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Sujet: ANGELIN PRELJOCAJ Sam 18 Oct - 11:10
Angelin Preljocaj
Angelin Preljocaj (Preljoçaj en albanais, qui se prononce « preliotchaï »), né en 1957 à Sucy-en-Brie en France, est un danseur et chorégraphe français de danse contemporaine. Son travail chorégraphique est très imprégné dans son écriture de l'histoire des ballets classiques, mais est néanmoins résolument contemporain. Il est considéré comme l'un des chorégraphes les plus importants de la danse actuelle. Entré au répertoire du Ballet de l'Opéra national de Paris au début des années 1990, Angelin Preljocaj dirige depuis 1985 la compagnie Preljocaj, renommée par la suite Ballet Preljocaj, et qui est en résidence au Pavillon Noir d'Aix-en-Provence depuis 1996.
Angelin Preljocaj est issu d'une famille d'origine albanophone, qui habitait à Ivangrad en ex-Yougoslavie, aujourd'hui Berane au Monténégro réfugiée politique en France. Sa sœur est l'écrivain Catherine Preljocaj. Né près de Paris, il fait tout d'abord des études de danse classique avant de s'orienter vers la danse contemporaine avec Karin Waehner à la Schola Cantorum. Après une période d'étude auprès de Merce Cunningham à New York, il rejoint, en 1980, la compagnie Quentin Rouillier à Caen, puis le Centre chorégraphique national d'Angers dirigé alors par Viola Farber. En 1982 il est engagé comme danseur dans la compagnie de Dominique Bagouet à Montpellier.
Angelin Preljocaj fait ses débuts de chorégraphe en créant le duo Aventures coloniales avec Michel Kélémenis en 1984 au Festival Montpellier Danse. À la fin de cette même année, Preljocaj crée seul Marché noir, récompensé au Concours de Bagnolet puis décide de fonder sa propre compagnie, en 1985, la Compagnie Preljocaj en résidence à Champigny-sur-Marne, devenue sous son impulsion le Centre chorégraphique national de Champigny-sur-Marne, puis du Val-de-Marne en 1989.
La danse de Preljocaj se caractérise alors par une forte base technique néo-classique et moderne, dans laquelle s'épanouit le langage contemporain singulier du chorégraphe.
La compagnie Preljocaj présente ses spectacles dans les plus hauts lieux de la danse en France : Liqueurs de chair, en 1988, devient sa première coproduction avec le Théâtre de la Ville à Paris ; Noces, d'après Stravinski (qui rentrera au répertoire), est présenté à la biennale de la danse du Val-de-Marne en 1989 et au Festival d'Avignon ; enfin Roméo et Juliette, sur la musique de Prokofiev et d'après les livres du dessinateur Enki Bilal, est créé pour le Ballet de l'Opéra de Lyon en 1990.
Le Pavillon Noir à Aix-en-Provence.
Quittant le Val-de-Marne, la compagnie Preljocaj prend ses nouveaux quartiers au Théatre national de la Danse et de l'Image de Châteauvallon. En 1992, Angelin Preljocaj reçoit le Grand Prix National de la Danse du ministère de la culture.
La compagnie est invitée, en 1993, par l'Opéra Garnier, à revisiter Parade, Le Spectre de la rose et Noces, en hommage aux Ballets russes. L'année suivante il crée Le Parc pour le Ballet de l'Opéra national de Paris, puis L'Anoure en 1995 sur un livret de Pascal Quignard, et L'Oiseau de feu, en 1996 pour le Ballet de Munich.
À cette période débute l'entrée de certaines chorégraphies de Preljocaj au répertoire du Ballet de l'Opéra national de Paris. Cette année correspond également à la relocalisation de la compagnie à Aix-en-Provence où elle demeure depuis au sein du Pavillon noir.
La compagnie reçoit deux nouvelles récompenses majeures : un Bessie Award à New York en 1997 pour Annonciation, et une Victoire de la Musique pour Roméo et Juliette. Le festival d'Avignon devient le lieu récurrent de création de plusieurs spectacles, dont Paysages après la bataille (1997) et Personne n'épouse les méduses (1999).
Preljocaj développe alors une nouvelle approche, avec un intérêt pour l'image du corps des danseurs, notamment au travers des nouvelles technologies (images de synthèse, gestion informatique en temps réel).
Naîtront de ces expériences une série de chorégraphies majeures comme Portraits in Corpore (2000), MC/14-22 (Ceci est mon corps) (2000) et Helikopter (2001) sur une musique de Karlheinz Stockhausen.
En 2001, Angelin Preljocaj revient à plus de classicisme avec son Sacre du printemps sur la musique de Stravinski, sous la baguette de Daniel Barenboïm. Une nouvelle chorégraphie de L'Annonciation destinée uniquement au support vidéo permettra à Preljocaj d'explorer le langage chorégraphique spécialement pour ce média en 2003. En parallèle, il crée une pièce éthérée, presque psychédélique, qui rencontrera un très grand succès international : Near Life Experience, sur la musique du groupe de musique électronique français Air.
Prenant à nouveau son public à contre-pied, après le succès de Near Life Experience, la compagnie crée, en 2004, Empty Moves , qui est un retour aux sources du mouvement chorégraphique pur, presque austère, accompagné par une musique de John Cage, et surtout N, pièce sur les barbaries humaines, d'une dureté et d'une violence physique poussées, relativement éprouvante pour le spectateur.
La création des 4 saisons d'après Vivaldi, en collaboration avec le plasticien Fabrice Hyber en 2005, semble montrer une sérénité retrouvée. En 2005, invité par Karlheinz Stockhausen dans son atelier de Cologne pour écouter Sonnatgs-Abschied, Preljocaj écrit le ballet Eldorado qui sera créé en 2007 juste avant la mort du compositeur allemand. Eldorado également a fait l'objet d'un film réalisé par Olivier Assayas.
En 2008, il produit un nouveau ballet romantique avec Blanche Neige sur une musique de Gustav Mahler et des costumes de Jean-Paul Gaultier.
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Sujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ Sam 18 Oct - 11:17
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BLANCHE NEIGE 2008
Dernière création du Ballet Preljocaj, Blanche Neige est un grand ballet romantique et contemporain d’après la version des frères Grimm.
Angelin Preljocaj réunit pour ce projet les 26 danseurs de la compagnie sur les plus belles pages des symphonies de Gustav Mahler. Les costumes sont signés Jean Paul Gaultier, les décors Thierry Leproust.
