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 La FAN-ATTITUDE et ses dangers

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steph

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MessageSujet: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Lun 12 Mai - 20:17

La fan-attitude

Rêves, gloire et beauté

Si j’existe…c’est d’être fan chante Pascal Obispo, inconditionnel qu’il est de Michel Polnareff. On est tous, peu ou beaucoup, admiratif devant tel artiste connu ou tel autre. Nous avons tous nos chanteurs préférés, nos acteurs adorés…mais de là à en devenir fou, cela devient une toute autre histoire.


Celle des centaines de fans qui, lors d’un concert, s’épuisent les cordes vocales à crier leur amour pour leur idole au lieu d’écouter sa musique; qui pleurent à chaudes larmes quand ils la voient à proximité et s’évanouissent quand elle leur serre la main…Autant de comportements démesurés qui, même s’ils font souvent rire, intriguent et soulèvent plus d’une interrogation. Jusqu’où peut-on aller dans notre admiration pour une star ? Cette folie amoureuse est-elle à mettre sur le compte d’une adolescence passagère ou est-ce un phénomène général ? Zoom sur la fan-attitude.

Les anecdotes racontant l’hystérie des fans abondent. Parmi celles qui ont succédé le fameux concert de Michael Jackson en Tunisie, il y a quelques années déjà, l’histoire de cette jeune fille, qui a passé une semaine sans se laver la main parce que le roi de la pop la lui avait serrée, figure en bonne position ! Ou encore celle qui s’est mise à lui jeter ses sous-vêtements. Manque de pot, ils avaient atterri dans les mains des garde-corps… C’est dire que ces fans portent bien leur nom car, faut-il le rappeler, fan n’est autre que l’abréviation du mot fanatique qui, dans son acception première, décrit ceux qui portent une passion excessive pour une doctrine et seraient prêts à tout pour la défendre. Combien y en a-t-il de cela, cachés derrière les posters ? Bien plus qu’on pourrait le croire.


Dur, dur d’être idole !

Bien chanceux sont ceux qui bénéficient d’un tel amour…enfin, pas toujours. Car souvent, cette adoration leur joue des tours et leur fait vivre les situations les plus cauchemardesques. Comme ce jeune acteur qui fut sauvagement agrippé par une fan et qui fort heureusement s’en est sorti…avec uniquement quelques égratignures et deux ou trois bleus ! Ne dit-on pas «qui aime bien, châtie bien» ?!
Sans parler des chanteurs qui, lors de leurs concerts, sont continuellement bombardés par des peluches à tel point qu’ils prévoient désormais un mur d’agents de sécurité dont la mission première est d’attraper cette multitude d’objets volants !
Même si ces comportements, de plus en plus fréquents, ont tendance à être banalisés, des points d’interrogation restent bien dressés. Quels pouvoirs magiques ces stars exercent-elles sur nos jeunes ? Par quels mécanismes psychiques arrivent-elles à hanter leurs esprits ?

Le pire, c’est qu’ils sont sincères

«Ce qu’il y a de pire chez un fanatique, c’est sa sincérité», disait Oscar Wilde.

De la sincérité et beaucoup d’engouement sont ce que dégagent les fans interrogés en évoquant leurs idoles. «Je suis folle de Brad Pitt, il est si beau ! Je rêve qu’il me prenne un jour dans ses bras !», confie Sarra, 16 ans. Sa copine, Khouloud, est éprise de Wael Kfouri : «Il est si charismatique et a une belle voix. Je l’adore». Détrompons-nous, la fan-attitude n’est pas l’apanage des filles. Les garçons aussi ont leur mot à dire. «J’adore Mariah Carey. Le fait qu’elle soit venue chanter en Tunisie est le plus beau cadeau qui m’ait été fait. J’aime la manière dont elle met en valeur sa beauté, ses gestes, le timbre de sa voix…tout en elle me plaît», raconte Marwen, 20 ans. Ce sont les affres de l’adolescence, diriez-vous. En voilà une autre idée de démentie. Hanène, 38 ans, maman de deux petits garçons, est amoureuse de Kadhem Essaher. «Je ne rate jamais un de ses concerts en Tunisie. Il représente pour moi l’homme idéal. Ses chansons révèlent un tel romantisme…. Une qualité qu’on ne retrouve presque plus chez les hommes d’aujourd’hui», avoue-t-elle.

Visiblement, les fans sont beaucoup plus emballés par ce que sont ces stars que par ce qu’elles font. Leur charme, leur réussite, leur notoriété sont ce qui séduit le plus leurs admirateurs. Leurs œuvres, même si elles comptent, restent visiblement loin derrière.

Des marchands de rêves, voilà ce que sont devenus ces artistes pour des jeunes — ou moins jeunes d’ailleurs — qui rêvent d’une vie de strass et de paillettes. Une existence inaccessible qu’ils vivent par procuration à travers leur amour pour leurs idoles, mais aussi à travers les magazines people, véritable vitrine des célébrités où l’on trouve leurs passe-temps préférés, les endroits qu’ils fréquentent, leur dernière idylle... Tout y est pour assouvir la curiosité débordante des fans. Mais cette presse ne se contente pas de montrer des gens beaux faire de belles choses et afficher de beaux sourires. Toujours en quête de scoops et d’images choc, fouinant dans la vie privée des stars, elle dévoile au grand jour les déboires et les vilains défauts de ces gens, en apparence si parfaits. Ce qui ne diminue en rien l’admiration que leur vouent leurs fans. Bien au contraire... «Vaut mieux être une princesse malheureuse, qu’une “incognito” heureuse», assure Sonia, avec une touche d’humour. Décidemment, même dans le malheur, les stars people continuent à nous séduire.

Quand le rêve devient réalité…

Aujourd’hui, on ne se contente plus d’aimer une star…on peut le devenir.
Les entreprises d’audiovisuel, persuadées de tenir un bon filon, vous proposent de concrétiser votre rêve pailleté et de goûter enfin à la célébrité. Vous aussi, vous avez le droit d’être reconnu dans la rue, de signer des autographes et vous exposer aux flashs ! N’ayez crainte, pas besoin de talents particuliers. Il suffit de pactiser avec quelques caméras indiscrètes.
Accepter d’être épié à longueur de journée, et devenir une star. Le jeu est tentant pour plus d’un. D’autant plus que les émissions de télé-réalité connaissent un succès fou auprès du public qui ne cesse d’en redemander. Vous étiez fan, vous allez devenir star…Tant pis si vous n’avez rien à proposer à part votre image et une « tranche » de votre intimité, c’est justement de cela dont on a envie.
Entretemps, les timides et les pudiques continueront à admirer leurs idoles et, pour les plus «fans» d’entre eux, à suspendre leur vie à cette présence, pourtant fantomatique, qui les remplit entièrement…

Khaoula C.
Source : LaPresse.tn


Dernière édition par steph le Lun 12 Mai - 20:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Lun 12 Mai - 20:20

Docteur, est-ce normal ?

