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 PAUL ELUARD

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Nine
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MessageSujet: PAUL ELUARD   Mar 25 Nov - 1:56

Je t'aime



Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues
Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu
Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas
Je t'aime pour aimer
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd'hui
Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille
Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne
Pour la santé
Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n'es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.

- 1950 -

Ce poème provient du recueil intitulé " Le Phénix "


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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Mar 25 Nov - 21:07

L'amour la poésie


Je te l'ai dit...

Je te l'ai dit pour les nuages
Je te l'ai dit pour l'arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l'oeil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l'ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.

La terre est bleue...

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s'entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d'alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d'indulgence
À la croire toute nue.
Les guêpes fleurissent vert
L'aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.
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Nine
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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Mer 26 Nov - 17:09

Éluard, Paul (1895-1952)
poète français,
l'une des figures majeures du surréalisme.


PAUL ELUARD LE POETE D IMAGES.

Paul Eugène Grindel, dit Paul Éluard, voit le jour à Saint-Denis,
dans la banlieue parisienne. Obligé d'interrompre ses études
pour rétablir une santé gravement menacée par la tuberculose (1912),
il est néanmoins mobilisé en 1914, au tout début de la Première Guerre mondiale :
il devient alors infirmier militaire.

Si les premiers poèmes d'Éluard sont encore influencés par la littérature
de Jules Romains, ils révèlent surtout les sentiments d'horreur et de pitié
qu'ont pu inspirer à un poète désormais en quête de pacifisme
les spectacles quotidiens de la guerre (le Devoir et l'Inquiétude, 1917);
Poèmes pour la paix, 1918).

En 1919, il s'engage sans réserve dans les activités du groupe surréaliste
et sur la voie de l'expérimentation littéraire.
Comme la plupart des autres écrivains surréalistes,
Éluard montre un intérêt très vif pour les arts plastiques,
notamment la photographie et la peinture;
ses recueils sont d'ailleurs souvent illustrés par des artistes appartenant à la
"constellation surréaliste",
auxquels il consacre, en retour, des poèmes (À Pablo Picasso, 1944) ou des essais.

Son adhésion au groupe ne l'empêche cependant jamais d'affirmer
son goût et son respect pour la poésie du passé -
à laquelle il dédie plusieurs anthologies
(Première Anthologie vivante de la poésie du passé, 1951) -,
ni de défendre son esthétique propre,
marquée par une grande clarté et une grande simplicité d'expression,
mais aussi par un classicisme - parfaitement assumé - sur le plan formel.

Très vite, Éluard s'impose au sein du groupe comme le poète de l'amour et des émotions.

Sa relation tourmentée avec Gala,
une jeune Russe rencontrée en 1913 dans un sanatorium suisse
et qu'il épouse en 1916, lui inspire le recueil Capitale de la douleur (1926).

Gala le quittera pour Salvador Dalí en 1930.
C'est au cours d'un voyage autour du monde qu'il fait la rencontre de Maria Benz,
dite Nusch, qui devient sa nouvelle épouse et sa muse :

elle lui inspire certains de ses plus beaux poèmes d'amour
(l'Amour, la poésie, 1929 ; la Vie immédiate, 1932).

La mort brutale de Nusch, en 1946,
le plonge de nouveau dans le désespoir (Le temps déborde, 1947),
puis il se remarie en 1949 avec Dominique (Odette Lemort, 1914-2000),
saluant cette renaissance dans son recueil le Phénix(1951).

Pour Éluard, le poème d'amour n'est ni un exercice de style
ni un simple hommage amoureux;
il est une célébration du rôle intercesseur de la Femme,
cet être qui constitue pour le poète un lien entre le monde et l'univers poétique :
son inspiratrice.

Les femmes muses et les espoirs idéologiques
constituent les deux engagements existentiels et poétiques de Paul Éluard.


Entré au Parti communiste en 1926, avec la plupart des surréalistes,
Paul Éluard en est exclu en 1933.
Il n'en continue pas moins de militer pour une poésie sociale et accessible à tous
(les Yeux fertiles, 1936;Cours naturel,1938; Donner à voir, essai,1939).

Poète résolument engagé, il prend ses distances avec le surréalisme,
rompt avec le mouvement en 1938,
pour revenir définitivement dans les rangs du Parti communiste en 1942.
Choqué par le massacre de Guernica en 1937,
il prend position en faveur de l'Espagne républicaine
("la Victoire de Guernica", Cours naturel, 1938),
puis s'engage dans la Résistance.

Membre d'un réseau clandestin, animateur du Comité national des écrivains (CNE),
il fait de la poésie l'instrument d'un combat contre la barbarie
en publiant plusieurs ouvrages dans la clandestinité.
Tout d'abord Poésie et Vérité (1942), qui comprend le célèbre poème "Liberté",
largué par les avions de la RAF en milliers de tracts sur la France occupée.
On peut aussi citer les Sept Poèmes d'amour en guerre (1943)
et Au rendez-vous allemand (1944).

Après la guerre, il poursuit dans la voie de la poésie politique procommuniste
(Poèmes politiques, 1948).

