
H A R ' M O N Y FORUM MUSIQUE ET ARTS |
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Nine Admin

Nombre de messages: 5870 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mer 25 Nov - 22:42 | |
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|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5870 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mer 25 Nov - 22:47 | |
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|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5870 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mer 25 Nov - 22:54 | |
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|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5870 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Jeu 26 Nov - 0:48 | |
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Dernière édition par Nine le Ven 18 Déc - 0:46, édité 1 fois |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 5125 Age: 59 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Sam 28 Nov - 0:20 | |
| CHARLES AZNAVOUR AIME LA SUPERBE Aznavour le boulimique Olivier Nuc 27/11/2009 "Depuis plus de cinquante ans, le public est resté fidèle à cet atypique qui mit du temps à imposer sa différence. «Musicalement, je n'ai rien inventé : j'ai fait des mélodies pour habiller mes chansons. Ma chance, c'est d'avoir baigné enfant dans les cultures gitane, russe, arménienne, turque et iranienne.» Ce fils d'immigrés est devenu une manière d'ambassadeur de la culture française, un rôle qu'il prend au sérieux. «Je suis français, très français, franchouillard même», s'enflamme-t-il avec son accent parisien. «On me parle toujours des difficultés que j'ai eues, mais j'ai vécu une vie très drôle. Le bilan est positif !» Attentif à la bonne santé de la chanson française, il se reconnaît de nombreux héritiers : Grand Corps Malade, Sanseverino, Olivia Ruiz ou —Bénabar. Avec une mention spéciale pour Benjamin Biolay. «Son dernier album, La Superbe, est une petite merveille.» S'il avoue ne plus vouloir faire de grande tournée, il caresse le projet de revenir sur scène dans des salles intimistes. «J'ai envie de revenir en toute petite formation.» http://www.lefigaro.fr/musique/2009/11/28/03006-20091128ARTFIG00214-aznavour-le-boulimique-.php |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 779 Age: 58 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Dim 29 Nov - 15:52 | |
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|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 5125 Age: 59 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Dim 29 Nov - 16:46 | |
| A l'image de James Gray, réalisateur de "Two Lovers", Benjamin Biolay impose son style dès la première scène. Sans fioriture, beau et poignant. Avec son titre éponyme, "La superbe" s'ouvre comme une plaie sur un espoir d'embellie. Les violons transpercent les mots, les saignent, vont et viennent, puis reviennent. Encore et encore. Piano et guitare redoublent d'intensité. Ils semblent courir côte à côte avant de s'écraser ensemble sur une voix qui s'emballe progressivement. C'est l'occasion pour Biolay de se livrer vocalement, bien plus qu'à l'accoutumée, avant qu'un air de saxophone vienne entériner cette introduction aussi sombre que brillante. Préface des vingt et un chapitres qui suivront. De variations presque toutes plus tristes les unes que les autres, émerge un thème d'espérance, un hymne à l'amour et une volonté de croire en la grande aventure qu'est la vie.
Chapitre premier.
"Paris, le 15 août, Je t'écris du Bristol où j'ai déjeuné seule. Une salade sans sauce, dégueulasse. Cet été est sans fin. C'est même un été pourri. Voilà, je suis partie hier. Je t'ai laissé un mot sur la commode noire dans l'entrée. Je voudrais bien tout t'expliquer, mais évidemment c'est pas si simple. C'est même compliqué. Je ne demande rien naturellement. De toutes façons, j'ai horreur de quémander. Je t'appellerai dans quelques jours, le temps de digérer un peu. Moi, ça va. Ne reste pas seul. Essaie de voir des amis. Je t'embrasse. P.S : J'ai vu ta sœur dans le 41." ('15 août')
'15 août', elle est partie...........
aircoba
La suite, ici :
http://aircoba.wordpress.com/2009/11/29/chronique-benjamin-biolay-la-superbe/
Dernière édition par liliane le Lun 30 Nov - 9:52, édité 1 fois |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 5125 Age: 59 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Lun 30 Nov - 1:07 | |
| CULTURE-MATCH | DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2009
AZNAVOUR-BIOLAY, LE MAÎTRE ADOUBE L’ÉLÈVE 
Alors que Benjamin Biolay triomphe enfin avec «La superbe», son nouvel album, il s’est prêté au jeu de l’entretien croisé face à une de ses idoles, Charles Aznavour. Qui sait qu’une carrière ne se bâtit pas en un jour.
Un entretien avec Benjamin Locoge - Paris Match
L’aîné Aznavour arrive en avance, le jeune Biolay n’est pas loin derrière. Renfrognés devant le photographe, animés dès qu’il s’agit de parler musique. Le grand Charles porte des bretelles jaunes et des lunettes noires, le petit Benjamin un jean et une chemise grise. Presque 1,90 mètre, Benjamin Biolay redevient élève devant le colossal Aznavour. Le doyen tient dans ses mains noueuses le livret de «La superbe», passant en revue chaque morceau pour un bilan positif : «Il n’a pas eu peur de se déshabiller.» Trenet, Piaf, Gainsbourg, Debussy, Hallyday, si un demi siècle les sépare, les influences de ces deux auteurs se croisent, amoureux du texte avant tout. Ils se sont rencontrés pour la première fois en Argentine, il y a plusieurs années, et se retrouvent, ce mardi 27 octobre, dans un studio parisien pour un état des lieux de la chanson française.
