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 LES GENS DU VOYAGE

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sabine

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MessageSujet: LES GENS DU VOYAGE   Mar 2 Sep - 13:24

Suite à notre conversation hier sur le tchat,je vous mets quelques explications.

Tziganes est le terme général qui englobe plusieurs ethnies, originaires de l'Inde, venues en Europe depuis 5 à 6 siècles :

Les Gitans et Gipsy de Camargue, Pèlerinage des Saintes-Maries de la Mer,
Quelques mots sur les origines et la culture de ces gens du voyage, appelés Gitans, Manouches, Roms ...

Huit ou dix mille gens du voyage s’installent dans le bourg camarguais. Observons que leurs caravanes ne sont pas disposées au hasard. Cette cité éphémère a ses avenues, ses venelles mais aussi 'ses quartiers' dont tous les occupants ont comme un air de famille. C'est que le peuple Gitan n'est pas 'Un' mais divers. Essayons de nous y reconnaître.
Les Gitans (du mont Gype d'où vient la dénomination petite Egypte ; on les a appelés les Egyptiens, puis les égyptans, puis les gitans)

Si le nom de "Gitan" est donné chez nous à l'ensemble des populations d'origine tsigane, il n'appartient légitimement qu'à un seul groupe, de loin le plus nombreux et le plus implanté aux Saintes Maries de la mer. L'Espagne fut longtemps leur pays de prédilection : leurs noms de famille en gardent la trace, comme leur dialecte : 'le kâlo', malheureusement en voie de disparition ... Les femmes sont brunes, les hommes ont le teint bazané. Ils se disent soit, 'Catalans', soit 'Andalous', suivant le lieu de leur principal établissement. On les trouve par dizaines de milliers dans le Midi de la France, où certains sont sédentarisés depuis plusieurs années, voire depuis plusieurs générations. Mais il y a aussi des bidonvilles Gitans, dont la population a décuplé avec l'arrivée de nombreux gitans établis en Afrique du Nord.

Ce sont les Gitans qui ont donné à l'Espagne le meilleur de l'Art Flamenco, mais aussi des danseurs célèbres (Luisiuo, Imperio Argentina, Carmen Amaya, Lola Florès et la Chunga), ainsi que des générations de grands toreros. Et à la France un guitariste inspiré : Manitas de Plata.
Les Roms ("homme" en sanscrit) sont de loin les plus nombreux.
Ce sont les plus aisément reconnaissables, car leurs femmes continuent à porter les traditionnelles jupes multicolores qui leur tombent jusqu'aux pieds et quand elles sont mariées, un foulard noué sur la tête. Les plus riches arborent des colliers de pièces d'or, qui constituent le trésor de la tribu. Beaucoup disent la 'bonne aventure', tandis que les hommes sont rétameurs, chaudronniers ou doreurs. Ces professions les incitent à résider dans les banlieues industrielles, notamment à Paris, Lyon et Lille.

C'est le groupe qui a le plus jalousement préservé son originalité : sa langue (proche du sanscrit), ses traditions, ses légendes. Après avoir traversé l'Europe Centrale, les Rom se sont aujourd'hui répandus dans le monde entier, du Canada à l'Australie et à l'Afrique du Sud.
Les Manouches ("Homme véritable")

Les Manouches, et leurs cousins les Sinti, ne se distinguent guère que par la moustache -ou bien encore la petite barbiche caractéristique- qu'arborent la plupart des hommes. Les plus pauvres sont vanniers, et ont conservé les roulottes à chevaux ; les autres sont marchands forains ou récupérateurs de ferraille. Les Manouches ont longtemps séjourné en Allemagne et portent des noms germaniques (ex : Django Rheinhardt) ; les Sinti conservent la marque de leur passage dans le Piémont (ex : la famille Bouglione). Tous ont une véritable passion pour la musique, et c'est parmi eux que se recrutent les virtuoses des célèbres orchestres 'tsiganes'.

