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Sujet: Re: MELODY GARDOT Ven 29 Mai - 13:59
ARTICLE PRESSE : C'était au Théâtre Montreal Canada O7/2008 après le festival du Jazz. Melody Gardot: une étoile est née Alain de Repentigny La presse
Lundi au TNM, où elle chantera encore mercredi et jeudi, elle habitait les lieux comme peu d'artistes savent le faire à 23 ans, et ce même si elle doit se déplacer à l'aide d'une canne à la suite d'un accident qui a failli lui coûter la vie et qui a en quelque sorte initié sa carrière musicale.
Une canne, d'ailleurs, dont elle a rigolé quand, au moment de s'asseoir au piano pour interpréter sa superbe composition Love Me Like a River Does, ladite canne est tombée par terre. «Une surprise pour moi», a-t-elle dit dans un français charmant - elle a vraiment tout les talents - avant d'ajouter, coquine: «J'ai besoin d'un homme qui tienne ma canne; si ça vous intéresse, venez me voir après le concert, je vous donnerai des biscuits... pas mes biscuits, évidemment!»
Au tout début du spectacle, Melody Gardot s'est amenée seule et a établi le contact en nous chantant a cappella un spiritual, No More My Love, en claquant des doigts.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, cette parfaite inconnue faisait claquer des doigts et chanter une bonne partie du public du TNM. Quand ses trois musiciens sont venus la rejoindre pour Sweet Memory, une autre pièce de son unique album, le travail de séduction était déjà pas mal avancé.
Ses trois complices - trompette, contrebasse et batterie - ont magnifiquement contribué à l'ambiance feutrée propice aux chansons jazz et blues de Melody Gardot, ambiance à laquelle contribuait l'éclairage tamisé. Un concert intime, certes, mais en même temps plein de sourires et de fou rire, de clins d'oeil, dont un à sa grand-mère, et de surprises musicales.
Comme cette version de Ain't No Sunshine qu'elle a chantée tôt dans la soirée, et encore davantage une Somewhere Over The Rainbow complètement réinventée qu'elle nous a servie à la guitare sur un rythme de bossa. Je pense aussi au dialogue ludique entre le batteur Chuck Staab et le contrebassiste Ken Pendergast puis celui, tout aussi jouissif entre la chanteuse et le trompettiste Patrick Hughes pendant la chanson Goodnite.
Tôt en deuxième partie de spectacle, Melody Gardot nous a présentés ses musiciens, dont le trompettiste Staab qu'elle surnomme Chet, et elle nous a confiés à leurs bons soins pendant qu'ils jouaient justement My Funny Valentine à la façon de Chet Baker. Quand elle est revenue, c'était pour chanter les derniers mots de cette superbe chanson de Rodgers et Hart.
Que si jeune, et avec si peu d'expérience - il n'y a même pas cinq ans qu'elle joue de la guitare et compose ses propres chansons - Melody Gardot puisse être aussi à l'aise sur une scène, dans un registre musical qui exige une parfaite maîtrise de son art, dépasse l'entendement. On se se surprend à croire que cette jeune femme peut tout se permettre, y compris jouer la vamp avec juste ce qu'il faut d'humour quand elle rejette ses longues boucles blondes vers l'arrière tout en s'accompagnant au piano pendant Worrisome Heart.
Le Festival de jazz au eu la bonne idée de lui offrir le TNM pour sa première visite à Montréal. Courez-y mercredi ou jeudi et vous pourrez dire un jour à vos amis que vous étiez parmi les chanceux qui ont vu Melody Gardot dans l'intimité d'un bijou de petit théâtre.
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Sujet: Re: MELODY GARDOT Mar 23 Juin - 17:40
Your eyes may behold but the story i'm told is your heart is as black as night Your lips may be sweet such that i can't compete but your heart is as black as night I don't know why you came along at such a perfect time But if i let you hang around i'm bound to lose my mind Cause your hands may be strong but the feelings all wrong Your heart is as black as night I don't know why you came along at such a perfect time But if i let you hang around i'm bound to lose my mind Cause your hands may be strong but the feeling's all wrong Your heart is as black Your heart is as black oh your heart is as black as night.
