à ses personnages, et puis de précipiter ce corps dans un torrent d’affects.
Sean Penn and Robin Wright Penn get down in She's So Lovely
Logiquement, il a joué beaucoup de personnages borderline, excessifs, tous au bord d’un semblable abîme : chiens fous (Comme un chien enragé, Colors), addicts en tous genres (alcoolique dans She’s So Lovely, cocaïnomane dans L’Impasse), psychotique (L’Assassinat de Richard Nixon), s....... hystérique (Outrages), assassin repentant (La Dernière Marche), jusqu’au père ivre de chagrin de Mystic River, de Clint Eastwood.
Les rôles sont divers, mais l’exécution régulière, invariablement volcanique : toujours, il y a quelque chose qui remonte, secoue le corps, le plie à son diktat – et d’ailleurs Penn ne met rien d’autre en scène quand il dirige Viggo Mortensen dans The Indian Runner, puis Nicholson dans The Crossing Guard : il les soumet à une identique et douloureuse gymnastique.
Forcément, au-dessus d’une pareille formule, pour efficace qu’elle est (Penn collectionne les récompenses), plane le spectre du surjeu et de la pure « performance » (son rôle d’imbécile heureux, de sinistre mémoire, dans Sam, je suis Sam). Ses détracteurs pointent ses tics, le jugent trop grimaçant, et il est arrivé, c’est vrai, que l’on se lasse de ce faciès sempiternellement affligé, ce coulis de visage sur un gâteau d’affects, devenu trop identifiable, jusqu’à l’auto-caricature.
Alors que le doute menaçait de s’installer durablement, Sean Penn revient à son meilleur dans Harvey Milk. Pas tant parce qu’il se serait débarrassé de ses grimaces : au contraire, son visage semble ne s’être jamais autant plié, déplié, replié.
Seulement, les fils qui en commandent la torsion sont moins visibles, ou, du moins, raccordés à des affects moins identifiables, plus mystérieux.
Les plis qui, ici, creusent le visage, se referment sur une profondeur qui faisait défaut à ses précédents personnages, lui offrant de redéployer une gamme qu’il n’avait pas exploité de la sorte depuis L’Impasse, qui reste probablement son plus beau rôle à ce jour.
À un journaliste américain qui lui demandait récemment où il puisait son énergie, après plus de vingt-cinq ans de carrière, il répondait vivement : «la rage».
Il y a fort à parier que, vingt ans en arrière, il aurait fait une semblable réponse.
De ses rôles d’écorchés vifs à son caractère de tête brûlée, il n’y avait qu’un pas, que la presse ne se privait pas de franchir, commentant la moindre de ses frasques – de son mariage turbulent avec Madonna au séjour qu’il fit en prison après avoir tabassé un figurant sur le tournage de Colors.
Vingt ans plus tard, tandis qu’il est devenu une figure centrale du ciné-monde, comment se poursuit le dialogue entre les rôles et l’homme public ?
Retiré loin du barnum hollywoodien (il vit désormais dans la baie de San Francisco), moins prompt aux excès (il fut, à l’époque, l’un des derniers compagnons de beuverie de Bukowski), définitivement consacré pour son oeuvre de cinéaste (Into The Wild, nouvelle tranche d’americana qui le voit explorer les grands espaces dans le sillage de Thoreau, fit l’unanimité), et invité l’an dernier à présider le jury du Festival de Cannes, Penn semblé s’être, pour le moins, assagi.
Pourtant la rage demeure, recyclée dans un militantisme fiévreux qui l’a vu, ces dernières années, devenir la personnalité hollywoodienne la plus engagée depuis Jane Fonda.
Désormais, la presse se fait l’écho d’un Sean Penn citoyen du monde : elle lui ouvrait ses colonnes à l’occasion de ses fréquents voyages en Irak ou de ses rencontres avec Hugo Chavez, tandis qu’il désertait les tapis rouges pour les tribunes.
Nul doute, alors, que cette reconversion de la tête brûlée en activiste ne fut pas tout à fait étrangère à son immersion dans la trajectoire politique d’Harvey Milk.
Dernière édition par Bridget le Mer 18 Mai - 10:01, édité 8 fois
Bridget
Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Jeu 5 Mar - 22:33
.
Sean Penn, en cow-boy timide, se confesse à Paris François Barras / Paris | 28.02.2009
Oscarisé pour son rôle dans Milk, le comédien tenait conférence de presse ....
Un timide. C’est lui-même qui le dit.
Alors que son «double» Harvey Milk rigole de toutes ses dents sur l’immense panneau dans son dos, Sean Penn accueille avec un calme de cow-boy une cinquantaine de journalistes dans un grand restaurant des Champs-Elysées.
L’heure n’est plus au cynisme mordant lorsque, dimanche dernier, il saluait le Tout-Hollywood d’un «merci, petits cocos homophiles !»
La profession venait d’offrir à son enfant terrible l’Oscar du meilleur acteur. Le deuxième de sa carrière et la récompense méritée pour sa mue hallucinante en Harvey Milk, militant des droits homosexuels, premier élu ouvertement gay d’Amérique après qu’il fut nommé au Conseil municipal de San Francisco, assassiné par un «collègue» en 1978.