J'avais très envie de raconter une histoire, d'ouvrir une parenthèse féerique et enchantée. Pour ne pas tomber dans mes propres ornières sans doute. Et aussi parce que, comme tout le monde, j’adore les histoires. Je suis fidèle à la version des frères Grimm, à quelques variations personnelles près, fondées sur mon analyse des symboles du conte.
Bettelheim décrit Blanche Neige comme le lieu d’un œdipe inversé. La marâtre est sans doute le personnage central du conte. C'est elle aussi que j'interroge à travers sa volonté narcissique de ne pas renoncer à la séduction et à sa place de femme, quitte à sacrifier sa belle fille. L’intelligence des symboles appartient aux adultes autant qu'aux enfants, elle parle à tous et c’est pour cela que j'aime les contes.
Blanche Neige est un ballet narratif, avec une dramaturgie. Les lieux sont représentés par les décors de Thierry Leproust. Les 26 danseurs de la compagnie incarnent les personnages dans des costumes de Jean Paul Gaultier.
Angelin Preljocaj
La première a eu lieu le 25 septembre 2008 à la Biennale de la danse de Lyon.
Pièce pour 26 danseurs
Chorégraphie Angelin Preljocaj
Musique Gustav Mahler
Musique additionnelle 79 D
Costumes Jean Paul Gaultier
Décors Thierry Leproust
Lumières Patrick Riou
Assistant, adjoint à la direction artistique Youri Van den Bosch
Spectacle créé en résidence au Grand Théatre de Provence (Aix-en-Provence)
Coproduction Biennale de la danse de Lyon / Conseil Général du Rhône, Théâtre National de Chaillot, Grand Théâtre de Provence, Staatsballet Berlin (Allemagne)
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Sujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ Sam 18 Oct - 14:05
Télérama / Tchat avec Angelin Preljocaj
Angelin Preljocaj :Bonjour à tous ! C'est la première fois que je fais un tchat sur Internet, c'est une formule qui me paraît à la fois impressionnante et intéressante.
Télérama.fr : Angelin, pourquoi s'intéresser aujourd'hui à Blanche-Neige et construire un ballet autour de cette histoire-là ?
Angelin Preljocaj : Personnellement, après trois années où j'ai travaillé dans le champ de l'abstraction, où je peux dire que j'ai fait une sorte de recherche fondamentale en danse dans certaines pièces comme Empty Moves, ou bien Eldorado sur la musique de Stockhausen, je me suis posé la question de savoir tout à coup si toutes ces choses que j'avais mises en chantier dans ces projets pouvaient servir à un moment dans le champ de la narration.
Ainsi donc, je me suis attelé à la recherche d'un sujet à narrer littéralement, et je me suis dit qu'un conte de fées pouvait être une bonne entrée, compte tenu du désenchantement du monde actuel. Après, la question, c'était : quel conte ? J'ai fait un peu le tour des contes de Grimm, Andersen, et celui dont j'ai trouvé qu'il relevait le plus de l'improbable et du funambulisme, le plus casse-gueule, semblait bien être Blanche-Neige, qui, chaque fois que je le mentionnais, provoquait un éclat de rire. Ou une moue dubitative.
deb_1 : Pourquoi Blanche-Neige et pas Cendrillon ?
Angelin Preljocaj : Parce que je voulais essayer d’inventer quelque chose de nouveau, plutôt que de faire une relecture de ballets existants, tels que Cendrillon, par exemple, chose à laquelle je m'étais déjà attelé dans le passé, avec Roméo et Juliette par exemple.
laura : Bonjour Angelin, Je voulais tout d'abord vous remercier de m'avoir littéralement transportée hier soir lors de la représentation de Blanche-Neige. Emue aux larmes, j'ai été – encore une fois – extrêmement touchée et émerveillée par votre travail. Ma question : le thème de la maternité semble revenir régulièrement dans votre travail et ce avec une sensibilité et une force étonnantes (dans Médée, l'amour d'une mère pour ses enfants, le rapport entre la mère et la femme ; dans Annonciation, les sentiments mêlés, ambigus que peut ressentir une femme sur le point de devenir mère ; et dans Blanche-Neige encore, la première scène, d'une violence incroyable et la scène où la mère de Blanche-Neige vient « chercher » sa fille morte, dans un envol d'une beauté incroyable). Comment ce thème résonne-t-il chez vous ? Vous semblez toucher aux sentiments si intimes, si forts et si complexes de la maternité et les comprendre avec beaucoup de sensibilité.
Angelin Preljocaj : En tout cas, la maternité est quelque chose qui parle du corps en métamorphose. C'est un corps qui est porteur d'un être qui va naître et je trouve qu'évacuer cette question du champ chorégraphique serait vraiment dommage.
C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit quand j'ai commencé à travailler sur L'Annonciation. En l'occurrence, pourquoi ce sujet n'a jamais été traité par des chorégraphes, alors même que le corps dans tous ses états devrait être le sujet premier de la danse ?
L'autre question qui m'est venue à l'esprit, c'est : étant un homme, n'y aurait-il pas là une frustration de la maternité, qui est peut-être encore plus brûlante chez un artiste quand on entend ceux-ci parler de leurs créations en reprenant des termes propres à la maternité : gestation d'un projet, accouchement, baby-blues, une sorte de vacuité qui suit l'accouchement.
A un moment, dans le spectacle, la mère de Blanche-Neige vient la chercher, la croyant, comme tout le monde, morte. Elle vient l'emmener au royaume des morts, et parfois certains spectateurs croient que c'est la mort elle-même qui vient chercher Blanche-Neige. Alors que c'est sa mère. Donc l'identification entre la mort, la mère, cette espèce de contresens, la mère qui donne la naissance et qui revient la chercher au moment de la mort, comme pour boucler un cycle, est une idée qui me paraissait intéressante dans la dramaturgie du ballet, d'autant qu'elle pouvait, en la laissant sur place et en repartant seule, montrer qu'elle ne l'avait que l'apparence de la mort.
Monsieur Michel : J'ai assisté hier soir au ballet de M. Preljocaj. Je m'attendais à une longue suite de tableaux sans intérêt, presque style Disney, et j'ai été conquis. Superbe ! Question : avec votre succès, le fait de vous lancer dans le ballet narratif, ne craignez-vous pas de sombrer dans un mélange redoutable : grand spectacle/ mode/ parisianisme bobo ? Rassurez nous, merci !
Angelin Preljocaj : C'est vraiment une question qui me réveille chaque matin. Mais, en même temps, je crois que c'est mon mode de fonctionnement que d'alterner sans arrêt les champs d'exploration. Je n'ai qu'une hâte, celle de retourner à mon « laboratoire » pour pouvoir continuer à exhumer de nouveaux concepts de mouvements, de formes du corps et aiguiser mon écriture.