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Sujet: Re: MELODY GARDOT Jeu 2 Juil - 21:18
Ravissante, émouvante… Voici Melody Gardot
Melody Gardot au festival de jazz de Montréal 2009 - Photo : Denis Alix
Dans l’histoire qui lie désormais le public mondial à Melody Gardot, le dernier épisode était son concert à l’Alhambra où elle a séduit une salle de Parisiens résistants. En une seule chanson, elle s’était acquis des fans pour l’éternité. Elle fait pareil à Montréal dans une salle trois fois plus grande, où elle donne deux concerts, deux soirs consécutifs. Dans la salle, on ne glisserait plus une petite cuillère. Elle arrive juchée sur des talons de dix centimètres qui mettent en valeur des jambes de cinéma, en collant noir. Dans la semi-obscurité qui nous la fait imaginer plus que vraiment voir, debout, elle frappe du pied en cadence, claque dans ses doigts pour le rythme et chante a capella une sorte de blues gospelisé, avec cette voix de velours doré et de satin désormais inoubliable.
Ses musiciens sont les mêmes qu’à Paris, Melody est une fidèle, son groupe a de la chaleur : un trompettiste et un sax, jouant en section des riffs de confort, peu de solos, un contrebassiste à longue barbe, un batteur attentif, un vibraphoniste britannique, discret.
Pas d’invités comme à Paris la violoncelliste et cette harmoniciste qui lui avait envoyé un lien sur YouTube et qu’elle avait fait venir pour quelques chorus. A Londres, elle avait payé de sa poche un quatuor à cordes pour jouer les harmonisations de Vince Mendoza présentes dans l’album My One and Only Thrill, qu’on entend sur toutes les radios cet été. Elle alterne à la guitare et au piano, un ballon de cognac à côté d’elle sur la scène où elle se déplace avec grâce à l’aide d’une canne. Elle est ravissante, ça on le sait, mais là on a la confirmation qu’elle est une formidable chanteuse et que la scène est vraiment son affaire à elle : elle installe une atmosphère intime, sensuelle, amicale, infiniment confortable, comme si nous étions chacun personnellement son invité et qu’elle voulait nous faire le cadeau de sa tendresse drôle. Sa spécialité, comme une signature calligraphiée, est son scat en écholalies et roulades joyeuses, un truc à mettre le public dans sa poche.
La chanson qu’elle enchaîne après celle en solo est Who will comfort me ? Chaque mâle dans la salle, mais probablement aussi chaque personne du sexe opposé, pense que si Dieu y manque, il ou elle y veillera.
Suit une chanson nouvelle (déjà un troisième album à venir ?), qui enveloppe comme un soir d’été. Puis quelque chose de plus allant où elle dit avec des gestes amusants que les garçons ne comprennent rien. Elle chante ensuite très lentement Our Love is easy, en confidence affectueuse à l’homme qu’elle veut aimer et qu’elle charme encore dans une longue coda. Le saxophoniste a droit à un solo prolongé, dont il n’abuse pas (rares, les saxophonistes qui n’abusent pas, ils devraient toucher une prime). Et Melody enchaîne avec My One and Only Thrill, qu’elle chante mieux encore que dans le disque et qui fait littéralement fondre le public.
Elle a demandé qu’il applaudisse avec les doigts : 1 500 personnes qui claquent doucement du pouce et de l’index, cela produit un bruit cascadant, délicieux ; elle demanderait au public de se mettre debout sur la tête, il le ferait, en adoration.
Sur Worrisome Heart, chanson de son premier album, elle s’accompagne seule à la guitare, sur Baby I’m a fool, la chanson de son clip où un des danseurs en habit finit par la rejoindre dans le bain de mousse où elle folâtre nue, elle réussit l’alliance improbable de la sentimentalité, de la sensualité et de la drôlerie. Les Etoiles, bien sûr, elle le chante aussi, et sa chanson sur les oiseaux, et cette autre sur la pluie, qui émeut. Elle a l’art de parler au public, improvisant avec humour, légère distance, sincérité, charme. L’ovation debout surgit bien avant la fin de son spectacle. Je me réjouis déjà de réentendre Melody Gardot sur la scène Matisse de Nice, le 24 juillet.
