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 DAVID MC NEIL

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Nine
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MessageSujet: DAVID MC NEIL   Lun 1 Déc - 16:43

DAVID MC NEIL




Un auteur à multiples facettes, auteur compositeur interprête écrivain etc .. voyez plutot , voilà un extrait de sa biographie extraite de son myspace.

A propos de David Mc Neil

Né à New York en 1946, fils du peintre culte Marc Chagall, David Mc Neil était fait pour être artiste.

Auteur-compositeur-interprète, David Mc Neil a écrit pour les plus grands noms de la chanson française, d'Yves Montand (Hollywood) à Alain Souchon (J'veux du cuir) en passant par Julien Clerc (Mélissa), Yves Simon (L'Odyssée) ou encore Jacques Dutronc (Brèves rencontres).

Mais durant des années, Mc Neil a chanté ses propres textes et mélodies, d'abord dans la belle équipe de Saravah, puis pour RCA...

Son album de 1991 "Seul dans ton coin" accueille Alain Souchon pour un duo, et rencontre un joli succès.

En 1997, il fait l'Olympia le temps d'un soir, avec ses amis chanteurs : Clerc, Souchon, Voulzy, Leforestier, Renaud, ils sont tous là pour notre plus grand bonheur.

En parallèle de sa riche carrière musicale, David Mc Neil s'est lancé dans la littérature, avec un succès critique jamais démenti. Ses oeuvres sont éditées chez Gallimard, les deux dernières en date s'intitulant "Tangage et roulis" et "Angie ou les 12 mesures d'un blues".
Il s'est également fait remarquer pour ses livres pour la jeunesse dès les années 70.

etoile scintillante il a aussi écrit pour YVES MONTAND

IL EST PLUTOT "DISCRET" DANS LA PRESENTATION DE SON MYSPACE je vous laisse lire : et aussi surtout entendre la voix de DAVIC MC NEIL

http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=336656038

SON SITE

http://www.davidmcneil.com/plandusite.htm


Une très belle chanson pour ALAIN SOUCHON "J'VEUX DU CUIR"



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MessageSujet: Re: DAVID MC NEIL   Lun 1 Déc - 16:50

ECRITURES  - ROMANS


Lettres à Mlle Blumenfeld (1991)
Tous les Bars de Zanzibar (1994)
Si je ne suis pas revenu dans 30 ans... (1996)
La Dernière Phrase (1999)
Quelques pas sur les pas d'un ange (2003)

Catégorie Jeunesse :

S comme cinglé (1975)
Drôle de trame (1977)
L'Enfer est dans le sac(1977)
Quatre chevaux dans une boîte (1977)
Quand les chats étaient verts (1998)


David Mc Neil : Si je ne suis pas revenu dans trente ans prévenez mon ambassade.


David Mc Neil est un drôle de personnage, un écrivain singulier, un parolier fantaisiste; une sorte de baroudeur-poète, un homme qui aurait fait son miel de Cendrars et de Giraudoux pour, par la grâce d'un regard, transmuer le réel en une féérie continue.

Auteur-compositeur chanté par Montand, Souchon ou Julien Clerc, chanteur à ses heures, il est aussi l' auteur du très gracieux Lettres à Mademoiselle Blumenfeld : Pour mieux "cerner" David Mc Neil, on dira de lui qu'il est un délicat,  ce qui n'est pas, on l'aura compris, une injure...

En 1994, il a inauguré, avec l'épatant Tous les bars de Zanzibar une nouvelle manière : sorte de road novel écrit en alexandrins, avec tout le swing - et le blues, parfois - qui s'ensuit. Déjà dans Tous les bars..., le baroudeur s'était improvisé restaurateur, ce qui avait été l'occasion d'un développement cocasse : "J'avais mis au menu un plat n'existant pas appelé "steak Godot", un jour un type le veut, on le lui déconseille, mais il insiste tant qu'on lui prend sa commande, on amène les entrées, on sert leurs plats aux autres, le client s'impatiente, on envoie Pamoyson afin qu'il lui explique que le vrai steack Godot ça peut prendre du temps, quand ils sont au dessert et qu'il n'a toujours rien, il commence à crier, le chef sort de cuisine brandissant un hachoir, disant : "Monsieur, un steack, c'est fait en deux minutes, mais pas un steack Godot, ça monsieur, ça s'attend", l'homme comprend un peu tard et s'en va en cassant une chaise en passant, j'ai un sens de l'humour qu'on perçoit souvent mal". Que Mc Neil se rassure, son humour, sa façon -- unique --, on perçoit très bien... , et on apprécie beaucoup.

Dans Si je ne suis pas revenu dans trente ans prévenez mon ambassade (12 pieds, un hémistiche, avec diérése à "su-is" et rime pauvre en "e" à "ambassade"...), le narrateur-baroudeur-scénariste-vacant à Venise se trouve embarqué dans une rocambolesque histoire, celle d'un type qui s'ennuie, auquel un autre type propose de partir à la recherche d'un troisième type et d'en conter l'histoire: celle de Samuel Cody qui inventa l'avion et auquel on ne pardonna pas de s'être fait passer un temps pour Buffalo Bill. De Venise à Venise, en passant par Houston au Texas, Brooklin ou Londres, c'est l'occasion pour Mc Neil de lâcher la bride à sa fantaisie et à son humour, et de nous faire entendre sa petite musique, qui n'est pas celle de Céline mais qui sait nous prendre pour ne plus nous lâcher : Mc Neil, si dans trois ans vous n'êtes pas revenu, ce n'est pas votre ambassade que l'on préviendra, c'est votre éditeur que l'on séquestrera: à bon entendeur...

Un dernier mot: avec ce nouveau roman -- qu'on lise, au hasard, le passage hilarant concernant les fumeurs en avion, p.39-40 -- on a un peu l'impression que Mc Neil est là pour nous rappeler que, parfois, un chanteur qui écrit des romans, cela s'appelle un poète.
Copyright © François Kasbi / La République des Lettres, mardi 01 octobre 1996
> Journal > David Mc Neil > David Mc Neil : Si je ne suis pas revenu dans trente ans prévenez mon ambassade. > David Mc Neil en librairie.




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MessageSujet: Re: DAVID MC NEIL   Lun 1 Déc - 16:56

UN OLYMPIA ..