Dans ces écrits politiques, comme dans les autres recueils poétiques
de cette période (Poésie ininterrompue I, 1946; Corps mémorable,
1947;Poésie ininterrompue II, posthume, 1953),
Éluard continue à utiliser une écriture tout à la fois simple
et empreinte d'éblouissantes métaphores
("La terre est bleue comme une orange")
et à revendiquer une philosophie où se marient humanisme et aspirations révolutionnaires.

référence:"Éluard, Paul," Encyclopédie Microsoft® Encarta® 2002 en ligne http://encarta.msn.fr http://encarta.msn.fr © 1997-2002 Microsoft Corporation.


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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Mer 26 Nov - 17:11

L'amoureuse



Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire

(Capitale de la Douleur) (N.R.F.)


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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Mer 26 Nov - 17:19

La Courbe de tes yeux


GALA ELUARD PAR MAX ERNST 1924

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

- entre Oct. 1924 et aout 1926 -

Ce poème provient du recueil intitulé " Capitale de la douleur "

Le poème "La courbe de tes yeux" est l'avant dernier
du premier recueil de poèmes de Paul Eluard "Capitale de la douleur"
publié en 1926 et dédié à sa muse :

Gala.

"La courbe de tes yeux" est un hymne à la joie d'aimer
et au bonheur amoureux partagé.
Aimer la femme, c'est aimer le monde,
elle est le passage du rien au tout.
Ici tout commence avec le surgissement de la femme aimée.

C'est un poème caractéristique de la poésie Elaurdienne,
dans son essence, une poésie d'amour reflétant un univers féminisé
ou l'amour intègre tout, formes et couleurs, mouvements et structures.
Cet amour ne forme pas seulement la substance du monde,
mais c'est lui qui le construit et le fait exister.


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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Ven 5 Nov - 14:48

La Dame de carreau
Paul Eluard



Tout jeune, j’ai ouvert mes bras à la pureté.
Ce ne fut qu’un battement d’ailes au ciel de mon éternité,
qu’un battement de cœur amoureux qui bat dans les poitrines conquises.
Je ne pouvais plus tomber.
Aimant l’amour.

En vérité, la lumière m’éblouit.
J’en garde assez en moi pour regarder la nuit,
toute la nuit, toutes les nuits.
Toutes les vierges sont différentes.
Je rêve toujours d’une vierge.

A l’école, elle est au banc devant moi, en tablier noir.
Quand elle se retourne pour me demander la solution d’un problème,
l’innocence de ses yeux me confond à un tel point que,
prenant mon trouble en pitié, elle passe ses bras autour de mon cou.
Ailleurs, elle me quitte.
Elle monte sur un bateau.

Nous sommes presque étrangers l’un à l’autre,
mais sa jeunesse est si grande que son baiser ne me surprend point.
Ou bien, quand elle est malade,
c’est sa main que je garde dans les miennes,
jusqu’à en mourir, jusqu’à m’éveiller.
Je cours d’autant plus vite à ses rendez-vous
que j’ai peur de n’avoir pas le temps d’arriver
avant que d’autres pensées me dérobent à moi-même.
Une fois, le monde allait finir
et nous ignorions tout de notre amour.
lents et caressants.

J’ai bien cru, cette nuit-là, que je la ramènerais au jour.
Et c’est toujours le même aveu, la même jeunesse,
les mêmes yeux purs,
le même geste ingénu de ses bras autour de mon cou,
la même caresse, la même révélation.
Mais ce n’est jamais la même femme.

Les cartes ont dit que je la rencontrerai dans la vie,
mais sans la reconnaître.

Aimant l’amour.

(Paul Eluard)
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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Ven 5 Nov - 15:20

LIBERTE


F. LEGER

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunis
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Dur miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ces oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté
(1942)
- Le poème "Liberté" de Paul Eluard fut largué par les avions de la RAF
en milliers de tracts sur la France occupée.




F:Leger

***
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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Ven 5 Nov - 15:25

A PEINE DEFIGURE


Tekkamaki

Adieu tristesse
Bonjour tristesse
Tu es inscrite dans les lignes du plafond
Tu es inscrite dans les yeux que j'aime
Tu n'es pas tout à fait la misère
Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent
Par un sourire
Bonjour tristesse
Amour des corps aimables
Puissance de l'amour
Dont l'amabilité surgit
Comme un monstre sans corps
Tête désappointée
Tristesse beau visage.

(La vie immédiate)(N.R.F.)


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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Ven 5 Nov - 15:30

GALA LA MUSE

Gala Dalí, née Helena Dmitrievna Delouvina Diakonova,
en Russie le 26 août 1894 et morte à Figueras,
Espagne, le 10 juin 1982,
a eu pour époux Paul Éluard,
amant Max Ernst puis s'est finalement mariée avec Salvador Dalí.


"Portrait de ma femme nue regardant son propre corps
se transformer en marches d'escalier, trois vertèbres d'une colonne,
ciel et architecture
S. DALI

la muse d'Eluard, et aussi de Salvador Dali ...

