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 CHRISTIAN LACROIX

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liliane
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 22 Sep - 8:09

INFO LE FIGARO - Un cheikh des Émirats arabes unis veut racheter la griffe parisienne en faillite et rebat les cartes du dossier de reprise.

À quelques jours de l'échéance, c'est l'effervescence dans le dossier de reprise du couturier Christian Lacroix, en redressement judiciaire. La semaine dernière, l'administrateur judiciaire évoquait «de nouveaux candidats apparemment crédibles et argentés » sans plus de précision. Selon nos informations, il s'agit de la famille régnante d'Ajman, le plus petit des sept Émirats arabes unis. Le cheikh Hassan ben Ali al-Naimi, neveu et homme d'affaires du cheikh au pouvoir, a écrit une lettre d'intention à l'administrateur et peaufine une offre de reprise, qu'il souhaite «la mieux-disante tant humainement que financièrement», selon un proche de la famille.

«Son altesse a une vision de la mode particulière et a été très attristée par la situation de Christian Lacroix, qui jouit d'une très haute image dans le Golfe», poursuit ce conseiller. Une grande partie des fidèles clientes haute couture de Lacroix vient en effet de la région. L'émir proposerait «plus de 50 millions d'euros» et reprendrait 119 des 125 employés. Il souhaite également s'assurer la collaboration du designer, avec qui contact a été pris en vue d'une rencontre.

La griffe perd de l'argent depuis vingt-deux ans. Le cheikh espère lui faire dégager des profits d'ici trois ans, notamment en créant des synergies avec certaines activités de la famille royale dans l'immobilier et les yachts de luxe. Ajman est un micro-État de 460 km² et 250 000 habitants, concentrés dans la capitale du même nom, juste à côté de Dubaï. La famille au pouvoir a des investissements dans le pétrole, le gaz, l'immobilier, la finance et le commerce de luxe.

«Seul maître à bord»
Le comité d'entreprise de Christian Lacroix doit se réunir mardi matin pour étudier les offres. Or celles-ci n'ont pas encore été formellement déposées. Le tribunal de commerce de Paris devrait se prononcer d'ici à la mi-octobre. Les autres candidats déclarés sont le groupe Borletti, propriétaire du Printemps, Bernard Krief Consulting, repreneur de l'entreprise de textile DMC et du carrossier Heuliez, la Financière Saint-Germain, qui a racheté les porcelainiers et cristalliers Haviland, Lalique et Daum. Les actuels propriétaires, le groupe Falic, sont candidats à un plan de redressement qui prévoirait la suppression de l'essentiel de l'activité et de la quasi-totalité du personnel. Mais Borletti et Falic menaient ces derniers jours des discussions afin d'étudier la possibilité d'une offre commune.

Le cheikh d'Ajman se dit prêt à discuter lui aussi avec les frères Falic, qui avaient racheté Christian Lacroix à LVMH il y a quatre ans. Mais, selon son conseiller, une alliance serait «improbable», car l'émir entend «être seul maître à bord».

Reste à savoir si Christian Lacroix souhaitera se mettre au service de ce nouveau mécène. Dans une interview au Figaro Magazine ce week-end, il a assuré n'avoir «jamais» envisagé de quitter sa maison sans son nom. Et miser sur un avenir pour sa griffe «intimiste» concentrée sur «l'hyperluxe» et la haute couture.

» Lacroix : «Je me suis laissé embarquer dans une histoire trop grande»

http://www.lefigaro.fr/societes/2009/09/22/04015-20090922ARTFIG00013-une-offre-du-moyen-orient-pour-christian-lacroix-.php
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liliane
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 22 Sep - 8:11

Christian Lacroix : «Je me suis laissé embarquer dans une histoire trop grande»
Frédéric Martin-Bernard
18/09/2009 | Mise à jour : 17:15


A quelques jours de la reprise de la maison qui porte son nom, le couturier sort de son silence. Et s'explique sur son succès en demi-teinte.

Christian Lacroix a du talent, du chic, de la classe, une grammaire de style qui lui est propre depuis 1987. Seul bémol : sa mode ne fait pas recette. En vingt-deux ans, son entreprise n'a jamais gagné d'argent, décourageant même Bernard Arnault et son groupe LVMH, qui a financé la création et le développement de cette griffe jusqu'à y renoncer, en 2005. Il y a quatre ans donc, la cession au groupe américain Falic avait laissé espérer un nouveau départ pour Lacroix. Mais la crise économique est passée par là... Coïncidence, fatalité ou mauvais casting ? Une interview n'est pas coutume, le couturier a accepté de répondre à des questions ne portant pas sur son génie créatif, mais sur le placement en redressement judiciaire de sa maison et ses affaires en dents de scie.

Le Figaro Magazine-Pour redresser la barre, l'actuel propriétaire envisageait d'arrêter la haute couture, de supprimer 95 % des emplois et de limiter l'activité à des licences. A l'inverse, un repreneur propose de maintenir les effectifs et de développer la griffe comme jamais. Et Christian Lacroix, que souhaite-t-il pour la maison qui porte son nom ?

Christian Lacroix- Elle doit se replier sur son savoir-faire, se concentrer sur l'hyperluxe et ne développer que des lignes en cohérence avec son esprit d'exception. Il faut aussi revoir son fonctionnement, adopter une démarche plus intimiste, et se donner les moyens de conquérir des nouveaux marchés qui partagent ses valeurs d'opulence, sans pour autant participer à la foire des milliardaires de Moscou.

Fini l'esprit «grande maison» ?

Les grands groupes rêvent de griffes avec des magasins partout dans le monde. Mais on ne peut pas être implanté à tous les coins de rue, éditer des sacs par milliers, faire du fric et avoir du prestige. De plus, humainement, professionnellement, je ne suis pas fait pour le cadre « carcanesque » de ce métier.

N'auriez-vous pas dû avoir cette démarche plus intimiste dès le départ ?

Effectivement, je me suis laissé embarquer dans une histoire beaucoup trop grande. D'emblée, l'activité aurait dû davantage s'approcher de celle d'un Azzedine Alaïa, dont la maison a du prestige, tout en étant confidentielle et marginale.

Votre griffe aurait-elle un avenir sans haute couture ?

La couture est son cœur, ses poumons, sa raison d'être. Elle est vitale, essentielle, intrinsèque à son activité. On ne peut pas s'en passer.