Paris Match. Charles, qu’avez vous pensé du disque de Benjamin ? Charles Aznavour. Sur ses disques précédents, Benjamin avait une influence importante, celle de Serge Gainsbourg. Sur celui ci, on la sent de moins en moins. Bientôt on ne la sentira plus du tout. Le plus emmerdant pour un artiste, c’est d’entendre : “Vous ressemblez à untel ou untel.” Là, Benjamin en est sorti.
Benjamin Biolay. Ma première influence, c’est Charles Trenet. J’ai écouté Gainsbourg quand j’étais jeune, mais je ne l’écoute plus depuis longtemps. Avec lui, je me disais : “Voilà un narrateur qui a du succès, je pourrais faire la même chose.”
C.A. Moi, j’ai croisé une fois Gainsbourg dans ma vie, et seulement dix minutes. Il m’a dit qu’il utilisait ma chanson “Parce que” pour draguer ! Il n’y a qu’un Gainsbourg par génération. Aujourd’hui, la plupart des jeunes femmes qui chantent sont influencées soit par Madonna, soit par Céline Dion. Où va la chanson française avec ça ? Je préfère un disque comme celui de Benjamin. C’est beau, bien orchestré, écoutez “La superbe” ! Enfin une chanson où l’on entend les paroles.
B.B. Ces derniers temps, on a trop fait de chansons à textes. Donc on partait du texte et on oubliait de faire une chanson derrière.
C.A. C’est bien le problème ! On a mis les mélodies au placard au profit des tubes. Il faut provoquer les gens, oser écrire dans la longueur. C’est ce que j’ai toujours fait.
B.B. Récemment, l’influence anglo-saxonne a beaucoup prédominé. Dans les disques anglais, on n’a pas besoin de mettre la voix très en avant pour entendre les textes, car c’est une langue qui se projette. Le français demande plus d’attention.
C.A. Leurs textes n’ont pas notre richesse intellectuelle. Mais on les apprécie ainsi. Prenez “Yesterday” des Beatles, une sublime chanson, mais qui n’arrive pas à la hauteur d’un texte de Léo Ferré ! Cole Porter avait trouvé quelques bonnes phrases, mais il a toujours répété les mêmes. Nous, on cherche à se différencier ! Moi qui dis toujours que les rappeurs sont des bons auteurs, j’ai été surpris par votre disque, Benjamin. Dans “Miss Catastrophe” par exemple, c’est à la fois rappé, chanté et mis en musique. C’est la première fois que j’entends ça !
B.B. Vous vous trompez, votre chanson “Poker” était déjà proche du rap.
C.A. Mais ce n’est pas du rap !
B.B. Ah si, vous débitez plus que vous ne chantez.
C.A. Non, c’est une époque où le rap n’existait pas. J’étais peutêtre précurseur, mais ce n’était pas volontaire.
Charles, à vos débuts, vous doutiez beaucoup de vous. C.A. Je doutais de moi parce que la presse m’accablait. La révolution, c’est quand on commence à bâtir, à dire des choses, à savoir ce que l’on sera demain. Vous êtes en plein dedans, Benjamin. Je vous souhaite la troisième et la quatrième révolution, qui sont les plus rares !
Quelles sont-elles ? C.A. Ce sont celles où l’on a fait une vie, où l’on oublie sa table de travail. On n’y revient que lorsque l’on a un disque à faire ! Je suis en plein dedans. Le plus dur, c’est de ne pas se copier. Les plus grands ont toujours su se renouveler. Je pense à Béart, Brel, Brassens, Ferré ou Trenet.
Charles, vous avez dû vous battre pour vous imposer, notamment auprès des médias. C.A. Ah oui. On a retrouvé des articles où l’on disait que “Sur ma vie” était une très bonne chanson écrite par un très mauvais chanteur ! Mais les gens qui pensaient me détruire m’ont en réalité construit.
B.B. Je comprends ce que vous dites, je suis passé par là. Je ne suis pas un grand chanteur, mais si j’avais vos capacités vocales, et que l’on m’ait dit que je ne savais pas chanter, je serais devenu hystérique. Quand j’ai lu votre livre, je me suis dit que j’allais m’en resservir. La prochaine fois que quelqu’un me demandera un fond de tiroir, je lui répondrai ce que vous dites : “Je n’écris pas pour mes tiroirs !”
C.A. Liane Foly vient de me demander une chanson. Ça m’a fait plaisir, car il y a bien longtemps que l’on ne m’avait pas sollicité. Du coup, j’ai bien travaillé, il y a des mots durs dedans, sur la jouissance notamment. Je pars du principe que si une chanson devient un classique sur scène, c’est formidable. Mes plus gros succès ont été remarqués tardivement. “Emmenez-moi”, je l’ai écrite il y a cinquante ans, “Mes emmerdes”, il y a quarante ans. Et elles sont devenues des "classiques" vingt ou trente ans plus tard.
B.B. Je ne savais pas tout ça...
"PIAF M'A APPRIS À ÊTRE PATIENT"
C.A. C’est Piaf qui m’a appris à être patient. Elle chantait un titre, “Monsieur SaintPierre”, qui ne marchait pas du tout. J’avais beau lui dire que ça ne fonctionnait pas, elle me disait “ils la prendront”, et elle continuait à l’interpréter tous les soirs. Si on ne s’obstine pas, si on fait ce que veulent les gens, alors on commence à régresser.
