Dans La femme qui pleure, Viktor Lazlo expose à travers ses personnages ses peines de cœur comme ses craintes face à la folie. Un livre aux accents autobiographiques.
On ne l’attendait pas dans ce registre. A la fois chanteuse et comédienne, Viktor Lazlo a pris la plume pour coucher sur papier une histoire aussi romanesque que personnelle. La femme qui pleure, son premier livre sorti jeudi, met en scène une femme mentalement perturbée. Soit l’histoire d’une certaine Ida Sayag, une héroïne schizophrène enfermée dans un hôpital psychiatrique en attendant d’être jugée pour un crime mystérieux.
Un sujet très éloigné de la romantique Viktor Lazlo, connue pour son tube Pleurer des rivières. A travers le récit de ce destin chaotique, elle trace ainsi le portrait d’une femme usée par la vie et de nombreuses – et venimeuses – rencontres amoureuses. L’autodestruction est donc au cœur de la problématique de cette femme qui pleure, une certaine Ida qui n’est pas sans posséder quelques traits de caractères communs avec sa créatrice.
Entre réalité et fiction
« Ida me ressemble, évidemment », commente Viktor Lazlo, 50 ans cette année. Comme elle, Ida est mère d’un garçon, violoniste de formation, et puise ses origines du côté de la Martinique. Difficile de savoir à la lecture où se trouve la frontière entre la réalité et la fiction tant ce roman semble coller en tout point à l’histoire de son auteur.
« J’ai exposé toutes mes craintes dans ce livre », renchérit-elle. Quant à la thématique de la schizophrénie, elle remonte à loin : « A treize ans, je pensais déjà au dédoublement de personnalité. Lorsque je me regardais dans un miroir, je ne me reconnaissais pas. Ça m’a fait vraiment effrayé et je me suis remise en question. »
Des amants vénéneux
L’écriture comme thérapie ? « Je préfère me confier sur une feuille de papier plutôt qu’aux êtres humains. Ça m’apporte une grande sérénité, c’est un épanouissement total. J’utilise mes personnages pour dire les choses dont je n’osais pas parler jusque-là. »
Dans ce roman, les hommes sont des figures omniprésentes : « Ida ne rencontre que des hommes qui la détruisent. Elle se demande même si quelqu’un l’a déjà aimé… »
Une réflexion qui touche aussi Viktor Lazlo : « Les rapports amoureux sont tellement complexes et pollués par des éléments extérieurs qu’on se demande parfois si on aime vraiment la personne qui nous accompagne. »
Tandis que La femme qui pleure vit ses premiers instants en librairie, Lazlo, l’auteure, pense déjà à deux nouveaux romans.
En revanche, pas de séries télévisées cette année. « Brigade Navarro est terminée sur TF1. Nous avions tourné six épisodes et malheureusement c’était un enfant mort-né. » Rien à l’horizon, donc, sur le petit écran. Mais la chanteuse compte bien remonter sur scène dès la rentrée prochaine.
La femme qui pleure, Viktor Lazlo, Albin Michel, 152 p., 13,30 euros. Sorti jeudi.
Un essai concluant
Un style haché, des chapitres courts. Avec La femme qui pleure, Viktor Lazlo signe un roman à la fois concis et efficace où les mots heurtent et interpellent sans subterfuges. Même s’il réclame une concentration de chaque instant, ce roman se lit rapidement tant il va à l’essentiel. Au fil de ce portrait d’une femme mentalement à l’agonie, Viktor Lazlo tranche dans le vif sans ménager le lecteur malmené par ce minutieux décorticage des abîmes de l’âme humaine.
Magali Vogel
Edition France Soir du vendredi 5 février 2010 page 29
http://www.francesoir.fr/livres/2010/02/05/la-femme-qui-pleure-viktor-lazlo.html