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 LA SUPERBE

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liliane
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Ven 30 Oct - 20:34


Article paru
le 30 octobre 2009

Benjamin Biolay « Avant je déchantais »


Benjamin Biolay sort la Superbe, double album de vingt-trois chansons. Magnifique opus au romantisme tourmenté qui explore de nombreux climats sonores.

À l’image du regretté Alain Bashung ou de Jean-Louis Murat, il faudrait toujours écouter Benjamin Biolay un soir de pluie, un jour de spleen. Après Trash Yéyé, il revient avec la Superbe, double album de vingt-trois titres aussi mélancoliques que cinématographiques. Ici, pas de chansons-clip vite consommées, mais un univers dense et complexe où se dévoilent des torrents d’émotion. Jazz à la Chet Backer, pop-rock façon New Order, mais aussi électro, bossa, hip-hop… Biolay est de tous les registres, porté par une voix chaude, plus ample qu’à l’habitude. Profonde, enveloppante, sa musique agit comme un film (excellent duo avec Jeanne Cherhal sur Brandt Rhapsody) où le chanteur nous piège pour ne plus nous lâcher. Un opus au romantisme tourmenté d’une totale beauté.

Jamais un de vos albums n’a été accueilli aussi favorablement par la critique. Loin de la discrétion des premiers temps, vous êtes très médiatisé. Comment vivez-vous ce tourbillon ?

BENJAMIN BIOLAY. C’est la première fois que cela m’arrive. Cela fait évidemment plaisir. Je n’ai pas dix-neuf ans, ce n’est pas mon premier disque. J’ai connu aussi l’inverse. Dans la mesure où on arrive à relativiser les très mauvaises – et très méchantes – critiques que j’ai connues, cela aide à relativiser les propos laudatifs. En tant qu’artiste, on trouve toujours plein de défauts à son disque. Passer de l’hallali complet au dithyrambe, j’avoue que cela m’amuse… pas mal !

Un double album de 23 chansons, c’est presque du luxe en cette période de crise du disque.

BENJAMIN BIOLAY. Une grande partie de mon plaisir tient beaucoup à l’intensité et au temps que j’ai consacré à la réalisation du disque, de sa conception à sa phase finale. J’y ai un peu laissé ma peau. Après cela, j’étais vraiment lessivé. Au départ, je voulais faire un album simple, si possible pas trop long, parce que, dès qu’on fait douze ou treize titres, on entre dans du très copieux. Au bilan, on s’est retrouvé avec une vingtaine de titres potables. Sur une seule face, c’était inimaginable. D’où l’idée du double album.

Quel était le projet initial ?

BENJAMIN BIOLAY. Je fais partie des gens qui aiment bien avoir un cahier des charges. Je me suis souvent transcendé quand j’avais des obligations. Je me suis aperçu de ça quand on a travaillé avec Keren Ann sur l’album Jardin d’hiver, pour Henri Salvador, où il fallait composer quelque chose presque à la manière de. On a fait une sorte de bossa naïve. On trouvait ça juste mignon et ça a été un succès dingue. Pour la Superbe, sans tomber dans le journal intime, il me fallait une trame comme, par exemple, un mois très chaotique dans la vie d’un homme. Mais je ne voulais pas non plus être obnubilé par ça et que ce soit sclérosant. Quand on a une toute petite idée derrière la tête, ça aide à mettre de l’ordre.

Musicalement, vous vous êtes également fait plaisir à travers de nombreux climats sonores. En quoi était-ce important pour vous d’explorer toutes ces ambiances ?

BENJAMIN BIOLAY. Je n’avais plus de maison de disques. Du coup, le fait de ne pas avoir d’inspecteur des travaux finis, d’agenda de sortie de l’album, le fait d’être seul, au studio, tout cela m’a permis d’essayer toutes les pistes. Chaque note qu’on entend vient vraiment de mes entrailles et j’ai fait les textes dans un état pratiquement d’écriture automatique, même si après je les ai peaufinés. L’album me ressemble par définition sans pour autant être parti d’un postulat narratif.

Côté voix, on sent que vous vous êtes, disons, lâché. Vrai ou faux ?

BENJAMIN BIOLAY. Je me suis cent fois moins censuré. Avant, je déchantais en étant plus dans le murmure. Je crois qu’il faut savoir sortir de ce processus.

Quitter votre ancienne maison de disques, Virgin, a-t-il été un choix de votre part ?

BENJAMIN BIOLAY. Pas du tout. J’arrivais en fin de contrat. Je crois qu’il y a eu une mauvaise gestion de mon cas. Mais je serais complètement obtus, crétin, hors du monde si je disais : « Ils m’ont viré, ils s’en foutaient. » Ils (le groupe EMI) en sont à leur sixième plan social, je pense que la direction de l’époque n’a pas cherché à prolonger mon contrat. Elle avait pour mission de mener ce plan social à bien et non de garder les artistes. Dans ces cas-là, on suit la réalité contractuelle des poids lourds, de ceux qui rapportent directement de l’argent à la maison de disques, comme Renaud, Julien Clerc. C’est vrai que les artistes catalogue, même quand ils sont rentables, ça n’est pas la première chose qui vient à l’esprit. C’est circonstanciel et malheureux. Pour moi, cela a été comme une rupture, d’autant plus triste que c’était ma maison de disques depuis dix ans. Je l’avais choisie. Je souhaitais être chez Virgin.

On imagine qu’il n’est pas facile d’exister pour un artiste dans ce monde de la musique tel qu’il est devenu et qui exige une rentabilité immédiate ?

BENJAMIN BIOLAY. J’ai de la chance parce que j’ai commencé il y a un bon moment, mais j’ai beaucoup de compassion pour les gens qui démarrent maintenant. C’est vraiment très compliqué. En plus, les clichés ont la belle vie. Dire que le disque ne se vend plus, mais que la scène ça marche à fond, c’est faux. Ça marche pour trente artistes en ce moment. Un promoteur de spectacle ou un patron de salle, si on lui demande : « Tu veux Émilie Simon ou Bénabar ? » La réponse, est évidente et s’impose d’elle-même.

Votre image de dandy rock vaguement distant n’est pas toujours comprise par le public. D’où vient ce malentendu ?

BENJAMIN BIOLAY. Timidité et télévision sont des choses qui vont très mal ensemble. Je me suis retrouvé du jour au lendemain à faire des talk-shows chez Ardisson alors que je sortais de mon studio. J’étais mort de trouille, anxieux, sur la réserve, la défensive. Dès mes premières apparitions, j’ai dû paraître très hautain. Ça s’est fixé, je n’ai jamais rien pu faire contre ça. Je crois que c’est impossible à réparer.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR VICTOR HACHE

http://www.humanite.fr/2009-10-30_LeaderN_Benjamin-Biolay-Avant-je-dechantais
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Nine
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Sam 31 Oct - 10:27

"La Superbe" s'écoute comme un film,
mais c'est de la musique.




