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Bridget

Nombre de messages: 779 Age: 58 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: PINA BAUSCH Dim 11 Jan - 20:32 | |
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Paris fête ses noces de perle avec la chorégraphe allemande Pina Bausch 
La chorégraphe allemande Pina Bausch fête jusqu'au 30 janvier les 30 ans de sa première invitation à Paris, au Théâtre de la Ville, une relation exceptionnelle entre une institution et une artiste qui se doivent mutuellement beaucoup dans la conquête de la notoriété internationale.
"Wiesenland", chorégraphé par Pina Bausch, le 6 janvier 2009 au Théatre de la Ville à Paris Franck Fife(AFP)
Dès mercredi soir et jusqu'au 14 janvier, la grande salle de la place du Châtelet accueillera la reprise de "Wiesenland", fruit d'un des nombreux voyages que la compagnie de Pina Bausch, le Tanztheater de Wuppertal (ouest de l'Allemagne), a accomplis à travers le monde depuis le début des années 1990.
Cette pièce de l'an 2000 transporte le spectateur en Hongrie, avec un monumental rocher couvert de mousse conçu par Peter Pabst, le fidèle décorateur de Pina Bausch.
La grande prêtresse de la danse-théâtre, âgée de 68 ans, poursuivra du 19 au 30 janvier sa résidence parisienne avec sa dernière création, "Sweet Mambo", dont la scénographie s'annonce dépouillée et la distribution resserrée à neuf danseurs multipliant les solos.
Avec ces deux programmes, Pina Bausch signera son 27e passage au Théâtre de la Ville, qui lui propose chaque année ou presque ce qu'aucune autre salle au monde ne lui offre: trois à quatre semaines de représentations à guichets fermés.
Ce triomphe récurrent n'était pas écrit dans les années 1970, quand Gérard Violette, alors administrateur général du Théâtre de la Ville, a fait la connaissance de la chorégraphe originaire de Solingen, la ville de la coutellerie située près de Wuppertal.
"Je suis allé voir en 1976 à Wuppertal ses "Sept péchés capitaux". Au tout début du spectacle, je me suis dit +qu'est-ce que c'est que ce truc ?+. Je me croyais à Plougastel-Daoulas. Mais au bout de quelques minutes, je pleurais", poursuit le directeur de la salle municipale parisienne durant 23 ans (1985-2008), en évoquant un "choc incroyable".
Pina Bausch surprend voire scandalise par son art qui mêle le théâtre à la danse, fait parler sur scène les danseurs, réinvente le mouvement de manière sensible et violente à la fois. "A Wuppertal, avec les femmes d'ingénieur de la Ruhr en robes du soir, c'était la bataille d'Hernani", se rappelle Gérard Violette.
En juin 1979, quand la chorégraphe allemande fait ses débuts au Théâtre de la Ville, elle n'obtient pas non plus un accueil unanime.
"Pour la majorité du public, qui venait du théâtre, ça a été une rencontre extraordinaire. Mais le milieu professionnel et la presse ont d'abord opposé un refus brutal", souligne Gérard Violette.
Ainsi d'un journal populaire du soir, qui prouve sous un titre élégant ("Les tétons teutons") son incompréhension du style de l'éternelle dame en noir: "Il y a toujours une bretelle qui lâche pour montrer que les danseuses allemandes ont plus de poitrine que les Françaises !"
Depuis, le Théâtre de la Ville a accueilli toutes les pièces qui ont fait la légende Pina Bausch ("Café Müller", "Bandonéon", "Walzer", "Kontakthof" pour interprètes de plus de 65 ans...) et s'est fait l'écho de ses pérégrinations à Palerme, Hong Kong, Lisbonne, Istanbul ou en Corée.
Pina Bausch est devenu le symbole de la vocation chorégraphique du Théâtre de la Ville, qui a en retour lancé et accompagné sa carrière mondiale.
"Ca a été entre nous une grande rencontre, unique, qui nous dépasse, et un formidable échange de services pour l'un comme pour l'autre", résume Gérard Violette.
© 2009 AFP |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 779 Age: 58 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: PINA BAUSCH Dim 11 Jan - 22:27 | |
| .  . Du 7 au 14 janvier : Wieseland :
Wiesenland , créé en 2000, à l'issue d'un séjour à Budapest, appartient à cette lignée d'oeuvres voyageuses que Pina Bausch a réalisées depuis Palermo Palermo. Aller à la rencontre d'une mosaïque de cultures, s'imprégner d'un pays, en distiller une essence subjective, célébrer joyeusement une " esthétique du divers " mise à mal par les risques d'uniformisation d'un monde global ; tels sont quelques-uns des enjeux que la chorégraphe est allée éprouver à Madrid, en Argentine, à Los Angeles, Hongkong, Lisbonne, Istanbul, au Japon, en Corée du Sud, et en Inde pour le récent Bamboo blues, présenté la saison dernière au Théâtre de la Ville.
