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 LES VOIX LYRIQUES : MARIA CALLAS

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liliane
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MessageSujet: LES VOIX LYRIQUES : MARIA CALLAS   Lun 24 Nov - 13:24

MARIA CALLAS


BIOGRAPHIE


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Hiver 1923 : New York

C’est l’histoire d’une métamorphose. Celle du vilain petit canard devenu cygne… Ou encore comment Cecilia Sophia Anna Maria Kalogeropoulos, mal-aimée de sa mère et pâtissant d’un physique disgracieux – elle est boulotte et myope –, s’est transformée en Maria Callas. En « la Callas ». Car celle qui sera la diva par excellence n’a pas seulement conquis une absolue perfection vocale, elle a aussi conquis son visage, sa silhouette, son élégance et sa beauté, pour incarner la créature de rêve : toutes conquêtes obtenues au prix d’un travail acharné.

Née le 2 décembre 1923, à New York, la petite grandit au milieu de la colonie d’immigrés grecs installée à Long Island, entre une mère, Evangelia, peu disposée à l’aimer – elle désirait tant un garçon après le décès de son fils Vassilios survenu peu avant en Grèce –, un père, Yorgos, trop volage pour être présent au logis familial, et une grande sœur, Cynthia – Jackie, pour faire américain – qui a tout : elle est jolie, son père l’adore, sa mère en est fière, elle joue du piano, on lui trouve des robes pimpantes. Maria, elle, aucune robe ne lui va. Et les verres épais qu’elle porte la font bien souvent traiter de « gros serpent à lunettes ».
Mais heureusement il y a la radio : Maria ne décolle pas du poste et répète du matin au soir les chansons à la mode, avec une voix et une assurance qui impressionnent le voisinage. À tel point que sa mère, un jour, se dit qu’il y a peut-être quelque chose à tirer de sa fille. Voilà le prétexte qu’elle cherchait pour retourner au pays : officiellement c’est pour que Maria puisse y suivre des cours de chant à la hauteur de son talent naissant, en fait c’est pour se séparer d’un mari qu’elle ne supporte plus.

Au printemps 1937, Evangelia Kalogeropoulos et sa fille Maria débarquent ainsi du Saturnia dans le port de Patras, peu après Jackie qui les a précédées. Maria découvre non seulement la Grèce et sa famille, mais surtout ce qu’est vraiment le chant. Au Conservatoire d’Athènes, elle fait en effet la première rencontre qui va bouleverser sa vie, celle de la grande Elvira de Hidalgo : celle-ci entend Maria, pressent le diamant sous la gangue, et décide de la faire travailler, gratuitement s’il le faut, car elle a compris qu’il y a dans ce corps bouffi une voix et un tempérament exceptionnels.

















1941 : Premier succès à Athènes

Et à 18 ans, en 1941, profitant de la maladie de celle qui devait chanter ce soir-là, Maria Kalogeropoulos connaît ainsi son premier triomphe sur la scène de l’Opéra d’Athènes, dans un rôle qu’elle marquera à jamais, celui de la Tosca de Puccini. Mais, quand elle chante le célèbre air de Floria Tosca au deuxième acte, « Vissi d’arte, vissi d’amore » (« J’ai vécu d’art, j’ai vécu d’amour »), elle ne se doute pas encore qu’elle résume là ce qui sera toute sa vie… Car elle va très vite imposer non seulement sa voix mais ce magnétisme irrésistible qui lui permettra de transfigurer ses rôles et de transcender même cette voix qui, assurément, n’est pas la plus « belle » du monde – mais se révélera la plus émouvante, la plus bouleversante même, par sa puissance dramatique inégalée.
En même temps, elle va imposer sa personnalité hors du commun, prendre sa revanche de petite fille complexée pour devenir une reine qui met le monde à ses pieds. Bien sûr, il y aura des étapes à cette ascension, mais la volonté est inscrite dans les fibres de la jeune Maria Kalogeropoulos. Et à 18 ans, ce soir du 4 juillet 1941, quand elle salue ce public qui, du fait de sa myopie, ne lui apparaît que comme une masse floue, elle sait au fond d’elle-même qu’elle deviendra Maria Callas. Ses premiers succès à Athènes lui ont donné confiance. Mais elle rêve bientôt d’une gloire internationale. Sa chère Elvira de Hidalgo lui assure que c’est en Italie qu’on peut briller avec une voix et un répertoire comme le sien. Pourtant, comme son père, vingt-deux ans plus tôt, Maria, en août 1945, embarque au Pirée sur le Stockholm : destination New York.
Première surprise à son arrivée : au pied de la passerelle, un homme l’attend, Yorgos Kalogeropoulos. Ou plutôt Georges Callas : Yorgos a troqué son nom pour ce patronyme plus accessible aux oreilles américaines. Maria est heureuse de retrouver ce père qu’elle n’a guère connu mais pourtant aimé – et qui lui assure le gîte et le couvert pour lesquels les cent dollars qu’elle avait en poche, en débarquant, eussent été bien maigres.
La seconde surprise s’avère plus rude : après les ­retrouvailles, Maria se présente devant les ­impresarios et autres directeurs de théâtre. Mais sa jeune gloire athénienne n’a pas franchi l’Atlantique et, audition après audition, Maria ne ­décroche malheureusement aucun engagement. Les mois passent, le découragement gagne – jusqu’à ce qu’un ami italien la présente au directeur artistique des Arènes de Vérone, Giovanni Zenatello. Le vieil homme en a entendu des chanteuses ! Il accepte pourtant d’auditionner Maria, pour complaire à son ami – et c’est un choc : Giovanni Zenatello sent qu’il est en train d’entendre une grande voix de demain. Il l’engage sur le champ pour interpréter le rôle-titre de La Gioconda de Ponchielli, à Vérone !
Eté 1947 : l’Italie, rien que l’Italie