Pensez-vous que le CD vit ses dernières heures ? C.A. Je n’en sais rien et je ne me sens pas concerné. Je n’ai pas écrit pour vendre, mais j’ai accepté l’argent que je gagnais !
B.B. Vous évoquez souvent des sujets durs. Un titre comme “L’aiguille” ne passera pas à la radio. Or, tout le monde devrait la connaître, elle est extrêmement poignante.
C.A. Aujourd’hui, quand on parle du sida dans une chanson, on utilise le mot sida. Moi, je ne le dis pas une seule fois. J’adorerais faire des chansons à succès, j’avoue, tout comme j’adorerais écrire des chansons populaires. Mais ce n’est pas le cas. Je ne saurais pas faire “ploum ploum tralala” ou “là il y a des frites”. J’ai toujours eu besoin d’espace et de temps pour raconter une histoire. Mes maîtres s’appellent Trenet, Prévert, Guitry, Molière, Corneille et Racine. Avec eux, vous ne pouvez pas vous tromper.
B.B. C’est marrant que vous citiez Guitry, “Tu te laisses aller” m’a toujours fait penser à lui !
C.A. Mais c’est tiré de l’un de ses films, “La poison” ! Au départ je voulais être comédien, tout ce que j’ai fait, c’est du théâtre ! Il y a cinq ans, on parlait de la nouvelle scène française. Aujourd’hui, on se rend compte qu’il y a eu beaucoup d’appelés pour peu d’élus.
B.B. Ça a toujours été le cas ! Charles est le seul qui a soutenu Johnny Hallyday à ses débuts quand il se faisait défoncer par la critique.
C.A. Quand Dalida est remontée sur scène après son divorce, elle avait le métier contre elle. Tout le monde avait pris le parti de Lucien Morisse car il passait des disques. Le soir de sa première, j’étais au premier rang, prêt à bondir sur scène pour dire merde au public.
B.B. Moi aussi je suis en permanence en colère !
C.A. La colère est un moteur, ce n’est pas de la méchanceté. Pour revenir à Johnny, quand je l’ai vu, j’ai compris qu’il y avait quelque chose. Déjà, il n’était pas qu’un rockeur, mais aussi un chanteur.
B.B. Pour moi, c’est un personnage paradoxal. Je l’apprécie quand il chante “Retiens la nuit” ou “Tennessee” seul à la guitare, mais quand il fait du rock, il ne m’intéresse plus.
Benjamin, regrettezvous de ne pas avoir été juré à la “Star Academy”? B.B. Pas du tout. J’ai même refusé une énorme somme d’argent...
C.A. C’est une émission de variété et il faut s’arrêter là. Personne ne devient en quatre mois un comédien ou un showman extraordinaire.
B.B. Moi, j’ai mis du temps pour être à l’aise sur scène. Petit, j’ai fait le conservatoire de musique et je jouais très souvent en public. Devenir chanteur a été difficile. Heureusement que je suis passé par la case “comédien” entre deux. Cela m’a désinhibé.
C.A. A mes débuts, quand je montais sur scène, je devais me montrer. Aujourd’hui, je viens juste chanter mes chansons. Je sens bien, Benjamin, que vous avez un fond de timidité. Mais on s’éclate sur scène, en disant dans les chansons ce que l’on n’oserait pas dire ailleurs. Désormais, j’ai décidé que je ne chanterai plus en uniforme. Je viendrai tel que je suis au quotidien. On me verra en jean ou en pull, peu importe. Est ce que l’on vient m’écouter ou est ce que l’on vient voir mon costume ? Face au public, il faut être humble et naturel. Et plus on l’est, plus il nous aime. C’est ce que je retiens de ces soixante dix dernières années !
http://www.parismatch.com/Culture-Match/Musique/Actu/Aznavour-Biolay-Le-maitre-adoube-l-eleve-148456/ |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 779 Age: 58 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | |  | | Bridget

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 | Sujet: Re: LA SUPERBE Lun 14 Déc - 21:22 | |
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|  | | Bridget

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 | Sujet: Re: LA SUPERBE Lun 14 Déc - 21:43 | |
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Benjamin Biolay : « Je me suis trop noyé dans le monde de la nuit »
Dans la foulée de « La superbe », son magnifique double album, le chanteur compositeur Benjamin Biolay s’apprête à partir en tournée. Tour à tour écorché vif et mélancolique, « B. B. » tord ici le cou à sa mauvaise réputation et laisse apparaître un garçon lucide et dispo. Superbe simplement.
Benjamin Biolay : Un chanteur et compositeur plus timide que prétentieux
Il existe un malentendu Biolay que même la majesté de son disque n'arrive pas à dissiper. «La superbe », son cinquième album, est une envolée magistrale vers les tréfonds, les bas-fonds de soi, mais aussi vers la lumière et le soleil. C'est une ballade aux couleurs noires de la vie, une autopsie de l'amour possible et impossible, une déclaration chavirante à son enfant, un appel aux jours possiblement roses. C'est une splendeur. Benjamin Biolay s'y révèle ultrasensible, honnête, touchant. Dire qu'il est « hautain » et « prétentieux » est complètement à côté de la plaque. L'incompréhension entre le chanteur et une partie du public va-t-elle enfin se déliter ? A la Maison de la Radio, un mercredi après-midi, il avance dans les longs couloirs, sac de sport à l'épaule. Son rythme est lent, il laisse passer les dames, il est galant. Dans la grande loge, il s'assied et se prête à l'interview. C'est un timide au timbre grave mais doux, un mec tatoué et torturé qui cache un saphir autour du cou. Il s'explique volontiers, parle travail comme un artisan, avoue, sourit, remet sa mèche entremêlée de quelques cheveux gris, fume, prend le temps. Humble, oui. La seule chose à faire, c'est d'écouter son album. Et l'attraper en concert à partir du 21 janvier. suivant >
Benjamin Biolay : son nouvel album le révèle ultrasensible et touchant
Marie Claire : Une avalanche d'excellentes critiques est tombée pour votre album. Vous êtes content ?