Wiesenland (Terre verte) est allé glaner, des rives du Danube aux paysages de Transylvanie, les sédiments d'une oeuvre minérale et végétale. La formidable scénographie de Peter Pabst - un imposant roc moussu, sculpté d'anfractuosités et de reliefs ; de l'eau qui tombe en lourdes cascades - pose le cadre d'une géographie vive et concrète, mais qui pourrait aussi bien être pays de légende habité par de plaisants farfadets.
Toujours chez Pina Bausch, le quotidien et le rêve se télescopent, faisant surgir des images somptueuses, qui s'affranchissent de toute logique rationnelle. Mais toujours aussi, les rapports entre hommes et femmes - et le sempiternel besoin d'amour qui s'y empêtre la plupart du temps - constituent le leitmotiv des situations.
Du 19 au 30 janvier : Sweet Mambo:
La récente création de ‘Sweet Mambo' (en mai 2008, à Wuppertal) vient encore apporter de l'eau à cet inépuisable moulin. En majestueuse robe de satin, une femme peut bien courir après un homme en costume sombre, tentant de le persuader qu'elle " aimerait vraiment lui parler ", rien n'y fait. Tous les subterfuges de la séduction, à la fois grandioses et misérables, les suaves baisers masculins apposés sur des dos féminins dénudés, les mascarades en tenues de soirée, tout cela ne semble que caricaturale vanité, laquelle ne peut longtemps contenir d'extraordinaires déflagrations individuelles.
Avec une distribution resserrée à neuf interprètes, dans une scénographie épurée où domine la légèreté des voiles - sur lesquels est projetée une " comédie sentimentale " de 1938 (Der Blaufuchs, La Belle Hongroise, film mineur de Victor Tourjansky avec Zarah Leander dans le rôle d'une belle jeune femme hongroise délaissée par son mari, et qui se laisse séduire par un autre) ;
Pina Bausch sait magnifier en une floraison de solos toute une intensité érotique qui est, aussi bien, habitée par le désespoir du délaissement
Julie Shanahan, notamment y est prodigieuse dans l'expression d'une extrême lascivité, cependant tissée de fragilité. De Wiesenland à ‘Sweet Mambo', Pina Bausch poursuit ainsi le voyage au pays du mystère humain, en un kaléidoscope à la fois drôle, tendre, cruel, dont chaque image est un fragment de vérité  |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 5114 Age: 59 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: PINA BAUSCH Mer 20 Mai - 9:12 | |
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|  | | Bridget

Nombre de messages: 779 Age: 58 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: PINA BAUSCH Mar 30 Juin - 20:46 | |
| La chorégraphe et danseuse allemande Pina Bausch est morte mardi 30 juin à l'âge de 68 ans, a annoncé le Tanztheater de Wuppertal, en Allemagne, dont elle dirigeait la compagnie depuis 1973. Sa mort, à l'hôpital, fut "inattendue et rapide, cinq jours après qu'on lui eut diagnostiqué un cancer", a indiqué la porte-parole, précisant qu'"elle était encore dimanche dernier sur scène avec sa compagnie, à l'Opéra de Wuppertal" Philippine Bausch était née le 27 juillet 1940 à Solingen, dans la Ruhr, où ses parents tenaient un hôtel-restaurant-café. A tout juste 15 ans, elle intègre l'école pluridisciplinaire autour de la danse fondée par Kurt Joos à Essen, avant de partir, en 1958, pour New York avec une bourse pour la Juilliard School. Cette danseuse déliée y triomphe, mais revient quatre ans plus tard dans son pays natal pour diriger la compagnie attachée à l'école d'Essen. En 1973, Pina Bausch accepte la proposition d'Arno Wüstenhöfer, qui dirige l'Opéra de Wuppertal, de prendre en main la compagnie de danse classique. D'entrée de jeu et en moins de quatre ans, elle s'empare avec férocité d'Iphigénie en Tauride, d'Orphée et Eurydice, du Sacre du printemps, des Sept Péchés capitaux, de Barbe-Bleue, toutes partitions illustres dédiées au thème de la victime sacrifiée, reniée, meurtrie. Confrontée à Gluck, Stravinsky, Weill et Bartok, elle expose son ambition et crûment la violence, surtout celle exercée à l'encontre des femmes, la domination des hommes. Toujours basée à Wuppertal, mais invitée régulièrement à l'étranger – notamment chaque saison au Théâtre de la Ville à Paris depuis trente ans –, elle organisait aussi des résidences avec toute sa compagnie dans les métropoles du monde entier, pour puiser la matière de ses nouveaux spectacles. Elle a signé une quarantaine de créations, dont Café Müller (1978), Nelken (1982), Danzon (1995), Masurca Fogo (1998), Nefes (2003), largement encensées par la critique et reprises. Cette grande dame de la danse contemporaine laisse aussi derrière elle une compagnie d'une quarantaine de danseuses et danseurs. |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 779 Age: 58 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: PINA BAUSCH Mar 30 Juin - 22:36 | |