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Sujet: Re: MELODY GARDOT Mer 29 Juil - 23:50
Avec Melody Gardot, Dieu recréa le jazz
Révélation musicale de ces deux dernières années, cette jazzwomen étasunienne envoûte son auditoire et séduit de plus en plus de fans alors que chacun l'écoute dans un bonheur absolu.
Une voix à nulle autre pareille, un mélange de douceur, de sensualité et d’authenticité. Tel se révèle le timbre de Melody Gardot.
Baby I'm A Fool
On croirait au début, sans la connaître, sans l'avoir écoutée, qu'elle est le fruit d'une plaisanterie, un ersatz de Melody Nelson, une imitation de Bardot, à moins qu'elle ne joue les Garbo's? Non. Melody Gardot n'éprouve nul besoin de pasticher pour s'affirmer. Elle emprunte quelques références aux plus grands mythes juste pour faire mieux rêver. Pour se présenter et inviter à partager ses goûts et un sourire.
Who Will Comfort Me
Sa voix, ses lyrics se suffisent amplement à eux-mêmes pour nous propulser très haut, dans un univers où le jazz et le blues atteignent le plus profond de votre âme. Avec Melody Gardot, on se sent rassuré, extremement réconforté. Les hommes diront qu'elle a la voix de tous les désirs. Mais sans aucune ambiguité, je peux affirmer en tant que femme, qu'elle possède le charme que nous aimerions toutes pouvoir offrir à l'oreille de notre élu comme caresses.
An Introduction To Melody Gardot
Certains y verront des accents de Norah Jones, de Liane Foly à l'époque de Au fur et à mesure, mais en véritable inconditionnelle, je répéterais simplement qu'elle ne souffre d'aucune comparaison, tant elle se montre unique, talentueuse et exceptionnellement formidable. Ces vidéos de Baby I'm A Fool, Who Will Comfort Me, An Introduction To Melody Gardot petits chefs d'oeuvre cinématographiques, démontrent s'il en était encore nécessaire, l'eden visuel et... mélodique de la demoiselle. Un délice où le noir & blanc flirte avec la couleur, où l'on entrevoit des live en studio ou on stage et toujours la même grâce, un sublime plaisir, reflets d'une esthétique parfaite.
Mais laissons là les palabres, Just Melody Gardot...
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Sujet: Re: MELODY GARDOT Mer 26 Aoû - 20:32
Melody Gardot en concert
Melody Gardot - Our Love is easy -
La jeune chanteuse jazz-folk Melody Gardot donnera le 10 septembre, à Paris, un concert ouvert au public et retransmis en direct sur l’antenne de FIP.
Chanteuse mais aussi auteur-compositeur, Melody Gardot, originaire de Philadelphie, a été révélée l’année dernière par un premier album. Son second album, plus blues, fait aussi la part belle aux sonorités latines.
Nombre de messages: 779 Age: 58 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: MELODY GARDOT Ven 4 Sep - 22:13
Melody Gardot, c'est une plume de talent, une voix sensuelle et sensible qui navigue dans les eaux d'un jazz populaire, mâtiné de blues et de folk.
Son nouvel album "My one and only thrill " est une de nos sélections Fip. 13 titres tantôt mélancoliques, tantôt enjoués, mâtinés d'un zeste latino et de beaucoup de subtilité.
Mais c'est sur scène que Melody Gardot prend toute son ampleur. Elle installe une atmosphère intime et amicale, entraînant son public de son univers sensible, drôle et surprenant avec un scat énergique, unique.
Vous pourrez écouter ce concert exceptionnel le jour même en direct dès 20h00, sur notre antenne et sur fipradio.com !
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Sujet: Re: MELODY GARDOT Jeu 10 Sep - 9:15
Melody Gardot, la révélation de l’année
Les airs jazzy de Melody Gardot ont fait swinguer l’été. A 24 ans, l’Américaine est une rescapée : la musique l’a sauvée après un grave accident.