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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Mar 2 Sep - 13:25

Les Gitans et le Christianisme


"Les Gitans, éternels pélerins sur les routes du monde "

C'est en ces termes que le Pape Paul VI accueillit en 1965, les Gitans venus de toute l'Europe et au milieu desquels il voulut célébrer son 68ème Anniversaire. Nul vocable ne saurait mieux leur convenir. Déjà quand, à l'aube du XVème siècle, leurs ancêtres arrivèrent en France, ils se présentèrent comme des pénitents, condamnés à errer de par le monde en expiation de leurs péchés. Et, ils montraient, à l'appui de leur dire, des lettres du Pape Martin V. Pendant tout le Moyen-Age, ils demeurèrent fidèles au célèbre Pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle.

De nos jours, plus que jamais, le Pèlerinage si bien adapté à leur nomadisme foncier reste l'acte religieux essentiel des Gitans. Le mauvais accueil qui leur est parfois réservé dans d'autres églises, où ils se sentent étrangers, les incite d'avantage encore à se retrouver entre voyageurs pour prier à leur manière et accomplir quelque voeu. Est-il dans la détresse, a-t-il un des siens malades, le Gitan fait un voeu à un Saint. Si c'est le Pèlerinage des Saintes Maries de la mer, il s'engage à l'accomplir dans de pénibles conditions de pénitence. Et ce voeu est tenu, le péril passé, coûte que coûte.

Qui n'a pas assisté, dans la semaine qui précède les Fêtes aux veillées gitanes dans la vieille église forteresse embrasée de cierges, ne saura jamais rien de la vraie ferveur gitane. La foule arrive, certains soirs, précédée des violons et des guitares. On allume au grand cierge Pascal, une multitude de petits cierges, que chacun fient haut dans sa main. On prie très fort, on clame des invocations, on présente les enfants à bout de bras devant les statues...
Durant le Pèlerinage de Mai, on enseigne le catéchisme dans les caravanes et bien des conversions intérieures se font dans le secret des coeurs. De nombreux Gitans profitent aussi de ce rassemblement familial pour faire baptiser leurs enfants, dans l'église des Saintes Maries de la mer. Si le temps n'est plus où les Gitans, venus par le train ou parfois à pied, passaient la nuit dans la crypte de Sarah, c'est toujours pour 'Leur Patronne' qu'ils viennent dans l'antique sanctuaire camarguais. Certes Marie -Jacobé et Marie Salomé tiennent aussi une place dans leurs coeurs. Ils les acclament lors de la descente des Châsses, et ne manquent pas de hisser jusqu'à leurs statues les enfants qui posent sur elles leurs mains et leurs lèvres. Mais c'est Sarah qui est "Leur Sainte à eux"
.
Chacun ajoute un cierge à la blanche forêt ardente qui répand dans la crypte une chaleur d'étuve. On glisse dans la boite réservée aux intentions, des linges d'enfants, d' humbles bijoux, de naïfs messages. Et puis on habille Sarah de neuf. Quarante, cinquante robes s'amoncellent sur la frêle statue qui grossit de jour en jour, et dont le fin visage pâlit sous les attouchements implorants et fervents
.
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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Mar 2 Sep - 13:27

Les Tsiganes


Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ?
Pendant des siècles leur origine demeura un mystère. Des hypothèses les plus fantaisistes furent avancées. Etaient-ils les enfants d'Adam et d'une femme antérieure à Eve, les descendants des Atlantes les fils d'une tribu perdue d'Israël ?
Aujourd'hui les chercheurs semblent unanimes à reconnaître l'origine indienne des Tsiganes.
Les linguistes ont confirmé que la langue des tsiganes était proche du sanscrit" hindi-rajasthani" et qu'elle s'était enrichie, au cours de leurs voyages de mots empruntés aux vocabulaires des pays traversés.
On ne connaît pas les raisons qui ont déterminé leur départ de l'Inde vers le IXe et Xe siècle. Leurs premières migrations les ont conduits du nord de l'Indus vers l'Iran, la Grèce et l'Europe via l'Empire byzantin.
C'est en août 1419 qu'ils sont signalés en France à Châtillon-sur-Chalaronne, au pays de Bresse.
C'est déjà au XIVe siècle que les Roms commencèrent à venir en Europe centrale. Pour beaucoup d'historiens, ce siècle est qualifié de "siècle d'or des Roms en Europe", puisque les Roms étaient reçus par des aristocrates, obtenaient des sauf-conduits de protection, bénéficiaient de différents privilèges.
L'un de ces sauf-conduits de protection est une véritable pièce de conviction en ce qui concerne le séjour des Roms sur le territoire tchèque.
Il fut édité, le 17 avril 1423 au Château de Spis, par Sigismond, empereur romain et roi tchèque. Il est dit dans le texte de ce sauf-conduit qui fut conservé jusqu'à nos jours