Autre chose : la narration pose des questions chorégraphiques tout à fait particulières, quand on décide d'exprimer une dramaturgie uniquement à travers les corps, le mouvement, l'énergie et l'espace.
tom : Pourquoi, selon vous, aucun chorégraphe ne s'est attaqué à Blanche-Neige ? c'est pourtant l'un des contes les plus connus... Cendrillon, Le Lac des cygnes, les mayas... Mais aucun nain dans les grands ballets classiques !
Angelin Preljocaj : Pour ce qui est de Blanche-Neige, Serge Lifar a fait une tentative en 1951, je ne l'ai appris que très récemment. Et peut-être la question des nains était-elle un vrai problème pour certains. Quant à moi, en relisant La Psychanalyse des contes de fées, de Bruno Bettelheim, j'ai bien compris, à travers ses explications, que les nains n'étaient qu'un symbole. Un symbole de chasteté. En effet, selon Bettelheim, à l'époque des frères Grimm, les nains n'avaient, dans l'inconscient collectif, pas de sexualité. Ce qui garantissait une relation très chaste avec Blanche-Neige. En effet, les risques d'une tourmente avec sept gaillards dans la forêt et une magnifique jeune fille auraient été préjudiciables pour la suite du conte...
ricardo 73 : Bonjour, j'aimerais savoir comment s'est passé le travail sur les costumes avec Jean-Paul Gaultier. Comment avez-vous travaillé ? Combien de temps, de personnes, quel budget ? Merci !
Angelin Preljocaj : Déjà, concernant le travail, j'ai contacté Jean-Paul Gaultier très rapidement, parce qu'il me paraissait le couturier le plus évident sur ce projet, compte tenu du regard émerveillé qu'il semble porter sur les choses en général. Son côté petit prince de la couture m'a toujours attendri et touché, et je voyais même lors de son dernier défilé que ses grandes robes à écailles de poisson qu'il présentait sur le thème de La Petite Sirène rejoignaient mes préoccupations sur Blanche-Neige.
Ensuite, je l'ai invité à une séance de travail chez Thierry Leproust, qui est le décorateur du spectacle, pendant laquelle je lui ai expliqué ma vision de Blanche-Neige tout en regardant les maquettes du décor. Je lui ai littéralement raconté l'histoire, c'était comme un petit Guignol. Après trois semaines, Jean-Paul est revenu avec une série de 120 dessins où tout était déjà là : costumes, personnages. A partir de là, on a pu discuter, affiner certains caractères des rôles principaux pour arriver à une version finale dans les semaines qui ont suivi. Puis les premiers essayages sont arrivés, et j'ai l'impression que c'est là que tout a commencé pour Jean-Paul.
Etrangement, ce que je croyais être le point final n'était que le début pour lui. Là, j'ai vu qu'il travaillait un peu comme moi : il avait besoin de travailler d'abord une matière, même très brute, pour pouvoir ciseler ensuite sur chaque danseur et chaque personnage le costume final, qui pouvait littéralement changer du tout au tout entre le croquis et la version qu'on a sur scène.
Avant toute chose, je voudrais le remercier à nouveau ici : Jean-Paul, quand on lui a demandé sa note d'honoraires, nous a dit : vous rigolez, c'est pour moi un plaisir, je le fais parce que j'ai vraiment envie de travailler sur ce projet, et c'est gratuit ! La fabrication des costumes a eu un coût, évidemment. Compte-tenu du nombre de costumes, c'était plus cher qu’Empty Moves, qui ne compte que quatre danseurs en t-shirt et petit short !
Anne : Bonjour Monsieur Preljocaj, j'aimerais savoir dans quelle mesure travailler avec le ballet de l'Opéra de Paris a fait évoluer votre travail. Votre relation aux danseurs en a-t-elle été modifiée ?
Angelin Preljocaj : Travailler avec le ballet de l'Opéra de Paris a vraiment été pour moi une belle aventure, qui continue d'ailleurs. Je crois que chaque fois qu'on travaille avec des gens nouveaux, une nouvelle troupe, on est amené à reconsidérer à la fois ses modes de fonctionnement et son rapport à la danse.
Je dirais qu'il y a autant de différences entre deux compagnies de ballet classique qu'il peut y en avoir entre deux compagnies de danse contemporaine. Les historiques du ballet de l'Opéra de Paris et celui du New York City Ballet sont si différents que leur « culture physique » induit un mode de travail différent. En effet, en ce qui me concerne, ce que j'aime c'est « faire avec ce que j'ai en main ». Prendre en compte l'histoire des gens, et faire quelque chose qui leur va. Par ailleurs, pour moi la première grande compagnie de danse contemporaine, ce sont les Ballets russes. J'ai pu remarquer très vite que leur mode de fonctionnement ressemble énormément à ce qu'on fait aujourd'hui. Diaghilev allait chercher un inconnu qui s'appelle Igor Stravinsky, à qui il commandait une œuvre, auquel il associait un drôle de type qu'il avait croisé à Paris, qui peignait et qui s'appelait Pablo Picasso. Le fait d'associer ces avant-gardes dans la production chorégraphique n'est pas si éloigné de nos propres « méthodes ».
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Sujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ Sam 18 Oct - 14:05
. franck : Pourquoi les danseurs sont ils si jeunes ? Je me souviens de vos premières créations avec une équipe d'interprètes plus solides et matures. Je perds la poésie maintenant.
Angelin Preljocaj : Parce que je crois que mon vocabulaire a évolué. Je dois dire que je suis parti d'un minimalisme très années 1980, qui s'est déployé dans l'espace, et c'est vrai que la virtuosité m'a intéressé de plus en plus au fil de ma recherche. Il est étonnant de voir qu'en regard de l'évolution des connaissances diététiques, physiologiques et anatomiques, le sport, par exemple, a énormément évolué. Si on regarde aujourd'hui les performances de Nadia Comaneci, par exemple, quand elle a gagné les JO à son époque, on voit bien qu'aujourd'hui elle ne serait même pas sélectionnée aux éliminatoires. Alors même que sa performance avait époustouflé tout le monde à l'époque.
La danse en est au début de son histoire. On était dans une espèce d'académisme pendant des années. Au moment où la danse contemporaine tout à coup ouvre de nouveaux champs de recherche, je trouve dommage de ne pas chercher les limites des corps, de la performance des corps.
baladïne compositeur : Est-il vrai que vous avez, pendant des années, utilisé des œuvres musicales pour vos spectacles sans vous préoccuper des droits Sacem ? J'ai travaillé pour des chorégraphes et j'ai remarqué qu'il y avait au mieux une ignorance et au pire un total mépris pour le travail des compositeurs et, souvent, un manque effrayant de culture musicale et de connaissance de la création musicale. Il faudrait que des chorégraphes comme vous donnent des signes forts et soient exemplaires à ce sujet ! Bravo et merci.