DAVID Mc NEIL A L'OLYMPIA


Avec Charlebois, Renaud, Souchon, Voulzy, Clerc et Le Forestier

Un retour en guise d'adieu

par  Daniel PANTCHENKO

Faute d'occuper, une place à part entière dans la chanson française, David Mc Neil y tient une place entièrement à part. Beaucoup connaissent son nom, voire les chansons qu'il a concoctées pour Julien Clerc ou Yves Montand, mais peu font le rapprochement, ou l'ont entendu dans ses oeuvres. Le gala exceptionnel qu'il donnait en compagnie de ses potes chanteurs le 27 janvier à l'Olympia, offrait une occasion inespérée de remettre ses pendules à l'heure, puisqu'à l'en croire, il raccroche...

Il y en a qui guettent le Prix d'Amérique, le tirage du Loto, le nouveau Walt Disney, le cours du dollars, le retour du Vendée-Globe... d'autres attendent le Mc Neil. En disque, le Mc Neil, c'est déjà rare; en scène, c'est à saisir. Au mieux, une poignée de prestations par décennie, genre comète. Comme moi, vous connaissez sans doute un voisin, un ami, mcneilophile à mort (grand amateur de jazz, le mien taquine l'économie au ministère des Finances), qui se contrefout de la chanson en général et en particulier, hormis celle-là. Chez lui, les rééditions des années Saravah et RCA restent bien en vue, toujours à portée de la main; autant dire que les billets pour l'Olympia, il les avaient commandés deux bons mois à l'avance. Bref, selon le mot de Mc Neil soi-même, il s'agit là d'un "fidèle", l'un des "quinze mille" qui le suivent depuis vingt ans.

Disons d'emblée que la soirée de l'Olympia tint quasiment toutes ses promesses, dans la mesure où l'on ne venait pas y chercher ce qui n'avait pas lieu d'y être : un super show. A coup sûr, les "fidèles" n'auront pas été déçus en y trouvant l'essentiel : l'expression d'un homme, qui n'est plus - et depuis belle lurette - un chanteur, mais l'un des auteurs les plus attachants de la chanson contemporaine. David Mc Neil le sait très bien : s'il jouit d'un timbre de voix grave qui ne manque pas de charme et d'un sens de l'humour à tiroirs, il n'a jamais été "une bête de scène". Tant pis pour le spectaculaire, tant mieux pour l'uvre elle-même, d'autant que sous ses côtés froids, le bougre recèle une convivialité certaine que renforce sa complicité avec les musiciens. De plus, il se tire très bien de l'exercice délicat du duo avec ses potes du top, exercice d'autant plus périlleux ici qu'il débouchait sur l'enregistrement d'un abum.

PUZZLE MAISON

Ores donc, accompagné par une dizaine de musiciens sous la houlette du percu-pianiste Jean Shulteis, David Mc Neil attaque avec une logique presque biographique par la "Rue Simon Bolivar" de ses douze ans, qui s'achève ainsi : "Au bout de quelque temps / Mon père a voulu que j'aille / Attendre 18 ans / Dans un collège à Versailles / Mais papa c'était déjà trop tard / J'avais chapardé ma guitare..."  Le ton est donné, l'aventurier branché-musique sur les rails, les références pleuvent, essentielles ou dérisoires : noms de rues, de villes, héros et personnages célèbres tous genres confondus, allusions historiques, labels publicitaires, sigles... c'est la marque de fabrique d'un pur enfant du siècle. Et après le diabolique "Bar du Styx" (des bars, il y en aura pas mal d'autres) qui précise l'ambiance, c'est le premier duo avec un client coutumier du genre et expert en guitares, Maxime Le Forestier : ça donne "J'ai déjà fait mon arche", un titre de vingt-deux ans d'âge et pas une ride.

D'ailleurs, David Mc Neil va respecter une vague chronologie et rendre une série d'hommages, en commençant par Jack Treese, le fantastique musicien américain avec lequel il a écrit "Hollywood", sept ans avant que Montand - autre hommage - la reprenne. Pour "Vous souvenez-vous Louisa", que Mc Neil dédie à ce dernier, Robert Charlebois vient s'installer au piano, pendant qu'une section de cuivres enflamme la mèche. De clins d'oeil en contrastes (l'instant d'avant, une ambiance de limonaire accompagnait le salut aux "Photos de Doisneau"), le jeu de pistes se trame, le puzzle-maison se construit. Si ce n'est pas le délire dans la salle, c'est la dégustation fine, le bonheur des pavillons : parole de journaleux, on n'entend pas tous les soirs autant de petites merveilles...

On retrouve ainsi, entre autres, "Papa jouait du rock and roll", "Vieil homme au coeur tatoué", "Ma guitare et moi", "Couleurs", "La fée", "Le bateau mouche", "Lasso Lucy" (pour laquelle, il joue de la trompette), "Fable" (Au bar Le La Fontaine,  écrite aussi pour Montand) qu'il dit de façon savoureuse, et plusieurs titres de son dernier album : "Pull-overs", "Tiramisu", "Passantes de Passy", "Tropical tramp", "New-York city", "Gitane", "Seul dans ton coin"...

LE DERNIER DES IROQUOIS

Au fil des morceaux, il reçoit encore Laurent Voulzy, Renaud (qui se "plante"), Julien Clerc, Alain Souchon... et cerise sur le gâteau, l'harmoniciste sublime "Toots" Thielemans (avec Jean-Claude Petit au piano), l'un des grands moments d'émotion de la soirée, grâce à ce vieux monsieur, si jeune. Et pour rappeler sans doute qu'à tire-fantasmes, il reste un homme d'images, de cinéma, et de second sinon de quatrième degré dans l'humour, notre hôte d'un soir nous gratifie d'un faux rappel complètement baroque et hors du temps : alors qu'on l'attend avec tous ses copains pour le salut, ce sont des marquis et marquises pommadés et poudrés en costumes "d'époque" qui nous apparaissent soudain. Une vision subliminale jaillie d'Hellzapopin,  type vingt-cinquième image. Du pur Mc Neil. Le final attendu avec la fine équipe aura lieu quelques instants plus tard sur "Hollywood", le titre le plus connu du seul chanteur qui - sauf erreur - ait osé s'offrir un retour en guise d'adieu.