"
Nous, Sigismond, roi hongrois, tchèque, dalatien, croate..., notre Ladislav, seigneur fidèle, chef de son peuple tsigane, nous a demandé humblement de solliciter notre indulgence exceptionnelle. Nous vous prions donc de bien vouloir tenir compte de cette supplique et de ne pas refuser cette lettre. Or, si Ladislav mentionné plus-haut et ses gens apparaissent à un quelconque endroit de notre empire, en ville ou à la campagne, vous êtes prié de lui faire preuve de la même fidélité que vous avez à notre égard. Protégez-les pour que Ladislav et son peuple puissent séjourner sans préjudice entre vos murs. S'il y a parmi eux un ivrogne ou un bagarreur, nous voulons et ordonnons que Ladislav soit le seul à avoir le droit de juger, de punir, de pardonner, et de l'exclure de votre cercle..."

Les Roms ont emmené ce sauf-conduit en France.

Et comme il fut édité en Bohême, les français appelaient les nouveaux venus, les Bohémiens.
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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Mar 2 Sep - 13:29

merci SABINE :sunny:

EN EFFET çà complete bien la super discussion que nous avons eu hier soir et c'etait trés interessant bisous

Pour le Pelerinage des Stes Maries de la Mer je vais te trouver des vidéos !


:malelovies:

http://fr.youtube.com/watch?v=et96AxSdm3M&feature=related

un groupe de Gitans originaires de Roumanie aux Stes Maries de la mer
URSS KARPATZ

http://fr.youtube.com/watch?v=et96AxSdm3M&feature=related

:sunny: LATCHO DROM EXTRAIT film de TONY GATLIF 1er realisateur de cinema GITAN :star: .. le Pelerinage à ne pas manquer super

http://fr.youtube.com/watch?v=0SbnIO4fcCI

flower Un autre extrait du film LES GITANS ANDALOUS
super
http://fr.youtube.com/watch?v=4afys-ZpSxk

Ce film est en quelque sorte la memoire du peuple Gitan.


Dernière édition par Nine le Mar 2 Sep - 14:06, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Mar 2 Sep - 13:31

Gens du voyage et préjugés


Leurs traditions et modes de vie si différents des nôtres et la crainte qu'ils inspirent, nourrie de préjugés solidement ancrés rendent souvent difficile leur cohabitation avec les populations sédentaires.
Si on dénonce l'antisémitisme ou toute autre forme de racisme, on oublie toujours que ce sont les Tsiganes, les Gens du voyage qui, de toutes les victimes de discriminations, suscitent, et de loin, le rejet le plus large. A l' inventaire des préjugés, ils se trouvent largement en tête: la seule arrivée de gens du voyage dans une ville suscite les pires craintes pour la sécurité des biens et des personnes.
Et même si des éléments objectifs prouvent que la délinquance des gens du voyage ne présente pas un taux différent de celui de la population sédentaire, (1) les tensions qui peuvent naître de leur présence se soldent trop souvent par l'intervention des élus et des agents de la force publique pour les chasser.
Les succès médiatiques de leurs musiciens, peintre ou poètes peuvent nous aider à mieux apprécier leurs valeurs culturelles si différentes des nôtres, mais ils ne masquent pas les difficultés qu'ils rencontrent en vivant quotidiennement leur tradition pluriséculaire du voyage. L'urbanisation galopante a peu à peu grignoté les espaces susceptibles de les accueillir et l'amélioration globale des conditions de vie des populations sédentaires a creusé un peu plus le fossé de l'incompréhension qui les sépare des voyageurs.