Silvia Galipeau
La Presse

Antoine Bioy est psychologue clinicien à Paris, également maître de conférences à l'Université de Bourgogne, à Dijon, et, surtout, auteur de Mylène Farmer, la part d'ombre, un ouvrage portant spécifiquement sur la fan attitude. Nous lui avons posé quelques questions.

Q: Tout d'abord, qu'est-ce qu'un fan? Le terme est-il vraiment un dérivé du mot fanatisme?

R: C'est un terme un peu ambigu. À l'origine, très basiquement, être fan veut simplement dire admirer une personne et suivre sa carrière. Ensuite, ce qu'on a l'habitude d'appeler fans, ce sont des gens qui vont avoir une sorte d'amour un peu électif, particulier, pour une personne donnée, mise en place d'icône. Une sorte d'idolâtrie va naître envers une personne connue. (...) Oui, c'est un dérivé du mot fanatisme, mais au sens soft, c'est-à-dire aimer démesurément une personne connue.

Q: Est-ce normal d'être fan?

RL À la base, c'est un phénomène qui est logique et tout à fait normal: n'importe quel enfant a besoin d'idoles pour pouvoir se construire. Simplement parce qu'on a besoin de repères. Et l'enfant, en particulier, va chercher auprès de ses parents ou d'autres adultes un certain nombre de choses auxquelles il peut s'identifier et qui peuvent l'intéresser. À l'adolescence, cette identification est tournée vers des personnages publics. Logiquement, donc, la fan attitude est quelque chose qui doit disparaître avec le temps. Une fois que l'individu s'est complètement construit, une fois qu'il a trouvé ses propres repères, et qu'il a bien engagé sa vie, on peut admirer un certain nombre de personnes, mais logiquement on ne doit plus mettre quelqu'un au rang d'icône ou d'idole.

Q: Quoi penser des adultes toujours aussi fans? Est-ce que leur fan attitude relève alors de la pathologie?

R: Non. C'est vrai que certains adultes gardent un lien très fort avec leur icône. Du coup, leur fan attitude devient quelque chose de beaucoup plus proche du mélancolique. Il y a quelque chose dans l'idole qui rappelle le passé qu'on a eu, quelque chose qu'on a perdu. Ensuite, effectivement, une petite frange de la population parmi les fans (moins de 5%) est dans la pathologie: c'est l'érotomanie. Cela fait partie des troubles paranoïaques. Mais cela concerne quand même très peu de fans. On voit parfois certains cas dans l'actualité: les fans que l'on retrouve dans les chambres d'hôtel des artistes, ou ceux qui essayent de tuer leur idole. C'est un processus complètement pathologique où l'individu a l'impression qu'il est aimé par la star, mais que la star ne le sait pas encore. Du coup, il va tout faire pour se rapprocher de la star. Ou alors ce sont des personnes qui vont se mettre en position de défenseur, pour défendre bec et ongles l'artiste, le comparant à Dieu, le défendant quand d'autres la dénigrent. Ce n'est pas du tout une fan attitude normale. C'est une pathologie.

Q: Comment déceler la fan attitude normale de la pathologie?

R: L'érotomane ne s'en rend pas compte. C'est l'environnement qui va déterminer s'il y a quelque chose de normal ou non. Il y a un seul critère: indépendamment de l'âge, est-ce que mon amour pour une idole m'empêche de vivre une vie sociale normale? Si je commence à avoir un absentéisme au travail parce que je veux voir tous les concerts de la star, on est dans la pathologie. La seule réponse est alors psychiatrique. Il n'y a pas d'autre solution.

Q: Faut-il s'inquiéter de la fan attitude de son adolescent, si celui-ci semble s'enfermer dans son univers?

R: Il faut proposer aux parents de s'intéresser à l'idole. Ne pas brusquer l'enfant, mais comprendre pourquoi il s'y intéresse tant. Pour rétablir la communication avec l'enfant. Si on a l'impression que l'enfant rentre dans une coquille et ne vit que pour son idole, il faut comprendre ce qu'il trouve à son idole pour mieux le comprendre lui.

Q: Est-ce que tout le monde passe par une fan attitude?

R: C'est plus ou moins marqué selon les personnes. En fait, c'est surtout marqué si à l'adolescence, on élit une ou deux stars auxquelles on s'identifie totalement. Du coup c'est très évident. Mais cela peut être moins visible quand, en fonction de nos besoins ou de nos questions existentielles, on multiplie les idoles différentes. Le phénomène général, le besoin d'identification est valable chez tout le monde, mais la visibilité est différente selon les individus.

Q: Comment interpréter cet «amour» du fan envers son idole? Les réactions excessives, crises de larmes, évanouissements?

R: On peut se permettre «d'aimer» un chanteur parce qu'on sait qu'on ne l'aura pas. On peut se permettre d'exprimer un certain nombre d'émotions fortes envers cette personne-là, parce qu'en même temps, on sait que ce lien est impossible. Ce n'est pas un amour véritable parce qu'il n'y a pas d'interaction. À l'adolescence, on peut se permettre d'avoir ce lien fort avec une idole, et du coup faire plein d'expériences. Avoir une idole c'est aussi ça: faire l'expérience de ce qu'est le sentiment amoureux. Une expérience «économique» parce que comme il n'y a pas d'interaction, je ne me mets pas véritablement en danger. Cela permet d'apprivoiser le sentiment de l'amour. (...) Or si l'autre apparaît, si je peux toucher mon rêve, c'est quelque chose qui paradoxalement n'est pas totalement acceptable. Pour pouvoir idolâtrer une star, il faut que la star reste star. Il faut que la star conserve son statut mythique. Si je touche du doigt l'autre, parfois ce n'est pas supportable, d'où l'évanouissement.


Source : cyberpresse.ca
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Lun 12 Mai - 20:23

La fan attitude

Silvia Galipeau
La Presse

Il y a le préado qui tapisse ses murs de photos de Kovalev. La jeune adulte, qui a transformé sa maison en temple d'Ariane Moffatt. Ou la groupie qui, 30 ans après sa mort, publie ses souvenirs de Claude François.


Alors que la folie des séries éliminatoires bat son plein, que sort ces jours-ci Chapter 27 aux États-Unis, un film sur l'assassin obsédé de John Lennon, Actuel décortique pour vous ce que les psys ont baptisé: la fan attitude.

On y est plus ou moins tous passés. Rappelez-vous. Vous aviez quoi, 10, 12, 14 ans, et vous ne viviez que pour a) Madonna; b) Patriiiiick ou c) - n'importe quelle vedette du monde des arts, des sports, ou autre. Et c'est tout à fait normal, nous apprend Antoine Bioy, psychologue français et coauteur d'un livre sur Mylène Farmer (Mylène Farmer, la part d'ombre, publié en 2003). C'est normal, même utile à plusieurs égards, tant que le reste du monde, lui, continue de tourner.

Certains sont plus intenses que d'autres. Le collègue MC Gilles a publié l'an dernier une entrevue avec une jeune femme, fan finie d'Ariane Moffatt, qui a transformé sa maison en musée consacré à son idole, créé une page MySpace en son honneur et même mis sur pied un minifestival: le MoFest.