Ce que j’aime dans ton visage c’est l’arrivée
D’une lampe ardente en plein jour.

(Paul Eluard)

Envoyée en 1913 au sanatorium de Clavadel,
en Suisse, pour être soignée contre la tuberculose,
elle y rencontre Paul Éluard.
Son impétuosité, son esprit de décision,
sa grande culture impressionnent le jeune Éluard qui prend avec elle
son premier élan de poésie amoureuse,
un élan qui se prolongera dans tous ses écrits.
Ils se marient à Paris en février 1917.
Une fille, Cécile, naît un an plus tard.

En octobre 1921 Éluard et Gala se rendent à Cologne (Allemagne)
pour rencontrer le peintre Max Ernst.
Elle pose pour lui et devient son amante tout en restant l'épouse d'Éluard.
L'année suivante, Ernst vient s'installer dans la maison des Éluard à Eaubonne (Val d'Oise).
La relation triangulaire n'est nullement cachée.

En 1929, Éluard et Gala rendent visite à un jeune peintre catalan,
Salvador Dalí, chez lui à Figueras.
C'est le coup de foudre réciproque entre Gala et Salvador Dalí.
Ils s'épousent civilement en 1932.
(Une cérémonie religieuse aura lieu vingt-six ans plus tard, en 1958).

Elle devient l'unique modèle féminin et le principal sujet d'inspiration
du peintre qui ne cessera de la magnifier et de la représenter
comme un mythe vivant et une icône moderne.


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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Dim 7 Nov - 0:53

DERNIERS POÈMES D'AMOUR

Dix années de sa vie, les dernières...
Paul Éluard les a consacrées à l’amour, son thème de prédilection ...


La Sirène Marc CHAGALL

Dans mon chagrin, rien n’est en mouvement
J’attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même

Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s’est séparée de ta bouche
Ma bouche s’est séparée du plaisir
Et du sens de l’amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n’avanceront plus, il n’y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos

Il m’est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j’ai crue infinie

Et l’avenir mon seul espoir c’est mon tombeau
Pareil au tien, cerné d’un monde indifférent
J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres.

* * *
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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Dim 7 Nov - 1:03

Au fond du cœur


GALA PAR DALI

Au fond du coeur, au fond de notre coeur,
un beau jour, le beau jour de tes yeux continue
Les champs, l'été, les bois, le fleuve.
Fleuve seul animant l'apparence des cimes.
Notre amour c'est l'amour de la vie, le mépris de la mort.
A même la lumière contredite, souffrante, une flamme perpétuelle.
Dans tes yeux, un seul jour, sans croissance ni fin,
un jour sur terre,
plus clair en pleine terre que les roses mortelles dans les sources de midi.

Au fond de notre coeur, tes yeux dépassent tous les ciels, leur coeur de nuit.
Flèches de joie, ils tuent le temps, ils tuent l'espoir et le regret, ils tuent l'absence.
La vie, seulement la vie, la forme humaine autour de tes yeux clairs.

Paul Eluard



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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Dim 7 Nov - 1:06

Ma morte vivante



Dans mon chagrin, rien n’est en mouvement
J’attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même

Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s’est séparée de ta bouche
Ma bouche s’est séparée du plaisir
Et du sens de l’amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n’avanceront plus, il n’y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos

Il m’est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j’ai crue infinie

Et l’avenir mon seul espoir c’est mon tombeau
Pareil au tien, cerné d’un monde indifférent
J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres.

* * *
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MessageSujet: Re: PAUL ELUARD   Mar 9 Nov - 2:52

Nuits partagées

(extrait)

Je m'obstine à mêler des fictions aux redoutables réalités.

Maisons inhabitées, je vous ai peuplées de femmes exceptionnelles,
ni grasses, ni maigres, ni blondes, ni brunes, ni folles, ni sages, peu importe,
de femmes plus séduisantes que possibles, par un détail.

Objets inutiles, même la sottise qui procéda à votre fabrication
me fut une source d'enchantements.
Etres indifférents, je vous ai souvent écoutés,
comme on écoute le bruit des vagues et le bruit des machines d'un bateau,
en attendant délicieusement le mal de mer.

J'ai pris l'habitude des images les plus inhabituelles.
Je les ai vues où elles n'étaient pas.
Je les ai mécanisées comme mes levers et mes couchers.
Les places, comme des bulles de savon, ont été soumises au gonflement de mes joues, l
es rues à mes pieds l'un devant l'autre et l'autre passe devant l'un,
devant deux et fait le total,
les femmes ne se déplaçaient plus que couchées, leur corsage ouvert représentant le soleil.
La raison, la tête haute, son carcan d'indifférence, lanterne à tête de fourmi, l
a raison, pauvre mât de fortune pour un homme affolé, le mât de fortune du bateau...
voir plus haut.

Pour me trouver des raisons de vivre,
j'ai tenté de détruire mes raisons de t'aimer. Pour me trouver des raisons de t'aimer,
j'ai mal vécu.


Paul Eluard, La Vie immédiate
(1932)
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