Le Maire nous fait partir, mais pour aller où et pour combien de temps ? La Loi se veut généreuse puisqu'elle permet aux nomades de nomadiser, mais laisse à la générosité des Maires, malgrè la loi Besson, de décider du lieu et de la durée du stationnement. Il suffit de quelques plaintes sans fondements d'ailleurs, pour que le petit morceau de terrain vague sur lequel se repose une famille soit immédiatement après leur départ confié aux soins du bulldozer.

" Allez sur la commune d'à coté. "

D es enfants aux jambes nues, au sourire encore plein d'espoir, jouent dans ces tranchées d'une guerre qu'ils n'ont pas voulue mais qui dure pour eux depuis plus de cinq cents ans.
Notre regard ne voit que les belles voitures et pourtant,la pauvreté est présente partout autour des feux, près des roulottes où des caravanes, mais celles que l'on voit n'est rien à coté de la pauvreté intérieur que chaque voyageur ressent au plus profond de son coeur.
Privé de dignité, de droit, de relations, ils voudraient pouvoir être fières aux regards des Gadje, d'être : Manouche, Sinti, Rom, Gitans, Yéniche.

Alors que les communes françaises sont tenues d’accueillir les gens du voyage, Albert Vatinet, maire de Bormes-les-Mimosas (Var), ville habituée à accueillir le Président et sa suite en vacances au Fort de Brégançon, a pris sa plume pour inciter ses collègues à ne pas laisser les gens du voyage s’installer dans leurs municipalités, a révélé e-bleumarine. Il donne même des conseils pour éviter tout "envahissement".

Problème : c’est illégal. Bormes-les-Mimosas compte près de 6 300 habitants. Or, la loi du 05 juillet 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage oblige les communes de plus de 5000 habitants à "mettre à disposition des gens du voyage une ou plusieurs aires d’accueil aménagées et entretenues".

Dans une lettre datée du 4 juillet , Albert Vatinet (divers droite) se plaint de "l’envahissement" de sa commune par des gens du voyage qu’il ne nomme pas comme tels :


"Environ 450 personnes vivent désormais, en toute illégalité, à proximité de nos paisibles concitoyens. Combien durera leur séjour ? Seule la volonté de ces citoyens hors-loi le décidera."

Pour se débarrasser des intrus, le maire donne des astuces :


"Protégez tous vos terrains, privés ou communaux, labourez-les, rendez-les inaccessibles, ne comptez que sur votre équipe municipale, vos services et vous-même pour sécuriser vos concitoyens."

Dans tous les départements, le préfet et le président du Conseil général, en concertation avec les élus municipaux, élaborent un schéma départemental d’accueil des gens du voyage pour prévoir les aires de stationnement à réaliser.

Jacques Laisné, préfet du Var, est cité à la fin de la lettre. Le maire de Bormes-les-Mimosas revendique son soutien. Contacté par Rue89, le préfet a opposé un démenti formel et s’est déclaré "du côté de la loi".

La population locale est hostile et les faits divers se multiplient

Dans cette région, la situation des gens du voyage est extrêmement précaire. Les caravanes s’installent sur des terrains qui ne sont pas prévus à cet effet et cristallisent ainsi l’hostilité de la population et des autorités.

A Marseille, au mois de juin, Rue89-Marseille revenait sur le passage à tabac de trois Roms suite à une rumeur propagée par SMS : un texto annonçait la disparition d’enfants dans le but d’alimenter un trafic d’organes, soi-disant organisé par la communauté Rom de la ville.

Autre exemple, la ville d’Aix-en-Provence a profité de la torpeur du mois de juillet pour demander l’expulsion d’une cinquantaine de personnes, dont une trentaine d’enfants, qui occupent un terrain communal sur le plateau du Réaltor, à proximité de la gare TGV d’Aix-en-Provence (située à un quart d’heure du cv d’Aix).