Avez-vous déjà envisagé de quitter votre maison ?

Jamais sans mon nom ni mes ouvrières et collaborateurs de la première heure, qui ont contribué à maintenir son prestige, malgré toutes ses vicissitudes.

Lors du rachat en 2005, vous aviez cru être sauvé. Que s'est-il passé ?

Du temps de LVMH, on avait les moyens et pas les bonnes personnes. Avec le groupe Falic, ce fut l'inverse. Au départ, on a été grisés de voir ces financiers qui sauvaient Lacroix et assistaient à ses défilés avec femmes et enfants. Mais l'argent n'est jamais arrivé. Par exemple : ils ont confié la création d'un concept de boutiques à Clémence Krzentowski, de la galerie Kreo à Paris. Alors qu'elle avait imaginé un décor en accord avec l'esprit de la griffe, les Falic n'ont rien trouvé de mieux que de demander à leurs artisans spécialisés dans les stands duty free de les réaliser. Autre erreur de stratégie : il a été décidé d'arrêter les lignes Jeans et Bazar qui étaient mal diffusées. Enfin, nous allions monter en gamme et jouer dans la cour des grands. Sauf qu'aucun investissement n'a été réalisé en marketing et en communication. Du coup, les ventes n'ont pas suivi.

Comment expliquez-vous cet éternel décalage entre les défilés et les ventes ?

Le talent et l'intuition ne sont pas du ressort unique d'un créateur. A ses côtés, il faut aussi un excellent manager pour les amplifier. Ce n'est pas pour me défausser, mais je n'ai pas cessé de voir défiler des PDG dans ma société, et rares sont ceux qui m'ont réellement épaulé. De plus, on n'applique pas les mêmes recettes à toutes les maisons. Dès lors que la griffe a commencé à ne plus répondre aux attentes du groupe LVMH, un parfum, des licences ont dû être lancées en urgence. Elles représentaient peut-être de belles sources de revenu, mais des cosmétiques cheap, des produits capillaires ou des bijoux en toc n'ont jamais flatté l'image d'une marque.

Vous n'étiez pas consulté sur le choix de ces partenaires ?

Pas du tout, malgré un illusoire droit de veto chez LVMH.

Vous impliquiez-vous suffisamment dans les directives à leur donner pour éditer les collections à votre nom?

En plus de ne pas avoir réellement eu mon mot à dire sur leur choix, il me fallait « faire avec ». Aujourd'hui, je suis fatigué d'avoir donné des impulsions et des tendances qu'ils ne suivaient jamais, tandis que d'autres marques réinterprétaient mon style à merveille.

A vous écouter, on dirait que vous n'aviez pas votre mot à dire dans votre maison !

Je n'étais pas consulté pour le choix des PDG. C'est d'ailleurs à cet aspect vital de nos métiers que je serai beaucoup plus attaché dans le futur.

Parfois, vous sentez-vous incompris ?

C'est peut-être moi qui ne sais pas me faire comprendre des financiers, alors que je ne rencontre pas ce problème avec un fournisseur, un artisan ou une première d'atelier.

On a aussi dit que vos collaborations extérieures vous détournaient de votre maison !

Mes multiples activités m'ont toujours nourri les unes les autres. Par ailleurs, qu'il s'agisse des uniformes d'Air France, de la décoration d'hôtels ou du TGV, ces collaborations extérieures ont permis de maintenir une aura autour du nom Christian Lacroix, à un moment où il n'y avait aucun investissement en communication dans la maison. Lorsque je remporte un molière pour Cyrano, ça vaut plus qu'une page de pub ! Plusieurs repreneurs potentiels souhaitent aujourd'hui que cette activité soit internalisée, mais là encore, j'ai besoin d'être en confiance, d'avoir des garanties, car je ne veux pas me retrouver à décorer les bus ou le tramway de je ne sais où.

La phrase de Cocteau : «Ce que le public te reproche, cultive-le, c'est toi» est une de vos citations préférées. Quels sont les reproches que vous admettez ?

Ma marginalité, ma différence, mon élitisme, un certain mauvais goût, ma nostalgie, mon contre-courant, mon éclectisme, mon idéalisme, mes utopies...
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mer 4 Nov - 1:48

SUSPENS !

Hier, le tribunal de commerce de Paris a décidé de reporter au 17 novembre prochain
sa décision quant à l’éventualité de sauver la maison Christian Lacroix.

En effet, le tribunal n’a pas voulu étudier le plan de cession avant de voir celui du redressement
qui expire le 16 novembre...

Toutes les parties concernées se sont réjouies de la décision, qui donnera plus de temps
aux potentiels repreneurs de peaufiner leurs dossiers.

L’une des offres les plus sérieuses émane du cheikh Hassan ben Ali al-Naimi,
un proche de la famille du roi d’Ajman, un état-membre des Emirats Arabes Unis.

Déjà présent dans l’univers de la mode, le cheikh prévoit un budget de 100 millions d’euros.
Ce qui devrait permettre de remettre à flot la célèbre maison de couture française...
Par ailleurs, l’offre « globale » du cabinet Bernard Krief Consulting tient toujours
et insiste sur l’idée d’une « solution française » pour que la griffe devienne le
« leader mondial de l’artisanat de très haut luxe ».

K.M.
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Sam 28 Nov - 16:40




Aucun des repreneurs potentiels de la maison Lacroix, en redressement judiciaire, n'a déposé de chèque auprès du tribunal de Commerce de Paris dans les délais impartis, a indiqué vendredi l'administrateur judiciaire.

Cela semble écarter toute reprise dans l'immédiat de la maison de couture.

Ni le cheikh émirati Hassan ben Ali al-Naimi, sur lequel la maison avait fondé beaucoup d'espoirs, ni le cabinet Bernard Krief Consulting (BKC), n'ont apporté de garanties financières à leurs propositions, a précisé à l'AFP Régis Valliot, alors qu'ils avaient jusqu'à jeudi soir pour le faire.

Le tribunal pourrait ainsi trancher, à l'audience prévue mardi, en faveur du plan de redressement des propriétaires de la maison de couture, le groupe américain Falic. Ce plan prévoit la suppression de plus d'une centaine d'emplois, et donc de la couture et du prêt-à-porter, et de payer les créanciers grâce aux licences Christian Lacroix.