En entrevue à Infoman, une autre fan, plus âgée celle-là, a dit se considérer «chanceuse» de vivre dans ce siècle, pour connaître «le plus grand chanteur que l'humanité ait jamais connu». Tenez-vous bien: Sylvain Cossette. «Elle l'avait suivi à Paris, à Sept-Îles. S'il avait un spectacle quelque part, elle arrivait. C'était de l'idolâtrie, elle en parlait vraiment comme si c'était un dieu. C'était troublant», se souvient MC Gilles.

Attitude normale

Troublant, mais pathologique? Tant que cet «amour» ne mène pas le fan à s'isoler, à restreindre ses activités sociales, il n'y a pas à s'inquiéter, soutient le psychologue français Antoine Bioy, qui s'est penché sur la fascination des fans français pour Mylène Farmer, une chanteuse dont la popularité ne se dément pas depuis près de 20 ans dans l'Hexagone (née, pour la petite histoire, à Pierrefonds, au Québec!).

Mais à côté de cette fan attitude «tout à fait normale» qui s'exprime certes à différents degrés (il y a une marge entre coller des affiches, collectionner des revues et suivre un artiste à TOUS ses spectacles), poursuit l'expert.

Il y a aussi des cas plus inquiétants, bien qu'extrêmement rares: les érotomanes, une fan attitude devenue pathologique. C'est le cas de l'admirateur qui, un jour, s'est rendu à la maison de disques de Mylène Farmer pour la rencontrer. Le réceptionniste a refusé et il l'a assassiné.

On se souvient aussi du fan qui a envoyé à Björk une cassette vidéo montrant son propre suicide. Ou, le plus (tristement) célèbre Mark David Chapman, qui a abattu John Lennon au pied de son immeuble new-yorkais, le 8 décembre 1980.

Ne pas sauter aux conclusions

Mais rassurez-vous, ça n'est pas parce que votre fille s'est évanouie au spectacle d'Avril Lavigne que son cas frise lui aussi la pathologie.

«C'est tout à fait normal. Souvent, il y a des raisons très concrètes: il fait chaud, on a passé des heures debout, on est souvent déshydraté», rassure le psychologue qui voit, ponctuellement, quand les médias s'intéressent à la fan attitude, débarquer des parents inquiets dans ses bureaux. «Il est vraiment extrêmement rare de tomber sur un cas inquiétant, insiste-t-il. À la base, ce sont des personnes déjà atteintes. La pathologie n'est que déclenchée avec la star.»


Source : cyberpresse.ca
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Lun 12 Mai - 20:28

La fan-attitude

Ils savent bien qu’ils font sourire et que leur attitude est parfois jugée ridicule. Mais qu’importe. Ils connaissent les limites à ne pas franchir pour éviter de tomber dans l’excès. Ils rient d’eux-mêmes, un peu gênés par le discrédit, mais reconnaissent volontiers que leur passion est « quelque chose de très sérieux ». Les fans ont leur raison que la raison ne connaît pas.


Fan de Dalida depuis quarante-trois ans : Christian, l’amoroso
Christian Warnant, bientôt cinquantenaire, Berckois, était encore sur la tombe de Dalida cette semaine. La grande dame lui manque. « J’y pense tout le temps… » souffle-t-il en souriant. Avec émotion, il se souvient des rencontres précieuses de la chanteuse et montre les photos prises en concert. Il avoue « aller tous les jours sur le site officiel pour se tenir au courant des nouveautés » et reconnaît que « tout cela peut paraître totalement imbécile mais il est certain que la passion pour cette artiste a positivement influencé ma vie, forgé ma sensibilité et m’a procuré – me procure encore – beaucoup de plaisir… »

Le petit Christian a été transpercé par les foudres de l’amour en 1962, chez sa grand-mère. Il avait huit ans. Dalida participait alors à l’émission Télé-dimanche, présentée par Raymond Marcillac. « Elle chantait pour la première fois la chanson du film Le jour le plus long et portait une petite robe noire style Courrèges. J’ai été si marqué que je me souviens même de la suite du programme : c’était un film avec Édith Piaf et les Compagnons de la chanson : Neuf garçons et un cœur. » À partir de ce jour, Christian s’est mis à collectionner tout ce qui touchait à son idole : disques, coupures de presse, livres, places de spectacle… « Je suis allé la voir le plus souvent possible en fonction de mes moyens financiers. Quand elle passait à l’Olympia, tous les soirs à 23 heures, je quittais l’appartement de mes parents à Paris et j’allais lui dire bonjour deux minutes dans sa loge. » Il fréquentait alors un fan-club et quelques-unes de ses amies étaient d’ardentes groupies. Patricia avait déménagé pour vivre à côté de la chanteuse et fouillait dans ses poubelles ; elle suivait toutes ses tournées et dormait sur les plages. Isabelle, elle, après le décès de son idole, demeurait en grand deuil, agenouillée sur le trottoir à proximité du cimetière. Christian se souvient de cette époque en riant. Aujourd’hui il a décollé les posters des murs. Ses beaux classeurs, ses journaux, sa collection de magazines sont rangés dans un large tiroir, ses livres et vidéos sont alignés dans la bibliothèque et les centaines de disques très rares, sur les étagères, ne se différencient pas des autres. Seul détail trahissant la passion toujours brûlante : un grand portrait de l’artiste, peint par l’homme lui-même. Dalida accueille le visiteur dans l’appartement élégant. Sur le tableau, le regard de Christian et l’émotion : « elle est une des personnes les plus importantes de ma vie ! »


Fan-club Johnny-Hallyday côte d’Opale
La communauté
Se retrouver entre fans, échanger des disques, des photos, des informations, partager une soirée, organiser un bus pour Bercy, préparer une foire aux disques… le fan-club Johnny-Hallyday côte d’Opale est « une nécessité ». Pour son président, Francis Lequeutre, sapeur-pompier, « Nous nous retrouvons en communauté. » Les uns et les autres admirent le côté rebelle de l’artiste. Les uns parfois plus que les autres… Gilles Vasseur du Portel, dit Pilou, « chante du Johnny, s’habille comme lui et tente actuellement d’acheter son costume du Parc des Princes 2003. »

Le Fan-club Johnny-Hallyday côte d’Opale, à Boulogne-sur-Mer, voisine celui de Saint-Étienne-au-Mont : Les potes de Johnny (site Internet www.lespotesdejohnny.com). Ici, point de rivalités traditionnelles entre clubs. L’engouement pour l’artiste paraît le seul point important. Francis Lequeutre rit : « On a tous en nous quelque chose de Johnny ! » Il se dit fasciné par la vie du chanteur, « c’est un roman, il faut le reconnaître ! » et surtout pour la durée de sa carrière, « Johnny est un mythe. Il fait partie du patrimoine français. » Les membres du club se rassemblent une fois par trimestre. De 17 à 70 ans, issus de tous milieux socioculturels, ils sont près de cinquante adhérents. Certains, les « mordus », recherchent avec avidité, accessoires, médaillons, briquets… et disques bien sûr. Les disques les plus rares sont estimés à 200 euros. Philippe, un membre belge du club, est connu dans toute l’Europe pour ses très rares 45 tours, « il ne vit que pour ça ». Le président, lui, a la collection modeste, même s’il conserve les belles pièces sous leur cellophane, pour garder leur valeur. «J’ai pas mal de vinyles et de CD… Tout m’intéresse. C’est une façon de passer à travers les soucis de la vie. »