D’autres événements, plus dramatiques, sont survenus ces dernières semaines. En mai, à Draguignan, un gendarme a abattu un jeune Tzigane de 27 ans qui avait sauté par une fenêtre pour tenter de se soustraire à sa garde à vue. Vendredi 25 juillet, deux hommes ont été tués lors d’une fusillade dans le camp de la Ripelle, au Revest-les-Eaux, près de Toulon, où vivent deux cents personnes sédentarisées. Les coups sont partis après une querelle de voisinage. Les habitants ont alors reproché aux autorités de laisser pourrir la situation.

"Une cabale des maires du département contre les Tziganes"

Alain Fourest de l’association Rencontres Tsiganes, dénonce la mauvaise volonté des élus du Var et fustige la stigmatisation de cette population :


"Les élus sont en situation illégale depuis des années et leurs positions sont inadmissibles. Aucun terrain d’accueil n’a été ouvert dans le département et aucune aire ne va être ouverte avant l’année prochaine."

Il y a un mois, lors d’une réunion publique de la commission départementale d’accueil des gens du voyage, le militant a constaté le racisme de certains maires :


"Il y a une cabale des maires du département contre les Tziganes. Il y en a un qui dit ne pas vouloir de "ces gens qui cassent tout" et qui leur a proposé de faire du tourisme dans les campings."

De son côté, Albert Vatinet n’a pas souhaité répondre aux questions de Rue89.
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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Mar 2 Sep - 13:35

je peux vous certifiée que ces préjuges,sont bien réels pour les avoir vécus!
Les habitants appelaient les gendarmes dès que nous arrivions sur les places,on nous traitait de sales gitans,Cécilia a très certainement oublié,mais lorsqu'elle était plus jeune,le directeur nous disait qu'elle était bien au fond de la classe à faire des dessins,vu que les gitans n'avaient pas besoin de savoir lire et écrire.
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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Mar 2 Sep - 13:57

Dans les textes de l'Education Nationale, l'école existe pour tous les enfants.

Dans la réalité, les choses ne sont pas aussi évidentes.

Toujours sur la route, les Tsiganes ont de plus en plus de difficultés pour stationner, comment scolariser les enfants.

Depuis de nombreuses années je rêvais d'un camion scolaire. J'ai créé une Association L'A.R.I.V. et nous avons obtenu notre école mobile. Les instituteurs, s'arrêtent sur les terrains ou stationnentles Gens du Voyage.

Cette école est adaptée au monde du voyage. Elle est un trait d'union avec l'école traditionnelle. A la fin de l'année, des enfants auront appris à lire.Une belle victoire sur ce qui semblait, l'impossible.
Un deuxième camion a pris la route en octobre 2004.
Yvon Massardier



Les instituteurs de " l’école pour l’avenir " viennent de l’enseignement catholique et sont détachés sur l’école itinérante dans le cadre d’une convention signée entre l’A.R.I.V. et la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique.


Une demande d'instituteur faite à l'Inspection Académique de la Loire avait été refusée.
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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Mar 2 Sep - 13:58

La vie des Tsiganes et Gens du voyage est très différente de celle des sédentaires. Le camion école est une des possibilités proposées aux voyageurs. Elle est plus proche de leur mode de vie. Elle n'est pas seulement un tremplin vers l'école, mais aussi un signe de l'ouverture sur la société environnante, dans le respect des différences.

Local itinérant sur terrain non aménagé : il s'agit d'une antenne mobile de scolarisation généralement privée, associée à l'éducation nationale, visant une pré-scolarisation et une sensibilisation à la scolarisation
Local itinérant allant sur terrain aménagé : c'est une action continue de scolarisation auprès d'un groupe familial visant à assurer le suivi durant le déplacement du groupe. C'est aussi le cas du camion de l'ARIV. Le camion - école, une réponse originale à la non scolarisation:

Origine du projet: Yvon Massardier fondateur de L' ARIV. (1)

Association de fait depuis 1978, se constitue en association loi 1901, le 24 mai 1988.
Dès 1985, cette association soulignait le besoin de scolarisation: "... Nous avons estimé à 120 le nombre d'enfants non scolarisés pouvant bénéficier de ce service..." Aussi la création d'une antenne scolaire mobile auprès des enfants Tsiganes et des gens du voyage illustre et concrétise cet objectif prioritaire. Ce projet a donc vu le jour en octobre 1993.