Emmanuel Marolle | 10.09.2009, 07h00
A Paris, Melody Gardot a passé un coup de fil. « J’ai appelé ma mère pour lui dire : Est-ce que tu as acheté des CD en France ces temps-ci ? » La chanteuse américaine, en concert exceptionnel à partir de 20 heures ce soir à la Maison de la radio, diffusé en direct sur Fip, avait de quoi douter en voyant son deuxième album, « My One And Only Thrill », grimper parmi les meilleures ventes de disques de l’été et dépasser les 100 000 exemplaires écoulés.
Encore cette semaine, elle est quatrième du Top. Un succès miraculeux pour ce petit bijou de chanson jazz, aux airs de classiques instantanés, qui a touché la France en plein coeur.
« Ah, Paris, mon petit ami », sourit Melody son vrai nom, assure-t-elle, dans la langue de chez nous. Et de poursuivre, en anglais : « Je veux vivre ici, j’adore la culture, les grands esprits, Sartre, Cocteau. Je veux devenir citoyenne française. » Carla Bruni est au courant. « L’une de ses amies est venue me voir en concert au printemps. Elle m’a dit : On peut la contacter tout de suite. Il était 2 heures du matin. J’ai laissé un message sur son portable : Bonjour Carla, c’est Melody, je suis chanteuse… J’attends de ses nouvelles. On ne s’est pas encore parlé directement. »
Elle vous raconte cela entre gêne et malice, serrée dans un chemisier blanc verrouillé jusqu’en haut, tout en sirotant un verre de vin rouge. Il lui échappe des mains. Melody Gardot tache sa jupe stricte de secrétaire et peste : « Ah, c’est la merdier. » Son français est en progrès.
Tout paraît ainsi hors norme chez cette Américaine de 24 ans qui chante comme si elle avait déjà vécu mille vies. « Je suis vieille, confirme l’intéressée, les larmes aux yeux. Du coup, je me demande combien de temps je vais encore vivre. » Elle n’est pas passée loin de la fin, il y a six ans. Alors qu’elle roulait à vélo à Philadelphie, Melody est heurtée par un 4 x 4. Elle se réveille avec un corps cabossé, le bassin brisé, la mémoire envolée. « Quand j’ai été renversée, une partie de mon cerveau a été endommagée. Tous mes souvenirs ont été désintégrés. Aujourd’hui, je n’ai que des flashs, des odeurs, les sourires et les mains de mon grand-père, la cuisine de ma grand-mère. J’ai redécouvert un journal intime que je tenais adolescente. Je réapprends ma vie. »
« Un conte de fées à la Cendrillon »
La reconstruction personnelle est passée par la musicothérapie, via la guitare, par défaut. « J’avais fait du piano avant l’accident. Mais pendant la rééducation, je ne pouvais plus en jouer, j’étais incapable de rester assise. » Elle enchaîne quelques notes pour se soigner, puis se met à composer pour s’exprimer. « J’ai écrit des chansons par accident. Ma vie est une série d’accidents. » Le dernier lui évoque « un conte de fées à la Cendrillon », ce triomphe inattendu qui pourrait lui valoir un succès planétaire à la Norah Jones. Elle n’attendait rien de la musique, « juste d’aller mieux ». Aujourd’hui, c’est la sienne qui nous fait du bien.
Nombre de messages: 5125 Age: 59 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: MELODY GARDOT Lun 14 Sep - 19:42
Divine Melody
Avec Melody Gardot, il ne faut pas être en retard. Avant-hier, je rencontrais pour la première fois l'une des sensations du moment, de passage à Paris. C'est vrai j'étais un peu en avance et le confrère qui me précédait un peu à la bourre. Alors Melody a tranché, "Le Parisien est à l'heure. Je le fais d'abord". Désolé camarade et grande classe Melody qui me le redit de vive voix à la fin de l'entretien. Une demie-heure fascinante avec une artiste qui l'est tout autant.