Une façon toute personnelle pour ce "dernier des Iroquois / Dernier Mohican du bayou"  ("Tiramisu") de nous rappeler tout le dérisoire de la vie, comme il le chante avec son ami Souchon dans la chanson-titre de son (très soigné) dernier album, "Seul dans ton coin" : "Qu'est-ce que ça change, / T'es tout seul / T'es toujours toujours tout seul / De tes langes à ton linceul / T'es toujours seul dans ton coin". (D. P.)
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MessageSujet: Re: DAVID MC NEIL   Lun 1 Déc - 17:06

David Mc Neil

Elise


Je suis ni Paganini ni Beethoven
T'as pas d'veine
Mais déchire pas ma lettre
Avant même que ta mère la lise
Elise, Elise
Faut que j'te dise

Que, moi, je joue cartes sur table
C'est pas comme ces grands-pères
Qui suivent tout ce qui porte un cartable
Tous nus sous leurs impers
Devant les églises

[Refrain:]
Elise, Elise, Elise, Elise
I'm beggin' you please
Down on my knees
Venise, Venise, Venise s'enlise
Faisons nos valises
Faisons nos valises, Elise
Elise, Elise

Avec ses maudites farandoles
Y a tellement d'inconnus
Qui vous embarquent dans leurs gondoles
Et quand tu seras nue
Elise, Elise

Faudra qu'tu dises
Des choses comme "Mon amour toujours
Laisses la lampe allumée"
Même si ton châle sur l'abat-jour
Commence à t'enfumer
Fais pas d'bêtises

[au Refrain]

Demain sur le Ponte Vecchio
Suivant un autre amant
T'auras le nez de Pinocchio
C'est comme ça quand on ment
Qu'on se déguise

Tu veux qu'j'te dise
Je suis ni Beethoven, ni Mozart
J'ai vingt ans d'analyse
Y a que dans la fanfare des Beaux-Arts
Que je fugue et que j'harmonise
Fais-en à ta guise

Elise, Elise, Elise, Elise
Tu sais qu'je balise
Tu sais qu'je balise

Venise, Venise, Venise s'enlise
I'm beggin' you please
Elise, Elise
Down on my knees

Elise, Elise, Elise, Elise
Je fais mes valises
Je fais mes valises, Elise Venise, Venise
Venise s'enlise
Down on my knees
Elise, Elise


Lyrics: Elise, David Mc Neil
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MessageSujet: Re: DAVID MC NEIL   Mer 3 Déc - 17:40

Voilà une idée du style d'écriture de DAVID MC NEIL

Elegant, concis avec un brin d'humour .. rimes et tournures bien inspirées.

PULL - OVERS

coeur

Paroles ou lyrics de Pull-overs interprétée par David Mc Neil :


Des cache-cols en méchant lainage
Aux mi-bas sur les balançoires
Maillots mouillés du patronage
Nuisette du lit d'un soir

Des cachemires d'un matin d'automne
Aux cache-c?urs des soirées d'hiver
Des cardigans qu'on déboutonne
Aux châles entrouverts

(Refrain)
Sous les chandails, les pull-overs
Je tricote de toutes sortes de love-affaires
Mais y a que toi qui m'aille à l'endroit
Maille à l'envers

Mantilles gitanes ou espagnoles
Étoles nouées autour des reins
Des petites Fanny de Pagnol
Qui attendent le même marin

Je vis au crochet des liseuses
Des mohairs des rats d'opéra
Berçant mes Lolita frileuses
Dans l'même angora

(au Refrain)

Si jamais tu quittais mon toit
Pour quelque loden démodé
J'imiterais les mites et toi
Tu pourrais rien raccommoder
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MessageSujet: Re: DAVID MC NEIL   Mer 3 Déc - 17:43

Source sacem  Etoile


David Mc Neil : Révéler la poésie des mots

"J'ai prié tous les saints du calembour
Saint Trenet, Saint Queneau, Malsain Gainsbourg...
("Lady Wurlitzer" David Mc Neil 1978)



"Tu as osé faire rimer Shakespeare avec vampire, alors je te le dis tout net: tu aurais mérité de connaitre Cendrars et Prévert" (Robert Doisneau à David Mc Neil)


"Le plus grand dénominateur commun" pouvait-on penser ce lundi 29 janvier dernier en observant sur la scène de l'ex-Olympia ce géant blond aux yeux bleus, aux coeur blues, mi Gatsby, mi William Wilson, entouré en fin de spectacle de toute cette génération ACI, Souchon, Voulzy, Charlebois, Maxime, Renaud, Clerc, qui paraissait d'un coup toute fragile à côté de son mètre quatre-vingt treize digne de l'immense Nat King Cole, et qui reprenait en choeur "Hollywood" comme un hymne, un vieux rêve partagé.

Ne manquait plus que Miche Jonasz (en répétitions) et Francis Cabrel (qui piétinait en coulisses) pour que le tableau, la photo de famille soit complète et tous les enfants de 68 réunis autour de leur éminence grise, cet orfèvre du folk désenchanté capable de faire rimer impunément Coltrane et vieux blues qu'on traine, Muezzin et limousine, Bombay et Bobet, Fitzgerald et NewYork Herald et on en passe, et désormais aussi inclassable qu'incontournable, un peu comme on ne pourra pas évoquer les chanteuses des années 80/90 sans citer Vannier.


"Je suis devenu une sorte de Randy Newman français, un chanteur pour chanteurs, relativement ignoré du grand public, avec un petit public formidablement fidèle: mon dernier album s'est vendu à 15 000 exemplaires, la plus grosse vente que j'aie jamais faite; pour une multinationale c'est dérisoire, mais pour moi c'est beaucoup.

Et lorsque j'ai publié mon premier roman, j'en ai vendu également 15 000: c'étaient les mêmes gens" (Chorus n°19). "Blue one for happy few", son "Club des patineurs" à lui, comme dirait en clin d'oeil Roda-Gil. Et il est difficile de ne pas repenser à Vannier à l'évocation de ces dandys mélancoliques et savamment subversifs de la chanson que les autres interprètes s'arrachent et avec lesquels le grand public joue à cache-cache, à moins que ce ne soit l'inverse. "Nous sommes des contrebandiers", résume dans ce numéro Jacques Duvall.

Et des auteurs rares, à tous les sens du mot, pour qui écrire est une longue patience qui se moque bien des canons meurtriers de la mode. Mais le résultat est là: il y a un style, "a Mc Neil touch" reconnaissable entre toutes où les références culturelles rock côtoient les audaces formelles (allitérations, enjambements, rimes sur les noms propres), où la simplicité mélodique née du folk complète la sophistication de textes exceptionnels. Julien Clerc ne s'y est pas trompé qui vient de lui prendre deux nouveaux textes, "Assez assez" et "Blues indigo", dix ans après le succès de "Melissa" et "Hélène", tout comme Robert Charlebois (trois titres dont le savoureux "Léonie") et Jacques Dutronc l'an dernier ("Le pianiste de la boite à Gand").


Mais le grand rendez-vous reste la sortie prochaine de son enregistrement public à l'Olympia, sans oublier ses 4 CD disponibles sur le marché: ses "années Saravah" (19 titres), ses "années RCA" (47 chansons), et son dernier album studio chez Virgin ("Seul dans mon coin", 1991), et en attendant la réédition de son album pour Yves Montand en 1984. Un des plus grands auteurs francophones contemporains, deux fois primé à l'Académie Charles Cros, et le seul à avoir écrit pour et avec Souchon ("Casablanca", "J'veux du cuir", "Normandie Lusitania"...) ça veut tout dire !