Seuls 11 salariés resteraient pour gérer les contrats de licence des accessoires et des parfums Christian Lacroix.

Mais le tribunal peut aussi rejeter ce plan, en considérant qu'il ne "maintient pas l'activité principale et ne sauvegarde pas assez l'emploi", et prononcer la liquidation judiciaire de l'entreprise, explique M. Valliot, tout en estimant que cette alternative, juridiquement possible, est "peu probable".

Dans ce cas, tous les salariés sont licenciés mais "le liquidateur peut alors vendre la marque aux enchères pour un prix qui pourrait être conséquent et qui permettrait de payer les créanciers".

Créée en 1987 avec l'appui du numéro un mondial du luxe LVMH qui l'a vendue en 2005 au groupe américain Falic, spécialisé dans le duty free, la maison Christian Lacroix a enregistré en 2008 dix millions d'euros de pertes pour un chiffre d'affaires de trente millions d'euros.

Le projet du cheikh émirati, auquel était associé le couturier français, prévoyait un budget global de 100 millions d'euros pour l'apurement du passif, les pertes attendues au redémarrage de la griffe et son développement.

Mais à la dernière audience du tribunal de commerce, le 17 novembre, il avait déjà créé la surprise en n'étant pas en mesure d'apporter de garanties financières pour appuyer son projet.

Christian Lacroix a été le grand absent des défilés de prêt-à-porter féminin à Paris début octobre.


http://www.lepoint.fr/culture/2009-11-27/lacroix-aucun-repreneur-n-a-depose-de-cheque-dans-les-temps/249/0/399869
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 1 Déc - 19:24

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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Dim 7 Fév - 17:18

UNE MERVEILLE SIGNEE LACROIX
La mariée Andalouse



inspiré par la Vierge de Séville la Macarena
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Dim 7 Fév - 17:56

Une beauté, merci Nine
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 30 Mar - 18:17

Christian Lacroix vend ses meubles chez Sotheby's
LEMONDE.FR | 30.03.10 | 18h51


Christian Lacroix, grand absent de la semaine de la mode parisienne, début mars, pour cause de faillite, réapparaît dans l'actualité de façon inattendue. Le mobilier de sa maison de couture, signé du célèbre tandem de designers Garouste et Bonetti, va être mis aux enchères par Sotheby's à Paris. Une centaine de lots de chaises, appliques, canapés, cabines d'essayage (et même... une porte d'entrée !) seront exposés au public du 21 au 25 mai à la galerie Charpentier à Paris.


Sotheby’s/ArtDigital Studio
Une chaise dessinée par Garouste et Bonetti pour Christian Lacroix


Cet ensemble avait été créé sur mesure par Elisabeth Garouste et Mattia Bonetti pour Christian Lacroix, en 1987, l'année où il avait ouvert sa maison de couture, dans un hôtel particulier rue du Faubourg-Saint-Honoré, avec le soutien de LVMH. Refusant le minimalisme monochrome gris-noir de la fin des années 1980, les créateurs avaient notamment joué sur les thèmes chers au couturier arlésien : couleurs chaudes, terre cuite, fer battu, tauromachie… Ce mobilier a d'autant plus de valeur que le tandem Garouste et Bonetti s'est séparé en 2002.


Sotheby’s/ArtDigital Studio
Un canapé Garouste et Bonetti pour Lacroix

LA DERNIÈRE COLLECTION PATOU VENDUE


La vente aux enchères, prévue à Paris le 26 mai, est l'ultime étape de la liquidation de la maison Christian Lacroix qui, lourdement déficitaire, a renoncé récemment à sa couture et au prêt-à-porter féminin. Samedi 27 et dimanche 28 mars, le petit-fils de Jean Patou a récolté 141 151 euros en dispersant, via la maison de ventes Chayette et Cheval, la collection haute-couture printemps-été 1987, la dernière signée par Christian Lacroix chez Patou.

Si Christian Lacroix a indiqué ne pas vouloir disparaître de la scène de la mode, certaines de ses "petites mains" sont déjà à l'œuvre. Trois d'entre elles aident bénévolement des femmes en réinsertion professionnelle à monter une collection de mode à partir de vêtements tirés de dons au Secours catholique.

Véronique Lorelle

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2010/03/30/christian-lacroix-aux-encheres-chez-sotheby-s_1326534_3238.html#xtor=RSS-3208
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Lun 24 Mai - 13:39

Lacroix voleur de lumières



Enquête

La corrida est un théâtre :
l’arène, les toreros cuirassés de soie, d’or et d’argent.
La vie, la mort, des costumes éclatants…
Le plus sudiste des grands couturiers remonte à la source de son inspiration
jusqu’à sa couleur fétiche, le rouge sang.

Arles, printemps 2010.
Journée particulière, rencontre précieuse amorcée en tête à tête dans la salle
vide du restaurant Lou Marques et poursuivie longtemps
sur une terrasse ensoleillée.
Christian Lacroix est sur ses terres, dans ses souvenirs,
dans ses émotions et la conversation, pudique, généreuse,
restitue l’itinéraire de l’enfant qu’il est encore un peu.
L’habit du torero, c’est un totem, un des premiers costumes,
un des premiers dessins. Symbole familier.
Toujours bien en vie.

Quand on grandit près des arènes d’Arles,
pas besoin de Zorro ou Batman pour s’envoler.
L’habit de lumière, l’inimitable traje de luces des Espagnols
(luces peut se traduire par paillettes),
est à la fois vêtement liturgique et seconde peau des hommes
qui s’obstinent à combattre et tuer des taureaux.
Les éditions du Rouergue (depuis peu dans le giron d’Actes Sud)
viennent de publier un petit livre inspiré sur le fameux uniforme et l’an dernier,
les éditions Atelier Baie avaient concocté, sur le même thème,
le beau catalogue d’une exposition du musée taurin de Nîmes.
Prétexte idéal pour croiser le plus sudiste des grands couturiers.

Dandys fêtards

On le sait, l’habit ne fait pas le moine
Celui-là, si. Etre torero, c’est d’abord se glisser dans cette tenue étrange,
outrancière, raffinée.
Ils l’ont dit et redit, sur tous les tons et on doit les croire,
eux, les officiants, les tueurs de fauves, les centurions ou artistes des arènes.
Sans l’habit, pas de prêtre.
Et sans prêtre, au diable la liturgie.
Christian Lacroix le couturier n’a jamais rêvé d’être torero
mais l’enfant d’Arles a dessiné très tôt ces héros scintillants,
ces rescapés de combats surgis de l’antique.
Et cet habit d’or et de satin est resté point de repère,
source d’inspiration et de reconnaissance.