L’Italie !… » lui avait bien dit Elvira de Hidalgo : elle avait raison. Le 13 juin 1947, c’est sur le Russia que Maria Callas – elle a alors définitivement opté pour ce nom – quitte le port de New York : destination la Gloire ! Vérone va être en effet un formidable tremplin pour sa carrière et pour sa vie. Parce qu’elle y fait deux rencontres essentielles. Pour sa carrière, c’est celle du chef d’orchestre Tullio Serafin, l’une des plus grandes baguettes du monde lyrique. Lui aussi est ébloui par la voix et le tempérament de Maria : il sera son Pygmalion. Pour sa vie, l’autre rencontre a lieu le 30 juin au restaurant Pedavena, face aux Arènes, où dîne la troupe à l’issue de la première répétition. Alors qu’on en est aux antipasti, entre un homme d’une cinquantaine d’années, un peu bedonnant : c’est un riche notable, grand amateur d’opéra, que tous les ­chanteurs connaissent bien. On le hèle, on lui propose de s’asseoir à la table : il s’installe alors face à cette jeune Américaine qui doit chanter le rôle de la Gioconda aux Arènes. Et il se présente à elle : Giovanni Battista Meneghini.

Elle est grosse, complexée, mais elle a un talent dont on chuchote déjà qu’il rayonne. Il est gros, solitaire, mais il est riche – grâce à la briqueterie familiale dont il a su faire fructifier les bénéfices. Ils se parlent, ils s’entendent, ils se regardent. Bientôt Battista propose une excursion à Venise, Maria refuse, il insiste, elle accepte. Et elle revient de Venise émerveillée par la ville, éblouie par les belles paroles de Meneghini, conquise aussi et même attendrie par la gentillesse de Battista, qui deviendra vite « Tita » : un baiser clôt l’excursion. Meneghini devient l’ami, l’amant, le protecteur et bientôt l’agent exclusif de Maria. Curieuse rencontre en fait, basée d’emblée sur un double lien financier et amoureux : quelques jours après l’excursion de Venise et ce qui s’en est suivi, Meneghini propose à la jeune femme la prise en charge totale de ses frais pour une durée de six mois. Après quoi, dit-il, ils feront le bilan. On n’est pas plus romantique…





AIDA (VERDI)
Hiver 1947 : triomphe à la Fenice

Ce sont pourtant ces deux hommes, Tullio Serafin et Giovanni Battista Meneghini qui vont modeler Maria Callas. Car à La Gioconda véronaise succèdent d’autres rôles, Isolde de Wagner qui la voit triompher en décembre 1947 à la Fenice de Venise où elle fait ainsi ses débuts, puis c’est Turandot, Leonora dans La Force du Destin, Aïda… Alors qu’elle n’a que 24 ans, le nom de Maria Callas commence à se répandre chez les amateurs et les cachets grimpent aussi vite que la renommée : Meneghini y veille ! Ce cher Tita que, dès qu’ils sont séparés, Maria abreuve de lettres au sentimentalisme confondant, ne parlant guère de son travail mais enfilant des « À toi jusqu’à la folie », « Je t’adore tellement », « Je te désire infiniment »…
Toujours est-il que Maria devient Callas. Bien sûr sa silhouette est encore trop lourde mais sa voix attire pourtant déjà les foules… et les directeurs d’opéra. C’est ainsi que Francesco Siciliani l’engage à Florence pour une œuvre dont il pressent qu’elle en sera l’incarnation idéale, Norma de Bellini. Maria travaille avec passion et quand elle lance le fameux « Casta Diva » qui ouvre ce rôle mythique, elle inaugure une nouvelle ère de l’histoire du chant. Quatre-vingt-neuf fois elle endossera le costume de la prêtresse déchirée entre son amour et son devoir et chaque fois, comme ce 30 novembre 1948, la représentation s’achèvera par un tonnerre d’applaudissements.