Et un joueur-jongleur de la plume dont les mots, s'ils pouvaient parler, nous diraient tous le plus grand bien (!): "Calembours carambars", "L'enfer est dans le sac", "Le massacre du printemps", "Nostalgie d'Angie", "Jolies passantes de Passy", "Lapointe à Pitre", "To be or not to be bop", "Le pianiste de la boite à Gand", "Lasso Lucy", "Honolulu Lulu"...

MAITRES DU MOT: DE CHARLES A ALAIN EN PASSANT PAR SERGE

Avec Alain Souchon
"Le ciné Gare du Nord
Jouait les films interdits
A cause des soutiens-gorges
D'Antonella Lualdi
Celui qui roulait les épaules
Assez pour passer le contrôle
Nous racontait le film à la sortie"
("Rue Simon Bolivar")

Maïakovski disait que, si l'on veut situer un poème ou une chanson dans le temps, il faut faire des citations de noms propres et de lieux. C'est ce que j'ai fait, en introduisant dans mes chansons plein de noms de personnalités, de villes, de livres, de marques de voitures etc: Cadillac, Chrysler, Coca Cola, Rotary... Mais c'est devenu aujourd'hui un procédé, alors j'ai arrêté et j'ai changé ma manière d'écrire. Trénet et Gainsbourg l'avaient d'ailleurs fait avant moi.

"Je connais la force, le tocsin des mots... Sans rime, les vers tomberaient en morceaux. La rime vous fait revenir à la ligne précédente, vous oblige à y penser, oblige les lignes qui formulent une pensée à tenir ensemble.

D'habitude, on appelle rime la consonance des derniers mots de deux lignes. C'est l'opinion commune et pourtant çela ne veut rien dire. La consonance des derniers mots, la rime, n'est qu'un des innombrables moyens de lier les lignes, d'ailleurs le plus simple et le plus grossier.

On peut rimer le début des lignes, on peut rimer la fin de la première ligne avec le début de la seconde et en même temps avec les premiers mots de la troisième et de la quatrième etc" (Maïakovski)

Le premier qui s'est intéressé aux assonances, c'est Trénet. Puis il y a eu Gainsbourg et Nougaro. Enfin Alain Souchon, qui a une technique époustouflante de la langue française, a justement cassé cette langue, parce qu'il s'est rendu compte qu'écrire d'une façon ordonnée tuait cette émotion: il a enlevé les virgules, les verbes, un peu comme Céline avait fait sauter les points et virgules. Nous avons écrit ensemble "Casablanca", qui racontait la rencontre de son père et de sa mère, et il était trop proche du sujet pour pouvoir le traiter, et puis "J'veux du cuir", où il m'avait demandé de "casser son image", parce qu'il en avait marre d'être pris pour le nouvel homme, le fiancé idéal.

Alain est un poète, moi je suis un musicien, plus proche de la musique indienne et orientale, j'emploie les mots comme si je jouais du saxophone, je mets moins d'importance dans ce que je raconte que dans le son de ce que je raconte. Gainsbourg aussi était musicien: Il y a tout ça dans un titre comme "Elaeudanla Teïteïa". Mais il ne faut jamais perdre de vue une chose: nous sommes là pour faire danser les gens, pour leur donner des prétextes pour ne pas être inhibés... C'est ça, la chanson, elle aide les gens dans leur vie, à s'aimer, à se séparer, elle met du bleu ciel dans leur existence. Si jamais la technique passe au dessus de ta sincérité, il faut laisser tomber.

C'est pourquoi je ne renie pas mes jeux de mots, mais je préfère les sentiments au jeu et aux mots... Il y a aussi beaucoup de fausse poésie. La seule réponse, pour faire la différence, c'est: est-ce que ma chanson provoque une émotion? Est-ce qu'elle apporte une vraie philosophie de la vie comme "Foule sentimentale", "Rame" ou "Le bagad de Lann Bihoué" de Souchon? Pour ma part, je préfère ne pas être compris plutôt que de me censurer et de devenir un démagogue: c'est une question de respect. Et si je donne à une seule personne l'envie de lire un livre que j'aurai cité dans une chanson, comme "Catcher in the Rye" par exemple (de Salinger Ndlr.), cela me suffit. Il ne faut jamais censurer son envie de dire quelque chose... Il faut dire les choses".

P. A.

"Je t'aimerai douze jours, j'avais cru à un calembour, mais hélas c'était vrai" ("Lettres à Mademoiselle Blumenfeld" Editions de l'Arpenteur)




ECRIRE A LA PREMIERE ET A LA TROISIEME PERSONNE : LES MOTS DES UNS DANS LA BOUCHE


Combien de fois une chanson mal faite m'a écorché les oreilles! Il faudrait changer les virgules, la retravailler... La poésie ne s'apprend pas -il n'y'a pas d'école pour l'émotion-, mais la technique, oui, même si tu l'oublies quand tu la connais. Or la plupart des auteurs connus n'étant ni chanteurs ni musiciens donnent parfois aux artistes des mots impossibles à dire, plein de choses inchantables, parce qu'ils ignorent les nasales, les en, les in, les r, les ch...

Et puis un jour un Brassens arrive à placer un "catéchumène" dans une chanson, parce qu'il est chanteur, poète et musicien, et qu'il sait le dire, et personne d'autre que lui n'aurait pu le chanter; d'ailleurs il n'aurait jamais écrit ce mot pour un autre! De même Claude Nougaro n'emploiera jamais un mot qu'il ne pourrait pas chanter, mais tout sonne chez lui, alors qu'un autre chanteur, même bon, aura beaucoup de mal à l'interpréter.

En tant que chanteur, j'écris pour moi-même des mots très complexes que je sais pouvoir faire passer, mais je ne les mettrai jamais dans la bouche d'un autre s'il ne peut pas les dire! Parce que j'ai un phrasé différent, je fais swinguer les mots à ma façon, et ça m'amuse d'ailleurs de voir que personne n'arrive à faire le bon phrasé d'"Hollywood", pourtant reprise par quinze interprètes. En fait, elle a été écrite en français avec l'accent tonique anglais, et il faudrait donc la chanter comme si on parlait anglais (rire).