Le nouvel album de Benjamin Biolay nous aspire du début au générique de fin, tel un fleuve qui charrie
des tonnes de sentiments et roule dans ses eaux, 22 nouvelles chansons comme autant de scénarios.
Il y a là des histoires d'amour rêvées ou déçues,
trois villes - Paris, Lyon & Buenos Aires -, un enfant, les tourments de l'époque et la mélancolie littéraire si élégante de l’auteur.
Il y a aussi beaucoup de lumière et bien plus de soleil que d’habitude.
" La Superbe " gronde comme un torrent généreux en liberté.

Benjamin Biolay - nouvelle vie, nouvelle " maison d'artistes" -
vise le haut de gamme. Pas du genre à céder à la facilité, l'œuvre est ambitieuse.
C'est justement ce que l'on aime chez un artiste.


Car la musique n'est pas une science exacte, elle se cherche.
Elle a besoin de talent et d'inspiration. Inspiré, Benjamin Biolay est un artiste qui maîtrise ses compositions, les enlumine d'arrangements recherchés en se jouant des cordes et des cuivres
qui donnent à chacune de ses chansons des contours et une dimension uniques.
Du style.Ses partitions sont nuancées, et les morceaux choisis.


Playlist :

Si le très jazz "La Toxicomanie " flirte avec Chet Baker et l'esthétique du film "Let's get lost " de Bruce Weber - déjà auteur de la pochette de « Trash Yéyé » - , plusieurs hymnes pop revisitent joliment le catalogue Factory et l'esprit de Manchester ,
dévoilant des amours de jeunesse pour Morrissey et New Order.
"L'espoir fait vivre " ou " Si tu suis mon regard " possèdent cette manière unique de mixer
la sensibilité du chant et l'euphorie énergique des mélodies.
On jubile quand les guitares intenses prennent le dessus et envoient la chanson française
titiller la pop britannique sur son terrain. Une pierre dans un jardin anglais.

L’atmosphère et le suspense tendu de "Miss Catastrophe" et son instrumental climatique sur beats hip-hop,
évoquent le soundtrack d'un film noir qui va mal finir.
C'est " L'affaire Thomas Crown" dans un remake punk. Dialogué avec Jeanne Cherhal, "Brandt Rapsodie",
ou l'autopsie du quotidien d'un couple qui passe de la passion au désamour
à coup de post-it collés sur le frigo, impressionne et glace le sang.

Ecrite pour sa fille et joué au piano, "Ton Héritage " ressemble déjà un classique bouleversant.
Très lumineux, rock et aérien, "Prenons le large" et son refrain épique balaye le spleen.

Arrivé la, on aura écouté et découvert la moitié de cet album, son cinquième et qui compte double. Car en faux dilettante
("... dilettante à temps partiel..." comme il le chante avec un sourire dans "Lyon presqu'île ")
et artiste infatigable à la création inassouvie, Benjamin Biolay offre encore du répertoire
et autant de chansons qui font de "La Superbe" son grand disque.

Un ami argentin, jeune homme moderne qui aime consulter le dictionnaire Littré sur son I-phone, m’apprend que la superbe est également le nom d’une variété de lys d'une grandeur inhabituelle.
"La Superbe" serait donc une fleur à la beauté éclatante ...
Si c'était une chanson, ce serait le chant de la Terre vue du ciel.

Thierry Planelle
septembre 2009
site Naïve.
Direction Artistique
http://www.naive.fr/#/work/la-superbe
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liliane
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Sam 31 Oct - 22:04



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Bridget



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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 1 Nov - 1:33




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Bridget



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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Lun 2 Nov - 19:00

.
Benjamin Biolay tient bon les cordes





Benjamin Biolay – La Superbe (J’AIME : A la folie)

Vingt deux chansons. Plus d’une heure trente de musique. Benjamin Biolay livre avec le double album « La Superbe » une œuvre touffue qui synthétise parfaitement les chemins explorés par l’artiste depuis ses débuts en 2001 avec « Rose Kennedy ». On retrouve ici intacts cette maîtrise des cordes qui a fait la marque du chanteur et ce goût des arrangements soignées capables de visiter une multitude de territoires.

Paris, Buenos Aires, Normandie, Lyon. Pop, rock, jazz, rap, électronique. « La Superbe » s’ouvre à tous les horizons, nourrie de voyages, de musiques et de rencontres.
Benjamin Biolay s’y fait tour à tour aimant, amer, mélancolique ou colérique entre ballades lumineuses et descentes aux enfers. Sa voix alterne ainsi parlé et chanté, agressivité et douceur, variant à l’envie les débits. De même, tous les niveaux de langages sont passés à la moulinette. On s’y fait niquer sa race avant d’être pris un peu plus tard d’un soufflet vaniteux.


Désenchantement amoureux


Si les mélodies composées à la guitare, au piano ou au synthé ont en partie gagné en légèreté, les textes eux restent très sombres.
Avec « La Superbe », Benjamin Biolay se fait d’abord le chantre brillant du désenchantement amoureux. Vanité, jalousie, vice, alcool, violence, perte des illusions, tourments… Les maux se suivent et se ressemblent. Tragiquement. Tous décrits avec une troublante crudité. « Dès vingt heures trente / […] / Je n’ai pas de cœur, je n’ai que ma queue », clame le chanteur sur « Tout ça me tourmente ».

Benjamin Biolay met au passage plusieurs fois dans le mille. Passées les très belles envolées de « La Superbe » en ouverture, « Ton héritage » bouleverse avec sa description des tares de caractères léguées à un enfant. « Night Shop » raconte l’amour comme un soleil qui illumine la nuit. Quant à « Brandt Rhapsodie », chanté à deux voix avec Jeanne Cherhal, il suit un couple des débuts à la séparation à travers les petits messages laissés à la maison. Glaçant.
Sur le second disque, « Assez parlé de moi » est une comptine électronique enlevée qui contraste avec et le pesant « Jaloux de tout » et le bien triste « raté » : « Jamais personne ne me rejoint / Personne / ni rien »…

http://albumsono.20minutes-blogs.fr/archive/2009/10/29/benjamin-biolay-tient-les-cordes.html


© magicrpm.com

Artiste : Benjamin Biolay

Jeudi dernier, profitant d'un temps clément et d'une organisation qui est allée comme sur des roulettes, Benjamin Biolay a bel et bien investi nos locaux pour inaugurer ces fameuses Chansons Du Cinquième Étage. À ciel ouvert, détendu et amusé par la situation, le chanteur a présenté en formation légère une partie de son nouvel album La Superbe, ainsi que quelques antiennes plus anciennes.

Toute cette semaine, vous allez découvrir dans son entièreté la performance aérée de Benjamin. Après le single lundi, et les deux extraits de Négatif hier, v'là deux nouveaux titres de La Superbe, dont le rap en capitale Padam.




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liliane
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Lun 2 Nov - 22:24

BENJAMIN BIOLAY : "J’AI TOUJOURS EU UNE VISION UN PETIT PEU CINÉMATOGRAPHIQUE DE LA MUSIQUE"


Article de type Interview publié dans le genre Variétés Françaises le 02/11/2009 par Christian Eudeline


Apparu il y a une dizaine d’années, Benjamin Biolay a, depuis, sorti 5 albums, La Superbe est le sixième, et collaboré en tant qu’arrangeur ou compositeur avec Henri Salvador, Julien Clerc, Juliette Greco, Hubert Mounier, Elodie Frégé, Vincent Delerm, Keren Ann. Il a aussi offert trois albums à sa sœur, Coralie Clément. Pourtant, l’homme n’apparaît pas comme un stakhanoviste du travail, plutôt un dandy à la Gainsbourg qui déborde d’idées et de talent.