Mais l’Italie est devenue trop étroite. Le monde réclame celle qu’on commence à appeler « La Callas ». Maria savoure cette gloire qui a pour elle comme un goût de revanche. Elle est ­heureuse en tant qu’artiste, elle est heureuse avec son Tita – mais elle veut alors qu’il l’épouse. Pourtant les familles renâclent, les obstacles se dressent : Meneghini est catholique, Maria orthodoxe, il faut une dispense du Vatican ! Maria doit s’embarquer le 21 avril pour Buenos Aires où elle va faire ses débuts au fameux théâtre Cólon – mais elle exige d’être mariée avant.
Printemps 1949 : le « oui » à Meneghini

La famille Meneghini sabote les formalités. Ce n’est qu’à midi, ce 21 avril 1949, que la dispense arrive enfin. À 16 heures, les époux sont unis à l’église des Filippini de Vérone – dans la sacristie parce que le curé, au dernier moment, a refusé de marier dans son église deux individus de confession différente ! Il ne reste plus à Battista qu’à conduire sa femme à Gênes et, à minuit, madame Meneghini envoie un baiser à son mari depuis le pont arrière de l’Argentina, qui met le cap sur Buenos Aires… À la capitale de l’Argentine succéderont Mexico et Rio de Janeiro, São Paulo mais aussi Rome, Florence, Londres – et la Scala de Milan enfin en 1951, dont le directeur, Ghiringelli, un ami et admirateur de la Tebaldi, lui a longtemps refusé l’entrée avant de céder, sous la pression du public qui réclame « la Callas ». De 1948 à 1952, ce ne sont pas moins de cent soixante-treize représentations que va donner Maria, faisant alterner quelque dix-huit rôles ! Et elle n’a pas 30 ans !

Au milieu de ce tourbillon, Maria fait une autre rencontre, celle de Luchino Visconti. Fasciné par sa voix autant que par son sens du geste, le cinéaste n’a qu’un désir : la mettre en scène. Ce qu’il fait en 1950 avec ce qui apparaît comme un contre-emploi, un rôle comique, celui de Fiorilla du Turc en Italie de Rossini, à l’Opéra de Rome. Le succès est très vif. La rencontre a été passionnante pour Maria, tant sur le plan professionnel qu’au niveau humain. Elle se prolongera avec quelques-uns des plus grands spectacles d’opéra de l’Histoire, La Vestale, La Somnambule, Anna Bolena, Iphigénie en Tauride – et surtout, en mai 1955 à la Scala de Milan, une Traviata demeurée légendaire où, sous la férule de Visconti et du chef Carlo Maria Giulini, Maria Callas incarne l’héroïne de Verdi avec une passion déchirante qui bouleverse jusqu’au fond de l’âme tous ceux qui y assistent. Des photos en témoignent. Et un enregistrement. Pourtant ils n’offrent que le reflet de ce qui a été assurément un de ces événements qui brûlent l’instant pour se graver dans l’épaisseur du temps.


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MessageSujet: LES VOIX LYRIQUES : MARIA CALLAS   Lun 24 Nov - 16:22

MARIA CALLAS

BIOGRAPHIE (Suite)