Être fan pour se construire

Jean-François Terakowski, psychologue clinicien et psychopathologue au Centre hospitalier d’Arras, a son avis sur la question. Qui n’a pas été fan ? À tous ceux qui se demandent pourquoi ils idolâtraient en 1969 Julien Clerc, dans Hair, au point de guetter, l’œil humide, la moindre de ses apparitions dans Salut les Copains, et à tous les fans actuels de Marilyn Manson qui a embrasé Gayant expo en juin dernier, à Douai, voici quelques éléments de réponse.

« Être fan est un processus structurel et constitutionnel naturel qui permet très tôt les échanges interpersonnels », explique Jean-François Terakowski. Kezako ?
C’est simple : le processus d’identification commence dès la naissance. De 3 à 6 ans, l’enfant prend conscience qu’il est un être sexué en choisissant dans son environnement proche, une personne du même sexe pour s’identifier. À cet âge, la petite fille imite sa maman et le petit garçon, son papa. L’enfant, puisant ainsi des choses chez l’autre, se les attribue. On parle d’«introjection». Il se construit peu à peu. « On peut donc s’interroger quand un petit garçon imite sa maman et une petite fille, son papa. »

À l’adolescence
Les parents endossent ensuite le rôle de « représentants de l’autorité ». L’ado, lui, n’accepte plus de s’entendre dire ce qui est bien et ce qui est mal ! Il veut s’émanciper. Bonjour la bande de copains rappeurs rebelles, bienvenue la tribu gothique métal ! Le phénomène de groupie commence là, avec son leadership. Quel plaisir de transgresser les valeurs des parents ! « L’adolescent prend chez l’idole sa façon de s’habiller, son prétendu mode de vie… puis un jour, vers 18 ou 20 ans, se détache du processus. » Le jeune adulte apprécie davantage les « genres » : le cinéma fantastique, le roman policier…
Il arrive que l’adulte continue d’être fan. S’il l’est d’une personne disparue cela peut signifier qu’il est nostalgique d’une certaine époque. S’il est groupie d’une idole vivante, il évolue et change avec elle. « Dans les deux cas, l’idole comble les failles et les manques que le fan porte en lui depuis l’enfance. »

L’excès dans la fan-attitude
Quand le fan n’a plus de recul face à son idole, que ce soit dans le cas d’une identification partielle ou totale, il y a problème. « Le fan-sosie qui se grime ressent une émotion quasi-orgasmique si on le prend pour son idole. Il n’a plus un rapport sain avec la réalité. Le fan excessif est comparable à une plante qui a besoin de son tuteur pour rester droite ; si on lui ôte, elle tombe. »



Mélanie Renault
Aïe ! Mon fils est un fan excessif !

Pour Jean-François Terakowski, « Dans 99 % des cas, l’idolâtrie passe avec le temps. En général, les parents rationalisent, ils savent que c’est la crise d’adolescence. » Reste pour eux à veiller sur les leaders des « tribus » et surtout à trier le faux du vrai.
« Pour certains cas très rares, le recours à la pédopsychiatrie s’avère nécessaire. Le médecin recentre alors le jeune sur sa personnalité, mais si les fondations du jeune sont solides, l’immeuble ne devrait pas s’écrouler. »


Françoise : on est vraiment phénoménal…
Certes, la fillette qu’elle était, suivait de temps à autre son père aux matches du Racing club de Lens. Certes, dès qu’elle a su tricoter, elle a attaqué une écharpe aux couleurs de Lens… mais depuis le temps, Françoise Damageux avait un peu perdu de vue son équipe. Aujourd'hui, le foot l’a rattrapée, sans qu’elle n’y prenne garde. Parisienne, sage-femme cadre, titulaire d’un diplôme universitaire d’éthique médicale, elle porte fièrement à la maternité, des chaussettes sang et or le lendemain des victoires.

Sa fille Alice hausse les épaules et lâche : « C’est péquenaud ! » ; Benjamin, son aîné, décroche un peu honteux du rétroviseur, le fanion RCL. Quant à son mari, Philippe, il se moque quand elle enfile une écharpe sang et or pour regarder seule, les matches à la télé. Ceux qui se déroulent à l’extérieur. Elle se déplace systématiquement à Lens pour toutes les rencontres à domicile. Quitte à partir en pleine semaine, après le boulot et à revenir tard dans la nuit. « C’est un vrai budget quand on compte l’abonnement, les péages et les pleins… » Françoise Damageux a calqué les visites dans sa famille du Nord avec le calendrier du championnat. Le samedi, elle va au match avec son frère, parfois avec plusieurs membres de la famille. « Ensuite, on se dépêche de rentrer, on passe prendre des frites et on regarde la télé ! » Françoise reconnaît volontiers avoir une écharpe, des chaussettes, un polo manches longues, des T-shirts, des stickers… « je ne crains pas le ridicule, je connais toutes les chansons… mais je ne veux pas être considérée comme une débile. Je suis fan, pas fanatique ! J’aime cette équipe et les valeurs qu’elle véhicule, à travers elle, je revendique mon appartenance à la région ! »


Laurent, passionné de séries TV
N’allez pas dire à Laurent Blanquin qu’il est fan, il se fâcherait. « Je suis simplement curieux. Quand quelque chose m’intéresse, je veux tout savoir. » Le jeune homme est un passionné. Passionné entre autres de séries TV.

Alias, Buffy, Touche pas à mes filles, FBI portés disparus, Les experts, New Port Beach, Lost… Il connaît leur histoire, leur créateur, leurs acteurs et ne supporte pas l’imprécision, l’imperfection et la manie que la télévision française a de couper des scènes, sauter des épisodes ou les passer dans n’importe quel ordre. « J’ai toujours adoré le cinéma et j’ai longtemps cru que les séries étaient sans intérêt. » Erreur ! Pourtant, de là à se rassembler et à se déguiser pour assister à des conventions qui réunissent les admirateurs… il y a un pas que Laurent ne franchit pas.


M.-P. Griffon
Source : L'Echo du Pas-de-Calais
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Lun 12 Mai - 20:38

Autres témoignages :

Les Fans Hystériques, Sont-elles Appréciées Par Leurs Idoles ?


Les fans hystériques sont-elles appréciées des pseudos starlettes?