Son nouvel album est double et rassure les fans qui ont pensé l’année dernière que sa carrière d’acteur allait prendre le pas sur sa carrière de musicien, il est vrai que son rôle dans le film de Sylvie Verheyde Stella lui a valu une nomination aux Césars, mais heureusement elle n’a pas annihilé l’envie d’écrire de belles mélodies. Entretien.

Ce nouvel album, La Superbe, semble désabusé et mélancolique…
Je trouve le ton parfois assez mélancolique mais pas réellement désabusé. Il y a quelques sentences parfois sur moi-même un peu définitives mais il y a un peu de mélancolie aussi, une mélancolie un peu chaude, agréable, comme quand on repense à des choses du passé qu’on a aimées.

Vous vous livrez un peu plus que d’habitude semble-t-il, vous parlez de votre garçon que vous aimeriez voir plus souvent… ("Je te rappelle que tu as un fils qui va à l’école tous les matins et qui aimerait bien prendre le petit déjeuner avec son père de temps en temps… ", extrait de Brandt Rhapsodie)
C’est de la fiction car j’ai une fille. (sourire) Mais, il y a des chansons qui sont très intimes, ouais, qui parlent vraiment d’émotions intimes ou même de situations réellement vécues, et comme tout un chacun, je pense que je fais aussi des chansons complètement fictionnelles. Le duo Brandt Rhapsodie avec Jeanne Cherhal c’est une oeuvre de fiction complète, mais c’est ça qui est agréable, de glisser de temps à autre une chose totalement fictionnelle et inventée, ça permet parfois d’être plus sincère sur des chansons plus intimes.

Est-ce une thérapie car l’autre caractéristique de cet album, c’est que les textes sont extrêmement longs ?
Les textes sont assez fournis, c’est vrai, parfois peut-être un peu trop bavards mais ils sont tellement sortis du fond du cœur que j’ai peu de recul. Mais, on ne peut pas appeler ça une thérapie, même s’il est vrai que parfois quand je relis mon texte, je me dis : "bah dis donc faudrait peut-être parler à quelqu’un !" Mais c’est pas vraiment une thérapie, ça ne me fait pas spécialement ni de bien ni de mal d’écrire des textes... Mais parfois j’ai une révélation, en lisant une phrase par exemple, je me rends compte qu’une chose m’obsède par exemple.

On a l’impression de petits scénarios, est-ce que votre expérience cinématographique vous amené quelque chose ?
Le fait d’avoir la chance de faire l’acteur de cinéma de temps en temps m’a sans doute débloqué pour tout ce qui est en rapport avec l’interprétation en fait, avec la performance comme disent les Américains. J’ai toujours eu une vision un petit peu cinématographique de la musique, j’ai toujours fait ça un petit peu comme un metteur en scène frustré. J’ai toujours eu envie de faire des petits films via mes chansons, donc c’est une chose qui n’est pas nouvelle, comme le fait que je sois cinéphile ça remonte à bien longtemps. Faire l’acteur aide à sortir de soi, à se désinhiber et ça peut avoir des répercussions sur l’écriture, pourquoi pas.

Que recherchez-vous au cinéma ?
Rêver. J’aime oublier, je recherche un peu les mêmes choses que lorsque je regarde du sport à la télé, j’aime oublier ma vie et voir un spectacle qui me fait rêver.

Est-ce la même chose avec la musique ?
Au cinéma, on nous prend la main du début à la fin, alors qu’avec une chanson, c’est moins carré. Un film, c’est quelque chose d’extrêmement directif. Dans un scénario il y a les acteurs, les décors et une intrigue qui sont très précis, donc on regarde une œuvre passivement. Alors que lorsque l’on écoute une chanson, on peut laisser sa propre vie déborder dedans, une chanson ressemble plus à une Bande Originale de sa vie, chacun en fait ce qu'il veut, et parfois on peut être attaché à des chansons singulièrement ringardes ou pourries mais qui nous rappellent quelque chose de délicieux. C’est la différence essentielle entre le cinéma et la chanson.

Quel est votre secret d’écriture ?
Parfois, ça vient juste d’une ambiance musicale et les mots se greffent dessus, sans savoir comment… En fait il y a ce que j’appelle d’un côté les chansons et de l’autre les morceaux. Pour moi, une chanson, ça s’écrit depuis la nuit des temps comme les gens qui écrivaient des leaders, avec un clavier, une guitare et une mélodie et un texte. Et il y a des morceaux qui peuvent naître juste d’une idée de percussions ou d’un riff de guitare sur lesquels chacun jamme un peu et se cale. Je ne comprends jamais que l’on puisse comparer les Beatles et les Rolling Stones par exemple, car ils ne composent pas du tout de la même façon, les premiers font des chansons et les seconds des morceaux. Keith fait tourner un riff, et les autres viennent se greffer dessus, les Beatles écrivent des chansons comme les troubadours le faisaient au Moyen Age.

Et vous ?
Ca dépend.

Quel est votre but ?
Procurer des plaisirs aux gens qui y sont sensibles.

Mais cela passe avec l’écoute de morceaux ou de chansons ?
Il n’y a pas de règle, ça dépend des moments de la vie et de ce que l’on attend d’un disque.



http://musique.sfr.fr/mag/article/interview/benjamin-biolay-jai-toujours-eu-une-vision-un-petit-peu-cinematographique-de-la-musique
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mar 3 Nov - 17:48



Benjamin Biolay fait la démonstration de sa Superbe dans un opus où on le découvre... en se reconnaissant. Un bonheur presque simple en un double album ultra-élaboré.
Constat d'évidence: écouter La Superbe, le dernier (double) album de Benjamin Biolay, c'est s'asseoir dans une salle de cinéma. Une question d'orchestrations, mais aussi de sens du récit. Car, de 15 août, deuxième titre après La Superbe, à 15 septembre, générique de fin, les images sont là, à travers les mots et les arrangements de cet album… superbe.

Il a été de bon ton de flinguer Biolay. Et, même encore, de s'acharner sur un type qui est tout sauf un "faiseur" ou un "poseur". Dommage pour la caricature. Postulats à retenir: uno, Benjamin Biolay est un vrai musicien. Deuzio, s'il "s'écrit", dans ses textes, c'est de chacun de nous, lui dans le lot, qu'il décrit ou décrie au fil des 22 titres. CQFD: La Superbe est un album qui ne s'arrête pas au nombril mais s'attaque aux tripes.

Bon, cette propension aux codes cinématographiques, cette voix entre déclamations et chant, ces scènes de ruptures ou sourd la violence et une déchirante désinvolture, ces beats obsédants, c'est d'évidence du Gainsbourg. Mais pas une piètre singerie de l'homme à tête de choux. Parlons plutôt un talent "à la hauteur de", un hommage, volontaire ou non et une influence certaine. Même si ça va peut-être agacer Benjamin Biolay, poursuivi par ce parallèle.
Et pourtant le compositeur- interprète a bien le dandysme provoc' de son aîné, son sens de l'instrumentation et de l'évitement systématique des clichés, tant musicaux que textuels. De la Superbe, en somme. Ce qui ne se copie pas. On l'a, ou on l'a pas. Biolay, lui, la tient. Et nous, on n'en perd pas un morceau.