Benjamin Biolay : Je vous avoue que ça ne me rend pas heureux, mais ça me rend content, ce qui est déjà rare. C'est l'artisan qui l'est. Un double album, par définition, c'est une double charge de travail. Une sacrée aventure. J'y ai laissé des plumes. J'ai bossé comme un cinglé. J'avais envie que ça plaise. C'est vrai qu'il n'y a pratiquement que de très bonnes critiques, deux ou trois mauvaises. Dans une, je me fais défoncer - elle ne me fait aucun effet -, et une autre dit : « C'est joli, mais un peu facile » ; ça, par contre, ça m'énerve : « Viens dans ma peau pendant deux ans et demi ! Une fois que tu as fini tes chants, tes guitares, tes claviers et qu'il faut t'enfermer pour écrire tes cordes et, le lendemain, les diriger, viens voir si c'est facile ! » Mais bon, ce n'est pas si grave. J'attends le tacle. Certains n'ont jamais pu me blairer. Ma vie est comme ça.
Marie Claire : On lit souvent que vous êtes « prétentieux » ou « agaçant ». Vous avez l'impression que l'on parle de vous ?
Benjamin Biolay : Non, pas du tout. Bon, je me dis qu'il n'y a pas de fumée sans feu. A la télévision, j'ai dû avoir l'air hautain car je suis très timide. Les gens qui me connaissent savent que j'ai fait des efforts surhumains pour en arriver à ce que je fais aujourd'hui. Ma nature est de me terrer dans un trou. Je suis un musicien, j'ai passé ma vie en studio. Lors de ma toute première télé, j'ai dû passer pour un type odieux. J'étais tellement intimidé, tellement mal dans ma peau. C'était dans l'émission de Thierry Ardisson, à la grande époque des questions genre : « Tu t'es fait enculer à quel âge la première fois ? » Pourtant, Ardisson a été hyper-gentil. Il me disait : « Vous ne voulez pas sourire ? » Je répondais : « Ben non. »
Marie Claire : Vous dites, dans la chanson « Padam » : « J'attendais en vain que le monde entier m'acclame. » Il n'y a pas un peu de vrai là-dedans ?
Benjamin Biolay : Non. C'est une chanson qu'on ne peut faire que si on a obtenu un peu de reconnaissance. Quand Aznavour a écrit « Je me voyais déjà », il possédait déjà un château en Suisse ; il ne l'a pas écrit dans sa piaule du 18e arrondissement. Quand je vois d'où je viens, je m'en suis vraiment bien sorti. Je n'ai pas de frustration.
Marie Claire : Mais vous ne voulez pas être davantage reconnu pour ce que vous faites plutôt que jugé sur ce que vous pouvez dégager ?
Benjamin Biolay : Je préférerais cent fois qu'on arrête de dire que je suis prétentieux et que je me la raconte, plutôt que de vendre un million de disques. Plein d'amis ont connu le succès, ça reste une malédiction, ça entame un peu le système nerveux. On est dans l'œil du cyclone en permanence. Je trouve scandaleux le traitement qu'on inflige à Diam's : se faire paparazzer à la sortie d'un lieu de culte, c'est d'une violence... Sous-entendre, en plus, qu'elle est devenue neuneu. Si elle avait une jupe-culotte et une croix en bois, personne ne dirait rien. Tous les chanteurs aux MTV Awards remercient Dieu avant leur maison de disques, ça ne choque personne, mais là... Cet entrisme dans sa vie privée, dans ce qu'elle a de plus intime - l'amour, la religion -, est démoniaque. Moi je ne suis pas cul-bénit mais il m'arrive parfois d'aller à l'église Saint-Sulpice pour passer un moment tranquille. Marie Claire : Vous croyez en Dieu ?
Benjamin Biolay : Oui, beaucoup, depuis toujours. Je n'ai même pas de problème à l'avouer. Mais je crois beaucoup plus en l'Homme. < précédentsuivant >
Benjamin Biolay : Une période noire plongée dans le monde de la nuit
Marie Claire : La nuit est très présente dans votre album : vous l'aimez ?
Benjamin Biolay : (Silence.) Ça fait quelques mois que je ne l'aime plus du tout, que je ne sors plus. Je me suis trop noyé dans le monde de la nuit, à faire n'importe quoi de ma vie, à boire beaucoup, à partir en virée. C'est là que la célébrité fausse absolument tout.
Marie Claire : Pourquoi ?
Benjamin Biolay : Avec les filles, par exemple. Ce n'est même pas du libertinage, c'est facile, il n'y a plus d'enjeu, ça n'a plus de sens. J'étais ivre mort et je ne me rendais pas compte à quel point c'était biaisé. Les filles se faisaient un chanteur pour raconter à tout le monde que je ne les rappelais pas le lendemain. J'ai aussi cette réputation. Je ne l'ai pas volée, mais bon... C'était un moment de ma vie où j'étais célibataire et déprimé.