* finalités objectifs. " L'enseignement est centré sur des objectifs délimités se rapportant à des disciplines de base en référence au programme scolaire et prend en compte la spécificité historique et culturelle des Tsiganes et gens du voyage. l'ARIV souhaite favoriser la préscolarisation..."(ARIV 11/1992)

. * objectifs généraux - Etre un pont entre le monde des voyageurs et l'institution-Ecole.
- Assurer une pré-scolarisation et faire mieux connaître l'école aux enfants du voyage.
- Etre un pont entre le monde des voyageurs et le monde sédentaire. - Apporter des notions de base : PARLER FRANCAIS, LIRE; ECRIRE; COMPTER.
- En plus des outils de base, apporter une ouverture culturelle et cognitive, en exploitant le potentiel contenu dans la culture Tsigane. - donner aux enfants le goût d'apprendre, de connaître, de critiquer.
* Les populations suivies Les grands voyageurs, les semi-sédentaires. 2 types de populations bien différentes, nécessitant des interventions appropriées.

* Sur le chemin de l'école: apprendre à vivre et travailler ensemble.
Les enfants Manouches ou Yéniches ne savent pas ou très peu ce qu'est l'école. Dans le camion, ils apprennent à travailler avec d'autres enfants. Les apprentissages ressemblent alors à ceux de la maternelle : - rester une demi-journée dans le camion (avec une récréation) ; accepter et respecter le travail des autres ; attendre son tour ; penser à se laver les mains ; ne pas manger dans le camion ; faire un travail jusqu'au bout ; écouter et respecter une consigne ; dater, signer, ranger le travail dans son dossier, ranger le matériel.... Les enfants apprennent l'autonomie.
* Apprendre à parler la même langue pour une meilleure compréhension. Certains enfants, en bas âge, ou ne parlant pas le français, ont besoin d'apprendre la langue. Nous utilisons des livres, des imagiers, mais aussi la compétence des parents (même illettrés) et des aînés. La journée commence souvent par ce temps de langage, durant lequel j'explique des mots en français et je me fais expliquer les mots Manouches.
* Maîtriser l'espace et le temps, un pré-requis pour d'autres apprentissages. On retrouve ici les mêmes objectifs qu'aux cycles 1 et 2. Ils s'appliquent à des enfants de tous les âges. Certains ont déjà des acquis. Ils progressent vite.

*Graphisme, écriture, coloriage. Il s'agit d'apprendre à tenir son crayon, de découvrir (avec émerveillement !...) le taille-crayon, de colorier, de reproduire, d'écrire, de tester tous les outils...
* Lire, écrire et étudier la ou les langues écrites. Donner le goût des livres et le sens de l'écrit est un travail majeur (la culture tsigane est de tradition orale). Nous fréquentons ensemble toutes sortes d'écrits : en français, en manouche, partitions musicales... Les élèves doivent comprendre que l'écrit est mémoire, que l'écrit est codé. Une bibliothèque est à leur disposition dans le camion. Ils peuvent emprunter les livres. Vient ensuite l'apprentissage du code, de l'alphabet. J'ai réalisé des cassettes audio avec la comptine de l'alphabet : les enfants s'entraînent seuls. Pour d'autres, je mets en place une méthode de lecture construite. Elle raconte l'histoire de l'enfant et du camion. L'outil informatique me permet de personnaliser l'écrit. (liaison traitement de textes/base de données) Le dernier stade est celui de l'écriture et de l'étude plus complexe de la langue.
* Compter et calculer. Il s'agit d'étudier la numération en commençant par la comptine numérique, écriture chiffrée et lettrée, écriture additive, constellation, regroupement en dizaines, etc.... Les 4 opérations, techniques opératoires, tables, situations problèmes , un peu de géométrie viennent ensuite.
* Les outils. Ils sont de toutes sortes, adaptés à une pédagogie différenciée et individualisée. Pour l'évaluation, je construis des fiches en fonction des enfants rencontrés. L'ordinateur a une place importante dans mon travail: enseignement assisté (français, maths), production d'écrits pour les plus grands. Il me sert pour toutes les tâches administratives et pour ma préparation de classe (fiches d'élèves, méthode de lecture...).
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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Mar 2 Sep - 14:07