La Superbe, Benjamin Biolay, Naïve.

Jean-Frédéric Tronche
Mardi 3 novembre 2009

http://www.gala.fr/l_actu/on_ne_parle_que_de_ca/benjamin_biolay_ne_perdons_rien_de_sa_superbe_190550
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Jeu 5 Nov - 16:13

La Superbe – 2009, année Biolay ?

Par Thomas Sinaeve • jeu 5 nov 2009 • Categorie: Musique




Deux semaines après la sortie d’un album qu’une fois n’est pas coutume on est bien content de chroniquer en retard, la question mérite d’être soulevée. Bien malin celui qui ces derniers temps aura échappé à Benjamin Biolay à la télé, à la radio ou dans les journaux. L’album, aux dernières nouvelles, se vend bien. Les critiques sont excellentes, même si beaucoup prêtent à sourire(1). Pincez-nous chers lecteurs – on rêve. Depuis quand les disques aussi bons, aussi fins, aussi travaillés… ont-ils du succès ? Et dire que Bashung n’est plus là pour voir ça…

Entre nous, tout cela semble presque trop facile (en tout cas c’est assurément trop beau). Il y a encore un mois, Benjamin Biolay était selon vos amis un connard arrogant se prenant pour Gainsbourg (et de vous parler de sa non-voix, de ses cheveux, de son snobisme). Aujourd’hui les mêmes trouvent que c’est un artiste exceptionnel qui vient de sortir un superbe album – car vos amis bien sûr ne s’épargnent pas le jeu de mots à deux balles (pourquoi le feraient-ils alors que les journalistes eux-mêmes ne s’en privent pas, rivalisant de formules plus pauvres les unes que les autres depuis la sortie – il faut bien combler la célèbre peur du vide qualitatif (2) ?). On est à la fois géné aux entournures par ce buzz subit et ravis du pied de nez. Car une fois n’est pas coutume, c’est bien de l’incroyable talent de Biolay dont on cause le vendredi soir entre amis, ces derniers temps. Faire un succès d’un double-album aussi riche, varié, complexe et torturé… c’est une performance qui mérite d’être applaudie longuement (3). Car pour être honnête, en écoutant pour la première fois La Superbe, quelques jours avant sa sortie… on sentait plus volontiers venir le four que des pole-positions sur toutes les plateformes de téléchargement légal (destin réservé à cet album au bout d’une petite semaine). Depuis des années qu’il vomit publiquement (et qu’il est quasiment le seul) les artistes kleenex, la musique populaire nivelée vers le bas, le cynisme, la pipolisation, la superficialité… le fait que Benjamin Biolay parvienne aujourd’hui à voir croître sa popularité sans affadir ni même simplifier (au contraire) sa musique constitue pour lui une victoire dont on imagine sans peine qu’elle n’a pas de prix. Et pour les esthètes de France et de Navarre, c’est quasiment Noël avant l’heure.


Il se passera certes encore quelques années avant d’entendre le titre même le plus pop d’un tel album (Si tu suis mon regard) caracoler sur les ondes FM ; Biolay ne sera sans doute pas le plus gros vendeur de 2009 (4), c’est entendu. Tout de même, il y a de quoi se réjouir. Car franchement, La Superbe n’est pas un album facile. Sans être aussi abrupt que le néanmoins sublime À l’origine (2005), il n’en constitue pas moins un remède de cheval au racolage actif régnant sur la scène française (5). Exigeant. Luxuriant. Presque improbable. Depuis des années que l’on compare (plus souvent à tort qu’à raison) Biolay à Gainsbourg, il en atteint une fois pour toutes le niveau, sinon en terme de songwriting du moins en terme de richesse harmonique. Des semaines qu’on l’écoute au casque, et l’on n’est pas encore parvenu à en faire le tour, à en déceler toutes les subtilités (ni bien sûr à s’en lasser mais ça… c’est une évidence). La Superbe est un calvados millésimé, pur et extrêmement long en bouche. La seule différence, c’est qu’on s’en enfilerait bien une bouteille chaque jour – ce qui pour un tel breuvage relèverait du blasphème pur et simple.

La comparaison pourra certes sembler oiseuse, dans la mesure où la grande majorité des gens n’a jamais fût-ce goûté du calvados millésimé. Cependant qu’on ne s’y trompe pas : la grande majorité de la population française n’a jamais non plus eu l’occasion d’écouter des albums comme celui-ci (6). Nous parlons-là d’une œuvre très au-dessus du tout venant de la pop-music… et la chanson française on n’en parlera même pas – ce serait presque insultant. D’ailleurs d’insulte il est bel et bien question avec La Superbe. On serait à la place de Bénabar ou Cali, on serait bien plus furieux de la manière dont Biolay nous ridiculise à chaque note que de ce qu’il peut bien raconter sur nous dans ses interview. Quand le chanteur français moyen parvient péniblement à glisser sur son dernier album deux chansons pouvant être qualifiées de « pas mauvaises » Benjamin Biolay, lui, en sort vingt-deux dont pas une seule qui soit en-dessous de l’excellence. S’il faut vraiment détester l’auteur de ce Ton héritage à pleurer, c’est assurément plus pour l’insolence de son talent que pour une supposée arrogance oratoire.


Une insolence qui atteint son paroxysme lorsque l’on s’aperçoit au long des écoutes que La Superbe réussit la prouesse d’être tout à la fois une collection de chansons individuellement parfaites ET un édifice cohérent (ainsi chaque titre du second CD semblera-t-il répondre à un titre du premier, comme un écho déformé et envoûtant). Alors superbe… cet album l’est, sans le moindre doute possible. Et mélancolique. Et rageur. Tout de ruptures et d’envolées lyriques surprenantes (et poignantes), avec voix sur la brèche et arrangements à se damner. Après avoir longtemps été Ferry, voici Biolay définitivement devenu Roxy – cela pourrait difficilement déplaire. Et encore se paie-t-il le luxe de surprendre ! Car si certains artistes font de leur premier album une carte de visite de tous les registres qu’ils sont capables d’aborder, force est de noter que Rose Kennedy, il y a déjà une presque décennie, ne nous préparait pas à cela. N’indiquait en rien qu’on entendrait un jour son auteur s’ébrouer dans un trip discoïde (Assez parlé de moi… ce à quoi l’on répondra volontiers « raté ! »), alterner talk-over à la Gainsbourg avec une pop symphonique d’une rare élégance (La Superbe, véritable vaccin à la variété rock neo-classique récemment remise au goût du jour par Muse), gambader de new-wave (Prenons le large) en réminiscence tziganes (Tu es mon amour aurait pu s’appeler Thomas Dutronc ? Game Over)… Titre après titre, c’est comme si Biolay liquidait méthodiquement la concurrence hexagonale en allant chasser sur son terrain et humiliant successivement chacun des prétendants à la couronne. D’ailleurs regardez bien la photo ci-dessus ? Ça ne vous rappelle personne ? Mais si, bien sûr : le temps d’un album incroyable, Biolay s’est tout simplement transformé en Vincent Vega (7). Et le moins qu’on puisse dire c’est que son efficacité n’est plus à démontrer – une manière unique de pouvoir prétendre d’ici une dizaine d’année au costard de Bashung.