Je suis un couturier, un confectionneur de vêtements, et si je donne à un chanteur un mot qui ne lui plaît pas, je le change. Il me faut faire une veste qui lui aille. Dans "Mélissa", j'avais écrit pour Julien "Imiter Matisse" et non pas "Mater ma métisse", et il m'a dit: "Matisse, personne ne sait qui c'est". On a immédiatement fait un sondage dans la rue: "Qui est Matisse?". On nous répondait invariablement: "Je ne suis pas du quartier". Alors, d'un commun accord, on a préféré changer de mot" (rire).


"Tout s'efface, les madones à la craie sur les tottoirs
Les sourires et les dates au tableau noir
Les noms au néon qui scintillent sur les grands boulevards
Les je t'aime à l'envers sur les buvards

Tout s'efface, les ardoises à la sortie des écoles
Les chinoises au fond des petits verres d'alcool
Les cendrillons de minuit et les notes de Nat King Cole
Les regards dans la nuit des music halls

Tout s'efface, même les couleurs des fleurs artificielles
Les dessins des avions là-haut dans le ciel
Les initiales elnlacées sur les murs et les marelles
Les dédicaces au bas des aquarelles..."
(Extrait de «Tout s'efface" - Interprète: Yves Montand)


A l'inverse, quand j'ai travaillé pour Montand, je lui avait écrit "Posez ce STICK et allongez-vous", et il m'a dit: "Voilà un mot que je ne dirai jamais, d'ailleurs, je ne sais même pas ce que c'est". Je lui ai expliqué que c'était la baguette des officiers anglais, et qu'il pouvait le chanter de manière décalée, parodique.

De même, dans "Tout s'efface", j'avais écrit: "Tout s'efface, même les petites chinoises au fond des verres d'alcool". Et il ne savait pas de quoi il s'agissait: alors je l'ai emmené dans un restaurant chinois pour lui montrer. Dans "Assez assez" sur le dernier album de Julien, j'évoque aussi le "hérisson microscopique" qui fait référence au virus HIV du sida, sans le nommer.

En même temps, je n'écris pas "pour" quelqu'un, mais avec quelqu'un, et je pense, comme Montand, qu'une bonne chanson doit pouvoir être chantée partout le monde.


PLAISIR D'ECRIRE : DE LA BEAUTE DU STYLE


"Assez de ces machins qui griffent
Crampons de foot
Bijoux Van Cleef
Tontons-Macoutes
Scouts à canifs
Assez de ces machins qui griffent...

Faut des ronds
Faut des courbes
Des marchands d'marrons
Rue Lecourbe
Faut des ballons
Des cerceaux
Et les seins de Sophie Marceau...
("Assez assez" D. Mc Neil/ J. Clerc)


On peut aussi atténuer une image violente en la faisant passer sous couvert d'un jeu de mots. Mais le jeu de mots est dangereux parce qu'on glisse vite dans la contrepèterie façon Canard Enchaîné ou le parisianisme à la Libé, on s'y enferme et on finit par les faire exprès. Après tu ne penses plus qu'à ça et tu ne peux plus en sortir. Mais si tu as l'amour du langage, tu vas employer des allitérations, des jeux de sons, et là, ça devient de la poésie. Faire rimer, c'est de la technique, mais il faut faire de la vraie rime, RIMER VRAIMENT.

Comme Nougaro. Tu peux aussi faire des assonances, comme Souchon en fait parfois. C'est ce que j'ai voulu dans "Deux mentholées trois mandolines": "Tempes argentées/ Type argentine/ Deux mentholées/ Trois mandolines/ Faut pas se moquer/ De mon smoking/ J'suis karaté/ Comme Carradine". J'assimile plus ça à du scat qu'à du jeu de mots. Dans une autre chanson, j'ai fait un vrai jeu de mots: "Madge en robe de dentelle/ A filé dans la Lincoln/ D'un vilain rat d'hôtel/ Nommé Moshe Raton" (rire).

J'en ai aussi fait un dans "Les prophètes et les manitous": "Alors je me fous de ce que dit Amin/ Et de ce qu'en dira Ghandi/ Et je pleure pas plus Ho Chi Minh/ Que Gin-Fizz Kennedy". La première partie (Idi Amin, Ghandi etc) est lamentable, quoique je l'assume, mais la fin (Ginn Fizz Kennedy), représent vraiment ce que je pensais à l'époque, c'est une image, pas un jeu de mots, qui dit que Kennedy était un mondain dont on croyait qu'il allait sauver le monde.


Tu peux aussi casser la rime: Higelin ne rime pas du tout, mais il a le respect de l'assonance des mots. Bref, il faut respecter le langage ou bien le mettre en morceaux, et étonner. Quand, dans "Blues indigo", j'écris pour Julien: "Qu'on soit Mozart ou Coltrane/ C'est toujours le même blues qu'on traîne", je fais une belle rime, alors qu'une rime comme "ma petite reine" aurait été nulle (rire)! J'aurais pu aussi faire rimer "Coltrane" avec "singing in the rain"!

"Je me cache la nuit sous les pianos
J'écoute Bob Azzam et Mariano
Je fais les poches des sonnets de Shakespeare
Je fais rimer Proust et langouste, parfois pire"
("Lady Wurlitzer" 1978)

Proust et Langouste, j'ai bien failli la faire! Quant aux sonnets de Shakespeare, c'est vrai que quand tu n'as plus d'idées, parce que tu as tout donné sur un disque, tu retournes quelquefois chez Shakespeare pour te ressourcer. Mais ca marche également en rencontrant quelqu'un dans la rue! Il y a aussi les assonances, comme "Ça téléphone de Bombay/ D'un bain de boue chez Bobet" ("Seul dans ton coin "-1991)

"Lasso Lucy le laisse délacer
Sa robe mais quand il veut l'embrasser
Lucy le laisse pas l'enlacer...
Lassé l'homme élancé la laisse là
Mais Lasso Lucy l'attrape au lasso
Et hoo! La suite, Dieu seul la sait"
("Lasso Lucy")


"Lasso Lucy", ce ne sont pas des jeux de mots, mais des assonances, ou si tu préfères des allitérations, c'est à dire des sons qui vont ensemble: c'est la seule chanson que j'aie jamais écrite sur un pied de batterie, en tapant sur une grosse caisse et une Charleston, un jour chez Robert Charlebois. Tous les s correspondent au son de la cymbale.

Cette chanson est une farce, un petit dessin animé. C'est assez proche de la chanson anglosaxonne, où l'on se fiche de savoir ce que l'on raconte. Là-bas, le jeu de mots existe dans les "limmeriks" irlandais, c'est à dire 4 ou 8 lignes qui font rimer un nom de famille avec une idée et commencent toujours par: "There was a man from...".