Je ne vais pas répéter ce qu'elle m'a dit. Tout ou presque est dans le journal d'aujourd'hui. (à lire CI-DESSUS) . Mais cela fait partie de ces rencontres que l'on n'oublie pas, celle d'une chanteuse, d'un personnage, d'une femme qui sait ce qu'elle veut, qui gère son image au point de donner le ton elle-même des séances photos, qui est capable de se livrer sur son parcours, son accident avec une émotion retenue beaucoup plus touchante que toutes les plaies du showbizz qui polluent la presse people de leurs confidences marketing.
Loin d'être bête, Melody Gardot sait que l'accident qui a failli lui coûter la vie il y a trois ans, intéresse les médias, à l'heure de la première rencontre. Mais elle n'en fait jamais des tonnes malgré le lien étroit entre cet évènement et ses débuts dans la musique.
Je m'attendais à une fille à fleur de peau, j'ai découvert une personnalité aussi touchante que décoiffante, qui boit du vin rouge à 4 heures de l'après-midi et jure en français "c'est la merdier" quand elle en renverse la moitié sur sa jupe.
On aimerait discuter encore plus longuement avec elle en savoir davantage sur sa personnalité qu'elle ne dévoile malgré tout qu'à demi-mot. Elle jure que Melody Gardot est son vrai nom mais cela parait presque trop beau pour être honnête. Et pourtant on a envie de la croire, de tout croire, de la retenir. Demain, elle ne sera plus là autant, bientôt superstar. Dans quelques mois, c'est sans doute elle qui sera en retard.
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Sujet: Re: MELODY GARDOT Ven 2 Oct - 16:44
Melody Gardot - Richard Hawley
Les nouveaux crooners
Melody Gardot est une jeune Américaine surdouée de 24 ans et Richard Hawley, un génial Anglais de 42 ans. Indifférents aux modes, ces deux habitués de l'hôtel des coeurs brisés écrivent des ballades à fendre l'âme
D'abord, il y a cette note tenue par une volée de violons, sur laquelle viennent se poser comme des moineaux sur un fil quelques arpèges de guitare, et les sons féeriques d'un glassharmonica (inventé par Benjamin Franklin en 1761, magnifié par Mozart) et d'un cristal Baschet, tout aussi irréels.
Puis s'élèvent, distillés par la voix feutrée de Richard Hawley, la mélodie et les mots d' «As The Dawn Breaks», le premier brise- coeur de «Truelove's Gutter», sixième album de ce génial songwriter anglais de 42 ans. Une chanson belle et simple comme du Verlaine.
A l'aube, un homme fait un dernier tour dans la petite maison, déjà vidée par les déménageurs, qu'il a longtemps habitée, où ses enfants sont nés. Pour la dernière fois, il monte dans la petite chambre du haut et grille une cigarette en repensant à tout ce qu'il a vécu entre ces murs, tandis que la lumière naissante glisse au- dessus des toits d'ardoise. Un oiseau siffle, l'homme sourit. La vie continue. Mélancolie. Tendresse.
Richard Hawley en a à revendre. Pour les siens, pour ses amis fracassés par les drogues, hantés par la folie, comme pour tous ceux qu'il croise chaque jour dans les rues et les pubs de Sheffield, ville que ce fils d'ouvriers n'a jamais quittée.
Il n'y a que huit chansons sur «Truelove's Gutter», mais huit splendeurs, dont un chef- d'oeuvre absolu, «For Your Lover Give Sometime», qu'un Sinatra n'aurait pas laissé passer, quand un Johnny Cash aurait fait évidemment son miel de «Ashes on The Fire».
On voit par là que Richard Hawley n'est pas le premier auteur de chansonnettes venu. «Truelove's Gutter» appartient à cette catégorie de disques dont vous savez tout de suite qu'ils ne sortiront plus de votre vie. Dans le boucan généralisé et le désert d'insensibilité qui nous cernent, ce sont des oasis de fraîcheur, d'ombre bienfaisante, où se murmurent les secrets les mieux partagés du monde, sur le temps qui use tout, sur les amours qui se meurent, la douleur qui cloue, la joie qui renaît. On n'y respire pas l'«air du temps»; ils ignorent les dernières «tendances» :
ils sont d'une beauté sans âge, faite de grâce et d'élégance.