Angelin Preljocaj : Concernant la question que vous posez, il ne s'agit pas des droits de la Sacem, qui sont les droits des auteurs, il s'agit d'une affaire qui nous a opposés à la Spedidam, qui est une société de collecte des droits des interprètes sur les enregistrements du phonogramme. Ce problème touche encore l'ensemble des professions du spectacle vivant. Les taux imposés par cette société, s'ils étaient appliqués, mettraient en péril l'ensemble des entreprises de spectacle vivant françaises. C'est pourquoi il y a une sorte de résistance de la part de la profession à entériner les tarifs de cette société, qui sont exorbitants et qui vont parfois bien au-delà de 12 % des recettes des salles de spectacle, alors que les droits d’auteur, par exemple, n'excèdent jamais 4 %.
Tout ce que nous attendons, et pas seulement moi, c'est que cette société tienne compte de l'écologie du spectacle vivant et qu'elle applique des tarifs viables pour la survie de ces entreprises culturelles.
Louise : Bonjour, les éditions Naïve ont sorti un beau livre qui vous a été consacré, est-ce un projet qui vous a tenu à cœur ? Nous y découvrons également les heures que vous parvenez à consacrer à la peinture. Que vous apporte-t-elle en plus de la danse ?
Angelin Preljocaj : Oui, le livre de Françoise Cruz est un projet qui m'a tenu à cœur, que j'ai suivi d'assez près tout en lui laissant toute liberté de manœuvre pour élaborer le projet. La peinture est quelque chose qui me hante depuis quelques années, qui est une sorte de contrepoint du travail que je fais dans la danse. Je remarque par ailleurs que ce que je peins, ce sont des corps, des visages. La solitude qu'implique la peinture est aussi une méditation qui me nourrit avant de retourner vers l'interactivité qu'induit immanquablement la collaboration avec des danseurs et le travail avec une compagnie.
cl.c : Pensez-vous être le plus « qualifié » pour diriger le Centre chorégraphique national d'Aix-en-Provence ?
Angelin Preljocaj : Je crois qu'il ne s'agit pas d'une qualification, je crois qu'il s'agit d'un projet qui me tient à cœur depuis 28 ans : donner à la danse contemporaine un lieu qui soit à la fois un lieu de répétitions, un lieu de réflexion, un lieu de partage et aussi une salle de spectacle. Et c'est un projet que j'ai mené avec mon équipe, qui a mis, depuis mon arrivée à Aix, plus de dix ans à voir le jour. Ce bâtiment est sorti de terre, il existe, il a la radicale élégance que lui a donnée l'architecte Rudi Ricciotti, et il a l'avantage que, quand je le quitterai, il restera là comme un pavillon noir derrière lequel pourront encore se rassembler d'autres danseurs et chorégraphes.
La Roumzaille : Bonjour Angelin, Le Pavillon Noir est à l'image de votre ballet et de vos créations. Mais personne n'est éternel. Qu'en sera-t-il de l'après Preljocaj au Pavillon Noir ? Merci.
Angelin Preljocaj : Vous voulez que je parte, c'est ça ?
La Roumzaille : Je me rappelle avoir lu que refaire un solo pour vous vous démangeait. Qu'en est-il de ce projet ?
Angelin Preljocaj : Ça me démange toujours, mais j'en reste pour l'instant au grattage.
Utilisateur6 : Quels sont les autres chorégraphes contemporains dont le travail vous touche ?
Angelin Preljocaj : Maguy Marin, Jérôme Bel, l'autre Jerome, Robbins, Merce Cunningham et bien d'autres.
festi : Bonjour monsieur Preljocaj. Tout d’abord, un grand merci pour votre travail, qui m'a fait découvrir et aimer profondément la danse contemporaine. Pensez-vous que vos travaux de recherche en danse puissent un jour sortir d'une salle de spectacle et prendre corps sur un petit écran, dans la rue, dans notre quotidien, dans quelque chose qui ne soit plus de la danse ? Serons-nous un jour pleinement des hommes en mouvement ?
Angelin Preljocaj : Cette question pourrait être une réponse. En tout cas pourrait être une sorte de projet à réaliser.
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Sujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ Ven 2 Jan - 13:35
Angelin Preljocaj, l'artificier des corps Marion Thébaud
Invité et célébré dans le monde entier, il s'installe avec sa troupe au Théâtre de la Ville qui présente sa nouvelle production, «Eldorado», sur une musique de Stockhausen.
Il est l'un des grands chorégraphes de sa génération. Angelin Preljocaj, né en France de parents albanais, a construit une œuvre saluée par la critique, aimée du public. Il se produit deux semaines au Théâtre de la Ville avec son nouveau spectacle, Eldorado , créé au Festival de Montpellier en 2007. Quand on sait que cette salle à une capacité de près de 1 000 places, on mesure l'engouement. Elles ne sont pas nombreuses les troupes qui peuvent s'afficher sur deux semaines dans une telle salle. Eldorado, conçu sur une composition de Stockhausen, est précédé par deux duos, Annonciation et Centaures. Trois œuvres résolument abstraites, qui glorifient le corps. Eldorado est né de la fascination de Preljocaj pour une composition de Stockhausen, Sonntags Abschied. «J'ai été transpercé par cette musique cosmique comme par des chants qui viennent des étoiles, et je me suis mis au travail.»
Les distorsions du thorax
Le ballet s'interroge sur la quête du corps parfait, « mystique » pour Preljocaj. Le chorégraphe a réuni douze danseurs vêtus d'un maillot chair ajusté comme une seconde peau, brodé de fleurs blanches. Qu'ils soient réunis en duos, en trios ou en ensembles, ils épousent tous les rythmes, les ondulations musicales d'une œuvre complexe. « J'essaie, reprend Preljocaj, de traduire la façon dont les sons peuvent affecter les corps, comme s'ils étaient injectés dans ces mêmes corps. » On assiste ainsi à des phrases aux variations infinies, faites d'inclinations du cou, de distorsions du thorax, de duos à la recherche d'équilibres précaires, de portés impressionnants où le passé de judoka de Preljocaj se devine : « Je tente de donner de l'esprit au corps », dit-il.