| Pina Bausch, dame de corps En chorégraphe extrême, elle aimait révéler les corps, sous tous ses angles, pour en extraire la force tragique, les consoler. Non sans humour, et toujours dans des décors insensés. Récemment, Pina Bausch, jusqu’au-boutiste patronne du Wuppertal Tanztheater, s’était changée en petite dame sereine… mais ça n’a pas duré longtemps. Elle vient de s’éteindre subitement, à l’âge de 68 ans. La dame était petite, maigre, le cheveu gris et long, retenu par une queue de cheval sans joie. La dame parlait peu, ou pas. Pas franchement commode en interview. Pas forcément facile. C’est qu’elle se moquait éperdument qu’on parle d’elle ou pas. Elle n’avait jamais eu besoin de ça : qu’on la voie. Quand elle venait saluer, chétive et fragile, à la fin de ses longs spectacles fleuves, on ne voyait qu’elle, pourtant, au milieu de sa vingtaine de danseurs-acteurs de tout physique, de toutes origines. On la repérait à sa peau très blanche, à ses yeux vides, à son allure transparente en pantalon et veste à la chinoise, à son air impérial d’être et de ne pas être là à la fois. Fellini ne s’y était pas trompé, qui avait fait de Pina Bausch la princesse aveugle éblouissante d’E la Nave va (1983). Est-ce d’avoir été une enfant de la guerre – née le 27 juillet 1940 à Solingen – qui donna d’emblée à Pina Bausch cette tranquille force tragique, cette aisance à gérer le drame d’être né, et le désespoir d’aimer ? Dès 14 ans, la jeune Allemande entre dans une grande école de danse, sait que le corps sera la matière de son art, ce corps que la guerre a tant meurtri chez tant de gens, ce corps qui n’en finit pas de souffrir et qu’il faut apprendre à consoler. A 19 ans, elle obtient une bourse pour aller étudier la danse aux Etats-Unis ; retourne en Allemagne en 1962 ; réalise ses premières chorégraphies, s’installe à Wuppertal, où elle fonde en 1973 le désormais fameux Wuppertal Tanztheater. Un monde naît. Un monde où l’on danse et parle, où des danseurs aux silhouettes extrêmes jouent l’amour, la vie, la mort en sublimes robes des années 30 ou smoking noir, quand ils n’interpellent pas ironiquement le public pour lui poser en souriant des questions métaphysiques. http://www.pina-bausch.de/Car la bande à Pina est drôle, aussi. Lorsque tous ses interprètes, qu’on suit et voit vieillir d’année en année en tournée (au Théâtre de la Ville le plus souvent, où une véritable amitié est née entre Pina Bausch et l’ex-patron Gérard Violette), s’entre-déchirent ou se battent, se jettent des seaux d’eau au visage ou s’enlacent dans des gestes sublimes et fous, l’excès même de leur violence, de leur rage d’être là, exultant devant nous, suscite parfois le rire. Pina Bausch a révolutionné la scène des années 80 parce qu’elle y a révélé le corps sous tous ses angles, laid ou beau, amoureux ou assassin : une libération. Un exorcisme. En même temps que Bob Wilson chahutait en scène les notions d’espace et de durée, elle révélait juste les infinies profondeurs de la peau – chez l’homme, chez la femme – en épinglant cruellement les marques, les plaies, les cicatrices. Et dans des décors fastueux. Rien n’était jamais trop beau, trop colossal, pour le Wuppertal Tanztheater, toujours entre théâtre dansé ou danse théâtralisée. Espaces à la démesure surréaliste, à la fantaisie kitsch ou excentrique – mer d’œillets, gigantesque étendue d’eau, rochers et colline, chiens –, ces volumes insensés mettaient en majesté des interprètes bizarres aux gueules étranges, toujours comme ensorcelés, possédés. Pina Bausch montrait si voluptueusement la folie d’être au monde qu’on en était venu à moins aimer la période récente, où elle explorait de ville en ville du monde entier la douceur d’exister, le tout sur des bandes-son souvent mièvres et sans génie. On lui reprochait presque de vieillir dans la joie et la sérénité. Ca n’aura, hélas, pas duré longtemps. Juste le temps d’influencer plusieurs générations d’artistes – de Macha Makeieff à Pippo Delbono – qui ne verront plus de la même façon un plateau de danse ou de théâtre, depuis que l’auront hanté de leurs gestes de fées ou de sorcières les longues danseuses inquiétantes de Pina, prêtresses aux longs cheveux d’une toujours recommencée guerre des sexes. . Fabienne Pascaud http://www.telerama.fr/scenes/pina-bausch-dame-de-corps,44727.php |
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