Mai 1955 : la Traviata du siècle
Mais ces moments où le génie conjoint de Visconti et de Callas s’est uni pour atteindre les sommets ont bénéficié de surcroît d’une révolution dans la vie de Maria, celle de sa nouvelle silhouette. En quelques mois, par un régime qui demeure encore aujourd’hui mystérieux et qui a donné lieu à de nombreuses hypothèses (on a dit par exemple qu’elle aurait développé un ténia !), Maria passe du quintal de ses débuts à un petit cinquante-cinq kilos que souligne son port de reine. Sa beauté resplendit. Les plus grands couturiers l’assiègent pour avoir l’honneur de l’habiller, ses garde-robes débordent, on cite ses trois cents paires de chaussures. La Callas est devenue une star au moins autant qu’une des plus grands artistes de son temps. Elle peut tout exiger dans tous les théâtres du monde. Et elle ne s’en prive pas ! Mais elle ne peut tout exiger de la vie. Elle ne peut empêcher d’être entourée de passions, de ragots, de scandales, d’escrocs qui s’affairent à lui extorquer de l’argent, de faux amis qui profitent d’elle, d’une mère qui ne l’a jamais aimée mais essaie à présent de lui soutirer le maximum. Et elle ne peut non plus hisser sa vie privée à la hauteur de ses désirs. Car si Maria est au sommet de sa gloire, ce qui fait de chacune de ses apparitions un feu d’artifice, cette gloire ne lui donne pas l’amour. Si elle est belle, d’une beauté rayonnante, altière, que Luchino Visconti a su si bien utiliser dans cette Traviata historique de 1955, et si Maria s’est montrée docile, souple sous la férule du génial metteur en scène, c’est qu’elle s’est avouée qu’elle était amoureuse de lui. Mais Luchino est homosexuel : Maria a ravalé ses mots d’amour. Bien sûr il y a Tita, son mari, le gentil et efficace Giovanni Battista Meneghini, mais il est plus un protecteur, un agent, voire un père, qu’un mari ou un amant. Il a près de trente ans de plus qu’elle, une bedaine un peu molle et rien d’un séducteur. Il la rassure sans doute – mais l’amour…
Maria est mûre pour une autre rencontre. Alors en cet automne 1957, Maria Callas va au bal. À Venise. Un bal en son honneur imaginé par Elsa Maxwell, la terrible échotière new-yorkaise qui, après avoir pris fait et cause pour la Tebaldi, a changé de camp et s’est entichée de Maria. Devenues amies, les deux femmes se promènent dans Venise, potinent avec Henry Fonda, s’amusent à écouter les blagues d’Arthur Rubinstein, vont déguster des pâtes vertes au Harry’s Bar. Un soir, Elsa se met au piano et Maria chante devant quelques amis Stormy Weather ! Et puis, lors de ce fameux bal, on présente à Maria un petit bonhomme trapu, le cheveu noir, de grosses lunettes d’écaille encadrant son regard aigu, et un sourire terriblement enjôleur. Il lui baise la main, la complimente, ils échangent quelques mots – en anglais d’abord puis, et cela procure à Maria une étrange sensation, en grec. Il s’appelle Aristote Onassis. Son yacht, le Christina, est ancré dans la lagune. Il présente à Maria son épouse, Tina, une belle femme qui lui a donné deux enfants, Alexandre et Christina. Minuit venu, on s’embrasse et on promet de se revoir, comme à la fin de toute soirée mondaine. Déjà il est temps de quitter Venise. La Scala attend Maria pour un autre bal, Un ballo in maschera, l’opéra de Verdi. Elle y retrouve un de ses partenaires favoris, Giuseppe Di Stefano et elle triomphe une nouvelle fois devant le public milanais.
Janvier 1958 : Scandale à Rome
Mais quelques semaines plus tard, ce sont des cris de haine qu’elle déchaîne à Rome, le 2 janvier 1958, quand, épuisée, elle doit déclarer forfait à l’issue du premier acte de Norma, alors que le président de la République est dans la salle ! Le scandale est terrible. La préfecture de Rome interdit même à Maria Callas l’entrée de l’Opéra sous prétexte qu’elle aurait déshonoré le chef de l’Etat et donc la nation tout entière ! Pourtant dès le 31 mai, à la Scala, elle est applaudie pendant une demi-heure…
Mais alors, Callas et Onassis ? Ils vont se revoir, ces deux Grecs exilés devenus chacun roi dans son monde, à Venise encore une fois, au printemps 1959, chez la comtesse Castelbarco. Bien sûr Maria est, comme toujours, flanquée de son mari, et Onassis de son épouse, mais cela ne semble pas gêner l’armateur pour manifester son intérêt à la diva en la couvrant d’un œil gourmand. Tita meuble la conversation avec Tina. Aristote et Maria font mieux connaissance de leur côté. Lui raconte-t-il ses débuts quand, gamin, il vendait des raisins dans les rues de Smyrne, puis des cigarettes dans le port de Buenos Aires avant de tenter le banco, d’abord avec une petite société d’import-export, puis en achetant un pétrolier, le premier de ce qui deviendra la flotte marchande la plus importante du monde ? Evoque-t-elle pour lui son enfance à Brooklyn de grosse fillette mal fagotée et aux énormes lunettes de myope, son premier radio-crochet, et puis ses débuts triomphaux, il y a dix ans, aux Arènes de Vérone ? Finalement il l’invite pour une croisière à bord du Christina – avec Battista bien sûr ! Mais Maria est attendue au Covent Garden de Londres. Qu’à cela ne tienne, Onassis, d’abord surpris qu’on ne défère pas sur le champ à ses désirs, va l’y suivre, en famille toujours. Il loue une dizaine de places pour la première de Médée le 17 juin, et organise un grand souper au Dorchester en l’honneur de Maria, à l’issue du spectacle. La photo prise à l’entrée du Dorchester est d’ailleurs étonnante : enveloppée dans sa fourrure, Callas est enlacée par Meneghini et Onassis à la fois, la main de l’Italien refermée sur celle du Grec ! Le souper est brillantissime, le caviar et le champagne affluent, l’hôtel est tout entier ­décoré de milliers de roses rouges. Et Onassis fait montre d’un brio étourdissant, ­enchaînant facéties et fausses confidences, évoquant pour Maria cet empire qui est le sien, mais avec un chic qui éblouit la jeune femme dont le cœur semble battre pour la première fois avec une telle intensité. Quand, à 3 heures du matin, chacun rentre chez soi, Tina a l’œil sombre et Tita l’air abattu. Mais nul ne dit rien. Et les Meneghini acceptent l’invitation des Onassis pour cette croisière sur le Christina, en juillet. « Il y aura Winston Churchill et les Agnelli » lance Onassis – et puis, comme pour faire monter les enchères : « Greta Garbo nous rejoindra en route ». Une distribution ­hollywoodienne !