Lacroix l’homme du Sud exilé à Paris a retrouvé d’instinct
les arabesques cousues d’or,
les broderies empruntées aux Vierges andalouses,
les motifs en brassées de fleurs ou la passementerie orientaliste
des habits vus et revus dans les arènes d’Arles.
Il en a restitué à sa main l’élégance aristocratique,
la splendeur baroque et cela n’avait rien à voir avec le hasard
ou les logiques de la mode du temps.

Cet habit-là, la mode, il s’en moque, depuis toujours.
Et pour cause. Ballerines en cuir souple et noir, bas rose bonbon,
pantalon court et serré à s’étouffer, gilet haut et ouvert genre bolero,
le tout dévoré d’or et d’argent :
la panoplie n’a pratiquement pas évolué depuis sa création au XVIIIe siècle,
l’époque où, jusqu’alors réservée aux cavaliers,
la tauromachie se résigna enfin à poser pied à terre.
Dans cette période où le «modèle français»
imposait sa loi dans le vêtement espagnol, les majos de Madrid,
sortes de dandys excentriques et fêtards,
arborèrent avec ostentation les tenues de la résistance.
Pantalons serrés jusqu’aux genoux, ceintures d’étoffes précieuses,
gilets courts surchargés de broderies,
chevelure ramassée sur la nuque dans un filet...
Les majos, habitants du quartier madrilène de Maravillas (devenu Malasañas),
fournirent aussi le gros des combattants de rue contre les soldats
de Napoléon et Goya les peignit dans de nombreux tableaux,
dont le célèbre Dos de Mayo, évocation de la révolte du peuple de Madrid
contre l’occupant français le 2 mai 1808.

Dès 1830, sous l’influence du torero Francisco Montes, dit Paquiro
- l’homme qui codifia les règles strictes
du combat tauromachique toujours en vigueur -,
l’habit de lumière reprend les codes de la tenue arborée par les majos,
les élégants rebelles de Madrid.
Il y ajoute la montera, bicorne de laine bouclée serrée façon astrakan,
couvre-chef bizarre et disproportionné que les maestros se doivent
d’enfoncer au ras des sourcils,
devenu lui aussi l’un des emblèmes identitaires de la profession.
Les majos chers à Goya et partisans anti-Français ont bien inspiré
le costume de scène des matadors et on peut donc oser une hypothèse étonnante.
Le taureau pourrait bien être, à l’origine,
la représentation symbolique de l’envahisseur venu du nord des Pyrénées…

Un autre combat cruel, encore pratiqué lors de la fête du Sang (Yawar)
dans certains villages des Andes péruviennes,
oppose un condor et un taureau,
allégorie sans détour de la lutte à mort entre l’Inca et le conquistador espagnol.
Avec ces histoires de taureaux, c’est toujours la même chose :
le rituel masque à chaque fois des secrets troublants, des mystères qui dérangent.

Gitanes et Arlésiennes



Christian Lacroix, lui, se revoit tout gamin près des arènes,
à l’âge où on ne lui permettait pas encore d’assister au spectacle.
Enfin, pas celui du public massé dans les gradins.
«Je traînais autour du monument avec ma grand-mère
et on venait voir les dépouilles des taureaux hissées avec des chaînes.
On les émasculait, il y avait du sang partout et tous les gamins
qui rôdaient là ne riaient pas du tout.
Moi, ce sang me fascinait et après, avec les autres,
on jouait aux toreros mais aussi aux Romains.»

Dans Qui est là ?
son album intime publié au Mercure de France, il va plus loin :
«J’étais pris dans un rituel trop viscéral pour qu’il me fît peur.
Passage initiatique :
on me jugeait prêt à assister au combat, aux paillettes,
à la muleta au feutre rouge inégalable, à la cape shocking et or,
aux fesses serrées dans tous les satins de la terre, sauf le jaune porte-malheur.»

Dans ces années-là, dans l’autre siècle, Il revoit Arles en noir et blanc.
Avec les «humains en majesté», comme il les appelle, les toreros,
les gitanes croisées jusqu’aux Saintes-Maries-de-la-Mer
ou les Arlésiennes en costume traditionnel,
c’est l’irruption de la couleur, dont ce rouge devenu fétiche.
Couleurs de vie ou de mort. Couleurs de la beauté.
«Elégance, ma notion intime :
la cousine élégante en Arlésienne, la gitane avec son élégance primitive,
le hiératisme du torero.»
Et quand il dit cela, il a les yeux qui brillent.
On est tous deux sur cette terrasse d’Arles,
il fait presque chaud et son petit monde émerge en douceur.

Cohorte de reines



Ce n’était pas un spectacle mièvre, c’est le moins qu’on puisse dire,
et quand les hommes vêtus d’or étaient portés en triomphe,
la foule un peu hystérique essayait de frôler de la main les broderies souillées.
Ces toreros crevaient l’écran, voilà tout.

Christian Lacroix se souvient des premières corridas vécues aux côtés
de l’homme «intimidant, silencieux», son père,
et c’est peut-être l’une des seules choses qu’ils ont tous deux vraiment partagées.
Il y a des images qui marquent.
Luis Miguel Dominguin est en blanc sur la piste,
son éternel rival Antonio Ordoñez le défie, lui, dans un habit noir.
On doit être en 1956. Peut-être 1957.
Qui avait vaincu ce jour-là ? Peu importe.

«Je me revois à l’hôtel Nord Pinus, avec sa célèbre patronne Germaine,
et Dominguin débarque, son habit blanc tâché de sang,
avec à ses côtés son épouse magnifique, Lucia Bosé.»
Saga hollywoodienne. Les toreros et les stars.
Lucia Bosé, l’ancienne Miss Italie, a triomphé dans la Dame sans camélia,
d’Antonioni, ou la Mort d’un cycliste, de Bardem,
avant de succomber au charme de Dominguin.
Elle est la première diva de Lacroix,
avant la cohorte des reines qui ont marqué sa vie, son inspiration,
son désir de créer :
Maria Callas l’extraterrestre, Jacky Kennedy au port de cygne,
l’amie Inès de la Fressange mais aussi les vierges d’Andalousie,
les statues cousues d’or et d’argent, plus vraies que nature.
«La diva des divas, murmure-t-il,
c’est la Macarena de Séville, avec ses larmes de cristal.»