Marie Claire : Vous dormez la nuit ?
Benjamin Biolay J'ai du mal avant 3 heures du matin. Quand j'étais au conservatoire de musique, à Lyon, je partageais un appartement avec plein d'amis musiciens de classique, et quand ils dormaient, moi je composais tout doucement. J'aimais voler ces heures. J'avais 17 ans, je dormais deux heures, mais le lendemain, je pouvais quand même jouer « Le sacre du printemps ». J'ai aimé la nuit comme ça.
Mais le milieu de la nuit ne m'attire pas. Je suis un anticocaïne primaire. Une génération est en train de se détruire avec cette pseudo-drogue sociale. La toxicomanie, c'est quand même honteux, aujourd'hui c'est devenu glorieux. L'autre jour, dans ma ville natale, un pote me dit : « Viens, on va se faire des poutres. » Je lui ai dit qu'il était malade : « Après tu vas rentrer chez toi et tu vas faire quoi ? Jouer à 'Fifa 2008' jusqu'à 7 heures du mat ? » Tout ça, j'en ai soupé. Pour écrire, il faut l'avoir vécu. C'est sans regret.
Marie Claire : C'est vous le sujet de votre chanson « La toxicomanie » ?
Benjamin Biolay : C'est Chet Baker. Je peux en parler car, depuis que je suis jeune, j'ai toujours fumé beaucoup de haschich. Je n'ai jamais réussi à décrocher. Il n'y a pas de drogues douces.
Marie Claire : Le mot « soleil » est très présent dans votre disque, comme le contrepoint de votre possible noirceur.
Benjamin Biolay : Sans doute. Cet album, je l'ai écrit dans la période où j'étais quasiment au plus mal. La première fois que le soleil m'a marqué, c'est dans un film qui s'appelle « Johnny got his gun » (de Dalton Trumbo, ndlr). C'est un pauvre type mutilé pendant la guerre de 14, il ne voit plus rien ; à un moment, on lui ouvre la fenêtre de sa chambre d'hôpital et il sent le soleil. On voit ce que ça peut apporter aux hommes, un peu de soleil. Quand en plus on vit intérieurement dans les catacombes, c'est vrai, on rêve de soleil.
Marie Claire : Ça pourrait être qui ou quoi le soleil dans votre vie ?
Benjamin Biolay : Ma future épouse, si elle existe, je ne sais pas. Mais pour l'instant, j'ai bien plus qu'un soleil, j'ai l'amour de ma vie qui est ma petite fille. Mon rêve le plus cher, c'est une maison à la campagne avec des gamins, ce n'est pas trois soirs blindés à Bercy, je vous jure.
Marie Claire : Dans « Tout ça me tourmente », vous chantez : « Dès 20 h 30, je n'ai pas de cœur, je n'ai que ma queue. »
Benjamin Biolay Oui, je parlais de cette époque-là. Ce n'est tellement pas glorieux. J'ai dû faire du mal à des filles... j'en ai fait, d'ailleurs. J'ai consommé de la fille qui a consommé du chanteur, donc quelque part on est quittes. Ensuite, c'est ma conscience.
Marie Claire : Vous écrivez, en parlant à une possible femme : « On s'en souviendra dans quarante ans » et « Je voudrais compter les jours sur tes doigts ». Vous y aspirez ?
Benjamin Biolay : Oui, j'ai en moi une quête d'amour vraiment durable et sain. Si j'étais le diable en personne, Don Giovanni ou Casanova, si ma vie était une hécatombe assurée et que je prenais le parti d'être un jouisseur quoi qu'il en coûte, je n'aurais jamais eu de remise en question. J'ai erré, car la vie a été accidentée, ma famille s'est disloquée.
Benjamin Biolay : enfance, jalousie, complexes ou plaisirs, il nous dévoile tout
Marie Claire : Si je vous dis Villefranche-sur-Saône, qu'est-ce qui vous vient comme images ?
Benjamin Biolay : Des images pas très joyeuses. On ne peut rien y construire, c'est une réalité cruelle. Pour faire mes études de musique, j'ai dû quitter Villefranche-sur-Saône pour Lyon. Mais j'avoue que j'étais content : ça m'a permis de me tirer à 14 ans. Je crois que c'était le plus beau jour de ma vie. Le premier.
Marie Claire : Vous avez fui quoi ?
Benjamin Biolay : Ma ville, avant tout. Et mon destin : une vie de merde, faire un métier chiant. Vers 10-12 ans, j'ai réalisé que ça allait mal finir si je restais. Et puis, j'étais en conflit violent avec mes parents. Partir, c'était une question de vie ou de mort. J'ai accepté de faire des études supérieures d'un instrument qui ne m'intéressait pas, je mentais même à des gens que j'adorais. Je savais que c'était juste un moyen de fuir.
Marie Claire : Dans l'une de vos chansons, « la fille aux cheveux orange », vous dit que vous êtes beau. Vous le croyez ?
Benjamin Biolay : Non. J'ai toujours été horriblement complexé. Déjà, des bouches comme la mienne, il n'y en a pas beaucoup chez les garçons. A l'école, j'ai souffert de mon physique. J'ai toujours eu des cernes un peu noirs. Même avant que je fume, quand j'étais très sain et que je faisais du sport, on m'appelait « le camé ». J'ai toujours eu les paupières un peu lourdes, aussi. On me dit parfois que ça fait mon charme, mais ça me fait doucement rigoler car j'ai traîné ça comme un boulet. Je trouve qu'Alain Delon est beau, vous voyez à quel point je ne lui ressemble pas. J'aurais voulu être un peu plus Ken ! (Rires.)