Eté 1959 : à bord du Christina
Le 22 juillet, tout le monde se retrouve à Monte-Carlo, où est ancré l’imposant yacht. Rainier vient assister à l’appareillage, flanqué de Grace – Hollywood encore ! La croisière va durer dix-sept jours sur ce palace flottant de cent mètres de long, jaugeant 1 744 tonneaux, avec cinq ponts, des cabines immenses, meublées précieusement, des salles de bain aux robinets en or, des tableaux de maîtres aux murs, la reproduction d’une fresque antique au fond de la piscine, un bloc opératoire et un équipage de trente marins ! Hollywood toujours ! Le décor est un peu tape-à-l’œil ? Sans doute mais il a un goût de revanche pour le petit Smyrniote qui s’est « fait » tout seul en partant des arrière-salles de ­Buenos Aires pour aujourd’hui écraser de ses dollars ceux qui le regardaient avec condescendance à ses débuts et pour pouvoir se mesurer aux Niarchos et autre Livanos, ses rivaux de toujours. Maria, elle aussi, a commencé difficilement et c’est sans doute ce sentiment d’avoir dû, chacun, forcer le Destin qui les rapproche instinctivement. À peine le Christina a-t-il levé l’ancre que le drame se noue. Tina a compris que son ogre de mari veut Callas – veut, à tous les sens du mot, « se payer » Callas. Ce n’est pas la première fois que son énorme appétit sexuel lui fait jeter son dévolu sur une fille : elle en a vu défiler, pour une nuit ou quelques semaines tout au plus. Mais là, Tina est inquiète : Maria Callas ne peut pas être une passade qu’on remercie d’un bracelet en diamants. Tita, lui aussi, est inquiet : il sent que Maria lui échappe, Maria, sa chose, qu’il a fabriquée, qu’il a menée, qu’il a encadrée – et qui lui « rapporte » ! Et le voici soudain écarté – par la langue d’abord : à bord, les conversations se font en anglais, en français ou en grec, et lui ne comprend que l’italien. Ecarté par le style de vie aussi : les convives passent leur temps à demi nu au bord de la piscine ou, le soir, à danser après les dîners somptueux, arrosés de bouteilles fines ; il désapprouve et, de toute façon, il ne peut pas suivre. Maria, elle, s’amuse comme une folle, s’exhibe avec des tenues qu’il juge insensées, s’affuble un jour, lors d’une escale à Portofino, d’une perruque rouge vif, les lèvres peintes en violet . Maria a le sentiment que son amour est sanctifié. La nuit même, à l’heure du coucher, elle ne rejoint pas Meneghini dans sa cabine. Le 8 août, on arrive en rade d’Istanbul. Le soleil brûle. Ceux qui sont encore « les Meneghini » débarquent là mais ils ne se disent plus rien. Ils s’envolent pour Milan puis gagnent leur villa de Sirmione, au bord du lac de Garde. Meneghini est brisé, Maria n’ose rien dire ni faire aucun geste, elle est comme en attente. Et le 17 août, Onassis arrive dans une grande voiture sombre. Battista balbutie un peu mais il n’a plus la force de ­protester. Une heure après, il est seul dans sa grande maison vide, regardant filer sur le bord du lac la voiture qui emporte sa femme.
Septembre 1959 : une femme naît
La vie de Callas va alors changer brutalement. Bien sûr, début septembre, elle retrouve le chef Tullio Serafin à Milan pour enregistrer La Gioconda. Mais le 3 septembre, ce qui n’était encore qu’une affaire privée, à peine une rumeur, éclate à la une des journaux : Callas et Onassis ont été vus, dansant, amoureusement enlacés, au Rendez-Vous, le club à la mode de Milan et, à trois heures du matin, ils sont rentrés ensemble à l’hôtel Principe e Savoia. Le 8 septembre, Maria officialise sa séparation d’avec Meneghini par un communiqué de presse. Et elle continue de flotter dans un bonheur qui éclaire son visage. Sans doute prête-t-elle moins d’attention à sa carrière – mais elle se sent, se vit d’abord en tant que femme. Et cette femme est heureuse, comblée sexuellement, éblouie par la prodigalité d’Ari, enivrée par son brio, elle qui était habituée depuis plus de dix ans à partager la vie d’un petit retraité provincial qui se comportait moitié en père moitié en maître d’école, ne la laissant vivre avec éclat que sur les scènes de théâtre, à travers des personnalités d’emprunt.
Mais si Maria est heureuse, la Callas s’oublie un peu. Les soirées mondaines se succèdent et puis les nuits dans les dancings. Elle réduit son temps de travail, annule une interview à Bilbao, une émission de télévision à Londres, un concert à Berlin. Au cours de cette année 1959, elle ne donne qu’une dizaine de représentations. Le 14 novem­bre, le divorce avec Meneghini est prononcé : elle ­obtient la villa de Sirmione et la moitié des ­tableaux et des meubles, elle conserve la maison de la via Buonarroti à Milan et les bijoux offerts par Battista. Onassis fait de même avec Tina l’année suivante. Les deux amants peuvent s’afficher en toute liberté. Et Maria peut croire qu’Ari va l’épouser. Mais Ari n’est pas aussi pressé, il veut attendre que ses enfants aient un peu grandi. De toute façon, ils sont heureux. Bien sûr, lui doit régulièrement sauter dans un avion pour aller ­régler quelque affaire à l’autre bout du monde et Maria se retrouve souvent seule, sur le Christina ou ailleurs, durant cette année 1960 – où elle ne donne en tout et pour tout que sept représentations. Mais il sait être là au bon moment, le 7 décembre par exemple, pour la première de Poliuto de Donizetti à la Scala, à ­l’issue de laquelle il donne un souper somptueux, recréant la magie de Londres. Les éclats dans les yeux de Maria alors ! Mais déjà Ari est reparti. Et Maria l’attend à nouveau, suspendue en fait à ce simple désir de femme, celui d’être aimée, celui d’être serrée dans les bras de l’homme qu’elle aime. Elle s’est installée à Paris, avenue Foch, pour être sur le trajet d’Ari, entre Londres et Monte-Carlo, où il partage ses bureaux. Et Callas renonce peu à peu à l’opéra : « Je n’ai plus envie de chanter, avoue-t-elle dans une interview. Je veux vivre, vivre, comme n’importe quelle femme ». Elle a 37 ans. En 1961, elle ne donne plus que cinq représentations, en 1962 deux, en 1963 aucune… Mais quand Ari est là, qu’importe – même si leurs relations connaissent parfois des tensions, avec, à la clé, quelques disputes retentissantes, moitié en anglais, moitié en grec.
Mais, durant ce temps où elle ne fait que l’attendre, ses amis font des projets pour elle. Michel Glotz, par exemple, son agent, lui fait rencontrer Janine Reiss, le plus grand professeur de rôle du monde lyrique, afin qu’elle puisse revisiter l’opéra français : cela donne deux magnifiques disques et une amitié indéfectible avec la Française. Dans la foulée, elle va enregistrer une Carmen mémorable sous la direction d’un chef qu’elle aime particulièrement, Georges Prêtre.