La corrida est un théâtre,
comme la vie, et Christian Lacroix fouille et refouille le passé, le rhabille,
le réinvente à sa main, à sa fantaisie, cherche tous les chemins de traverse,
détournés, buissonniers.
Et parmi tous ces costumes de scène qu’il a d’abord imaginés en rêve,
ou croqués à la hâte sur ses petits carnets, ce sont ceux de ses dieux sudistes,
fantômes d’une enfance vouée à tout observer en silence,
qui ont fini par s’imposer.

«Dans mes moments de spleen à Paris, dit-il,
me revenait aux tripes la chaleur des corridas et des fêtes d’Arles.»
Quand il étouffe, là-haut, il entend l’écho des paso dobles
et peut pleurer en visionnant pour la énième fois la trilogie de Pagnol.
C’est difficile à débusquer, les sources,
mais il y avait bien des arcs-en-ciel à naître dans le cercle de l’arène.
Le drôle d’habit de poupée des toreros,
à lui seul, est un kaléidoscope, un fleuve bariolé.

Le jaune, jamais !

Chez les derniers tailleurs taurins de Madrid
(cinq ateliers ont préservé la tradition, dont la célèbre maison Fermin),
parmi les éblouissements de motifs brodés ou de passementerie tarabiscotée,
les nuanciers d’étoffes sont à eux seuls palette d’exception.
Par exemple, la gamme des verts :
bouteille, émeraude, amande, céladon, tilleul, jade, bronze, absinthe,
pistache, olive, Véronèse…
Ou le perle, l’écume de mer, le cramoisi, le sang de taureau (bien sûr),
l’ardoise, le plomb, le mercure et le très solennel «obispo y azabache»,
violet évêque et noir de jais,
dont raffole le torero artiste Morante de la Puebla.

Mais le jaune, jamais. Superstition tenace :

dans le mundillo taurin, on ne badine pas avec ces choses-là.
Ces couleurs d’habits, elles sont points de repère et parfois
restent seules dans les souvenirs.

Paco Ojeda est une silhouette en blanc,
Rafael de Paula est en grenat et or,
Emilio Muñoz bombe son torse bleu nuit
et Nimeño II repose parmi les fleurs dans son habit myosotis…
Chacun a ses manies, ses marottes,
sa Vierge ou son Christ brodés sur la cape d’apparat arborée lors du paseo,
le défilé d’ouverture de la course.
La couleur est un signe distinctif et intime, la couleur est un défi.
Et ces habits de dix kilos qui peuvent coûter 5 000 ou 6 000 euros pièce
sont à eux seuls des trophées,
des pièges à lumière ou à rêves que les acteurs tués en scène
emportent avec eux dans leur tombe.

Parfois, tout se déglingue et l’habit du mythe se défait.
Alain Steva s’est jeté en 1965 avec son cheval dans un canal en Camargue.
Suicide : il s’était attaché les mains derrière le dos.
L’ancien facteur de Saint-Martin-de-Crau avait démissionné de la Poste
pour être torero et rien n’avait marché.
Il n’a pas toléré la grisaille, l’échec, et on l’a enterré selon ses désirs,
dans son unique habit de lumière vert pomme et or.
La poisse jusqu’au bout :
quelque temps plus tard, des inconnus ont profané sa tombe
et volé le costume brodé, laissant à ciel ouvert un cadavre anonyme…

Le monde des taureaux regorge de ces histoires
à dormir debout et Christian Lacroix
- qui n’est pas expert en corridas et a toujours refusé l’étiquette
de «couturier taurin», «pas question d’être épinglé comme un papillon»,
dit-il - aime d’abord ces petits faits divers, les à-côté, les coulisses,
les terrains vagues, les marges de l’univers des taureaux.
De l’univers tout court.

Les illusions de l’enfance sont tenaces et ces drôles d’habits
compliqués n’ont pas lâché prise.
Dès ses débuts couronnés d’un dé d’or dans la maison Patou,
il signe une collection toreros mais ce n’est qu’un clin d’œil,
juste l’écho d’une caricature de Sem représentant Jean Patou en matador.
Mais les références à l’Espagne (Goya, Carmen, Manolete)
s’imposent d’elles-mêmes, parmi mille autres images glanées
au fil de l’enfance arlésienne, et balisent l’imaginaire.
Vers 1985, avant les grandes collections où son style triomphe,
Christian Lacroix signe discrètement
son premier «vrai» habit de lumières pour le torero arlésien Paquito Leal.
Costume rouge foncé, broderies noires, orné de signes camarguais.
Un costume sobre, traditionnel, respectueux des normes.

Chamaco, Picasso, Dominguin

Il dessine à nouveau d’autres habits taurins pour l’opéra Carmen
qu’Antoine Bourseiller met en scène dans les arènes de Nîmes en 1989
et surtout croise la route du jeune novillero Chamaco.
Un phénomène, star de la fin des années 80 au style inclassable,
tour à tour traité de génie ou de clown. Mad Max ou Noureïev, c’est selon…
Mais le gamin irrespectueux fait courir les foules
et pour son alternative dans les arènes de Nîmes,
il veut un habit Lacroix, sinon rien !

«Je suis allé à Huelva,
je l’ai rencontré en famille et c’était un voyage intime, un peu magique,
à cause de ces liens que nous avons tous ici avec l’Andalousie.
Après, je me suis enfermé pendant des jours pour jeter sur le papier
des dizaines d’esquisses.
Je voulais coller au personnage transgressif,
à son côté punk tout en respectant la forme ou la coupe de l’habit traditionnel.»
Et le 6 juin 1992, l’entrée de Chamaco sur la piste de Nîmes fait sensation :
son habit blanc aux broderies à dominante noire et camaïeus multicolores
évoque à la fois l’art médiéval du vitrail et la luxuriance de Picasso.