Passion absolue pour la musique
Richard Hawley a une petite soeur américaine, plus jazz que lui, Melody Gardot, née en 1985 à Philadelphie. «My One and Only Thrill», son deuxième album sorti il y a quelques mois, rencontre chez nous un beau succès (que son confrère anglais attend toujours : Français, encore un effort...).
Ces deux aventuriers de la chanson perdue semblent avoir retrouvé des secrets de fabrication que détenaient autrefois les Rodgers & Hammerstein, les Harold Arien et, plus près de nous, Randy Newman ou Léonard Cohen.
Leurs disques, complètement intemporels, auraient pu être enregistrés dans les années 1950 ou 1960, ou dans trente ans, peu importe. Melody Gardot et Richard Hawley ont compris depuis longtemps que la mode, par définition, c'est ce qui se démode.
C'est comme ça qu'on finit par écrire des classiques.
Depuis un an, Melody Gardot, constamment en tournée, n'a pas «passé plus de quinze jours aux Etats-Unis». Elle n'a pas d'appartement fixe («tout ce que je possède tient dans les deux valises qui sont là-haut dans ma chambre», dit-elle).
Richard Hawley, lui, se verrait mal s'éloigner de ses 10 000 disques, de sa maison où il vit avec sa femme et ses trois enfants.
Belle blonde platinée dont une lourde mèche cache les lunettes teintées, Melody Gardot - son vrai nom - a tout d'une star glamour des années 1950-60.
Lui, chevelure de jais gominée ornée d'une banane à la Presley 1956, jean retroussé sur des bottes noires, veste longue à la limite de la redingote, a la silhouette des prolos anglais des années rockabilly On pourrait continuer le petit jeu des comparaisons, mais ce serait pour en venir de toute façon à ce qui les réunit :
une passion absolue pour la musique.
C'est leur bouée, leur oxygène, leur thérapie. C'est qu'ils reviennent de loin ces deux-là. La souffrance, le désespoir le plus noir, ils connaissent. D'où sans doute leur amour des ballades.
«Le bruit n'est plus révolutionnaire»,
ironise Richard Hawley, qui a pourtant furieusement cogné sur sa guitare dans ses jeunes années.
A 19 ans, Melody Gardot a été renversée par un 4x4 dans une rue de Philadelphie. Bassin fracassé, traumatisme cérébral : elle passera des mois sur un lit d'hôpital.
C'est là qu'elle écrira ses premières chansons sur les conseils d'un thérapeute. Aujourd'hui encore, elle marche avec une canne, porte des verres teintés pour protéger ses yeux et est toujours victime de troubles de la mémoire qui, en scène, lui font parfois oublier les paroles de ses chansons. «Quand ça m'arrive, sourit-elle, je scatte...»
Elle ouvre souvent ses concerts avec un vieux gospel chanté a cappella :
«Le gospel, le blues, le jazz ont la même source : un endroit où il y a de la souffrance. Je la connais bien, même si je n'ai jamais été esclave. Mes compositions n'en sont pas formellement, mais il y a beaucoup de blues dans ma musique.»
A contre-courant
Richard Hawley, lui, a connu la dépendance aux drogues. Avec ses deux premiers groupes, les Treebounds Story et les Longpips disparus sans laisser de traces, il a mené une vie très rock and roll, excès en tous genres compris. Sans ses amis de Pulp, de Sheffield comme lui, qui prirent le risque de l'embaucher comme guitariste en dépit de ses «mauvaises habitudes», il aurait sans doute sombré.
C'est d'ailleurs Jarvis Cocker, le chanteur dandy de Pulp, qui l'aidera à prendre confiance en lui-même et l'encouragera à enregistrer son premier disque. Aujourd'hui, Richard Hawley, qui en a fini depuis longtemps avec cet enfer, fait partie des artistes les plus respectés du «métier». Scott Walker, le génie reclus, son modèle absolu, lui a offert son amitié - privilège réservé à quelques rares élus.
En 2004, Richard Hawley avait écrit deux chansons pour Nancy Sinatra, aujourd'hui c'est Shirley Bassey qui vient de faire appel à lui. Les temps changent. De son propre aveu, Richard Hawley
«écrit tout le temps. Je ne peux pas m'éloigner de la musique un instant. Si je n'ai pas tout le temps une guitare sous la main, ça me rend fou».