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MessageSujet: Re: LES VOIX LYRIQUES : MARIA CALLAS   Lun 24 Nov - 16:30

MARIA CALLAS

BIOGRAPHIE (Suite et fin)




Eté 1965 : l’adieu à l’opéra
Viennent le printemps 1963 et une nouvelle croisière sur le Christina. À bord, les Grimaldi, Rainier et Grace, mais aussi la princesse Lee Radziwill, la sœur de Jackie Kennedy. Ari a beau acheter au passage l’île de Skorpios pour, explique-t-il à Maria, en faire leur nid d’amour, celle-ci a du vague à l’âme : il ne peut en effet s’empêcher de séduire et, sur le Christina, elle le trouve bien empressé auprès de la belle princesse. Pis, par l’intermédiaire de Lee, il lance une invitation à bord de son yacht à… Jackie Kennedy. Maria comprend qu’Ari est avant tout fasciné par l’image, le brillant et le pouvoir : « Tu n’es qu’un parvenu ! » lui jette-t-elle. « Et toi une ­calamité publique ! » réplique-t-il. Ambiance. Finalement, Maria refuse de participer à la croisière avec Jackie Kennedy. Elle reste à Paris et elle travaille. Quelques semaines plus tard, des magazines montrent Ari et Jackie se promenant dans les ruines d’Ephèse. Mais à l’automne, Ari vient implorer le pardon de Maria… et l’obtient sans peine. La Callas va alors jeter ses derniers feux, à Londres dans une Tosca mise en scène par Zeffirelli, à Paris avec ce dernier rôle ainsi qu’avec Norma, et à Londres à nouveau pour une ultime Tosca, le 5 juillet 1965. Le rideau tombe. Maria Callas, à 41 ans, fait ses adieux à l’opéra.
Automne 1968 : le mariage destructeur
Quelques mois après, elle achète l’appartement de l’avenue Georges-Mandel à Paris où elle va attendre les escales qu’Ari veut bien lui accorder entre deux croisières, deux affaires et deux aventures. Mais c’est le sol qui se dérobe sous ses pieds quand, le 17 octobre 1968, elle apprend par un communiqué de presse, qu’Aristote Onassis et Jackie Kennedy se marient dans trois jours, dans cette île de Skorpios qu’Ari lui avait promise… Pourtant, deux ans plus tard, ce dernier reviendra au domicile parisien de la diva, pour une nuit, puis quelques autres encore volées à la morale. Moins prudentes, des photos de soirées dans quelques clubs parisiens se retrouveront à la une des journaux new-yorkais… et feront accourir Jackie à Paris pour récupérer son bien ! Néanmoins, de temps à autre, Bruna et Ferrucio, les fidèles serviteurs de Maria, feront entrer discrètement, la nuit venue, l’homme aux grosses lunettes… Car Onassis a très vite réalisé que son mariage avec Jackie Kennedy est une impasse. Et puis ses affaires vont moins bien, sa fille Christina s’enferre dans des aventures amoureuses peu reluisantes, son fils Alexandre meurt dans un accident d’avion : tout se défait. Maria est là, elle est toujours là pour lui, elle n’aura aimé que lui.
Printemps 1975 : la mort d’Onassis
Mais tout est trop tard pour elle : trop tard la dernière tournée mondiale de récitals avec le cher Giuseppe Di Stefano, le partenaire autant que le tendre ami des derniers jours, trop tard les projets de films, de spectacles, d’enregistrements, trop tard parce que Maria n’a plus d’énergie, n’a plus de voix, n’a plus d’amour. Georges, son père, s’en est allé ; Ari, qu’elle n’a cessé d’aimer malgré les avanies, meurt à l’Hôpital américain de Neuilly en 1975 – et Maria n’est même pas autorisée à se présenter dans sa chambre ; Visconti, l’amour impossible, décède en 1976. Elle est désormais seule, « sola, perduta e abbandonata » comme elle l’a chanté avec ce si brûlant désespoir dans la Manon Lescaut de Puccini. Et un matin de fin d’été, le 16 septembre 1977, elle est saisie par un vertige, elle se dirige vers la salle de bains – mais s’effondre avant de l’atteindre. À 53 ans. Quelques semaines plus tard, ses cendres seront dispersées dans cette mer Egée où tout s’est noué, cette mer qui fut celle d’Ulysse. Et d’Onassis
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Par Alain Duault | CLASSICA | ARCHIVES CLASSICA | 11 juillet 2008
http://www.qobuz.com/info/spip.php?page=article&id_article=12602&id_forum=478