Preljocaj a fait ses classes dans un conservatoire de quartier en région parisienne, apprenant les rudiments de la danse classique avant de découvrir la danse contemporaine avec Karin Waehner à la Schola Cantorum. « C'est elle qui m'a fait prendre conscience qu'on pouvait inventer des formes nouvelles. Entre l'idée d'une chose et la chose, il y a un pas à franchir. Elle m'a conduit à le faire. » Fort de cette révélation, il peaufine son apprentissage auprès de Merce Cunningham. « J'ai découvert New York à la fin des années 1970. C'était une sorte d'apocalypse joyeuse. L'énergie de la ville m'a ouvert l'esprit tout autant que Cunningham m'a ouvert le corps. »
Toujours cette double présence de l'esprit et du corps. Mais Preljocaj se défend d'intellectualiser: «Je suis un instinctif. L'émotion doit venir de la forme. Un mouvement n'est pas plus beau qu'un autre, c'est son articulation dans un ensemble, sa résonance par rapport à un autre qui crée l'intérêt. Prenez une note de musique, un fa dièse n'est pas plus beau qu'un mi bémol, c'est la vibration entre deux notes qui provoquent un impact ou non. Les choses existent par rapport aux autres. » C'est ainsi qu'il donne au public une place de choix. « Il sert de révélateur. En photographie, par exemple, un cliché pris n'existe qu'une fois passé dans le bain du révélateur, puis du fixateur. En danse, c'est la même chose. »
«J'aime alterner les styles»
Chorégraphe installé à Aix-en-Provence depuis 1996, il ne cesse de sillonner le monde, invité à créer pour les plus grandes troupes, comme celle du New York City Ballet ou de l'Opéra de Paris. Le Parc, commande de 1994, sera repris la saison prochaine, à Garnier. Puis, Preljocaj répondra à une nouvelle invitation de l'Opéra de Paris. Mais avant de s'y atteler, il créera fin septembre, à la Biennale de Lyon, Blanche-Neige, avant de reprendre l'œuvre au Théâtre de Chaillot, à Paris
« J'aime bien alterner les styles. Après avoir signé avec Eldorado une pièce abstraite, j'avais envie de revisiter le conte de fées, genre qui a inspiré les grands classiques du XIXe siècle. » Il a choisi une musique de Mahler pour mettre sur pied cette « tragédie féerique ». Un ballet qu'on attend avec impatience, car on sait que Preljocaj, en s'appropriant la fable, réinvente un monde. C'était le cas de son Roméo et Juliette. « Régler un ballet sur la musique de Mahler demande beaucoup de doigté. C'est une musique à manipuler avec précaution. C'est de la nitroglycérine. »
Nombre de messages: 5125 Age: 59 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ Ven 6 Mar - 17:25
Angelin Preljocaj, le mystique des corps Ariane Bavelier 06/03/2009 | Mise à jour : 09:50
Le chorégraphe profite de la sixième reprise du «Parc» à l'Opéra de Paris pour prendre la classe avec les danseurs. Et fourbir des projets : avec le Bolchoï, l'Opéra et en solo.
Angelin Preljocaj a ses obsessions, ses fantômes, ses attentes. Sa ligne de conduite aussi, qui lui intime de chercher toujours sans mettre deux fois ses pas dans la même empreinte. S'il fallait dessiner sa carrière, on représenterait des boucles qui toujours tracent le même parcours : passage de l'abstraction au narratif, lignes d'abîmes, quête de l'homme, «trait d'union entre ciel et terre», dit-il. Cette intégrité est le seul sacrifice qu'il concède à la beauté. Son monde est âpre, entier, brutalement honnête, sa danse taillée à la serpe, ancrée dans les muscles et la terre et reflétant dans sa part d'ombre, des vertiges de l'au-delà. On reçoit ses chorégraphies comme des coups de poing.
Le succès pourrait engendrer la facilité, il s'en méfie. Compte- t-il Le Parc créé il y a quinze ans et considéré comme un de ses meilleurs ballets ? «Je le juge surtout comme une pièce sur mesure pour l'Opéra. Avant de la créer, je me suis longtemps imprégné de cette compagnie fondée par Louis XIV et capable de danser aussi bien Le Lac des cygnes que Forsythe. L'argument, inspiré par La Princesse de Clèves, me semblait se relier à son histoire. En refusant l'amour, la princesse aiguise la passion et va à contre-courant. L'air de rien, elle est, comme le Ballet, d'une modernité incroyable», dit-il.
La saison prochaine, leSiddharta, qu'il créera pour l'Opéra, le ramène vers une autre question déjà abordée dans Annonciation et MC 14-22, programmé fin avril au Palais Garnier : «Comment donner une substance spirituelle au corps ? Cette quête qui traverse toutes les religions et fonde leurs rituels est aussi la mienne.»
Dix ans d'absence Quelle leçon tire-t-il du succès de Blanche Neige qui va tourner deux ans et demi avec escale sur le bassin de Neptune, à Versailles, cet été, et reprise à Chaillot l'an prochain ? «J'ai mis au service de la narration toutes les leçons expérimentées dans mes ballets abstraits sur l'espace, l'équilibre, l'énergie, le poids, la forme. Je ne voudrais surtout pas qu'on me catalogue comme le contemporain qui fait les contes de fées !»
Blanche Neige le prive de sa compagnie ? Il en profite pour revenir danser sur scène, après dix ans d'absence, avec un solo qu'il créera au festival Montpellier Danse. Il y dira Le Funambule de Jean Genêt qu'il dansera également, croisant deux écritures, littéraire et chorégraphique : «Au moment de ma formation à la Schola Cantorum auprès de Karin Waehner, élève de l'expressionniste Mary Wigman, juste avant que je parte à New York travailler la post modern'dance chez Cunningham, ce texte a été pour moi ce que sont les Lettres à un jeune poète pour un apprenti écrivain. Je viens de retomber dedans.»
La dernière boucle de son parcours l'emmène aujourd'hui plus loin encore. Fin 2010, il créera une pièce moitié pour ses danseurs, moitié pour ceux du Bolchoï de Moscou. «Une pièce sur l'Apocalypse avec une création musicale du DJ Laurent Garnier. Sa musique est capable de rendre fou un millier de personnes . Les Russes sont dans l'urgence et affamés de création. J'espère que leur sentiment de l'Apocalypse contaminera mes danseurs», dit-il. Tous travailleront ensemble deux mois à Aix, deux mois à Moscou. L'Apocalypse hante la religion orthodoxe et l'histoire récente de la Russie, au moment du stalinisme puis de l'effondrement de l'URSS.
Elle travaille aussi Preljocaj, aujourd'hui âgé de 52 ans, qui effectuera avec cette création, un retour dans les profondeurs de lui-même. Sa mère était enceinte de lui en 1956 lorsque avec son époux, elle a quitté l'Albanie à pied pour fuir le régime d'Enver Hodja. Il confie parfois que c'est alors, dans cette marche vers la liberté, quelques mois avant sa naissance, que la danse a germé en lui.