Marie Claire : Dans la vie de tous les jours, quels sont vos plaisirs personnels ?
Benjamin Biolay : Ce que j'aime, c'est vraiment ne rien foutre. Bouquiner, faire l'amour si possible. Des choses simples et gratuites.
Marie Claire : Vous faites de la musique chez vous ?
Benjamin Biolay : Jamais. J'en fais seulement quand j'ai envie de faire un disque, quand je sens que ça bouillonne en moi, que je suis vraiment plein comme un œuf ; là je vais en studio et je crache tout. Je veux préserver ma petite source d'inspiration, qui est tarissable. Parfois j'ai une vraie pulsion pour une chanson, mais je n'ai pas de quoi la composer chez moi. En ce moment, j'ai une guitare, mais la corde de sol est cassée depuis six mois. L'époque où je travaillais beaucoup à la maison m'a bouffé. Quand j'étais avec celle qui partageait ma vie, je lui disais : « Bouge pas, je reviens dans dix minutes », et je revenais à 7 heures du matin. Je me disais : « Merde, il fait jour, comment c'est possible ? » (Rires.) J'ai une toute petite forme de schizophrénie qui s'appelle l'atemporalité. Même pour quelqu'un qui vous respecte énormément, y compris comme artiste, c'est très dur. Ça doit être très humiliant.
Marie Claire : On découvre dans « Jaloux de tout » que vous l'êtes donc...
Benjamin Biolay : Je l'ai été, et je n'en étais même pas conscient. Quand on dit : « T'étais où connasse ? T'as fait quoi ? Fais sentir ton odeur », on sait qu'on est jaloux, mais moi je gardais tout pour moi. Je me disais que je ne pouvais pas l'être, que je ne pouvais pas être naze à ce point. Mais si : j'étais naze à ce point ou fou d'amour à ce point.
Marie Claire : C'était quoi, de la possessivité ?
Benjamin Biolay : Un complexe d'infériorité. Cette chanson a été un révélateur. Je l'ai écrite à 4 heures du matin, en studio, complètement torché, juste avant d'aller faire la voix. Le lendemain, je l'ai réécoutée et j'ai voulu la jeter parce que j'avais honte.
Marie Claire : Si vous deviez vous définir en quelques adjectifs ?
Benjamin Biolay : Je ne sais pas : un pauvre type qui essaie de s'en sortir. (Sourire.)
Marie Claire : Avez-vous conscience et admettez-vous que vous êtes un musicien de talent ?
Benjamin Biolay : Non, je suis un travailleur, j'ai dû travailler quatre fois plus que les autres. Dans mon milieu, les artistes sont vite très satisfaits d'eux-mêmes, c'est souvent ce qui les perd. Moi je sais que je fais des petites chansons, même si elles ne sont pas mal foutues. Mais il n'y a aucune raison de se la raconter. http://www.marieclaire.fr/,benjamin-biolay-je-me-suis-trop-noye-dans-le-monde-de-la-nuit,20263,39554.asp |
|  | | Nine Admin

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 | Sujet: Re: LA SUPERBE Jeu 17 Déc - 19:33 | |
| La superbe : Biolay double et gagne  Ecrit par Jean Marc Jacob, le 17-12-2009 00:00 Il est plus que temps de dissiper le malentendu : Benjamin Biolay n'est pas un ex-beauf fils de Catherine Deneuve surdoué qui fait la gueule mais ce qui est arrivé de mieux à la chanson française ces 10 dernières années. Son nouvel album s'appelle La Superbe. Il l'est
Il est apparu assez sagement il y a une dizaine d'années, en binôme avec Keren Ann, dans le sillage d'Henri Salvador. Son premier disque concept, Kennedy Rose, témoignait déjà d'une réelle ambition. Il a depuis accumulé les collaborations prestigieuses ( Gréco, Hardy, Julien Clerc...) et ses deux derniers albums, A l'origine et Trash yéyé l'ont définitivement propulsé vers des sommets qualitatifs. Les frasques du personnage médiatique, volontiers arrogant, lapidaire et provoquant ont pourtant maintenu Benjamin Biolay hors de portée du véritable succès public. La méprise est évidente pour qui a eu l'occasion de voir l'artiste sur scène, un peu gauche, simple et touchant. Son nouvel album, La Superbe, a tout ce qu'il faut pour rétablir la balance. Il prouve une nouvelle fois qu'aucun de ses concurrents n'a aujourd'hui la puissance de feu de Biolay. Elle prend la forme rare d'un double album, soit 23 titres, tenus de bout en bout. AutoportraitsDéployées en une vaste fresque introspective, les chansons de La superbe imposent un constat tranchant du spleen contemporain. Elles sont magnifiques et semblent presque avoir atteint la force sereine des classiques. Cette pleine maturité n'exclut pas la hargne et les formules chocs. Un flow né du rap librement interprété court tout au long de l'album, scandé par moment avec fougue. Il fraie avec les mélodies imparables et les blessures amoureuses à vif. Dans cette somme impressionnante, on peut surligner quelques titres significatifs, comme la chanson d'ouverture et premier extrait, dont l'ampleur et le lyrisme sont assez représentatif de l'ensemble. Brandt rhapsodie, en duo avec Jeanne Cherhal, accumule les petits mots et fait et défait un amour en quelques minutes sidérantes. D'un extrême à l'autre de l'autoportrait sans concession, Tout ça me tourmente assume avec crudité "mais dès 20h30 je n'ai pas de cœur je n'ai que ma queue", tandis que les harmonies osent la simplicité sur Ton héritage, superbe et touchante adresse à sa fille. En début et fin de parcours, Biolay répète "Quelle aventure, quelle aventure". Paris, Buenos Aires, Lyon en sont les étapes géographiques et le voyage vaut vraiment le coup. Jean Marc Jacob (www.lepetitjournal.com) jeudi 17 décembre 2009