La Superbe, de Benjamin Biolay, édité chez Naïve

1. Ce n’est pas un hasard si cet article paraît aussi tard… un double album d’une telle richesse mérite – il nous semble – que l’on prenne le temps de l’appréhender plutôt que de verser dans la même promo bas du front que Biolay trouvait méprisable lorsqu’elle ne le servait pas.
2. Fléau longuement développé par notre camarade
3. Si je vous propose une standing-ovation devant votre écran je suppose que vous allez refuser ?
4. Le fadouille Renan Luce et son charisme de flaque d’eau s’en chargeront sans doute…
5. Pas que, soit… mais on conviendra que s’il est relativement fréquent qu’un bon groupe cartonne dans les pays anglo-saxons, cela reste un quasi-miracle au pays de Michel Drucker et de Daniela Lumbroso.
6. Rappelons qu’en 1971, Gainsbourg peinait à écouler dix mille exemplaires de son Melody Nelson !
7. L’antihéros de Pulp Fiction, incarné par John Travolta.

http://culturofil.net/2009/11/05/la-superbe-benjamin-biolay/
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Nine
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Sam 7 Nov - 18:10

LES SUISSES CRAQUENT POUR LA SUPERBE !



Programme musical
RADIO SUISSE ROMANDE
dimanche 08 novembre 2009
Le retour des Dandys

Johanne Dussex nous révèle le nouvel album de Benjamin Biolay
Le musicien français revient avec "La superbe"

On dit de benjamin Biolay que c’est un dandy, mais un dandy désabusé, râleur, agaçant.
Le chanteur aux faux airs de Droopy vient de sortir un album salué par la critique.
Une unanimité à laquelle il n’est guère habitué.

Cet album est en fait un double CD comprenant plus de 20 chansons qui parlent de rupture,
de solitude ou encore de dérive.
Enregistré en Belgique, il est intitulé La superbe et il est notre grand air cet semaine.

http://www.rsr.ch/la-1ere/airs-de-rien/selectedDate/07/11/2009/

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Bridget



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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 8 Nov - 14:47

.

Chronique : Benjamin Biolay - La Superbe (2009)







Tout le monde connaît Benjamin Biolay ! Ses quelques passages dans les médias l'inscrivent dans la grande tradition, initiée par l'Homme à la Tête de Chou, des chanteurs-provocateurs-têtes à claques à la française. Ajoutez à cela une réputation collant à la vision bien stéréotypée du "bobo", des "articles de fond" sur ses idylles sentimentales rédigés par la presse de salle d'attente médicale (aussi appelée "presse people"), et tout semble fait pour que Biolay devienne le péstiféré des mélomanes.

Mais cela ne doit pas faire oublier que Biolay est également un musicien, et qu'il sort cette année son nouvel opus.

Et le moins que l'on puisse dire est que Benjamin n'est pas radin : La Superbe est un double album, dont le single éponyme était déjà disponible en téléchargement libre, pour peu qu'on le demande gentiment au site web du chanteur. "Quoi ? Un double album ? Trop long ..." s'exclame M. Pop, qui sait que marier quantité et qualité constitue généralement une gageure, bien qu'il soit également fan de l'ami Biolay. Donc qu'en est-il de cet étrange objet ?

Eh bien, si Biolay a passé une bonne partie de ses interventions médiatiques à tenter de flinguer la "Nouvelle Chanson Française Télérama-France Inter" (son fameux "la chanson française me débecte"), il y parvient de façon bien plus pertinente en une bonne vingtaine de titres, tous plus bluffants les uns que les autres.

Le morceau donnant son titre à l'album constitue d'entrée de jeu ce que Biolay faisait de mieux jusqu'ici : arrangements de corde délicats et lancinants, discrète partition d'un piano pourtant omniprésent, bref, le sommet de la symphonie pop biolaysienne qui synthétise assez bien tout ce qu'on avait adoré de lui depuis son premier album Rose Kennedy.

Cependant, Biolay impressionne cette fois par sa capacité à se réapproprier des influences qui semblent parfois attendues, et d'autres fois totalement insoupçonnées.

Ainsi, Night Shop est un hommage le plus vibrant à Bashung : le chant, le rythme et la symphonie évoquent une Fantaisie Militaire jamais entendue, ce qui constitue un plaisir forcément déléctable. De même, Miss Catastrophe conjugue l'influence tutélaire conjuguée de Gainsourg et Bashung : paroles aux sonorités dures et cruelles de l'un, mêlées à une mélodie aux nuances claires-obscures amères de l'autre.
A l'opposé, l'artiste s'offre des incursions new orderiennes surprenantes et réussies (Si Tu Suis Mon Regard, Prenons le Large, Assez Parlé de Moi), des hits potentiels que la maisons de disque a pu s'offrir le luxe de ne pas proposer en singles.
Mais ces influences plus ou moins prégnantes ne font pas oublier que Biolay reste Biolay.

En effet, s'il est des aspects de l'oeuvre du compositeur qui n'ont pas disparu avec le changement de maison de disque opéré avant la sortie de ce nouvel album, c'est bien la noirceur, la colère et la mélancolie (votre serviteur a d'ailleurs eu le courage insensé d'écouter l'album en entier lors d'un week-end pluvieux, ce qui est fortement déconseillé).

Ainsi, soucieux de racheter son image de "mauvais garçon", l'artiste apporte sa modeste contribution au débat national initié par M. Besson (mais si, vous savez bien, "c'est quoi, être français ?"), en livrant une radiographie concise et cinglante de notre société, expédiée en une trentaine de vers, ironiquement intitulée Sans Viser Personne. Sa réponse est simple : "Déçu de nous, déçu de tout.". Tout y est dit avec un minimum d'effets, avec une finesse toute relative, mais avec une parfaite élégance.
Entre la ballade naïve et suicidaire 15 Août, au climat sonore lourd évoquant le déjà regretté Jacno, et le résumé glacé d'une relation amoureuse, mis en musique avec Jeannne Cherhal dans Brandt Rhapsodie, Biolay s'enfonce plus encore dans les tréfonds de son égo torturé.
Les petites lâchetés et rancoeurs inhérentes à beaucoup (toutes ?) d'histoires sentimentales sont décrites sans concessions (Tout ça Me Tourmente, Jaloux de Tout), enrobées parfois par des sonorités d'une douceur ironique toute smithienne.
Probablement le moment le plus émouvant de l'album, Ton héritage est une mélodie dédiée à la fille du chanteur, emplie de bout en bout d'un optimisme totalement désespéré.

L'album se clôt par le morceau de facture plus classique mais délicate, 15 Septembre, histoire d'une rupture mélancolique qui s'achève par des paroles constituant une variation du morceau introduisant ce même album (La Superbe) , un petit gimmick idiot mais délicieux, tant il conforte le sentiment global de cohérence apporté par le double CD.