Palais Garnier, «Le Parc», du 6 au 19 mars, Mc 14-22 du 29 avril au 17 mai. Loc. : 0892 89 90 90.
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Sujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ Dim 29 Mar - 22:24
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BLANCHE NEIGE Ballet Preljocav
Du mardi 30 juin au mercredi 1 juillet 2009 : - Le mardi et le mercredi de 21:00 à 22:00 Versailles Bassin de Neptune
A la recherche du merveilleux.
Créateur infatigable d’une danse fluide et très écrite, née de la virtuosité, Angelin Preljocaj a réuni les vingt-six danseurs de sa compagnie pour créer un grand ballet romantique contemporain. Avec Blanche Neige, Angelin Preljocaj invite à la rêverie avec les plus belles pages des symphonies de Gustav Mahler, comme il a déjà construit Le Parc sur la musique de Mozart, pour le Ballet de l’Opéra de Paris.
Glissant la danse dans un univers scénographique baroque et merveilleux et les corps dans les costumes créés par le couturier Jean-Paul Gaultier, Angelin Preljocaj ose se confronter à la narration pour mieux réveiller la figure de Blanche Neige, l’incarnation de nombreux fantasmes.
Cette relecture incisive repose les questions d’écriture et d’espace pour offrir une nouvelle liberté polyphonique et une nouvelle pureté du mouvement. Un sens de la féerie et un langage contemporain pour vous conter une histoire intemporelle.
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Sujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ Dim 24 Mai - 12:30
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MARDI 23 JUIN 2009 À 22H - OPÉRA COMÉDIE Angelin Preljocaj Ballet Preljocaj Un funambule
D’Angelin Preljocaj, on connaît les créations plutôt spectaculaires, les chorégraphies écrites pour de nombreux danseurs comme le suppose une compagnie nommée “Ballet Preljocaj”.
Voir le chorégraphe danser en solo une de ses compositions – ce qu’il n’a jusqu’à présent, jamais fait – plus encore qu’un événement est un moment rare, une prise de risque, “comme s’avancer nu sur un champ de bataille” avoue-t-il, “comme se tenir sur un fil”…
À l’image de ce funambule de Jean Genet, texte et prétexte de ce solo, un chant d’amour bouleversant écrit pour son amant funambule, Abdallah. “Quand j’étudiais la danse à la Schola Cantorum avec Karine Waehner, raconte Angelin, je le lisais beaucoup, chaque matin, comme une remise en selle.
Il est pour moi l’équivalent des Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke. Je l’ai relu comme on retrouve un frère. Il parle tellement de l’engagement artistique, avec une syntaxe ciselée comme un diamant noir qui articule une pensée sur la mort, l’effacement, la mise en danger personnelle, physique, totale, qu’il est pour moi l’un des écrits les plus justes sur la danse.
Ce mot revient toujours dans Le funambule, mais de façon décalée, comme métaphore pour parler d’autre chose. Et finalement, il se retourne comme un gant : ce texte prend une fulgurance étonnante quand on l’applique vraiment à la danse.”
Se confronter directement à l’écrit comme point de départ du matériau chorégraphique est une nouvelle aventure pour Angelin Preljocaj, plus habitué à sculpter directement le mouvement sur le corps de ses danseurs. Là, il s’agit “de prendre le texte à bras le corps et incarner les mots.
En ce sens, il y a une similitude avec l’acte concret du solo : si l’on fait un faux pas, on tombe ! ” affirme le chorégraphe, qui ajoute : “J’ai 52 ans, voilà longtemps que je ne me suis pas exposé sur un plateau, à chaque pièce, ça me démange. L’idée de retrouver la scène me procure une sorte de picotement au coeur et au ventre, c’est un plaisir inouï… même et surtout si je dois m’avancer seul dans le vide.” ai
Chorégraphie et interprétation : Angelin Preljocaj Texte : Jean Genet, Le funambule (Poésie Gallimard NRF) PRODUCTION : BALLET PRELJOCAJ COPRODUCTION : FESTIVAL MONTPELLIER DANSE 2009, THÉÂTRE DE LA VILLE (PARIS)
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Sujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ Jeu 3 Sep - 23:49
. Théâtre des Abbesses
du 03 au 15 septembre 2009
Ballet Preljocaj Compagnie Le Funambule Danse - Texte
Prendre le texte à bras le corps et incarner les mots.
Angelin Preljocaj, la cinquantaine assumée, a senti le besoin de retrouver «la piste éblouissante». Ainsi la décrit Jean Genet dans Le Funambule. Un solo, pour lui, par lui donc mais pas seul.
En effet, sur ce fil tendu, c’est avec les mots de Genet que le chorégraphe redevenu danseur entend flirter.
Angelin Preljocaj se souvient que plus jeune avant les cours de Karine Waehner à la Schola Cantorum, il parcourait ces pages, chant passionné du poète à son amant funambule. Déjà il y trouvait une matière incroyablement chorégraphique.
Puis le temps a passé, Angelin s’absorbant dans une oeuvre dense, l’une des plus riches de la création française. Aujourd’hui l’homme du Ballet Preljocaj retrouve ces phrases comme taillées dans la plus précieuse des matières, l’amour. Sur scène, Angelin Preljocaj sera au plus près du texte qu’il incarnera corps et âme. Il le dira et le dansera, funambule à son tour. «Mais l’Ange se fait annoncer, sois seul pour le recevoir», écrivait Jean Genet. De l’ange à Angelin, il n’y a qu’un pas désormais franchi.
Depuis 25 ans, le chorégraphe français accumule les succès et remplit les salles. Pour la première fois, il se lance seul en scène, à partir du jeudi 3 septembre, pour dire et incarner
LE FUNAMBULE de Jean Genet par Angelin Preljocaj Théâtre des Abbesses, à Paris
«Que ta solitude, paradoxalement, soit en pleine lumière, et l’obscurité composée de milliers d’yeux qui te jugent (…), tu danseras sur et dans une solitude désertique… » Dans un troublant effet de miroir, l’homme qui prononce ces mots sur scène est seul et il danse, si menu, presque vulnérable vu de la salle.
Cet homme, c’est Angelin Preljocaj : le chorégraphe de tous les succès, auteur de plus de 40 pièces, réclamé par les plus importantes compagnies au monde et applaudi comme peu de ses confrères par le grand public.