Dans le film de Gus van Sant, Penn «est» Milk. «Pourtant je me donnais 25% de chance d’obtenir l’Oscar, avoue l’acteur. Je n’avais pas préparé de petite phrase d’introduction. Ce que vous avez entendu est réellement le genre de trucs que je sors quand je suis pris au dépourvu !»
– Jouer un militant gay, c’était un devoir de citoyen ou challenge d’acteur ?
– C’est un devoir de relever un défi comme acteur. (Rires.) Il n’y a aucune décision militante à la base, l’histoire de Milk comme les aspects fiction du scénario m’ont intéressé. Mais au fil du projet je me suis senti investi dans l’histoire de ce personnage, qui trouve de véritables échos contemporains. Je retiens surtout le gâchis de son assassinat quelques années avant l’explosion de l’épidémie de sida.
Se rappelle-t-on que le président Reagan n’osait même pas prononcer le mot sida dans ses discours ? Beaucoup de vies auraient été sauvées si Harvey Milk avait été là.
– Malgré tout, peu d’acteurs hollywoodiens, en dehors de vous et de Brad Pitt, prennent la défense des droits homo…
– Je n’ai pas l’impression que le club des supporters des gays est si petit. Pour vous dire la vérité, je me suis senti bien plus seul lorsque je me suis publiquement opposé à l’invasion américaine en Irak. (ndlr: Penn s’est payé le 18 octobre 2002 une pleine page de publicité dans le Washington Post enjoignant le président Bush de cesser son cycle de violence au Moyen-Orient. Il a également réalisé plusieurs documentaires en Iran entre 2004 et 2005.)
– Vous êtes acteur mais également cinéaste: auriez-vous aimé diriger Milk ?
– Non, c’était le boulot de Gus, c’était sa sensibilité et sa vision. Certains acteurs sont doués pour se diriger eux-mêmes, ce n’est pas mon cas.
– On dit de vous que vous endossez à ce point vos personnages que l’acteur disparaît pour «devenir» ce personnage…
– Je n’ai jamais été un acteur naturel, sauf à mes débuts où j’y allais sans me poser de questions. J’ai beaucoup travaillé. J’ai un bon instinct pour écouter la musique d’un rôle et trouver l’équilibre en fonction de mes expériences antérieures.
Doit-on disparaître derrière ce rôle ? Je ne sais pas où se situe la limite. Marlon Brando n’était pas un moins bon acteur dans Le parrain, où il était «lui-même», que dans Le dernier tango à Paris, où il composait un personnage.
– Vous vous êtes retrouvé en compétition avec Mickey Rourke au titre de meilleur acteur. On dit que vous l’aviez conseillé sur la meilleure façon de faire du lobbying auprès des membres du comité des Oscars…
– Je serais la dernière personne à qui demander ça! (Rires.) Mickey est un ami de longue date. On s’est retrouvé à Toronto bien avant de savoir qu’on serait en compétition (Milk n’était même pas achevé), on a bu un verre et je lui ai juste dit: «Reste en dehors de leur chemin !» On sait tous que Mickey a tendance à être son propre ennemi. Tout ce que je retiens aujourd’hui, c’est que l’un de nos plus poétiques acteurs travaille à nouveau.
Milk, de Gus Van Sant, avec Sean Penn. Mercredi en salles.
Dernière édition par Bridget le Mer 18 Mai - 10:01, édité 6 fois
Bridget
Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Sam 7 Mar - 22:18
.
Harvey Milk : l'interview de Sean Penn
Sean Penn, récemment oscarisé, était de passage à Paris pour remettre un César et... parler de son nouveau film, Harvey Milk , dans lequel il tient le premier rôle. Il revient pour nous sur la véritable histoire d'Harvey Milk, homme politique et militant gay assassiné en 78, ainsi que sur sa collaboration avec le cinéaste Gus Van Sant qui le dirigeait pour la première fois.
Dernière édition par Bridget le Mer 18 Mai - 10:02, édité 4 fois
liliane Admin
Nombre de messages: 8853 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Sam 14 Mar - 6:49
Juste pour le plaisir de ...................
Bridget
liliane Admin
Nombre de messages: 8853 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: TOUT SUR SEAN PENN Mer 17 Juin - 19:45
SEAN PENN S'OFFRE UN CONGÉ SABBATIQUE À DURÉE INDÉTERMINÉE
Comédien et réalisateur, lauréat de l'Oscar du meilleur acteur en 2009, Sean Penn transforme tout ce qu'il touche en or. L'acteur de Harvey Milk a pourtant annoncé aujourd'hui qu'il s'octroyait un congé sabbatique à durée indéterminée. La star a décidé de se consacrer à sa famille et il a même refusé deux grands projets - Three Stooges et Cartel - pour cela. Il faut dire qu'en un an, sa femme Robin Wrigth-Penn et lui ont déjà entamé deux procédures de divorce, finalement avortées. Leur couple a souffert de nombreuses rumeurs dont une prétendue liaison entre l'acteur et Natalie Portman. A 48 ans, Sean Penn a déjà fait ses preuves et veut se concentrer sur sa vie privée. Selon les bruits qui courent, il se remettra au travail dans un an pour le tournage du premier film en anglais du réalisateur Paolo Sorrentino, This Must Be the Place. J.DLR. 17/06/2009