Pensez-vous en tant que fan d'une idole, que votre idole apprécie ce genre d'hystérie? Pensez-vous qu'il apprécie, vous croisez dans la rue et se faire taper sur l'épaule par une inconnue (que vous avez suivis sur le 24/24, que vous croyez connaître, mais lui/elle ne vous connaît absolument pas!?
Enfin bref je veux tout savoir...


J'ai aussi une autre question qui me trotte dans la tête, pourquoi est-ce seulement des filles?


En exemple Garou, dit:

Personnage sociable s'il en est un, Garou est également de ceux qui compensent la distance qui les sépare de la maison par la présence de gens qui leur sont proches. Ses vieux copains Hugo Veilleux et Francis Delage occupent tous deux des emplois dans l'équipe de tournée. C'est le premier qui est chargé de protéger le chanteur de ses fans les plus hystériques... Preuve que son travail n'est pas de tout repos, Garou s'est littéralement fait arracher une chemise sur le dos pendant sa dernière série de spectacles en France.

« Avec le temps, c'est devenu plus insupportable. Je n'ai jamais fait le métier pour être une star, je n'ai jamais eu envie de jouer à la star. Mais ici, ma vie est complètement différente. Je vis à l'hôtel, puisque je n'ai plus d'appartement à Paris. Cette année, j'ai été plus souvent à l'hôtel qu'à la maison. C'est pour ça que je suis entouré d'autant de chums. Au lieu de me compliquer la vie, j'essaie de me la rendre plus simple (...) Le seul avantage, pour l'instant, c'est que je n'ai pas de blonde ! » lance en boutade Garou avant de se rétracter. « Si on en croit les tabloïds français, ma blonde est ici ce soir ! Mon amour d'amie... », fait-il à l'intention de Nata-sha St-Pier, venue lui dire bonjour dans sa loge du Zénith. La veille, c'était au tour de Corneille de venir lui serrer la pince en coulisses.

Source : comlive.net


Fanatiquement fan

Comme vous les savez tous, je suis en plein partiels. Je suis tombée sur cet article dans Trendnow et il décrit parfaitement ma pensée sur le phénomène :

« Cette semaine, je crois que personne n’a pu passer à côté du 60ème Festival de Cannes. Si, vous savez, cette compétition hype du 7ème Art qui fait aujourd’hui malheureusement couler plus d’encre sur les stars que sur le cinéma lui-même.

Seulement, vous avez peut-être raté un élément pour ma part marquant : les fans … de stars ! Attention, je ne parle pas de ceux qui vont voir tous les films d’un acteur parce qu’ils admirent son jeu, mais de ceux qui peuvent l’attendre 8 heures dehors debout sous la pluie pour le voir passer dans une voiture derrière une vitre teintée à 100 mètre de distance ! Même le Pape a de quoi jalouser les stars pendant cette semaine !

J’ai beau essayer de saisir l’enjeu de cette admiration fanatique, en vain ! Les fans ont divinisé les stars telles les idoles du XXIème siècle. Leur toucher la main, avoir un autographe, être pris en photo avec elles deviennent leur Graal cinématographique, une consécration aux allures mystiques hors de ma portée !

Comment peut-on à ce point se dépersonnaliser face à un être qu’on ne connaît pas, qu’on ne perçoit qu’à travers le média le plus trompeur qui soit, et pour lequel on compte sûrement autant qu’un petit dollar dans la somme d’un cachet ?

Qu’est-ce qui fait que des gens perdent la tête auprès d’une célébrité, qu’ils tombent dans un état d’excitation euphorique ridicule suivi de sautillements, de cris, de photo-mania au portable ou même de pleurs ? La people addiction serait-elle un nouveau culte mondial ?

Les fans appellent leurs idoles par leurs prénoms façon potes de maternelle, connaissent tout de leur vie pseudo-intime, imitent leurs lubies, bref ils les ont déclarées de domaine public et par-là pensent avoir un quelque lien avec elles.

Alors certes, je croquerais volontiers le ferme popotin de Jude Law mais de là à être gagnée d’hystérie en le voyant! Il faut quand même savoir (attention âmes sensibles) que les stars sont humaines et que la seule chose qui nous en sépare (hormis l’argent, les belles filles et la gloire) c’est une caméra … et un peu de talent certes, mais soyons francs, on ne bave pas devant George Clooney pour ce détail là !

Alors même si cette attitude a une dimension comique, elle n’en garde pas moins une part de pathétique : que ce soit par envie, par idéalisation ou par besoin de transfert, l’idolâtrie a quelque chose de malsain (voire de flippant) … Et ce n’est pas mon Brad en 4×3m sur le mur de ma chambre qui vous dira le contraire …

Et vous, une idole ou un acteur vous fait disjoncter ? »

Source : bouh.wordpress.com
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steph

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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Lun 12 Mai - 20:42

Et en synthèse :

LA COLLE DES FANS

Horreur de l’actu chaude : PAF ! Séverine Ferrer, prêtresse du vénéré, adulée par des hordes d’idolâtres boutonneux, boutée hors du sanctuaire Fan de ! Une tragédie aux yeux de ses fidèles qui nous rappelle ô combien les célébrités célébrées essaiment au rythme de leurs aspirants warholiens, en quête de gloriole et de reconnaissance gluante. Œuvres, auteurs, sujets... tous peuvent prétendre à devenir 100 % CULTE , avec des vrais morceaux de fans à l’intérieur. Pourquoi ? Comment ? Deux ouvrages collent à la question et nous éclairent...

FAN ETHIQUE

Bienvenue dans l’ère des croyants cathodiques, des fidèles musicaux et autres sujets d’adeptes.
Cultes et fans sont nombreux, mais tous ne se valent pas. « Je me suis créée par rapport à elle, j’ai façonné ma personnalité en fonction d’elle. »*, Karen, 25 ans. Cette fan de Mylène Farmer dont la vie et le système de valeurs gravitent autour de son étoile fétiche est-elle vraiment comparable au fan de Garfield qui collectionne bandes dessinées et figurines ? Sans doute pas.

Et pour le comprendre, ce mois-ci, deux bouquins radicalement différents mais complémentaires décortiquent la condition du fan. A savoir : "Fan attitude" d’Eliane Girard et Brigitte Kernel, et "Les cultes médiatiques - Culture fan et oeuvres cultes", ouvrage collectif mené sous la direction de Philippe Le Guern.
Si le premier livre les témoignages (touchants, ridicules, amusants - toujours édifiants) de fans ayant pris la parole à l’antenne radio de France Inter, le second dissèque sous toutes ses coutures la mécanique de ces membres qui agitent ainsi l’étoffe de leurs héros.


PLUS DE FUN

Le fan est un animal bigarré, exotique et propre à susciter les curiosités de tous poils. Ces adorateurs remarqués sont le joujou préféré des médias qui à leur tour les exhibe sous vitrine 16/9e. On pensera notamment à C’est mon choix et ses sosies fans de..., à Ça se discute avec "je vis une passion envahissante" et autres consorts. Exhibé comme une bestiole de foire, le fan en ferait presque oublier le rôle qu’il joue au-delà de sa singularité personnelle, si distrayante au regard du profane.