.../...
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MessageSujet: Re: DAVID MC NEIL   Mer 3 Déc - 17:53

A BOBY : "LAPOINTE A PITRE"



"Au départ, j'étais trompettiste de jazz dans l'orchestre de mon collège, j'aimais plus que tout Duke Ellington et surtout Miles Davis, et je me suis aperçu que je n'arriverais jamais à faire une seule note comme Miles. Alors je me suis dit: "il faut que tu trouves un domaine où tu seras, sinon le meilleur, du moins le seul".

Après est venu le besoin de plaire aux gens. En ce temps-là, je ne connaissais rien à la chanson. Je faisais la manche à Bruxelles où j'avais un ami accordéoniste, Julien, qui était un fanatique de Boby Lapointe et qui un soir m'a chanté "Avanie et framboise". Et je suis tombé amoureux de cette langue que je connaissais mal Mais jamais je n'ai osé essayer d'écrire comme lui. Dix ans après, j'ai appris sa disparition et j'ai "volé" (au bon sens du terme) avec amour tout son humour pour lui rendre hommage. J'ai pris tous ses plans.

Chaque fois que j'écrivais une ligne, je me demandais ce que lui aurait fait, si l'on pouvait faire plus fou. Son obsession, c'était d'arriver à devenir surréaliste. J'ai donc essayé de lui rendre un hommage en prenant toutes les rimes les plus "lamentables" qui soient quand le côté lamentable devient de la poésie pure. Cela s'appelait "Lapointe à Pitre", mais c'était trop joli, son fantôme m'aurait mis un "peut mieux faire" dans la marge (rire) : "Belle odile/ En baby doll/ Dort dans le lit d'une idole adulée/ Mais l'idole/ A des idylles/ Au Lido des Blue Bell blondes ondulées/ Dents de lait/ Dents de loup/ Faut pas être jaloux/ De l'idole qui croque Odile/ Qui ne comprend rien du tout/ Odile est l'amie d'Adèle/ Mais dilemme, l'ami d'Adèle dit l'aimer/ Adèle, elle/ Aime l'idole et/ Dine au Lido, en Denim Elimé..." (1979).

RIMES ET RAISONS : DES BEAUX JEUX AUX JEUX INTERDITS


Les gens qui emploient des jeux de mots dans leurs textes se cachent derrière ça, ils sont fondamentalement lyriques et suffisamment intelligents pour dissimuler leur naïveté derrière quelque chose, te feront un jeu de mots au lieu de dire "je vous aime".

Il ne faut donc pas en abuser. Sur 180 chansons, j'ai essayé de bannir le jeu de mots, sauf dans ce dernier titre où cela s'imposait, vu le sujet. Mais certains te semblent tellement beaux que tu ne peux pas te les interdire : quand tu dis par exemple "J'ai le blues de vos corps sages", qu'on peut bien sûr entendre "J'ai le blouse de vos corsages", on atteint une certaine poésie du jeu de mots qu'on peut se permettre. Parce que ça devient du deuxième, troisième degré


De même quand, au cours d'une chanson, un jeu de mots comme "J'avais pas un sou en Porsche" m'est venu, je l'ai gardé : parce qu'il correspondait à ce que je vivais vraiment à l'époque, où je roulais pieds nus en décapotables de 6 mètres rachetées 1000 Francs à la casse. C'était mon élégance, mon côté gitan: je n'avais pas de veste, pas de quoi m'acheter de l'essence, mais j'avais une belle bagnole. C'était un jeu de mots à usage interne, que j'ai corrigé par les vers suivants :

"Chanson pour que me pardonnent
Les femmes que j'aimais
Quand j'allais chercher Livingstone
Je ne revenais jamais
Vous étiez sans doute trop jolies
J'avais pas un sou en porsche
Un dessin de Botticelli
Ne dort pas chez Jérôme Bosh"
("De Benson en P4")


Consultation lien original : SACEM

http://www.sacem.fr/portailSacem/jsp/ep/contentViewRelatedItem.do?contentType=EDITORIAL&contentId=536882211


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MessageSujet: Re: DAVID MC NEIL   Mar 21 Avr - 10:39

DAVID MCNEIL
De Chagall à Angie, le parcours d’un vagabond
Par Manon Guilbert


PARIS—Romancier, auteur de chansons, chanteur, David McNeil avoue n’avoir aucun talent pour la peinture. Jusqu’à cinq ans et demi, il a pourtant vécu dans le sillage du grand peintre, son père, Marc Chagall. Il évoque ses beaux souvenirs d’enfance dans le roman Quelques pas dans les pas d’un ange.

Dans sa somptueuse maison du XVIe arrondissement, David McNeil avoue que la mort de son père en 1985 et l’héritage reçu par la suite l’ont fait basculer dans un confort qui lui était jusque là inaccessible. David McNeil a retrouvé étrangement à ce moment-là une foule d’amis. «Ce n’est pas simple de faire la différence entre les faux et les vrais amis, dit-il. De beatnik que j’ai toujours été, je suis devenu un homme riche avec les difficultés que ça représente aussi. J’ai toujours été un vagabond, je crois l’être encore même si j’habite une belle maison.»


UN PÈRE ABSENT
Des dessins et des peintures de Chagall ornent les murs. David McNeil précise que la plupart d’entre eux sont des reproductions, les originaux faisant le tour des musées du monde. Plus que tout, il regrette d’avoir si peu connu son père. Adolescent, pendant les vacances d’été, il se souvient du plaisir qu’il avait de le retrouver pendant que sa belle-mère mettait une grande énergie à les tenir éloignés l’un de l’autre.

Quelques pas dans les pas d’un ange est une véritable ode d’amour pour ce père qui lui a tant manqué. «Je ne l’ai plus beaucoup revu après mon adolescence, dit-il. Au moment de sa mort, en 1985, ma belle-mère avait même engagé des policiers qui gardaient l’entrée de la maison pour que je ne puisse aller le voir une dernière fois.»

«Adulte, je n’ai eu aucun rapport avec lui. C’est dommage. Ma demi-sœur, de 30 ans mon aînée, l’a connu plus que moi. Il était très mystérieux et je me souviens qu’il était aussi sans cesse très occupé. Il était lointain, mais aimant et sentimental avec ses femmes. Mais il ne donnait pas beaucoup de temps à ses enfants. Lorsque ma mère l’a quitté, je n’avais que cinq ans et demi. Par la suite, je suis allé en pension. Les occasions de le rejoindre dans le sud de la France étaient peu nombreuses.»


LA MUSIQUE

David McNeil n’avait donc aucun penchant pour la peinture qui a tant accaparé son père. Et c’est plutôt vers la musique qu’il s’est tourné dès le début des années 1970 pour faire son entrée dans le monde.