Avec La Superbe, Biolay semble commencer à s'imposer comme le potentiel "futur patron de la chanson française : son écriture s'est encore affinée (l'influence de la poésie des textes de Bashung) sans qu'il ne renie ses thèmes de prédilection, la tonalité globale de sa musique s'est encore assombrie et des fulgurances pop anglo-saxones traversent de part en part un album d'une richesse surprenante.

La Superbe est une définitivement drogue dure : vénéneuse et hautement addictive.

M. Indie

http://rawpowermagazine.blogspot.com/2009/11/chronique-benjamin-biolay-la-superbe.html


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mar 10 Nov - 13:03

Biolay sur les pas de Gainsbourg

Par Sacha Reins
Le Point


Benjamin Biolay revient avec son nouvel album "Superbe" © Claude GASSIAN


Le nouvel album de Benjamin Biolay,
franc-tireur méprisant le politiquement correct, s'intitule Superbe

Cette superbe n'est qu'apparente, car derrière ses 23 chansons réparties sur un double CD, doutes et tourments font leur oeuvre. On pense à Gainsbourg pour la noirceur exprimée avec l'arrogance qui cache les grands mal-être. Le point de départ de cet album fut une rupture, celle avec sa maison de disques. Ce n'est pas lui qui est parti, mais elle qui lui rendit son contrat. "Je l'ai très mal vécu", avoue-t-il. Biolay a trouvé refuge chez Naïve, le plus farouche des indépendants qui, en ces temps de crise, a accepté l'incroyable : le laisser faire un double album. "Techniquement, dit Biolay, tout pouvait tenir sur un seul CD, mais j'ai voulu séparer les chansons qui appartenaient à des univers différents."

Le premier CD se termine sur "Brandt Rhapsodie", où la trajectoire d'un couple, de la mise à feu exaltée à l'implosion finale, est racontée à deux voix (avec Jeanne Cher­hal) au travers des Post-it que le couple se laisse sur le frigo. "Nous avons chacun écrit nos propres textes avec interdiction de censurer l'autre", explique Biolay. L'album est en tête des ventes. Comme, désormais, il fait aussi l'acteur, dans un mois sortira son nouveau film : La Meute , de Franck Richard, un film d'horreur gore dans lequel il est un zombie dégénéré white trash. Voilà ce qui arrive quand on pousse à bout un grand romantique.
"Superbe" (Naïve).


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mar 10 Nov - 16:55

Benjamin Biolay - "La superbe"



Posté par Les Superbes le 2009-11-04 19:30:08




Ton héritage…

Commençons cet examen minutieux du nouvel album de Benjamin Biolay en évoquant son disque précédent, Trash Yéyé, un album particulièrement noir avec ses tonnes de chansons trash et bien dégueulasses, ses mots blessants et acérés mais aussi forcément des vérités poignantes et des tonnes d’émotions (du rock aussi). BB s’y lâchait total, poussait sa voix comme jamais et c’était jubilatoire en partie d’ailleurs via cette absence totale de retenue dans cette noirceur, ce sexe, ces mots.

Il est important d’évoquer cet album parce que celui-ci suit le même chemin du côté des thématiques, des sujets pas particulièrement guillerets (on en reparlera) mais dans une veine tout de même plus soignée et accessible. Les puristes y verront peut-être un formatage mais c’est aussi et surtout une manière de toucher un public plus large sans le brosser forcément dans le sens du poil auditif.


L’observatoire…

« La Superbe » donc, voici un album long en bouche, 22 titres dans lesquels il est aisé de se perdre (surtout à l’heure du zapping aléatoire et de la shuffleisation de l’écoute), un double album comme son second disque « Négatif » (souvenez-vous des merveilles « Little Darlin’, et Chaise à Tokyo »), une abondance d’univers musicaux sous la multiple couche d’instruments (une habitude chez BB) qui nécessite du temps pour y trouver sa route bien que, petit à petit, chaque titre ou presque finisse par s’imposer et dessiner le chemin en chaque auditeur. Notons que la notion de double-album vaut pour son versant « physique », la version digitale proposant elle les 22 titres de manière indissociables, disons aussi que les deux disques sont liés l’un et l’autre et forment un grand tout (une chanson comme « 15 août » sur le premier et une autre comme « 15 septembre » sur le second par exemple).

La métaphore de la promenade est ici de première pertinence, on se promène au fil des titres entre des ambiances automnales ou crépusculaires, là où il pleut des (superbes) cordes sur un narrateur/chanteur revenu de tout et surtout de lui-même (le titre introductif "La superbe", "Ton héritage" ou le définitif "Brandt Rhapsodie" pour citer les plus mémorables), et des tempos plus altiers (et non légers) où des sonorités plus anglo-saxonnes émergent (si tant est que la basse ronflante soit une trademark uniquement estampillée british).

Ainsi le morceau éponyme qui ouvre le disque un peu comme « Le brasier » ouvrait un album d’Etienne Daho, ce solennel teinté d’amertume et de mélancolie absolument sublime (même si pour les différencier on dirait volontiers que Daho ne peut s’empêcher de chanter en se dodelinant même doucement là où Biolay lui donne toujours l’impression de chanter assis). Car si Biolay peut agacer par moment dans sa manière de dire les choses (on se souvient de cette interview néo-rebelle à Teknikart par exemple) il est évident qu'il possède un immense talent de mélodiste et d'arrangeur. Toutes les musiques de ce double album sont ainsi presque exemplaires, chacune dans son propre style (de la pop altière au tempo piano jazz en passant par des chapes de violonneries ou des petits riffs de guitare du meilleur gout) , il semble arriver ici et bien plus que sur ses précédents disques à une certaine maestria (on ne dira pas maturité tant ce mot fait horreur et semble signifier davantage un pourrissement à venir qu'une apogée momentanée) musicale et trône en tous les cas à des hauteurs peu atteintes au sein de la pop hexagonale (on dira aussi "variété française" dans le sens le plus noble du terme).

Si les styles éclatent il en va de même pour les références, non pas à entendre du côté des « comme si… » mais plutôt du voisinage et du cousinage. Quelques éléments du dossier ? Et bien cette ambiance très Forestière à la Cure sur « Prenons le large » (à moins que ce ne soit un écho lointain aux premiers U2 ?), le superbe « Jaloux de tout » qui pourrait être la meilleure chanson de Sébastien Tellier si celui-ci s’attachait un jour à écrire des paroles dignes de ce nom, ce « Buenos Aires » étonnant qui sonne comme un reggae Gainsbourien salopé par Manu Chao (difficile d’imaginer deux chanteurs plus dissemblables que Biolay et Chao).

Toujours et encore également une efficacité pop d’ensemble symbolisée peut-être par la classe d’un « Si tu suis mon regard », cette ambiance à la Renaud Paravel sur « Miss Catastrophe » (quelle sublime musique !) ou encore une mélodie proche de l’univers développé par Bruno Maman sur son dernier album à l’occasion de « Tu es mon amour ». On insiste sur le fait que ce n’est là la preuve de nul emprunt mais simplement un cousinage fécond. Ce maelstrom musical toujours pertinent et jamais gratuit qui rend le disque magistral et rappelle combien Biolay à travers toute cette diversité fait avant tout et surtout du Biolay.