Le vrai fan, tel que l’entend Jostein Gripsurd, manifeste « un engouement qui conditionne un style de vie complet »**. Loin du simple amateur en proie à une légère lubie, l’implication profonde du fan se traduit donc par un comportement totalement dévolu à son centre d’intérêt. La convergence de toutes ses actions participe ainsi à en faire un producteur de sens, réflechissant alors davantage qu’il ne reflète. Il devient un acteur qui, agrégé à sa communauté (de fans-producteurs et de fans-consommateurs), développe activement une culture spécifique et complexe.

A l’heure où l’on entend parler, séparément, d’une montée de l’individualisme, du phénomène communautaire et d’une quête de sens corrélée à un regain de spiritualité, il y a sans doute là une relation que l’on peut explorer par la Fan attitude.
Enrichissant le sens de l’œuvre ou de son auteur fétiche, le fan transcende sa ressemblance ou sa filiation spirituelle pour en faire un élément de distinction individuelle au regard des autres et ce, qu’il s’agisse des croyants qui constituent sa communauté comme des incroyants qui, par leur attitude de rejet, ancrent et réaffirment l’existence singulière de la communauté culturelle d’une part et de chacun de ses membres d’autre part.

RESTONS GROUPIES

Pour critiquable que soit le fan, il est toutefois un point difficile à remettre en cause, à savoir la sincérité qu’il manifeste au travers de son culte forcené. En revanche, au petit jeu du mentor menteur, celle des idoles est parfois plus contestable. Quand certains fans ont la chance de voir leur Jean-Louis Murat organiser spécialement à leur intention des courses au trésor, d’autres subissent le contrôle, voire le courroux de leur maître. A l’épreuve de la force, George Lucas semble prendre la tête.
Et Henry Jenkins de préciser que « LucasFilm au travers de ses avocats s’évertua à mettre un terme aux sites web des fans de Star Wars et empêcher la diffusion de fanzines. Au fil des années, Lucasfilm est devenu l’un des groupes les plus agressifs en matière de censure à l’encontre de la production culturelle des fans »**.

Le web, media communautaire par excellence et privilégié par les fans, est aussi l’instrument de leur récupération commerciale par les majors ou les artistes eux-mêmes. George Lucas, en dépit de son apparente désapprobation, a pris en compte les réactions de fans comme autant de post-tests pour rectifier le tir-laser des épisodes suivants : remember Jar-Jar Binks !
Sous la pression de fans envahis par le côté obscur et devenus colère (cf. le fameux site killjarjarbinksnow), il est manifeste que le sieur Lucas ait considéré l’opportunité de réduire le rôle de sa créature trépanée menaçante à une apparition fantomatique... Rest in peace JJ.

Par ailleurs, l’orchestration e-marketing d’Artisan Entertainment pour le Blair Witch Projet, précurseur s’il en est, a su mettre à profit le phénomène pour le succès qu’on lui connaît. Depuis, la recette a fait des émules et les fans comptent maintenant leurs propres fanatiques parmi les sphères artistiques et commerciales...

A-t-on alors vraiment les fans que l’on mérite ?


(*) "Fan attitude", Eliane Girard et Brigitte Kernel. Ed. Librio

(**) "Les cultes médiatiques. Culture fan et oeuvres cultes"
Philippe Le Guern, Collectif - Ed. PU Rennes - Coll. : Le sens social

Jul
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Nine
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Jeu 15 Mai - 11:54

Brillant exposé sur le phenomène FAN ATTITUDE c'est une pathologie
que nous avons subie sur certains forums, ce qui est bien regrettable !

merci pour cette lecture tres interessante.

Anny
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Mer 21 Mai - 2:50

Steph, génial ces exposés, je n'ai pas eu le temps de tout lire avec attention mais je me le réserve.

d'une lecture rapide et en travers je suis sûre déjà que ça va m'intéresser.

moi qui me posais la question de savoir pourquoi devenue fan à 58 ans.

Je vais y puiser ma réponse.

Merci

Cheftaigne marseille
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sabine

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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Mer 21 Mai - 5:55

merci Steph! bisous
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Jeu 10 Juil - 1:18

Un regard à prendre au 2e degré 👅

Découvrez Pascal Obispo!

SA VIE C EST D ETRE FAN Rolling Eyes

J’ai toujours eu un peu de mal avec les gens fanatiques d’une célébrité. C’est vrai quoi, on se demande si ils ont un minimum de personnalité quelque part ? Je n’ai rien contre eux, surtout qu’ils me font bien rire. Je crois que mes préférés c’est les pâles copies de Cloclo ou encore de Johnny.

Ça relève limite de la schizophrénie pour certains. La coupe de cheveux, les costumes, les mimiques, la voix, l’attitude tout y est. Je trouve ça complètement dingue de se calquer 100% à quelqu’un et finalement occulter qui ils sont au fond. Je ne dis pas que la totalité des fans est aussi extrémiste dans leur délire, nonobstant ce culte qu’ils peuvent vouer à une personne qui certes est un artiste mais qui fait caca comme tout le monde, m’interpelle.

Alors quand quelque chose m’interloque, j’ai tendance à vouloir la cerner et la comprendre. Alors j’ai fait une petite étude sur le comportement de ces courtisans. On remarquera qu’il y a différents niveaux de fanatismes quand même. Tout d’abord, on va commencer en douceur pour ne pas heurter la sensibilité des plus jeunes.

Le fan passif ⭐

Il adule un groupe ou un artiste en particulier. Il va aux concerts, achète ses CDs, il est possible qu’il se paye de temps en temps un bouquin sur son artiste favori mais ça ne relève pas de la lubie. Il a sa propre personnalité et sait faire la part des choses. Il a une vie sociale normale, des amis qui aiment la même musique mais il n’est pas fermé à d’autres types de musique. Généralement c’est quelqu’un de mentalement équilibré.

Le fan collectionneur ⭐

A la base c’est une personne qui collectionne. Il entasse, il ramasse et ne jette jamais rien. On le reconnait tout de suite tellement qu’il est poussiéreux. Il adore tout ce qui est bibelots et porte des t-shirts avec des chiens-loups. Il décore toute sa maison de différents objets à l’effigie de sa star favorite. Ce qu’il aime par-dessus tout c’est narguer ses copains du fan club avec tous les produits dérivés qu’il a déniché sur internet ou dans les marchés aux puces. Ça lui permet de se sentir supérieur, d’exister et d’être reconnu dans une communauté. En général, c’est un homme célibataire, souvent puceau, il a du mal à quitter le monde de l’enfance. Et s’il a eu une vie sexuelle, elle est loin derrière lui.