Picasso, justement :
habitué d’Arles et de ses arènes, ami de Luis Miguel Dominguin,
connu, ici même en 1950, par l’entremise de Cocteau,
la légende veut qu’il ait lui aussi dessiné un habit de lumière
au fameux torero séducteur.
Mais l’ami Jacques Durand, l’écrivain des choses taurines
et auteur d’un film sur Luis Miguel (réalisé par Marianne Lamour),
n’a jamais retrouvé la trace de l’habit picassien.
D’après ce qu’il sait, ce serait plutôt le poète du Puerto de Santa Maria,
Rafael Alberti, qui aurait créé le fameux costume.
L’habit de Chamaco, que quelques jaloux avaient qualifié de «pizza géante»,
s’est lui aussi fait la malle et serait,
paraît-il, enfoui maintenant dans les réserves du musée taurin de Séville.
Chamaco lui-même, météore oublié de la scène taurine, s’est, dit-on,
reconverti au business immobilier avec l’embonpoint
et le crâne dégarni de ceux qui ont le bon goût de se résigner.

Les habits vivent leur vie et les étoiles finissent un jour par pâlir.
Entre une armada de costumes de théâtre ou d’opéra,
passion née de ce temps où il redessinait un à un tous les vêtements
et décors des spectacles ou films auxquels il venait d’assister,
Christian Lacroix a retrouvé le chemin de Picasso par hasard.
Cette fois, c’est le torero danseur Javier Conde,
l’artiste fantasque condamné à la transe,
qui lui a commandé son dernier costume,
un habit de lumière pour la corrida «picassienne» de Malaga,
la ville natale du peintre, organisée en mars dernier.
Christian Lacroix a utilisé l’étoffe blanche comme toile de peintre,
a délaissé les chenilles de velours rouge et noir ou les paillettes d’or chauffées, admirablement façonnées pour l’habit de Chamaco
par le Parisien François Lesage, dernier génie de la broderie.
L’époque a changé. Chamaco était un feu de paille.

Javier Conde arbore maintenant une palette chamarrée de mauves,
lilas, verts bronze et flammes en forme de tourbillon bordé de noir.
Vêtement de tempête. Et Javier Conde remettra l’habit signé Lacroix
ce dimanche 23 mai à Nîmes pour un duel matinal,
l’un des sommets annoncés de la Feria, avec un autre torero mirobolant,
Morante de la Puebla.

Garbo, Callas, Oum Kalthoum

Habiller des toreros, cela pourrait signifier habiller des divas.
Comme il l’écrit lui-même,
ce serait alors «un travail de thuriféraire,
celui d’une vestale entretenant le feu sacré, d’un officiant,
responsable de cette seconde peau qui tient de l’armure,
de la parure sacerdotale».

Les toreros peuvent être artistes inspirés,
combattants héroïques ou même kamikazes un brin mystiques.
Mais divas, non. Les divas, ses déesses,
sont des femmes surnaturelles, proprement tombées du ciel,
qui, selon ses mots,
«doivent nous mettre la fièvre dans le sang,
comme à Naples se liquéfie par miracle chaque année
dans son ampoule celui de San Gennaro ;
nous mettre des papillons dans le ventre à chaque apparition,
à la première intonation».

C’est pour elles, ces femmes au-delà des femmes, les Dietrich, Garbo, Callas,
La Macarena, Oum Kalthoum, que le gamin d’Arles rêveur et timide,
voleur d’images et de lumières, lui l’homme du Sud païen et si religieux,
«réfractaire avec révérence», a osé redessiner le monde.
Pour les rendre plus belles encore.

Et puis, il a un sourire un peu espiègle, la voix plus douce encore :
«L’habit de lumière, c’est d’abord un vêtement de travail»,
suggère-t-il. Un bleu de chauffe, la tenue magique ?
Mais alors en beaucoup plus compliqué et coloré,
beaucoup plus cher aussi. Bon, il se moque, voilà tout.
Et dans le fond, il a raison. Il faut toujours se méfier des uniformes.
Ne jamais les prendre au pied de la lettre.
Surtout lorsqu’ils scintillent au premier rayon de soleil…


JACQUES MAIGNE
http://www.liberation.fr/culture/0101636971-lacroix-voleur-de-lumieres

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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Lun 24 Mai - 14:14

«La diva des divas
c’est la Macarena de Séville,
avec ses larmes de cristal.»


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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 25 Mai - 1:10

Habit de lumière



Cette expression est la traduction littérale de l’espagnol
« traje de luces ».
Une traduction plus fine serait « habit de paillettes »,
car si « luz » signifie « lumière »,
« luces » qui est le pluriel de « luz » se traduit par « lumières »
mais aussi par « paillettes ».
Dans l’expression « traje de luces »,
le mot « luces » est en fait employé dans cette seconde acception.

Le torero revêt l'habit de lumière,
qui doit son nom aux soies de couleurs brillantes et à ses broderies en or et en argent.
À Madrid, il existe plusieurs tailleurs spécialisés en la matière,
comme Fermín, qui marqua une rénovation des costumes des matadors
dans les années soixante en les coupant de manière à les rendre plus flatteurs,
confortables et élastiques,
ou encore Justo Algaba qui propose aujourd'hui une boutique virtuelle d'articles
réservés aux toreros.

Chaque torero choisit la couleur dominante de sa tenue
ce qui permet de l'identifier facilement.
Mais il peut en changer à volonté à chaque corrida.
La couleur de l'habit de lumière peut representer les couleurs de la ville
(où le torero torée) ou celle de la ganaderia.

L’habit du matador et des peones
Il est en soie, brodé et de couleur vive
Le traje de luces a trouvé sa forme définitive vers les années 1830,
sur l'instigation de Francisco Montes « Paquiro »
et n'a subi depuis que de faibles modifications.

Il comprend :
- une veste, la chaquetilla ;
- un gilet, le chaleco ;
- une culotte, la taleguilla,
resserrée au dessus du genoux à l’aide de cordons tressés,
les machos, eux-mêmes agrémentés de glands, les caireles ;
- une chemise blanche à jabot, la camisa ;
- une cravate en soie de couleur vive, la pañoleta ;
- une large ceinture, la faja,
également en soie et en principe de la même couleur que la pañoleta ;
- deux paires de bas superposées, les médias,
la première en coton blanc, la seconde en soie de couleur rose.
- Des chaussures légères, les zapatillas, complètent la tenue.
Enfin, le matador se coiffe d'une toque en astrakan,
la montera et fixe dans ses cheveux, épinglé au castañeta,
un petit chignon postiche, la coleta.