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MessageSujet: Re: LES VOIX LYRIQUES : MARIA CALLAS   Lun 24 Nov - 18:42

CALLAS, CANTATRICE...


Cette voix reconnaissable entre mille. Une voix triple, avec un aigu, un médium et un grave. Cette voix et ses brisures, ces "passages" d'une voix à une autre que ses détracteurs mesquins feront passer pour des imperfections mais qui, tout au contraire, apparaissent comme l'expression d'une puissance dramatique incroyable, bien au-delà de la simple technique. Cette voix rebelle et indomptable dont elle s'efforcera de sculpter les "imperfections".

Du registre mezzo à celui d'une soprano “colorature”, des rôles dramatiques et lyriques à ceux plus légers, Maria Callas se confronte à tous les registres. Car il s'agit bien de confrontation. Une soif infinie de connaissance qui la pousse à sans cesse repousser ses limites. Cultivant son goût de la performance, elle enchaîne les arabesques vocales. Dans l'adversité d'une rigueur exemplaire, Maria devient peu à peu Callas et prend conscience de son intime volonté de devenir une prima donna assoluta.
La Wally


…ET TRAGEDIENNE

A cette voix, Maria Callas associe un instinct artistique hors du commun. Une volonté de comprendre le sens de ses personnages, de leur donner vie pour les incarner au mieux. Timide à la vie, elle se révèle une tragédienne-née à la scène. La plus grande depuis Eleonora Duse, la Sarah Bernhardt italienne, selon Luchino Visconti. A travers l’opéra, Maria Callas traverse les sentiments les plus absolus. Autant de chimères dont elle se délecte de livret en livret. Le personnage d'opéra, fait de chair et de sang, est pour elle un véritable support d'émotions sur lesquels elle s'appuie pour magnifier plus encore la force de la musique et du chant. Maria Callas "pense" le rôle pour mieux le sublimer. Callas est tour à tour Tosca, Violetta, Norma, Lucia ou Médée. On parle alors de la Callas aux cinq visages de gloire. Elle est amour, passion, trahison, vengeance. Plus qu'une interprétation, elle puise au plus profond de son être des émotions rêvées et confère à ses personnages une étonnante force vitale.
Le 21 janvier 1941, à 17 ans, elle fait ses débuts dans Boccace, de Franz Suppé. Elle retourne aux USA en 1944 retrouver son père. Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'elle rencontre le chef d'orchestre italien Tullio Serafin, qui lui offre La Gioconda, aux arènes de Vérone en 1947, elle se révèle aux yeux du public en investissant une troublante Gioconda (de Ponchielli). C'est lui qui fera de Maria la Callas. Trois ans plus tard, dans ‘Le Turc en Italie’ de Rossini, aux côtés de l'indocile Luchino Visconti, Maria Callas connaît sa plus grande rencontre artistique et humaine. Un mélange d'admiration et de contemplation réciproque qui aboutira, en 1955, à une des 'Traviata' les plus époustouflantes jamais offertes au public de la Scala. La Callas y transcende le rôle de Violetta, l'animant d'une détresse et d'une audace indescriptibles. Presque effrayante. Symbole de cette volonté, Maria Callas ira jusqu'à vaincre son corps, en perdant près de vingt kilos, pour devenir une femme d'une très grande beauté, sorte d'ultime combat qui parachève son triomphe. Callas se dessine ainsi une personnalité à l’image des destins tragiques qu'elle s'approprie. Parfois, au risque de s'y perdre.
Phénomène vocal et génie dramatique, la “divina” aux yeux noirs a ébloui de son vivant les plus grands théâtres et opéras du monde. Elle a bouleversé l’approche de l’art lyrique en général et du bel canto en particulier, en associant à sa voix un engagement émotionnel unique. Pourtant acclamée aux quatre coins du monde, la vie de Maria Callas fut hantée par une profonde solitude. On l'a dite orgueilleuse, ambitieuse et horriblement désagréable. Mais où est le vrai entre un tempérament sans doute très exigeant et cette image de furie capricieuse ? La faute à ce perfectionnisme sans limites, sans doute. Si l’on pouvait lui reconnaître un caractère difficile, à la hauteur de ses exigences artistiques, cette agressivité carnassière dont ont fait part ses plus grands détracteurs a surtout été de l’ordre du fantasme. Le fruit pourri d’une aigreur refoulée. Au-delà de la légende, Maria Callas fut une incarnation du génie artistique et humain. Cantatrice tragique, prima donna fantasque au port de reine. Mais reine maudite qui ne domina jamais réellement son trône.