Le 22 juin, lors de la première du Funambule au festival Montpellier Danse, il a remis tout cela en jeu. Déterminé à multiplier les mises en danger, il remonte sur scène pour la première fois depuis quinze ans, il danse et dit Le Funambule, écrit en 1958 par Jean Genet en hommage à son ami acrobate, Abdallah.
S’il prend des risques, Angelin Preljocaj ne laisse rien au hasard. Il s’est choisi une très belle scénographie de papier, signée Constance Guisset, des lumières et une musique parfaitement réglées. De son côté, il a apprivoisé le texte et ses nombreuses difficultés dans leurs moindres détails.
"Remettre les compteurs à zéro"
Dans une chorégraphie sobre et épurée, son corps souple dessine des lignes parfaites, des courbes harmonieuses, et jaillit dans l’espace. L’émotion est là, sur le fil justement. Au regard du public, le chorégraphe est soudain ce funambule qui joue sa vie sous les projecteurs. Un vrai saut dans le vide qu’Angelin Preljocaj va réitérer pendant dix jours au Théâtre des Abbesses à Paris.
« C’est toujours aussi affolant », avoue-t-il, électrisé par cette peur, ce besoin d’« intranquillité » qui le pousse à chaque création « à remettre les compteurs à zéro ». Pour ce solo, peut-être plus que pour les pièces précédentes, comme si, à 52 ans, il était encore plus urgent de surprendre.
« J’y pensais depuis longtemps, raconte-t-il. Ma compagnie a passé l’année en tournée avec mon dernier ballet, Blanche Neige, je me suis retrouvé seul à Aix-en-Provence. Il ne me restait plus que mon propre corps pour créer, alors je me suis dit que c’était peut-être le moment ou jamais. » Le texte de Jean Genet est remonté à la surface comme le jalon lumineux d’une vie d’artiste : « Je le lisais et le relisais à l’âge de 20 ans, quand j’étudiais la danse. Quand j’étais dans le doute, il me revigorait. »
Aujourd’hui, ces retrouvailles prennent quelque air de bilan. « C’est l’occasion de faire le point sur ce que je peux faire en scène, sur mon engagement en tant qu’artiste, reconnaît-il. Je ne veux pas me cacher derrière ma compagnie, comme un général derrière ses soldats. C’est un peu ça, être chorégraphe, quand on ne danse pas. »
« Transfiguré par la danse »
L’écrivain Ismaïl Kadaré, d’origine albanaise comme lui, prétend que la destinée de danseur d’Angelin Preljocaj fut scellée en 1956 lorsque ses parents fuyaient la dictature communiste vers la France. Il était déjà dans le ventre de sa mère et leur longue marche à travers les montagnes albanaises lui aurait donné à jamais le goût du mouvement.
Ses origines albanaises sont là bien sûr, tapies au fond de lui, mais il ne veut pas les hisser en étendard : « Je ne peux pas m’arracher à mes propres racines mais je suis une bouture qui a pris en France, je suis vraiment français et ce qui m’importe c’est d’être reconnu pour ce que je fais. »
Étrangement, Angelin Preljocaj confie qu’il est venu à la danse par le poids d’un mot. Déjà. Un jour, à Champigny-sur-Marne, en banlieue parisienne, une fillette de son école ouvre devant lui un livre. Une photo montre le beau visage de Noureev avec cette légende : « Transfiguré par la danse ». Sans trop comprendre pourquoi, le petit garçon est fasciné par le mot « transfiguré » et il s’inscrit au cours de danse classique. Il s’y accrochera, malgré les moqueries de ses camarades et la méfiance de ses parents.
Plus tard, il découvre la danse contemporaine avec Karine Waehner à la Schola Cantorum, à Paris. En 1979, il assiste aux Events de Merce Cunningham, donnés à Beaubourg, et décide de rejoindre l’école du chorégraphe américain. « J’ai été envahi par sa conception de la danse : en ramenant le mouvement au centre, il a ouvert la porte à l’abstraction et à la liberté. »
Merce Cunningham est décédé fin juillet, un mois après la chorégraphe allemande Pina Bausch. « On entre dans une période étrange, songe Angelin Preljocaj. Ils étaient des phares dans le monde de la danse, ils se sont éteints… Ils ont lâché le relais, il faut continuer sans eux. »
« Créer pour émouvoir les gens »
Lui ne cesse d’explorer toutes les possibilités offertes par l’art chorégraphique. Depuis vingt-cinq ans, tout semble l’inspirer, des ballets russes (Noces, en 1989, Le Sacre du Printemps, en 2001) à la Bible (Annonciation, en 1995, ou MC 14/22 Ceci est mon corps, en 2001), en passant même la télévision (Personne n’épouse les méduses, en 1999). Il entraîne ses danseurs sur des terrains musicaux aussi différents que Mozart, Vivaldi, Air, John Cage, Stockhausen ou Mahler.
Sa danse, toujours techniquement exigeante, est tantôt torturée, violente ou enchanteresse, tantôt abstraite, expérimentale ou narrative, comme dans Blanche Neige, créé en 2008. Avec ce dernier ballet, il revendique l’héritage de Jean Vilar et la volonté de défendre un « spectacle populaire et de qualité ».
Implanté à Aix-en-Provence depuis 1996, le Ballet Preljocaj a depuis 2006 son propre lieu, le Pavillon noir, dessiné pour la compagnie par Rudy Ricciotti. « Cela fait partie des petites choses dont je suis fier : avoir ouvert cet espace de travail et de création, et créé 26 postes permanents de danseurs, souligne-t-il. J’aurai au moins fait ça pour la danse. »
Et lorsqu’il ne chorégraphie pas, Angelin Preljocaj peint. Des corps bien sûr, mais aussi des visages, ceux par exemple de ses deux filles et de son père. « C’est toujours une histoire d’espace, de rythme, de regard, de volume. La seule différence avec la danse, c’est le temps : dans un ballet, il est compté, face à un tableau, il disparaît. »
Toutes les facettes de sa créativité, le chorégraphe les réunit en une seule vocation, au service de l’art : « C’est très agréable de penser qu’on passe sa vie à créer pour émouvoir les gens et les relier entre eux. »
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Sujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ Mer 16 Déc - 1:22
«Blanche-Neige» de Preljocaj : le triomphe
150 000 spectateurs pour la «Blanche-Neige» de Preljocaj
Angelin Preljocaj : «Je suis entré sur le plateau avec la caméra, et j'ai saisi des choses qu'on ne voit pas de la salle. J'ai adoré filmer au plus près des danseurs ». (JC Carbonne)
Créé il y a quinze mois à Lyon, le ballet triomphe en France. Il fêtera sa centième,mercredi, à Caen, et sera à l'affiche du Théâtre de Chaillot pendant les fêtes.