El Maestro José Maria Manzanares

Le costume pèse environ dix kilos ; il est tout, sauf fonctionnel.
Le temps du paseo, l’habit de lumières est complété par un capote d'apparat :
le capote de paseo.
Après le paseo, les toreros le posent (ou le font poser)
sur le faîte du mur séparant la contrepiste du premier rang de gradins,
où le mozo de espada viendra le récupérer en fin de corrida.

Sur l'habit de lumières du matador,
les broderies sont habituellement dorées, parfois noires ;
sur celui des peones, elles sont argentées, noires ou blanches
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mer 9 Juin - 11:27



Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, avait indiqué, en juillet 2009, vouloir "contribuer à trouver une solution" pour la maison Christian Lacroix, dont la disparition "serait un désastre culturel" (voir Le Monde du 13 juillet 2009). Un an après, il le prouve… dans la limite de ses moyens.

Mardi 8 juin, le ministre de la culture indique avoir préempté des pièces du mobilier de la maison de couture en faillite, mis aux enchères il y a quinze jours, le 26 mai chez Sotheby's. "Une paire d'appliques, deux tabourets, une chaise, un portant, une cabine d'essayage", signés par les créateurs Garouste et Bonetti (comme tout le mobilier de l'ex-maison Lacroix, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8e) iront rejoindre les trésors du Musée des arts décoratifs, à Paris.

De même que 11 robes, dont le ministère a obtenu que "Simon, Jérôme et Léon Falic, propriétaires de la société Christian Lacroix" confirment la donation. Ces tenues, présentées dans ce même musée lors de l'exposition "Christian Lacroix : histoires de mode" (novembre 2007-avril 2008) avaient été choisies, à l'issue de l'événement, par le couturier arlésien lui-même, afin d'enrichir les collections nationales.

TRACTATIONS À L'AMIABLE

Aujourd'hui ces onze robes sont une goutte d'eau, face aux 3000 pièces (vêtements et accessoires) que détient la famille Falic. Depuis plusieurs semaines, la rumeur voulait que ces archives soient elles aussi dispersées. "C'est une vieille rumeur qui n'était pas fondée", assure au Monde Nicolas Topiol, Pdg de la société Christian Lacroix et homme de confiance des Falic. "La société Christian Lacroix, comme indiqué dans le communiqué du ministère, défend ce patrimoine et consent à prêter des pièces à des musées, ce que nous faisons en ce moment à Mulhouse et en Hollande".

"Des tractations à l'amiable ont eu lieu et qui vont dans le bon sens" lâche-t-on dans l'entourage du ministre. Ce dernier, toujours dans le communiqué, "se félicite que ce patrimoine de la haute-couture française soit ainsi conservé". Bien-sûr, rien ne dit que l'avenir sera aussi rose, car la nouvelle société Christian Lacroix est une société privée qui n'a pas vocation à être philanthrope. La vente du mobilier lui a déjà rapporté 545 000 euros.

"Que l'Etat ait préempté le mobilier signé Garouste et Bonetti, designers emblématiques des années 1980, c'est une très bonne chose : nous-mêmes avons gardé certaines pièces pour nos archives", précise M. Topiol, qui s'active à "développer la maison et en préserver le nom". Le prochain rendez-vous aura lieu pendant la semaine de la mode homme à Paris, où aura lieu une simple présentation statique des modèles. Ils sont réalisés par le studio (une équipe de 12 employés contre 30 précédemment) et sous la direction de Sacha Walckhoff, ex-bras droit (depuis 1992) de Christian Lacroix.

Véronique Lorelle

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2010/06/09/le-mobilier-de-la-maison-lacroix-sauve-en-partie-par-le-ministere-de-la-culture_1369731_3238.html
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Lun 28 Juin - 8:17

CHAUD SOLEIL CHEZ LACROIX
VENT D'ASIE CHEZ KENZO



PARIS (AP) —

Une certaine maestria a régné samedi sur les présentations de mode masculine
pour la belle saison prochaine avec un voyage vers la Méditerranée
chez Christian Lacroix, quand un vent d'Asie soufflait chez Kenzo.

Pour sa première véritable présentation pour l'homme,
une activité qui existe pourtant depuis cinq ans déjà,
Christian Lacroix présente un vestiaire au luxe abordable,
qui revisite à la fois le savoir-faire technique qui a fait les grandes heures de la maison,
mais aussi son envie de réappropriation, pour l'homme,
d'un ADN resté intact, porté pendant des années par son succès mondial en couture,
en dépit des affres récemment traversées par la maison de luxe.

"Le plan de redressement validé par le tribunal de commerce de Paris
en décembre dernier nous permet la continuation de l'activé et de voir venir
à une échéance d'au moins plusieurs années",
a expliqué samedi à l'Associated Press Nicolas Topiol,
président de la maison Christain Lacroix.

Soulignant que l'actionnaire américain Falic avait "remis de l'argent sur la table",
M. Topiol évoque
"une vraie bouffée d'oxygène pour perpétuer l'activité à travers la signature de licences,
seule possibilité d'un vrai développement permettant de conserver une image
à la fois forte et cohérente".

Cette éclaircie a aussi permis au directeur de l'équipe de création,
Sacha Walckhoff, de présenter une collection répondant aux standards
de toute activité artistique :
l'unité et la variété, et qui intègre du coup et sans effort
le petit monde du prêt-à-porter de luxe masculin parisien.

L'homme Lacroix est sans nul doute un Parisien, très citadin,
faisant route vers les soleils d'été via la Riviera, puis la Camargue.
Dans ses valises, son vestiaire est un véritable étendard hommage
au fondateur emblématique de la marque.

Griffés, rebrodés, imprimés, surpiqués :
les chiffres, monogrammes, signatures, logotypes
(dont le fameux "X" flanqué des lettres "C et L"),
ou les impressions tauromachiques sont partout.
Sur le détail d'un col ou d'un poignet de chemise,
mais aussi en doublure soie d'une veste ou d'une chemise,
ou encore sur les boutons d'un blazer de capitaine ou d'un tricot de matelot.

Des T-shirts figurant des plans de la Camargue,
des chemises batiste, des polos, des salopettes de toiles "de Nîmes"
(l'ancêtre du blue-jean, le denim),
mais aussi de larges pantalons paysan à taille haute,
complètent cet ensemble dédié au voyage méridionaux,
ou l'on trouve aussi pléthore de polos en voile tissé ou popeline de coton,
ou encore une ribambelle de cravates à la trame savamment tissée
et de légers foulards, l'accessoire indispensable de la prochaine belle saison.