”J’ai eu le privilège de connaître une destinée extraordinaire. Je suis une créature du destin. Il s’est emparé de moi, il a tracé ma voie. Je ne m’appartiens pas mais suis le témoin extérieur de ma propre vie.”
Maria Callas, 1970

Mathieu Menossi pour Evene.fr - Septembre 2007
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MessageSujet: Re: LES VOIX LYRIQUES : MARIA CALLAS   Ven 15 Oct - 15:47




MARIA CALLAS

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MessageSujet: Re: LES VOIX LYRIQUES : MARIA CALLAS   Mer 15 Déc - 11:32

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La Callas serait morte d’une crise cardiaque due à une maladie dégénérative


Le mal l’aurait frappée dès la fin des années 50. Il avait atteint le larynx. Les médicaments utilisés ont ensuite affaibli le cœur. La thèse du suicide serait donc infondée.




© EMI/Houston Rogers | La Callas au temps de sa splendeur, vers 1960.


ÉTIENNE DUMONT avec ATS | 14.12.2010


Maria Callas est morte en 1977 d’une maladie dégénérative qui a affecté ses cordes vocales. La thèse se voit aujourd’hui soutenue par deux médecins italiens. Ce seraient les médicaments utilisés qui ont fait lâcher son cœur. La thèse du suicide se révélerait donc infondée.


Selon ces experts en orthophonie, Franco Fussi et Nico Paolillo, qui ont présenté les résultats de leurs recherches à l’Université de Bologne lors d’une table ronde, la soprano souffrait de dermatomyosite. Il s’agit là d’une maladie affectant les muscles et les tissus en général, y compris ceux du larynx.
Ce mal se traite avec de la cortisone et des immunodépresseurs. L’ennui, c’est qu’ils entraînent à la longue une insuffisance cardiaque.


Muscles hors d’usage


L’information, révélée mardi par «La Stampa», dément que la Callas se soit donné la mort après la perte graduelle de sa voix à la suite d’une déception amoureuse dans sa relation avec l’excentrique Aristóteles Onassis, qui l’a quittée en 1968 pour épouser Jacqueline Kennedy.
Un mauvais choix. Sur le tard, Aristote avait ainsi renoué discrètement avec sa compatriote. Il est d’ailleurs mort avant elle, puisqu’il a disparu en 1975, alors que la Callas est morte en 1977.


Les orthophonistes ont étudié avec des instruments ultramodernes les enregistrements de la cantatrice dans les années 50, sa période la plus achevée, dans les années 60, quand elle commença à avoir des problèmes, et dans les années 70, marquées par une brusque perte de poids et l’altération de sa voix.

Selon «La Stampa», «les dernières vidéos de la Callas qui montrent que les muscles ne répondaient plus ,car la cavité thoracique ne se gonflait pas quand elle respirait».


Premiers signes dès 1958


«Le déclin n’est pas dû à des efforts sur sa voix ou à des causes externes comme des tensions émotives», affirment les experts, qui ont étudié un des moments les plus critiques de la carrière de la diva, lorsqu’elle ne put pas chanter la «Norma» à Rome, le 2 janvier 1958, lors d’un gala en l’honneur du président italien de l’époque, Giovanni Gronchi.
Le scandale avait été terrible. On avait cru à un caprice.

A la fin du premier acte, à l’issue duquel la moitié du public était déçue, la Callas s’était échappée par une porte dérobée. «Les muscles lâchaient. C’était le début de la fin.»


On notera que le soprano passionne toujours autant. Comme Marilyn. Or qui pense encore à Renata Tebaldi, qui fut sa grande rivale dans les années 1950 ?



La Tribune de Genève .
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