Le fan sosie ⭐

C’est l’un des moins dangereux après le passif. Il a eu une enfance difficile. A l’école on l’appelait bouboule parce qu’il était gros, il avait également un appareil dentaire et des chaussures orthopédiques ce qui l’a traumatisé physiquement. Dès le primaire il n’avait pas confiance en lui. Un jour il découvre une célébrité, il la trouve belle, élégante, il vénère son talent et veut à tout prix lui ressembler. Il s’achète toutes les copies des tenues de son idole et quand il a gagné au PMU il s’achète l’authentique sur Ebay. Il fait tout pour lui ressembler trait pour trait. Même coiffure, même visage, il a éventuellement eu recours à la chirurgie esthétique grâce à Cofidis ou Cetelem. Quand la célébrité s’est totalement emparée de sa propre personnalité, il se lance dans la chanson lui aussi, avec un pseudo sorti de derrière les fagots comme Patrick François (au lieu de Claude) et revendique à qui de droit que Patrick c’est Patrick et Claude c’est Claude. Il l’appelle par son prénom quand il en parle parce qu’il l’a rencontré une fois à la salle des fêtes du village. Des fois même pour les stars les temps sont durs et ce n’est pas Franck Mickael qui me contredira.

Le fan dépressif ⭐

Il est complètement obsédé par sa star préférée. Il en est éperdument amoureux, il l’adore, il fait d’étranges découpages d’articles qu’il colle sur les murs de sa chambre, il est possible qui lui ait dédié un blog s’ il est un peu geek sur les bords. Il déteste qu’on en dise du mal, ça le fait vraiment souffrir, surement un manque d’affection lié à l’enfance. La star dans ce type de pathologie remplace le père ou la mère selon le sexe de la célébrité. Par exemple, c’est typiquement le type de fan que peut avoir Mylène Farmer, Britney Spears ou encore Madonna… Il finira soit par se suicider parce qu’il n’arrivera jamais à l’atteindre… Ou bien il commettra un homicide volontaire parce qu’elle n’aurait pas ramassé son doudou qu’il lui a jeté sur scène pendant un concert. Bah c’était sa peluche d’enfance tu comprends.

Cette liste relève du deuxième degré évidemment et est loin d’être exhaustive, si tu en vois d’autres ou si tu veux rectifier l’un de ces profils, je suis tout ouïe.


Dernière édition par Anny le Jeu 17 Juil - 19:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Jeu 10 Juil - 9:16

Anny merci.

Mais nous sommes tous, ici , un peu fans (passifs?!)
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Jeu 10 Juil - 13:33

mort de rire Anny !

Pour une fois heureuse d'être passive wink3
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Nine
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Mar 15 Juil - 11:32

ET POUR CONCLURE LE SUJET ! :bounce:

LA PATHOLOGIE CLINIQUE DU FAN :

L’érotomanie : Quand les fans pètent les plombs… shooté


Comment devient-on fan ? On pourrait avancer que ce phénomène complexe se déclare quand une personne s’intéresse véritablement à une musique qu’il apprécie et qu’il cherche à en apprendre plus sur sa « source », à savoir ceux qui l’ont composée. Dans une forte majorité des cas, le fan collectionne disques, photos ou articles de son groupe fétiche mais une extrême minorité saute le pas de la pathologie et devient littéralement obsédée par son idole.



Délire à gogo

Avant de commencer une description forcément vulgarisée de l’érotomanie, il nous faut préciser que les personnes souffrant de cette maladie ne s’attaquent pas uniquement aux célébrités. Ils peuvent également harceler des personnes de leur entourage comme leur patron, leur médecin. Comme vous avez entre les mains un magazine à vocation musicale, nous prendrons comme exemple des personnalités du monde de la musique. L’appellation érotomanie, tirée des mots grecs « eros » (« amour ») et « mania » (« folie »), est une maladie mentale reposant sur un délire passionnel chronique centré sur l’illusion délirante d’être aimé par une personne, le plus souvent inaccessible comme une vedette de la musique. Le harceleur érotomane est convaincu que l’objet de son affection l’aime avec ferveur et lui montrerait si certaines influences extérieures ne l’en empêchaient pas.

De l’espoir à la déception…

L’érotomanie est divisée en trois phases qui rythment la pathologie. La première est celle d’espoir. Il s’agit de la phase la plus longue, dans laquelle l’érotomane espère que l’objet de son amour va se déclarer ouvertement. Il va alors tout faire pour rentrer en contact avec la star qu’il aime : coups de téléphone à son domicile ou à sa maison de disques, envois de cadeaux, courriers ou mails, etc. Cette recherche de contact et de proximité peut aller jusqu’à la surveillance, le harcèlement ou la filature afin de connaître tous les détails de la vie de la victime. Parfois, les individus souffrant d’érotomanie en viennent à avoir des hallucinations. En effet, ils peuvent croire entendre leur star préférée leur parler directement à la télévision ou à travers leurs disques. Le délire peut également être interprétatif et chaque geste, réponse ou attitude sera compris comme des marques d’amour. L’érotomane se prend à imaginer que l’autre l’aime mais n’ose pas lui avouer. La deuxième phase est celle du dépit ou de l’orgueil blessé. A ce stade, le délire se double souvent d’idées paranoïaques où l’érotomane pense que des tiers empêchent la célébrité de répondre à son amour. Cette phase s’accompagne souvent de dépression qui conduit parfois le malade au suicide, ne supportant pas l’idée qu’il a pu se tromper et que son idole est totalement indifférente à son égard.

De la déception au meurtre

La troisième et dernière phase par laquelle l’érotomane peut passer est la phase de rancune. Furieux de voir que sa soit-disant relation avec la célébrité n’évolue pas comme il le souhaite, il redouble d’efforts, intensifie son harcèlement et devient agressif. Il peut adopter l’attitude selon laquelle « si je ne peux pas l’avoir, personne d’autre ne l’aura ». L’individu se lance alors dans une campagne de harcèlement, d’intimidation, de terreur psychologique. Son motif peut être la pure et simple vengeance ou l’illusion qu’il peut enfin convaincre sa victime d’entamer la relation qu’il souhaite depuis tant de temps. Son agressivité peut s’exprimer par des passages à l’acte pouvant aller jusqu’à la tentative de meurtre de la star.

Quelques victimes célèbres

En 1996, un jeune homme de 21 ans, Ricardo Lopez, a envoyé un colis piégé à la chanteuse Björk. Ce colis contenait un mécanisme qui devait, une fois ouvert, projeter de l’acide sulfurique au visage de sa victime afin de la défigurer. Heureusement, l’envoi a été intercepté et n’arriva jamais à destination. Parallèlement, Ricardo Lopez filma son propre suicide. Sur cette cassette, il expliqua ses actions par sa déception face aux aventures sentimentales de Björk. Mylène Farmer a également été la cible d’un érotomane.
En 1991,

Un fan de 27 ans pousse la porte de Polydor, la maison de disques de la chanteuse. Sans un mot, il sort un fusil de son manteau et tire. Le réceptionniste est mortellement touché. Le forcené monte dans les étages, s’apprête à faire feu de nouveau mais son arme s’enraye. Il dira à la police avoir ainsi agi pour se venger de Mylène Farmer qui n’avait pas répondu aux nombreuses lettres qu’il lui avait envoyé. Selena, une jeune chanteuse latino-américaine a été abattue en 1995 par la fondatrice et la présidente de son fan-club.