Dernière édition par Nine le Jeu 17 Déc - 20:08, édité 1 fois |
|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5870 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Jeu 17 Déc - 19:40 | |
| Du beau, du bon, du Biolay La Vierge G. Klimt Les poètes n'inventent pas les poèmes Le poème est quelque part là-derrière Depuis très très longtemps il est là Le poète ne fait que le découvrir. Jan SkacelGrand soir / lundi 14 décembre par Sébastien Bataille Benjamin Biolay sort un bijou double, "La Superbe", à ranger à côté de "L’Histoire de Melody Nelson". Il y a des grandes gueules comme Jean-Louis Murat qui sortent de bons disques et il y a des petites gueules qui sortent des disques géniaux. Ce double de Biolay, « La Superbe », est un chef-d’œuvre (avec pourtant Jeanne Cherhal dedans, je vous raconte pas l’exploit), la gélatine gonflée du négatif de la vie poétisée. L’esprit de Philippe Léotard n’est pas loin. Benjamin Biolay a bâti le triptyque d’une vie d’artiste avec ses albums « A l’origine », « Trash yéyé » et « La Superbe ». Et il a une fois encore enregistré une chanson parfaite : « Night shop ». Qui a dit que la perfection, cette chose non subventionnée, n’existait pas ? C’est bien simple, cet album est actuellement LE seul qui vaille si on veut écouter ce que c’est qu’être vivant : un carrefour de vibrations mélancoliques, de bords de mer échoués dans nos affects, des cuivres tragiques, des arrangements cinématographiques (le long plan séquence textuel de « Brandt Rhapsody » - correspondance d’un couple, de la naissance du désir à la fin de la relation, noyée dans les habitudes du quotidien -, sublime et paralysant). Disque à l’intelligence des sens, des mots, des climats, des mélodies, « 15 août », « 15 septembre », la boucle conceptuelle est bouclée, le Beau est en boîte, Biolay peut mourir. Voilà ce qui restera de la chanson française quand elle sera lavée de tout le purin contemporain - ce purin d’idéaux où tout fabrique des sots comme dirait Murat -, long travail que seul le temps peut effectuer.
Et les autres chanteurs, que vont-ils faire maintenant que ce disque est sorti ? Vont-ils avoir le courage de démissionner ? De se retirer, de nous foutre la paix, de laisser l’espace radiophonique et télévisuel à Biolay, qu’on respire enfin, comme semble nous y inviter le visuel de l’album.
D’ailleurs, que voit-on sur cette pochette : le grand soir sur la morne plaine ensablée (si si, regardez bien). Suivez le guide Biolay, on y est presque !http://www.bakchich.info/Du-beau-du-bon-du-Biolay,09568.html |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 5125 Age: 59 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Sam 19 Déc - 0:23 | |
| Biolay Le Superbe
La Superbe, cinquième album de Benjamin Biolay, est déjà considéré par la critique comme le plus réussi de l’année. Retour sur un artiste blanchi. Artiste très controversé, Benjamin Biolay réussit à mettre tout le monde d’accord avec La Superbe, sorti en octobre dernier. Télérama lui fait sa une et l’encense, tandis que les dates de concerts s’allongent à mesure que les critiques élogieuses tombent. Le 8 décembre, iTunes communique ses ventes et met dans ses choix éditoriaux La Superbe en meilleur album de l’année. Pour Biolay qui a pris la peine de sortir son double-album en vinyle, la consécration arrive par la plus grosse entreprise de téléchargement. Depuis son dernier album, Trash yéyé (2007), l’artiste s’est adouci : « Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais, malgré ses revers, le personnage du disque n’éprouve aucune haine. A la fin, il est même plus apaisé qu’au début », explique t-il à Télérama. Cela se remarque dans ses chansons qualifiées de superbes par la critique. En passant de Brandt Rhapsodie (en duo avec Jeanne Cheral) à Ton héritage, cruel auto-portrait - « J’ai un peu dressé le vrai bilan de ce que je suis » -, Benjamin Biolay écrit une boucle allant du 15 septembre au 15 aout. L’album voyage de La toxicomanie à Lyon presqu’île par des rimes internes. Pour se finir par cette conclusion : « quelle aventure ». Fils d’un clarinettiste, le chanteur qui pratique le trombone, le violon, le tuba et la guitare, a collaboré avec Henri Salvador (le titre Jardin d’hiver), Keren Ann, Juliette Gréco, Françoise Hardy, etc. de 1995 à 2001. C’est en mai de cette année-là que sort son premier album solo, Rose Kennedy, aux accents pop-jazzy. Suivront Négatif (2003), album folk bien reçu par la critique, puis A l’origine (2005), aux tonalités plus sombres, et enfin Trash Yéyé (2007). Sa maison de disque (EMI) ayant négligé ces