Bercé par les accords du musicien star Ryuichi Sakamoto et du tube "Big in Japan"
du groupe pop Alphaville,
la présentation Kenzo a mis en mode l'impression
que ressent tout Occidental découvrant le pays du Soleil Levant.

"Moi aussi, je fus au Japon.
Infirme là-bas celui qui ne sait pas avec des signes signifier.
Des signes graphiques",
disait le poète Henri Michaux au sujet de l'archipel nippon.

Et c'est le fil conducteur de cette collection Kenzo.
"J'ai emprunté à Picasso quelques verticales ou horizontales marines
et d'autres choses à Fujita,
mais je suis resté centré sur ce qui marque le plus l'oeil occidental
quand il découvre tous les sens cachés de ces motifs et dessins",
a dit en coulisse à l'AP le directeur de création Antonio Marras.

Vestes, complets, parkas ou sahariennes s'ornent de larges fleurs d'orchidées
en inserts ou imprimés.
De véritables patchworks font vivre ensemble les matières lavées,
cirées ou ouatinées.

Le bleu marine, le bleu Klein ou ciel prennent le pouvoir,
en plus des nuances tabac, taupe, anthracite ou gris souris.

En plus de véritables pièces de maille tricotées ou torsadées,
la collection fait la part belle aux matières innovantes
comme les mélanges cuir contrecollé/jersey ou jersey/jean. AP


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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 3 Aoû - 0:38

Le conseiller artistique de la Monnaie de Paris sera
Christian Lacroix




C’est tout nouveau.
Christian Lacroix devient partenaire de la Monnaie de Paris
qui fabrique pièces de monnaie, légions d’honneur,
monnaies de collection, fontes d’art, et bijoux.

Christian Lacroix vient donc de nouer avec la Monnaie de Paris
un partenariat qui lui confie la conception de plusieurs produits d’art de la marque
« Monnaie de Paris », dont il devient le conseiller artistique.

Ainsi dessinera-t-il la Médaille du Mariage et la Médaille du PACS
qui seront dévoilées à l’automne 2010,
ainsi que d’autres monnaies et médailles de collection.

Peut-être Christian Lacroix pourra-t-il dispenser là-bas encore plus largement ses talents,
et participer « créactivement » à la complète renaissance de l’Hôtel de la Monnaie,
lui dont la baguette magique avait fait merveille en réveillant en 2008 le vieillot,
et pas mal endormi, musée Réattu d’Arles,
à l’occasion des rencontres internationales de la Photographie.

André Balbo

Sources : Le NouvelObs, la Monnaie de Paris, Le Parisien

Ce dernier créera aussi "des monnaies de collection et des médailles de baptêmes"
continue le communiqué.
Un partenariat qui pourrait déboucher sur plusieurs autres collaborations dans un futur proche.


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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mer 29 Déc - 23:10

Le luxe selon ... Christian Lacroix



«La crise est passée par là et elle a tout cassé.
Aujourd’hui, le luxe ne nous entoure pas.
Il ne doit pas forcément être inabordable côté prix d’ailleurs,
mais il faut le chercher.

Le luxe, c’est du temps et du travail, à la main notamment.
Une écharpe tricotée par votre grand-mère peut par exemple devenir un luxe.
Désormais, le luxe n’est plus incarné par une marque.
Le signe distinctif n’est pas du luxe non plus.
À mes yeux, cette notion rejoint celle du confort.
Se sentir bien notamment.
Je me souviens de pantoufles très légères faites par un artisan de Venise
ou de petits carnets où prendre des notes et dessiner ;
de trucs qui viennent du fond des âges aussi, sans logo.

Le luxe est une quête personnelle, il doit rester rare et exige un effort personnel.

Même au quotidien, en cuisine par exemple.
J’aime les aliments simples qui deviennent sublimes lorsqu’ils sont rehaussés
avec de la truffe blanche, ou, c
omme en Espagne où je travaille, un oeuf servi avec un produit rare.
Avoir des fruits qui ne poussent normalement pas en hiver est un luxe également.
Dans ce registre, je pense toujours à Greuze et son restaurant de Tournon
où l’on descendait avec mes parents.
Ce chef n’a jamais accepté la dictature des guides, il est toujours resté lui-même.
Encore un luxe.

Aujourd’hui, alors que mon nom ne m’appartient plus,
je suis obligé de faire de l’alimentaire avec XCL.
Je dois donc me remesurer à moi-même.

Bernard Arnault me disait toujours que je n’étais pas populaire,
j’ai donc travaillé pour le TGV ou pour les hôtesses d’Air France
et cela m’a remis en selle.

Finalement, je suis libre et c’est un vrai luxe.

Je reconnais néanmoins que le luxe reste très élitiste si l’on prend
le cas de ces femmes qui achètent toujours de la haute couture.
Elles permettent en tout cas aux Lesage ou à des gens qui font
des boutons à l’unité de continuer à exister.

Pompidou disait que la France reposait sur le camembert et la haute couture.
C’est toujours vrai, la France c’est du fromage,
des arts décoratifs et il faut garder ce patrimoine.

Je travaille beaucoup en Allemagne et sur un opéra,
Agrippine, avec Vincent Boussard, un ami.
Dessiner des costumes d’opéra,
qui serviront par essence le temps de quelques représentations, est aussi un vrai luxe.
J’illustre également des livres et je prépare la décoration d’un hôtel à Paris.

Dans le secteur du luxe, je pense qu’amasser des noms,
des marques est une stratégie qui touche à sa fin.

Aujourd’hui, la rue est prescriptrice.
Les gens sont intelligents et c’est tant mieux.
Personnellement, la télé m’a par exemple donné des outils pour dépasser
ce que me transmettait ma famille bourgeoise.
C’est vrai, j’ai dû déposer le bilan, les clientes ne sont plus les mêmes.
Mais je continue à réaliser les rêves que j’avais enfant.
À l’époque de ma maison de couture, je n’aurais pas habillé madame Pinochet.
Pouvoir refuser c’est aussi un luxe…
Mais j’aurais tellement aimé continuer avec mes ouvrières…
J’aimerais faire du luxe pour tout le monde.

Il n’y a rien entre le grand luxe et la grande diffusion. C’est dommage.»

Le Parisien decembre 2010
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