il est vrai que les enfants doivent aller à l'école,mais changer d'écoles tous les jours,toutes les semaines,tous les 15 jours,n'est ni facile pour l'enfant,ni pour les enseignants.
La plupart des établissements,n'acceptent pas nos enfants,ils craignent on ne sait quoi!
Nos enfants ne sont guère faciles,ils n'obeissent pas à la loi imposé par ces inconnus,ils ne supportent pas l'enfermement!Cécilia passait des heures à regarder par la fenêtre au début,elle ne comprenneait pas qu'on l'enfermait!
Ensuite,ils se résignent,mais sont malheureux!
Vers 11 ans,la CNED,nous fournie les cours,les enfants ne doivent plus aller à l'école.
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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Mar 2 Sep - 14:17

Alexandria


HOLOCAUSTE




Une minorité est plus opprimée que toute autre dans presque tous les pays occidentaux : les Roms ou Tsiganes. C’est aussi la minorité la plus méprisée : les groupes majoritaires qui l’entourent ne lui manifestent presque jamais de sympathie. On ne peut même pas dire que cette minorité a moins souffert que les Juifs pendant l’innommable période nazie en Allemagne : elle a enduré en ce temps-là les mêmes souffrances. Il y a eu un holocauste tsigane exactement de même nature que l’holocauste juif : une tentative réfléchie d’exterminer ces deux races par leur élimination massive dans les camps de la mort.

Si l’on agit et réfléchit beaucoup aujourd’hui pour rappeler l’horreur de l’holocauste juif, le fait que l’holocauste tsigane ne soit pas évoqué, qu’il soit oublié et rarement mentionné, est révélateur de l’indifférence générale envers la manière dont sont traités les Tsiganes. Il est normal que les Juifs aient reçu des dédommagements.Mais aucune compensation n’a été donnée aux Tsiganes.

Cette attitude envers eux n’a rien de nouveau. Ils vivent en Europe depuis plusieurs siècles, et dans le Nouveau Monde depuis longtemps aussi. Tout au long de leur vie en Occident, ils ont été victimes de persécutions constantes et odieuses. Jusqu’à la fin du xixe siècle, ils vivaient littéralement en esclavage dans certaines régions d’Europe de l’Est. Ils y sont encore victimes de discriminations grossières, de violences et de haine. Ce ne sont pas des étrangers : ils sont membres d’une minorité établie depuis très longtemps et qui, dans le domaine de la musique et de la danse, a contribué au patrimoine culturel de plus d’un pays européen.

Tant que les nations d’Europe et d’Amérique n’affirmeront pas leur volonté de mettre fin aux mauvais traitements que subissent les Tsiganes à l’intérieur de leurs frontières, elles ne pourront pas prétendre sincèrement être attentives aux droits de tous leurs habitants. Mais si elles déclarent que telle est leur intention et qu’elles s’appliquent à la rendre effective, elles montreront que le respect des droits de l’homme est véritablement un principe fondamental de leur politique.

Je propose que l’UNESCO soutienne le projet d’un accord international spécialement destiné à garantir le respect des droits de l’homme pour les Tsiganes : cet accord aurait le statut d’un traité, à valeur de loi internationale, et ses signataires s’engageraient à le mettre en œuvre. Il prendrait en compte tous les aspects de la situation des Tsiganes.

Les principaux aspects de cette situation sont les suivants : Dans certains pays, les Tsiganes restent nomades ; dans d’autres, ils sont sédentarisés. Partout où il y a encore des Tsiganes nomades, il devrait y avoir des lois qui leur garantissent, à eux comme aux autres gens du voyage, des emplacements aménagés, où ils puissent s’arrêter et laisser leurs caravanes aussi longtemps qu’ils le désirent.