deux dernières productions, le succès n’est pas au rendez-vous. Benjamin Biolay quitte donc cette firme pour signer en avril 2009 chez Naïve. Parallèlement à ses trois derniers albums l’artiste fait ses débuts d’acteur dans Didine, film de Vincent Dietschy, puis embraye avec Sang Froid, téléfilm de Sylvie Verheyde. Son rôle dans Stella lui vaudra en février 2009 une nomination aux Oscars comme Meilleur acteur dans un second rôle. Hautain, snob, vaniteux, prétentieux, bobo... tout y sera passé pour le désigner. Il déclare à Marie-Claire : "Je préférerais cent fois qu’on arrête de dire que je suis prétentieux et que je me la raconte, plutôt que de vendre un million de disques". En un disque, il réussit les deux avec brio. http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/le-nouveau-biolay-66732 |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 5125 Age: 59 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Sam 19 Déc - 0:25 | |
| Portrait 2009 de Benjamin Biolay Le mois de décemb' venu, l'heure des bilans carillonne à tous les étages. Vous connaissez déjà une partie de notre tableau d'honneur des albums, singles et autres groupes de 2009, le détail restant à découvrir dans le cinquième volume de Hors-série 365 Chroniques actuellement en kiosque. Dans ce même numéro, vous trouverez aussi les portraits de nos dix personnalités de l'année, de Dayve Hawk à Pascal Teixeira en passant par Steve Beckett, Caroline Polachek, Mark Linkous, Luke Haines ou... Benjamin Biolay ! Nous y voilà. Voici le profil nourri du chanteur français le plus acclamé de l'année. “J’attendais en vain/Que le monde entier m’acclame/Qu’il me déclare sa flamme”. Ces paroles extraites du single Padam resteront prophétiques de l’année 2009. Car à son cinquième (double) album, Benjamin Biolay fait – enfin – l’unanimité critique et publique. Mieux vaut tard que jamais, donc. Pourtant, longtemps, on a cru que le succès populaire et l’enthousiasme médiatique se refuseraient obstinément à lui alors que le prodige de la chanson française suit une courbe artistique ascensionnelle depuis l’inaugural Rose Kennedy (2001), même si le revirement de certains réfractaires constaté à la sortie de Trash Yéyé (2007) pouvait augurer de l’engouement actuel. À la manière d’un Serge Gainsbourg, son modèle avoué avec The Beatles, BB prédisait dans Elle, en octobre, que sa reconnaissance serait “post mortem”. Et bien avant la sortie de La Superbe, les paroles éloquentes de L’Espoir Fait Vivre témoignent du désarroi de l’intéressé : “Combien de temps/Avant l’amour suprême et l’admiration des gens”. Si le malentendu originel peut s’expliquer par le prisme déformant des médias (la franche timidité de Benjamin Biolay passant à tort pour une suffisance hautaine), doublée du savonnage d’Henri Salvador qui lui dut pourtant son retour en grâce (Chambre Avec Vue, 2000) et par une omniprésence au générique de la production hexagonale (de Keren Ann à sa sœur Coralie Clément, de Juliette Gréco à son ami Hubert Mounier), on ne peut que s’étonner d’assister aujourd’hui à une tellle unanimité autour de son plus ambitieux et plus long album. D’ailleurs, un nouveau malentendu est en train de naître, sur l’air (erroné) de “On a plus parlé de Benjamin Biolay pour ses frasques que pour sa musique” (in Les Inrockuptibles, qui lui offrent seulement sa première couverture en dix ans, après avoir mis à l’honneur des fossoyeurs tels Cali, Vincent Delerm ou M). Or, à l’exception d’une déclaration fracassante ici (mais pas autant qu’on veut bien nous le vendre) ou là (dans des conditions parfois éthyliques à une presse en mal d’épaisseur, comme Technikart), cet homme érudit n’a jamais rien cultivé d’autre que sa frénésie artistique – cinquante-sept morceaux enregistrés pour Trash Yéyé, encore davantage pour La Superbe. Franc et massif, Benjamin est à l’image de sa discographie : il ne recule devant rien. Après deux disques en forme de Black Album – À L’Origine (2005) et Trash Yéyé (2007) –, Biolay signe un “vrai” double album, édité pour le compte du label Naïve après son départ fracassant de Virgin. En vingt-deux titres dont beaucoup se contenteraient pour une intégrale, l’auteur de Rendez-Vous Qui Sait parcourt toutes ses obsessions musicales : de la pop ligne claire des Smiths (Reviens Mon Amour) au jazz toxique de Chet Baker (La Toxicomanie), de la berceuse ourlée (Ton Héritage, bouleversant) aux envolées orchestrales (La Superbe), du hip pop domestique (Padam) au duo d’un nouveau genre (Brandt Rhapsody avec Jeanne Cherhal). Revers de la médaille attendu, le consensus autour de Benjamin Biolay risque d’en agacer plus d’un, à commencer par ses récents thuriféraires. En attendant, cette forte tête risque de glaner quelques Victoires de la musique, à la cérémonie du 6 mars 2010. On prend les paris ? Franck Vergeade http://www.magicrpm.com/a-lire/tous/benjamin-biolay/portrait-2009?cmpid=C09actflux |
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