(il s'agit là de cas extremes mais qui existent). pleurs
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mauricette

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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Mar 15 Juil - 15:13

merci
steph merci pour ce jolie compte rendu
qu'elle courage d'écrire tout cela :816989sw5:
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liliane
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Mar 21 Déc - 18:10

Les fans, ces lobbies qui font trembler l'industrie du disque

Capables de compromettre le succès de l'album posthume de Michael Jackson ou de faire passer Rage Against the Machine pour un groupe d'enfants de choeur, les fans font trembler l'industrie du disque. Atout ou menace ?


Un des événements musicaux les plus attendus de 2010, la sortie du premier album posthume de Michael Jackson, a failli être le fiasco de l'année. Alors qu'approchait la date fatidique de la mise en bacs, le 10 décembre, une info s'est mise à courir sur le Net, annonçant que la voix de Breaking News, titre extrait du CD Michael, ne serait pas celle du roi de la pop . Sédition des fans et représailles immédiates sous la forme de pétitions peu conciliantes et autres attaques médiatiques afin que Sony, le label, retire le morceau litigieux.

Branle-bas de combat : Sony Music France organisait le 6 décembre une écoute exclusive de Michael pour les fans français. Sage stratégie que celle de la transparence. Sur leurs sites, les jacksonophiles ont souligné la bonne tenue de l'album, même si certains regrets subsistent concernant une voix parfois gonflée à la technologie.

Activiste dans l'âme, il peut torpiller le système


Aujourd'hui, le fan a de plus en plus d'influence. Et à tous les niveaux : économique, médiatique, artistique. Il est d'abord le seul dont on est certain qu'il achètera l'album de son idole. A l'heure de la gratuité potentielle de la culture, cet olibrius prêt à sortir monnaie et Carte bleue pour satisfaire ses désirs est donc fort courtisé. Selon les études marketing, il existe trois types de fan : le "true fan", l'inconditionnel, qui dépensera sans compter ; le "regular fan", l'assidu, qui suit de près un artiste et se procure régulièrement ses disques ; enfin, le "casual fan", l'occasionnel, qui achètera peut-être mais sur un seul coup de coeur.

Désormais, les nouvelles technologies permettent au fan de donner libre cours à ses instincts grégaires et ses impulsions aveugles. Petit vivier mais vivier vivace, la communauté de fans a son mot à dire. L'exemple le plus probant étant celui de My Major Company, label produisant des artistes financés a priori par des internautes concernés - à défaut d'être forcément passionnés.

Mais le fan, activiste dans l'âme, peut aussi torpiller le système. Par exemple lorsqu'en 2009 il élit "single de Noël" le virulent Killing in the Name, du groupe de métal Rage Against the Machine, grâce à un vote sur Facebook, juste pour éviter que les gagnants consensuels de X-Factor, la Nouvelle Star britannique, ne soient distingués.

L'industrie du disque aurait donc tort de négliger ces fans, même si s'en occuper demande un effort - l'identification est compliquée, maintenir la communauté active est chronophage. Mais la fin justifie les moyens. Car, selon la théorie de Kevin Kelly, le créateur de la revue Wired, un artiste a besoin de 1 000 fans réellement investis pour pouvoir vivre de son oeuvre. Ainsi le groupe Thirty Seconds to Mars a-t-il produit 2 000 versions d'une pochette d'un même album, This Is War (2009), afin qu'y figurent les visages bénis de ses fans adorés. Rien que pour leur faire plaisir. Merci pour eux.

Il y a bien longtemps, en Grande-Bretagne, Arthur Conan Doyle, ne pouvant plus souffrir son détective l'avait fait mourir, mais s'était vu contraint de l'exhumer des limbes sous la pression des lecteurs.

Plus récemment, aux Etats-Unis, sous les injonctions des fans, le créateur de la série Desperate Housewives maria Susan à Mike, qui, du coup, délaissa l'infortunée Katherine.

Et, au Japon, le manga Evangelion en est à sa troisième fin, aucune n'ayant jusque-là contenté les otaku, ces fans obsessionnels de mangas.

Ornella Lamberti

http://www.lexpress.fr/culture/musique/les-fans-ces-lobbies-qui-font-trembler-l-industrie-du-disque_945471.html
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MessageSujet: Re: La FAN-ATTITUDE et ses dangers   Mer 4 Jan - 11:53

Quand les fans détruisent leur idole...


Mark David Chapman entre les mains de la police et des médecins, après le meurtre de John Lennon, le 8 décembre 1980. (AP/SIPA

Laurent Muldworf est psychanalyste et auteur avec Eric Corbobese, de "Succès Damné, manuel de psychologie à l'usage des gens célèbres et de ceux qui comptent le devenir" chez Fayard. Il décortique pour le "Nouvel Observateur" le phénomène des fans-harceleurs.

"Il existe fort heureusement une large majorité de fans 'normaux'. Une admiration liée au fait que les stars incarnent des mythes qui nous touchent en profondeur. Or, psychologiquement, l'homme a besoin de plus grand que soi. A l'adolescence, quand la personnalité continue à se construire, cette dimension d'idolâtrie prend d'ailleurs une part très importante."



Adoration cannibale

"Et tout fan ordinaire subit dans son psychisme un mouvement de régression, une adoration cannibale. Il produit en effet par rapport à son idole un culte primitif. Il s'agit pour lui de s'accaparer une parcelle d'intimité qui peut être un bout de t-shirt ou même la lunette des toilettes de John Lennon !"

"En fait, le fan est dans une relation d'infériorité devant l'objet de son admiration, comme le ver amoureux d'une étoile. Ce qui implique de supporter ce manque d'égalité. Or, les paranoïaques développent un délire érotomaniaque. Ce qu'il y a de pathologique chez eux, c'est que la réalité de l'autre est transformée : le fan malade pense que cette passion est réciproque. Quand il écoute une chanson, par exemple, il peut être persuadé qu'elle parle de lui. Au premier degré. Il n'y plus de symbolisme, plus de fiction, plus de jeu".

Lacan

"Quand le rêve se brise, la déception peut conduire le sujet jusqu'à des envies de meurtre et de suicide pour rejoindre sa star dans la mort. Autant de mécanismes que Lacan avait déjà exposés dans sa thèse de médecine sur "la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité". Il y évoquait le cas Aimée. Une femme qui avait tenté de poignarder, dans les années 1920, Huguette Duflos, comédienne de théâtre célèbre."

"L'idée à retenir est que ce délire passionnel développe un désir de fusion avec son objet, que l'admirateur veut devenir le chanteur, ou l'actrice qui est au centre de son obsession invasive. Et, parfois, pour ce fan très particulier, l'un des deux finit par être de trop..."

Jean-Frédéric Tronche
http://tempsreel.nouvelobs.com/people/20120103.OBS7979/quand-les-fans-detruisent-leur-idole-par-laurent-muldworf.html
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