Récemment, dans certains pays d’Europe de l’Est, on a retiré la nationalité aux Tsiganes. Ainsi, non seulement ils ne bénéficient plus de la protection de l’État, mais ils n’ont plus le droit de vote. Il serait normal que, partout où ils vivent, sédentaires ou nomades, les Tsiganes aient droit à la nationalité. Ils devraient pouvoir s’inscrire sur les listes électorales ; s’ils sont nomades, ils devraient pouvoir choisir leur circonscription. Parfois, des Tsiganes se déplacent régulièrement de part et d’autre de certaines frontières, par exemple entre la Grèce et l’ex-Yougoslavie. Dans ce cas, on devrait soit leur donner la double nationalité en considérant les deux pays dans lesquels ils ont l’habitude de vivre une bonne partie de l’année, soit leur garantir au moins le droit de se rendre librement dans le pays dont ils n’ont pas la nationalité.

Les Tsiganes sont très préoccupés par la scolarisation de leurs enfants. Qu’ils soient nomades ou sédentaires, la loi devrait prévoir pour eux de vraies possibilités pour que leurs enfants aillent à l’école.

Il faut dans chaque pays des lois rigoureuses pour protéger les Tsiganes contre la violence et les harcèlements : on devrait imposer et appliquer de lourdes peines pour toute infraction à ces lois.

Les Tsiganes sont souvent exposés à des discriminations grossières. On leur refuse par exemple l’entrée dans des lieux de loisirs et surtout la possibilité d’un emploi. Tous les pays devraient adopter des lois qui empêchent ces discriminations et prévoir que les victimes puissent porter plainte et obtenir réparation quand la discrimination est prouvée.

Si un pays signe un accord garantissant ces droits aux Tsiganes qui vivent à l’intérieur de ses frontières, il manifestera sa volonté de faire respecter les droits de l’homme pour tous ceux qui vivent dans ce pays, même ceux qui sont méprisés et sans cesse maltraités. Si cet accord est totalement appliqué, il sera par là même impossible que cet État n’assure pas de la même façon la protection de ses autres minorités. Le principe d’une considération égale et du respect pour tous fera désormais partie intégrante de ce qui constitue cet État. Faute d’un tel accord, des mesures seront sans doute prises pour empêcher la discrimination et la violence envers d’autres minorités, plus récemment arrivées, mais les Tsiganes continueront à être traités aussi brutalement qu’ils l’ont toujours été.
« Si le respect des droits de l’homme demeure partiel, il est, pour cette raison, précaire pour tous. »

par Michael DUMMET
Philosophe


« Samudaripen, en langue romani, veut dire génocide. Le mot est construit sur le verbe mudare : «il tue», d'où provient le substantif abstrait de tuer : mudaripen, le meurtre. Mudarel est la même racine indo-européenne que meurtre, en français, murder, en anglais. Le sufixe ipen indique toujours, en romani, l'action pour la construction des substantifs. Le préfixe sa, qui est un pronom indéfini, signifie : tout.
Samudaripen, en d'autres termes, signifie : tout tuer.
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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Dim 7 Sep - 12:05

http://www.coulisses-tv.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=5712

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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Lun 15 Sep - 16:03

Sabine, je viens de prendre le temps de lire à fonds toutes ces explications sur le monde des Gens du Voyage.

Je me souviens, pour l'avoir vécu, que la Commune de la Garde (dans le Var) et d'autres du département, avaient aménagé justement des terrains équipés sur le plan sanitaire pour accueillir les gens du voyage. De la même façon, des bénévoles d'associations visitaient justement les lieux en offrant leurs services pour l'instruction des enfants.
C'était en 1980, déjà.

Le problème des minorités, c'est que leurs traditions, leurs cultures, leur mode de vie restent méconnus des citoyens des villes qu'ils traversent.

Merci de nous avoir éclairé et j'espère que beaucoup regarderont différemment ces Français au même titre que les autres.
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MessageSujet: Re: LES GENS DU VOYAGE   Mar 8 Juin - 20:03

Trés beau topic, merci d'y avoir pensé.

http://www.youtube.com/watch?v=sAfvzLL8rIQ

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