Certains soirs, Nagisa Shirai aimerait bien que Blanche-Neige croque la pomme une bonne fois pour toutes et qu'elle y reste. Qu'il n'y ait pas de prince charmant, de résurrection et de mariage heureux. Depuis le 25 septembre 2008, elle danse Blanche-Neige trois fois par semaine sur les symphonies de Malher. Angelin Preljocaj a chorégraphié le rôle pour elle. «C'est mon égérie», dit-il.
C'est même un peu à cause de ses cheveux noirs comme l'ébène, de sa peau blanche comme la neige et de sa bouche rouge comme le sang qu'il a voulu écrire ce ballet. «Dans la compagnie, dans la vie, tout autour de moi, j'ai l'impression qu'on me prend pour Blanche-Neige », dit Nagisa.
Au début, elle vivait dans l'excitation d'explorer de nouvelles pistes. Aujourd'hui, elle redoute de rester collée à ce qu'elle a ressenti la veille. Pour ne pas y penser, elle s'enferme tout l'après-midi dans sa loge en écoutant du hard-rock, avant d'entrer en scène.
Parfois, elle choisit d'être provocante, ou naïve, ou séductrice, ou timide, ou folle, étourdie, curieuse… Ou bien d'entrer au naturel sur la scène et de tisser ce qu'elle peut en saisissant au vol ce que lui donnent les autres. « Souvent, celle qui donne le la, c'est la petite de 9-10 ans qui danse le rôle de Blanche-Neige enfant. Elle change tous les soirs, elle a ses rêves et ses terreurs de petite fille. Je place mes pas dans les siens. » Parfois aussi, elle laisse son rôle à des remplaçantes et retrouve sa place dans le corps de ballet, parmi les autres.
Blanche-Neige, plus de 150 000 spectateurs l'ont applaudi. Mercredi, le ballet sera donné pour la centième fois à Caen. Du 23 décembre au 9 janvier, il enchantera Chaillot.
Le 25 décembre, il sera sur Arte à 19 heures.
Le 21 janvier, on le trouvera en DVD, chez MK2 Éditions, dans une réalisation signée Angelin Preljocaj : «Je suis entré sur le plateau avec la caméra, et j'ai saisi des choses qu'on ne voit pas de la salle. J'ai adoré filmer au plus près des danseurs », dit-il.
Coproduction réussie
Puis, il reprendra sa route : Taïwan, la Chine, la Grèce, le Liban, la France encore. Et l'Opéra de Berlin, mais avec, cette fois, son propre corps de ballet. À cause des costumes de Jean-Paul Gaultier, des décors magnifiques de Thierry Leproust, « Blanche-Neige est une production coûteuse, précise Angelin Preljocaj. Pour avoir plus de moyens, on l'a monté d'emblée en coproduction avec l'Opéra de Berlin et créé là-bas en avril dernier. C'était la première fois que je pratiquais cette formule. Le succès a été tel qu'ils ont dû ajouter des représentations et prévu de le reprendre encore cette saison . Ce sont des danseurs classiques, ils ne le dansent pas comme nous : on est plus près du théâtre.»
Angelin Preljocaj ne s'attendait pas à pareil succès. Si certains de ses ballets ont été joués plus de cent fois, aucun n'avait atteint ce nombre-là si vite. Le chorégraphe prévoit d'engager de nouveaux danseurs pour continuer la tournée de Blanche-Neige qui emploie les vingt-six danseurs de sa compagnie au grand complet.
À partir de juin, il a besoin des siens pour travailler à sa prochaine création, une pièce sur l'Apocalypse de Jean, créé en septembre à Moscou, puis à la Biennale de Lyon, avec ses danseurs et ceux du Bolchoï.
Lui, ne se lasse pas de Blanche-Neige. Après la dernière de son solo du «Funambule», il retrouve les danseurs à Caen pour la regarder à nouveau, et surveiller, dans son miroir de chorégraphe, si elle est toujours la plus belle.
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Sujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ Jeu 17 Déc - 0:54
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VENDREDI 25 DÉCEMBRE À 19H00 sur ARTE
Blanche Neige d'Angelin Preljocaj
Angelin Preljocaj est l'un de nos plus grands chorégraphes actuels. Sa virtuosité, son imaginaire riche et flamboyant, ne sont jamais tant magnifiés que quand il adapte des grands classiques du répertoire et s'inspire du conte.
Entretien avec Jean-Paul Gaultier, créateur des costumes
Blanche Neige eut un succès planétaire et tourne toujours à travers le monde. Pour Arte, Angelin Preljocaj a transformé son théâtre en studio de tournage. Il y a installé sa compagnie, est passé de la mise en scène à la réalisation, et nous offre pour le 25 décembre, une brillante version cinématographique de cette pièce magique.
Blanche Neige Un ballet d’Angelin Preljocaj Réalisation : Angelin Preljocaj Costumes de Jean-Paul Gaultier Coproduction : ARTE France, MK2 (2009, 90mn) Pas de rediffusion
Nombre de messages: 779 Age: 58 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ Sam 6 Fév - 2:40
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SIDDHARTA
ANGELIN PREJLOCAJ
OPERA BASTILLE DU 18 MARS AU 11 AVRIL 2010.
CREATION
Angelin Preljocaj explore le mythe fondateur de celui qui deviendra Bouddha. Avec le compositeur Bruno Mantovani et le plasticien Claude Lévêque, il emmène le Ballet de l’Opéra dans une fabuleuse aventure.
Bruno Mantovani Musique
(Commande de l’Opéra national de Paris)
Angelin Preljocaj Chorégraphie
Claude Lévêque Scénographie
Eric Reinhardt Dramaturgie
Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet Orchestre de l’Opéra national De Paris
Susanna Mälkki Direction musicale
PRESENTATION
Le chorégraphe Angelin Preljocaj s’inspire du thème fondateur de Siddharta pour la nouvelle création qu’il offre au Ballet de l’Opéra. Il revisite l’histoire de celui qui deviendra l’Éveillé, ou Bouddha, pour en donner une lecture personnelle explorant les thèmes du dépassement, de l’épreuve et du sacrifice dans la quête d’un absolu. Au-delà du simple récit, il dévoile les tourments et les mystères de ce long voyage intérieur, semé d’embûches, d’incertitudes et de doutes. Preljocaj a pour compagnons de route deux artistes aux fortes personnalités, Bruno Mantovani, jeune et brillant compositeur français, qui signe sa première oeuvre pour l’Opéra de Paris, ainsi que le plasticien et scénographe Claude Lévêque, puissant rêveur d’espaces de notre temps.