Comme chanteur folk, il a réalisé plusieurs disques en anglais avant de devenir un parolier de chansons pour Julien Clerc, Alain Souchon, Yves Montand, Robert Charlebois pour ne nommer que ceux-là. Il vient d’ailleurs d’offrir à Robert Charlebois trois chansons qui devraient se retrouver sur son prochain album.

David McNeil a par ailleurs écrit 7 romans dont le plus récent, Angie ou les 12 Mesures d’un blues, qui raconte l’histoire d’un manager qui rencontre l’Angie de la chanson des Rolling Stones.

«J’y ai repris tous mes souvenirs de tournée et je les ai mélangés à de la pure fiction. Mais ceux qui me connaissent me retrouveront sûrement.

«Présentement, je suis en panne, continue-t-il. Je viens de déchirer et de brûler un manuscrit que je trouvais très mauvais. Écrit trop vite, sans style, il était vraiment épouvantable, ajoute-t-il humblement. Mais j’ai d’autres idées. Je vais m’y remettre.»

David McNeil a écrit autant de romans qu’il a réalisé de disques comme chanteur. Il écrit aussi pour les enfants. Cet exercice le passionne et il s’attend à ce que Confisqué, un magnifique album où il a écrit tous les textes, reçoive un grand prix au prochain Salon du livre pour enfants.


ARTISTE MINEUR

David McNeil le parolier sent souvent sur lui un regard condescendant à chaque publication d’un roman.

«On me considère comme un artiste mineur puisque je fais dans la chanson. Chez Gallimard, je suis pourtant gâté. Je ne passe pas par les comités de lecture. Ça crée sans doute des jalousies. La littérature est un drôle d’univers. C’est tout à fait l’inverse de la chanson. Quand on vend plus de 5000 exemplaires d’un roman, on est considéré comme suspect. En chanson, plus on vend, plus on est respecté!»

Dans un pays où on cloisonne aisément chacune des formes d’art, David McNeil fait preuve de polyvalence et peut-être même d’effronterie.

«Regardez par exemple Gérard Depardieu. Il a fait un album magnifique. Il a une très belle voix, mais on lui a interdit de passer comme ça du cinéma à la chanson. Ça n’a pas marché, les Français n’en ont pas voulu.

«Dans le milieu littéraire, je suis comme une pièce rapportée, et ce, même 15 ans et sept romans plus tard», conclut-il.

Quelques pas dans les pas d’un ange et Angie ou les 12 Mesures d’un blues,
David McNeil, Gallimard.


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MessageSujet: Re: DAVID MC NEIL   Mar 21 Avr - 10:48


Le violoniste bleu Marc Chagall

A l'âge adulte, David McNeil écrira "Quelques pas dans les pas d’un ange" véritable "chanson d’amour" pour son père.

Avec le même tact qu'un autre fils de peintre, Jean Renoir, qui avait opté pour le cinéma, le fils de Chagall a choisi la musique, la chanson, la littérature.

Ses prestigieux interprètes le qualifient à son tour aujourd'hui de maître ! Dans ce livre dense, témoignage inattendu sur le peintre au sourire de faune et sur son entourage, David McNeil fait revivre avec tendresse et humour des souvenirs d'enfance enchantés et parfois douloureux.

Marc Chagall :
http://www.artmony.biz/les-peintres-f87/marc-chagall-t2404.htm#12935



Dernière édition par Nine le Mar 28 Avr - 0:08, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: DAVID MC NEIL   Mar 21 Avr - 11:01

La plume de David McNeil
Le chanteur et auteur publie ses textes



Au temps du Golf Drouot, David McNeil était pensionnaire à Versailles. Sa mère vivait en Belgique, son père, le peintre Chagall, était établi dans le sud de la France. Son correspondant, comme on disait à l’époque, habitait rue Taitbout et, chaque week-end, McNeil rêvait d’entrer au Golf Drouot, de traîner avec la bande du square de la Trinité, avec ces jeunes gens qui avaient fait du IXe arrondissement de Paris la Mecque du rock français. Mais Johnny Hallyday, Jacques Dutronc, Eddy Mitchell et les autres avaient dix-huit ans, “l’âge de conduire des bagnoles. Moi, j’avais quinze ans. A ces âges-là, trois ans de différence, ça fait qu’on ne se parle pas.”

Il n’est donc pas devenu un yéyé, son histoire a été celle d’une autre génération, qui a voulu d’autres ruptures que le droit de se prendre pour des Américains et de porter son peigne dans la poche arrière du jean. Il voulait faire du cinéma mais a fait de son hobby une profession en devenant chanteur. Après quelques tentatives ici ou là, il est entré, en 1973, chez Saravah, qui était alors le laboratoire d’une chanson différente – avec Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Jean-Roger Caussimon, sous la direction bienveillante de Pierre Barouh. On expérimente, on invite le public à monter sur scène pendant les concerts, on partage beaucoup chez Saravah… “Ce n’était pas communautaire, mais il restait quelque chose de mai 68, l’envie de ne pas être pris en mains par le système traditionnel. Ce qui cimentait le tout, c’était une liberté totale par rapport aux producteurs. Je n’ai jamais vu Pierre faire du dirigisme. Il aurait pu avec moi, qui ne savais pas exactement ce que je voulais. Comme on avait un studio, on pouvait se permettre des choses impossibles ailleurs : bosser jour et nuit, refaire vingt fois les chansons... Dans les autres maisons de disques, il y avait des budgets, des musiciens qui ne venaient que pour la séance. Là, on avait tendance à prendre les copains : sur mon premier disque, Jacques Higelin joue de l’accordéon et Jack Treese de la guitare, sur un autre Steve Lacy joue du sax…”

La période la plus généreuse de la belle aventure Saravah va bientôt s’interrompre : Pierre Barouh jette l’éponge en 1977 (avant de relancer son label quelques temps plus tard) et David McNeil passe chez RCA, la maison de disques d’Alain Souchon, Laurent Voulzy, Philippe Chatel ou Gilbert Lafaille. “On avait des budgets. Moi qui vendais très peu, je pouvais demander trente cuivres. Tout le monde prenait des synthés et moi je voulais des vraies cordes : on me les donnait. La liberté était quasiment totale. Puis, ça s’est cassé.”