Troublant, quelques jours plus tard, Melody Gardot utilisera pratiquement les mêmes mots :
«Mes chansons m'arrivent comme ça ! ? [Elle se frappe la tête, puis désigne le plafond.]
Elles ne m'appartiennent pas, ce sont comme des rêves qui viennent me visiter et qu'il faut honorer. Quand ces moments-là surgissent, je dois être disponible pour les accueillir, sinon ça peut me rendre folle.» A ceux qui trouveraient que ces deux-là sont décidément à contre-courant, on conseillera de méditer ce mot de Milan Kundera :
«Etre dans le vent est une ambition de feuille morte.»
Melody Gardot : «My One and Only Thrill», Verve/Universal. En concert à l'Olympia le 13 novembre (complet). Richard Hawley : «Truelove's Gutter» (Mute/EMI). Sortie le 5 octobre.
Bernard Loupias Le Nouvel Observateur - 2343 - 01/10/2009
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Sujet: Re: MELODY GARDOT Ven 16 Oct - 11:47
Melody Gardot en tournée dans toute la France en mars-avril 2010 !
Melody Gardot qui est en france en novembre prochain et notamment à Paris le 13 (complet), reviendra en mars et avril 2010 pour une tournée de plusieurs dates :
25 mars à Bordeaux, 26 mars à Tours, 29 mars à Nice, 30 mars à Marseille, 1 avril à Nantes, 2 avril à Roubaix, 3 avril à Strasbourg, 5 avril à Lyon, du 7 au 9 avril à Paris, 11 avril à Nancy et le 13 avril à Toulouse.
Melody Gardot est une chanteuse, auteur-compositrice de 23 ans née à Philadelphie ; ce qui est extraordinaire chez elle, c'est sa voix, unique : elle touche l'âme. Elle transcende les genres jazz et blues, et propose une envoûtante perspective personnelle qui plaira à tout amateur de musique.
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Sujet: Re: MELODY GARDOT Ven 23 Oct - 13:25
MELODY CLASSIQUE
Miraculée après un accident de voiture, Melody Gardot réanime, après Madeleine Peyroux, les codes d'un jazz vocal oublié depuis les années 50. Rencontre avec le phénomène jazz du moment.
Dans l'océan du jazz vocal où cohabitent gros poissons (Norah Jones, Diana Krall), petites crevettes (Lisa Ekdahl, Cassandra Wilson) et micro-krill (Stacey Kent, Molly Johnson, Lizz Wright), il n'y avait jusqu'ici que la remuante Madeleine Peyroux à repêcher. Il faudra désormais compter avec Melody Gardot, frétillante sirène faisant resurgir des souvenirs oubliés.
En réalité, personne n'avait entendu pareil chatoiement depuis les chuchotements félins de Julie London. Mais la sculpturale chanteuse de Cry Me a River n'était qu'interprète. Melody Gardot compose. Ce n'est pas rien.
Les chansons de son deuxième album *, qui semble tout droit sorti des années 50, derrière une légèreté tout en élégance raffinée, montrent une profondeur vertigineuse : c'est à la suite d'un accident de voiture qui l'a envoyée de longs mois à l'hôpital que la jeune femme s'est mise à composer en apprenant à jouer de la guitare. Depuis, elle marche avec une canne et masque derrière des lunettes noires les stigmates d'une vie cassée puis réparée.
On trouve dans ces chansons douces-amères de quoi rêver à foison : la dame emporte le quidam dans une féerie jazz intemporelle idéalement fantasmée, réunissant tous les adorables clichés du genre. Parce que les arrangements - cordes, cuivres - sont d'un classicisme absolu, les bas du front la taxeront de « rétro », l'insulte suprême...