Regarder la lumière…

Car cette diversité des styles (que l’exercice du double album favorise) n'est en rien synonyme d'armée mexicaine en grande partie de par le chant de traîne de Biolay, sa singularité comme sa limite, ce chant qui évoque le Gainsbourg parlant-récitant des années 70 (et non celui "chantant" des débuts) et qui colle aux mélodies le plus souvent avec bonheur (mais pas toujours). On cite Gainsbourg mais on pourrait aussi citer aussi Dominique A ou bien Jean-Louis Murat, bref ces adeptes du parlé-chanté (ici majoritaire), ce fameux "sprechgesang".

Cette voix qui chante des mots souvent amers. Les thématiques développés ici comme auparavant sur ses albums peuvent finalement se résumer aux questions suscitées par la temporalité et la finitude : Finitude des corps, des vies et des êtres tout d’abord mais aussi finitude d’un amour, d’un désir, d’une pulsion. Ces textes qui ciblent le plus souvent ce fil temporel qui est le nôtre à travers l’idée d’un inéluctable déclin, celui des corps mais aussi de l'amour et puis la mort au bout du chemin. On pense là-encore et plus que jamais à Gainsbourg (cette phrase surtout « L’amour physique est sans issue ») mais aussi à Miossec, cet éditorialiste de la rubrique des amoureux écrasés d'autant que certaines facilités sémantiques rognent par moment un enthousiasme par ailleurs survolté ("La toxicomanie", mouais). On pense à l’un (surtout) et à l’autre (bien plus brouillon et moins subtil que Biolay), on peut éventuellement parler d’héritage (difficile de faire de la pop ou de la chanson française par chez nous sans y trouver la trace de Gainsbourg) mais petitement et surtout pas en en faisant une synthèse paresseuse et fallacieuse sur les questions de filiation consanguine (qu’est-ce que ça aurait été si Biolay avait dragué Charlotte et non Chiara d’ailleurs, Lou aussi d’ailleurs).

Non BB n’est pas l’Héritier (avec un H majuscule) d’un Gainsbourg ni même d’un Bashung ou encore d’autres de ces compatriotes. Bashung affichait déjà plus de 60 printemps à l’heure de sa mort, Gainsbourg aurait plus de 80 ans aujourd’hui, sans leur faire la moindre injure on peut tout de même dire que de l’eau a coulé sous les ponts et le monde dans lequel ils sont nés n’est pas celui de la crise économique et climatique et de la mondialisation de ces crises qui ont vu naître BB.

Le monde entier, comme un gigantesque tsunami, est passé par le territoire hexagonal (avec 15 ans de plus, Etienne Daho le savait déjà). Alors des figures tutélaires sans doute, des ombres voraces sûrement pas.

Wake up ! On peut aimer nos vieux sans faire des fixettes annihilantes pour les 15 générations qui vont suivre. On souhaite simplement à Biolay de ne pas se transformer à son tour en un cynique « Biolard» surtout que le risque existe, compte tenu de sa consommation d’alcool, de l’aveu même de l’auteur (cf. la pochette de Trash Yéyé). Cette posture du dandy cynique et désabusé est sans doute l’écueil principal que devra éviter Biolay à l’avenir.

Mais revenons à cette Superbe. Ce qui émeut paradoxalement chez BB c’est aussi sa timidité (comme chez Gainsbourg d’ailleurs tiens mais chut, oui ca ne sera pas facile de résister à la tentation du calque, il le faut pourtant). Voilà ce qui donne plus de force encore à cet album, son élégance, sa profondeur. Voilà un type ultra doué, empêché par sa voix pas puissante (sauf quand il la pousse, et il faut qu’il la pousse parce qu’alors elle est terrible), par ses névroses multiples, son obsession de l’échec, sa célébrité people, sa fausse image de faux garçon rebelle gendre idéal ayant viré au queutard, et qui l’air de rien, vous emmène très loin, sur des chemins inédits, inattendus, inouïs.


Brandt Rhapsodie…

Et puis en bout du premier disque il y a ce « Brandt Rhapsodie », une chanson touchante comme rarement. On peut certes dire que c’est avec le magnifique « Ton héritage » que Biolay réussit le passage de l’instant classic et de la chanson éternelle de par sa thématique et la profondeur de sa musique mais c’est avec cette idée de départ toute bête (vous pensez, l’histoire d’un couple de sa naissance à sa mort racontée via des petites notes laissées à l’un pour l’autre au fil des jours, des phrases d’amour et de désir du début aux textos en mode SMS de fin, des sentiments dévoilés dans l’instant de leur ressenti jusqu’à l’énoncé froid des « tâches » à accomplir) mais d’une justesse incroyable. Une chanson touchée par la grâce (et ce jusqu’à son titre).

Biolay a étonné quand il a avoué que cette chanson était en fait une parodie de toute ces chansons pour bobos et ces ritournelles qui cherchent à faire swinger le quotidien le plus asphyxiant. La présence de Jeanne Cherhal déjà comme voix féminine accrédite cette thèse d’autant qu’on peut dire aussi qu’on tient là une version trash du « 4 murs et un toit » de Benabar (Benababar de son vrai nom, un mix entre Ben Arfa et Babar c’est vous dire le niveau) mais la circonspection reste tout de même de mise devait pareil propos.

Déjà ce côté pudique ou timide qu’il développe par ailleurs peut faire pencher cette déclaration du côté du masque de la pudeur, aussi et surtout il est difficile d’imaginer que Biolay montre aussi peu de respect pour son public sans compter que c’est là un terrain d’interprétation sans doute trop familier. Le sens parodique existe peut-être mais ce n’est sans doute pas là la visée principale de l’objet.

On peut creuser d’ailleurs la question en suivant une piste plus intéressante et plus gratifiante : celle de son ambiguïté perpétuelle entre "grandes idées" et "ancrage dans le quotidien", cet appel à l'identification ou son éternel retour à l'idée qu'on est tous confrontés aux mêmes démons du quotidien. S'il y a parodie, c'est alors peut-être une parodie de lui-même, une sorte d'autodérision délicate.


Billy Bob a raison….

Vous l’aurez sans doute compris, Benjamin Biolay réussit avec « La Superbe » et d’assez loin son meilleur travail et sans doute l’un des disques les plus impressionnants depuis longtemps (le Rio Baril de Florent Marchet ou bien encore le plus récent Cristal Ballroom de Babx mais ces deux superbes disques opèrent finalement dans une veine bien plus étroite musicalement parlant que cette Superbe).

Il vient de réaliser ici une sorte de petit livre (disque?) blanc de la pop à la française. Une sorte de bréviaire qui pourrait à la fois symboliser cette élégance pop française (de Gainsbourg à Daho en passant par des noms moins reconnus) comme servir de guide aux futurs apprentis sorciers de l'arrangement qui tue et du texte définitif. Un superbe disque de variétés à la française, dans le sens le plus noble du terme, l’occasion de citer aussi Arthur H, cet autre sorcier auquel Biolay ici se rapproche non pas du point de vue du résultat mais du côté de l’exigence et de la créativité manifeste d’un album à l’autre.