En 1983, RCA élague brutalement son catalogue français. Evidemment, il est viré : ses ventes ne décollent pas des 12 ou 15000 exemplaires par album… Pourtant, pendant ces cinq ans passés dans la collection "Paroles et musique", qui réunit la plupart des jeunes gens de ce qu’on appelle alors la nouvelle chanson française, McNeil a écrit beaucoup de chansons impressionnantes : Au bar du Styx, La Grande Dame de la chanson française, Les Photos de Doisneau, Roule baba cool, 40 rue Monsieur-le-Prince, Rucksack alpenstock, Boulevard Sébastopol, Wimbledon, Paris Bruxelles, Bye bye Bob Dylan, L’Enfer est dans le sac, Tout le monde peut jouer du rock’n’roll… Elles dessinent un univers plein d’ironie, de fantaisie désenchantée, d’insolence vis-à-vis des icônes de son époque, stars du rock ou du cinéma, figures politiques ou publicitaires…  

Aurait-il pu trouver son salut par la scène ? “Quand on ne passe pas à la radio et qu’on refuse le système de la télévision – se déguiser en petit marin chez les Carpentier –, il faut faire de la scène. C’est ce que Jacques Higelin a fait : dix ans de scène et il s’est fabriqué un public gigantesque, sans télé ni radio. Moi, j’étais malheureux en scène, évidemment mauvais. Alors je n’ai pas pu me faire un public.”

Au bout de dix ans de carrière, il se résigne à ne plus être que parolier. Yves Montand enregistre tout un album de ses chansons, mais n’en assure pas la promotion, puisqu’il est à ce moment-là en pleine aventure politique. Mais survient le succès de Mélissa, chantée par Julien Clerc. Pour la première fois de sa vie, David McNeil peut acheter une voiture neuve… Il va devenir une plume successfull de la chanson française : J’veux du cuir pour Alain Souchon, Latin Lover pour Sacha Distel, Assez assez pour Julien Clerc…


Il enregistre encore un disque. Puis il s’amuse, début 1997, à rassembler ses amis Alain Souchon, Julien Clerc, Laurent Voulzy, Maxime Le Forestier, Robert Charlebois et Renaud pour un concert unique (et enregistré) à l’Olympia. Son plus beau souvenir de scène. Mais il se consacre surtout au roman. Les 12 ou 15000 acheteurs de ses disques sont d’abord devenus 12 ou 15000 lecteurs de ses romans, sortes de chorus abracadabrants menés tambour battant, d’une densité d’écriture phénoménale. Dans le dernier, Tangage et roulis, il décrit une étonnante cure de désintoxication alcoolique dans une clinique de Montréal. Mais on n’est pas très loin de la chanson : le meilleur ami québécois du narrateur est un certain Charlie Wood, chanteur et brasseur de son état. Le masque est transparent…

"A cause de la cigarette, on m’a enlevé un poumon", explique aussi David McNeil. Maladie, convalescence et dépression lui ont pris des années et il caresse maintenant l’idée de reprendre sa carrière de chanteur. “Dix jours à Paris, deux mois en tournée. Avec un groupe qui répèterait aussi d’autres morceaux que mes chansons, pour que je puisse reprendre mon souffle.”

David McNeil ; Baptiste Caraux Hollywood, les hindous… (Christian Pirot Editeur) 2006
David McNeil ; Baptiste Caraux…Et autres histoires beiges (Christian Pirot Editeur) 2006
David McNeil Tangage et roulis (Gallimard) 2006

Bertrand  Dicale
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MessageSujet: Re: DAVID MC NEIL   Mar 21 Avr - 11:15



Le Magicien
Hommage de David Mc Neil à son père, Marc Chagall.


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MessageSujet: Re: DAVID MC NEIL   Ven 13 Juin - 15:24


LE MIRACULÉ




Parolier des stars de la chanson française, le fils de Marc Chagall avait sombré dans les excès. Il revient en force avec un nouveau disque émouvant.


«Un lézard en septembre » est un très bel album qui construit une passerelle élégante entre ritournelles ironiques, confessions désabusées et folk bluesy acoustique. David McNeil, touche-à-tout fantasque, revient directement à la chanson après avoir écrit pour Julien Clerc, Yves Montand, Alain Souchon, Jacques Dutronc, Charlebois et Laurent Voulzy, entre autres.

Paris Match. Pourquoi une si longue absence des studios ?

David McNeil. Cela faisait vingt-trois ans que je n’avais pas enregistré d’album. Quand j’ai sorti le précédent, “Seul dans ton coin”, en 1991, il y a eu un bel accueil de la presse, mais les radios ne m’ont pas joué. Le disque est passé à l’as, et ça m’a blessé.

Vous vous êtes éloigné de la chanson ?

Non, mais je me suis mis à boire – au point de faire un delirium tremens – et je me suis tapé un mois et demi d’hôpital psychiatrique. J’ai dû travailler pour reconnecter mes neurones brûlés par l’alcool. Il faut faire des exercices quand la chirurgie ne marche pas. Plus tard, j’ai perdu un poumon à cause de la cigarette et j’ai dû refaire un entraînement de chanteur d’opéra pour récupérer la capacité de chanter.

“LE BESOIN DE SURVIVRE A BALAYÉ UNE DÉPRESSION QUE JE TRAÎNAIS DEPUIS VINGT ANS”

Un delirium tremens, un cancer, vous êtes indestructible…

Je suis un survivant, d’autant plus que je me suis chopé, il y a deux ans, un cancer de l’œsophage. Le bon côté est que cela m’a balayé une dépression que je traînais depuis vingt ans. Le besoin de me battre pour survivre l’a chassée, persuadé que je serai mort avant 40 ans. Et puis tu arrives à 40 ans, tu te rends compte que tu es encore en vie et qu’il est peut-être temps de ralentir.

Vous avez suivi un chemin artistique très diversifié, cinéma, musique, littérature, comme si, dès que ça commençait à fonctionner, vous vouliez le casser.

Je ne me voyais pas tout le temps faire la même chose ! Alors j’ai fait l’acteur, j’ai mis en scène des courts-métrages, j’ai monté une boîte de production, j’ai fait de la musique.

Et puis, vous êtes devenu immensément riche en héritant de votre père biologique, Marc Chagall.

J’ai récupéré beaucoup d’argent, mais pas les milliards qu’on a dit. Cela m’a porté préjudice, les médias m’ont lâché. Quand j’étais un hippie sans le sou enregistrant chez Saravah, ils me supportaient à 100 %. Après l’héritage, ils m’ont craché dessus. Je pense que c’est un truc qui vient de la Révolution, c’est très français.

Ecrivez-vous toujours pour les autres ?

Oui, à condition de travailler ensemble. Avec Charlebois, c’est lui au piano, dans la même pièce. Comme Laurent Voulzy avec Alain Souchon.

Vous avez d’autres projets ?

J’aimerais monter au théâtre une pièce que j’ai écrite, mais c’est très compliqué. Et, peut-être, repartir en tournée.

« Un lézard en septembre » (Parlophone).

http://www.parismatch.com/Culture/Musique/Le-miracule-569453
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