En réalité, la chanteuse a compris qu'en respectant tous les codes d'un genre qu'il ne faut jamais malmener, elle rendra sa musique éternelle. Melody Gardot, qui avoue pourtant avoir écouté «beaucoup de rock et de pop», a décidé de remettre sur son trône un certain jazz disparu : entre ses propres chansons, délirantes de perfection, elle rend hommage à un monument ancestral et revisite, avec une grâce infinie, Over The Rainbow, la merveille extraite du Magicien d'Oz. C'est ainsi que l'énigmatique chanteuse enfonce la porte du club très fermé des vraies déesses du jazz.
Lorsqu'on lui demande d'où lui est venue l'idée d'un album aussi somptueusement rétro, la chanteuse ne comprend pas : «Rien ne se passe de la sorte : on n'a pas une grande idée qu'on décide de réaliser... A la base, je suis peintre, et je conçois chaque morceau comme une peinture. Je choisis les couleurs, qui sont les instruments. Je voulais des cordes, c'est sans doute ce qui vous donne l'impression que l'album est rétro, mais ce n'est pas ainsi que je le vois.» Interrogée sur ses talents manifestes pour la composition et les paroles, la Gardot, à nouveau, botte modestement en touche : «Je ne sais pas vraiment si on crée des chansons. Ce sont des instants qu'on attrape, qu'on capte. Il faut savoir les repérer. A vrai dire, la réelle difficulté est de ne pas ruiner ces fulgurances en studio. Il y a tellement de moyens de détruire une belle chanson que c'est presque un exploit de parvenir à traduire fidèlement ce qu'on a en tête. J'ai eu la chance de pouvoir travailler avec des gens exceptionnels qui comprennent et déchiffrent mon approche de peintre.»
Mine de rien, Melody Gardot vient de réaliser ce qui semble bien être un classique.
Le public ne s'y est pas trompé : l'album caracole dans les meilleures ventes depuis sa sortie, ses concerts à l'Olympia affichent complet (d'autres dates sont prévues pour le printemps), et la critique est massivement extatique. A-t-elle le sentiment de vivre un moment unique dans sa courte carrière ? « Je suis ravie de l'album, mais je ne m'inquiète pas pour l'avenir. J'ai encore mille choses à faire. Le médecin qui s'occupait de moi après mon accident, une femme extraordinaire, m'a enseigné cette chose fondamentale : c'est lorsqu'on ne fait plus rien qu'on meurt, physiquement, mentalement ou spirituellement. Depuis que j'ai compris cela, plus rien ne m'inquiète.»
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Sujet: Re: MELODY GARDOT Mar 27 Oct - 10:13
Melody Gardot, la grâce
Par Sacha Reins
C'est évident, Serge Gainsbourg aurait adoré Melody Gardot, poupée de son au patronyme si allusif (c'est pourtant son vrai nom), jolie blonde fragile et sexy qui a cependant connu un parcours tragique, déjà à 24 ans.
Quand elle en avait seize, une voiture l'a percutée alors qu'elle était à vélo. Fractures du bassin, de la colonne vertébrale, de la boîte crânienne. Elle ne pouvait se souvenir de ce qu'elle avait fait une heure plus tôt. Un médecin lui a conseillé une thérapie musicale, la musique et son exercice pouvant réparer une névropathie du cerveau. "Pendant des semaines, plusieurs heures par jour, j'ai composé des chansons dans ma chambre d'hôpital et je les enregistrais sur un magnéto numérique pour ne pas tout oublier, dit-elle. Un jour, un de mes amis, sans me le dire, a mis les chansons sur le Net." Effervescence immédiate.
Depuis, deux albums sont parus, Worrisome Heart, dont le romantisme sobre, les langoureuses lassitudes et le swing léger séduisent dès la première écoute, et My one and only thrill, un album qui marche avec une grâce pudique, mais somptueuse sur les chemins de la chanson jazzy ouverts par Joni Mitchell.
Melody Gardot appartient au cercle très fermé de ces musiciens hors-norme qui, par la seule magie de leur art et de leur présence, explosent illogiquement dans un monde où ils devraient être totalement anachroniques. Les précédentes grenades planétaires similaires avaient été dégoupillées par Norah Jones et Amy Winehouse.
Le 13 novembre à 20h à l'Olympia - 01 55 27 10 00 - Places de 34 à 50