La sensation, que nous partageons tous à Culturopoing (enfin une large partie), et nous ne sommes pas les seuls, d'être face à un disque qui marquera non seulement son époque mais les décennies à venir. Ce qui ne veut absolument pas dire qu'il se vendra bien, d'ailleurs.

C'est peut-être en ça qu'il se rapproche le plus de Gainsbourg, tenez... D’autant qu’on a du mal à ne pas penser que tôt ou tard Biolay nous fera un complexe lui aussi sur la "petite musique" pop au vue de sa formation classique et de ses immenses connaissances en la matière (sa peinture à lui ?). Il n’est pas facile de se défaire d’un penchant d’accointance par trop forcée avec le grand Serge qu’on prête abusivement à Benjamin Biolay. C’est juste qu’il n’est pas fréquent d’écouter pareil disque capable d’un aussi grand écart musical sans jamais perdre grâce et fulgurance. La dernière fois ça devait peut-être se passer du côté de Montréal en 1976 et puis parce que ce n’était pas de la musique, c’était une certaine Nadia Comaneci, un perfect 10.


http://culturopoing.com/Musique/Benjamin Biolay La superbe -2531


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mer 11 Nov - 1:52

Chronique album Benjamin Biolay pour Bakchich


08 novembre 2009

Benjamin Biolay sort un bijou double, «La Superbe", à ranger à côté de
« Histoire de Melody Nelson », pour faire «La Superbe Histoire de Melody Nelson"

Il y a des grandes gueules comme Jean-Louis Murat qui sortent de bons disques et il y a des petites gueules qui sortent des disques géniaux.
Ce double, «La Superbe", est une œuvre d’Art, un chef d’œuvre (avec pourtant Jeanne Cherhal dedans, je vous raconte pas l’exploit), la gélatine gonflée du négatif de la vie poétisée.
L’esprit de Philippe Léotard n’est pas loin.

C’est bien simple, cet album est LE seul actuellement qui vaille d’être écouté si on veut comprendre ce que c’est que d’être vivant : un carrefour de vibrations mélancoliques, de bords de mer échoués dans nos affects, des cuivres tragiques, des arrangements cinématographiques (le long plan séquence textuel de « Brandt Rhapsody » - correspondance d’un couple, de la naissance du désir à la fin de la relation, noyée dans les habitudes du quotidien -, sublime et paralysant).

Benjamin Biolay a bâti le triptyque d’une vie d’artiste avec ses albums « A l’origine », « Trash yéyé » et «La Superbe". Et il a une fois encore enregistré une chanson parfaite : « Night shop ». Qui a dit que la perfection, cette chose non subventionnée, n’existait pas ?

Heureusement, « La superbe » existe maintenant.
Voilà ce qui restera de la chanson française quand elle sera élaguée de tout le purin contemporain
- ce purin d’idéaux où tout fabrique des sots comme dirait Murat -,
long travail que seul le temps peut effectuer.

Quelle aventure, « La superbe » ! Disque à l’intelligence des sens, des mots, des climats, des mélodies, « 15 août », « 15 septembre », la boucle conceptuelle est bouclée, le Beau est en boîte. Biolay peut mourir (« le plus tard possible » selon l’expression consacrée de Thierry Roland).

Grâce à lui, Johnny c’est fini, la mafia des bons sentiments qui gangrène ce petit monde de la chanson française vient de se prendre le coup de boule qu’elle mérite.
On le sait, les politiques ne démissionnent pas en France, quels que soient les faits qui leurs sont reprochés. Cette arrogance aussi gangrène le pays.
Et les autres chanteurs, que vont-ils faire maintenant que ce disque est sorti ? Vont-ils avoir le courage de démissionner ? De se retirer, de nous foutre la paix, de laisser l’espace radiophonique et télévisuel à Biolay, qu’on respire enfin, comme semble nous y inviter le visuel de l’album. D’ailleurs, que voit-on sur cette pochette : le grand soir sur la morne plaine ensablée (si si, regardez bien). Suivez le guide Biolay, on y est presque !

http://aurayoncd.canalblog.com/archives/2009/11/08/15724858.html


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mer 11 Nov - 19:36

Benjamin Biolay chante les liens du sang


11/11/2009 – 16h00
PARIS (NOVOpress) –

Les esprits chagrins s’interrogeront sur le manque d’identité du nouvel album de Benjamin Biolay,
« La superbe », tant les influences et styles musicaux sont mélangés :
Michel Legrand, The Smiths, New Order, Chet Baker ou même Manu Chao.

Les autres salueront l’éclectisme parfaitement maîtrisé de ce double album.
Et ils n’auront pas tort. Benjamin Biolay, un auteur-compositeur très doué
mais aussi agaçant avec ses poses de dandy arrogant, sa mine boudeuse,
un look faussement négligé et des appels du pied obsessionnels à Serge Gainsbourg.

Mais quelle voix ! Quelle efficacité mélodique ! Et des textes qui ne laissent pas de marbre.
Sur « Ton héritage », l’interprète de Rose Kennedy chante les liens du sang,
le caractère incontournable de l’hérédité, l’importance des racines :
« C’est ta chair, ton sang, il va falloir faire avec ou plutôt sans », s’amuse Benjamin Biolay.

En 2005, sur son album « A l’origine », le natif de Villefranche-sur-Saône (Rhône),
réalisait une formidable saillie contre le capitalisme en général et la société de consommation en particulier.
La chanson « L’appât » ne laissait aucun doute sur la cible :
« Toutes les promesses qu’on nous fait sont des fables. On est sobre à la tâche mais on exécute.
Toutes ces caresses pour mieux nous faire les poches, nous tenir en laisse ».
Le morceau se termine sur une voix enfantine répétant en boucle :
« Ferme ta gueule et passe à la caisse ». Tout est dit. Superbe.


http://fr.novopress.info/38550/benjamin-biolay-chante-les-liens-du-sang/


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Nine
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Jeu 12 Nov - 3:59

SUPERBE

signifie aussi Qui est imposant,
qui a belle apparence,
qui présente de la grandeur, de la magnificence, de la somptuosité.


A trop voir des stars d'un jour dépourvues de talent sortir une série d'albums indigestes,
on se demandait s'il existait encore en ce bas monde,
des virtuoses capables de créer en quelques notes, une flopée de titres sublimes.
En France, on a trouvé cette alternative inespérée à la soupe ambiante en la personne de :

Benjamin Biolay.



Quelle aventure !
la Superbe, s'il n'en restera qu'un ...
çà sera celui là !
On reste Dieu merci à la merci d'une étincelle.
Non seulement Benjamin Biolay a ramené la Chanson Française à sa juste place,
mais il a inspiré, réveillé la plume des critiques, engourdis et anesthésiés par le néant des robinets à musiques qui se répandent dans l'océan de la médiocrité.

Je réserve encore un peu ma vague personnelle, juste encore un peu d'écume ici ou là, de la dentelle sur une étincelante noirceur il faut du temps, des heures ,
pour "flairer la flamme singulière"et gagner la Superbe.

nin@rtmony

"La mission suprême de l'art consiste à libérer nos regards des terreurs obsédantes de la nuit, à nous guérir des douleurs convulsives que nous causent nos actes volontaires."
Friedrich Nietzsche, 1883


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LA SUPERBE

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