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Sujet: Re: LA SUPERBE Dim 25 Oct - 15:47
L'âme des poètes
Quel effet cela fait-il d'avoir écrit un classique ? Autrement dit une chanson dont on sait, sitôt enregistrée, qu'elle marquera son époque et se jouera des décennies. Dans le sillage d'Avec le temps, Que reste-t-il de nos amours ?, Mistral gagnant ou Je t'aime moi non plus. Ces chansons qui ne vieillissent pas. Il faudrait le demander à Jeanne Cherhal et Benjamin Biolay qui dans un duo prodigieux, Brandt Rhapsodie, condensent en quatre minutes et quarante-quatre secondes ce qui faisait la magie du cinéma de Claude Sautet. Dont les films n'ont pas pris une ride.
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Sujet: Re: LA SUPERBE Dim 25 Oct - 18:09
LA RUPTURE SOUS TOUTES SES COUTURES
Benjamin Biolay revient avec "La Superbe". Il signe 22 titres sur le thème de l’amour... qui s’effrite
Certains l’ont aimé, d’autres l’ont détesté. Le pire étant d’être méprisé, Benjamin Biolay peut se targuer de susciter des réactions. La Superbe (Naïve), son nouveau disque, ne laissera personne indifférent. Auteur, compositeur, réalisateur et arrangeur, connu pour ses collaborations avec Henri Salvador, Keren Ann, Carla Bruni, Julien Clerc, Françoise Hardy ou encore Elodie Frégé, le trentenaire a du talent, c’est certain.
Voici donc ce double album, sensiblement différent des précédents. Biolay, 36 ans, semble s’être éloigné d’une image qu’il avait pu donner. Moins critique, plus honnête, l’artiste ne veut plus apparaître comme un bobo grande gueule, mais tel qu’il est. A vif, il enchaîne les couplets sur l’amour (“Tu es mon amour”), la rupture, l’abandon, la famille (“Ton héritage”, dédié à sa fille Anna, qu’il a eue avec Chiara Mastroianni), la drogue (“La toxicomanie”)… Le duo avec Jeanne Cherhal, “Brandt Rhapsody”, qui témoigne de l’éloignement dans le couple, avec pour seul support des messages sur des Post-it, est superbe, comme les 21 autres chansons, moments de vie d’un 15 août au 15 septembre. Saxophone, piano, cuivres, violons viennent rythmer cette histoire qui se délite. Un déchirement amoureux douloureux métamorphosé en un double disque surprenant et touchant. L’artiste prépare sa tournée, qui débutera en février 2010. Il sera notamment au Casino de Paris, les 5 et 6 février.
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Sujet: Re: LA SUPERBE Lun 26 Oct - 7:48
Prince Benjamin 26/10/09
On s'en fiche qu'il ait l'air un peu trop content de lui, qu'il se soit fâché avec Salvador, qu'il dise du mal des autres stars de la chanson (Bénabar et Zazie)… Benjamin Biolay est aujourd'hui un des plus grands artistes pop français. Son nouveau disque, « La Superbe », un double album riche de 22 morceaux, le prouve de façon éclatante.
Evacuons les influences : Gainsbourg pour le parlé-chanté, le tropisme anglo-saxon ; Murat pour le lyrisme mélodique un peu maniéré… Benjamin fait du Biolay - fort de sa culture musicale qui va de Brahms à Booba, en passant par Joy Division ; de sa formation classique qui en fait un arrangeur hors pair ; et de sa vie brûlée de jeune dandy parisien. « La Superbe » est un disque melting-pot, très glamour avec son déluge de cordes, très moderne, avec sa rythmique rap-électro-jazz. Un modèle d'orchestration. Biolay a peaufiné son parlé-chanté, passant insensiblement de l'un à l'autre, explosant les codes du rap et du slam au profit de la musicalité. Ses textes, très noirs, ont gagné en densité.
Mention spéciale aux étincelants « La Superbe », « Padam » et « Mélancolique », aux très émouvants « Ton Héritage », ou « Raté », aux entraînants « L'espoir fait vivre » et « Reviens mon amour ». Quelques titres plus faibles à la première écoute (« Toxicomanie », « Jaloux de tout ») ne changent pas le verdict. « La Superbe » est superbe. Lapop française a trouvé son prince. PH. C., Les Echos
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Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 27 Oct - 2:25
Coup de coeur La Superbe
♪ Benjamin Biolay se laisse aller !
Plus le temps passe, plus les cheveux s'allongent et s'allourdissent ; sur les plateaux tv il arbore un look grunge post ado, un air de poète maudit qui a trop pris la mer ; on l'aura compris et on lui aura suffisamment reproché, avec les chanteurs à petites histoires de comptoir il ne faut pas le mélanger...
Mais Benjamin Biolay n'est pas qu'une attitude : après 2 ans et demi d'enfermement en studio, libre de tout engagement donc de toute pression commerciale, il accouche d'un cinquième album (le deuxième double) intimiste et puissant : La Superbe, qu'il signe chez Naïve.
♪ Un album hommage ?
Que celui qui n'a pas pensé, en écoutant le dernier disque de Benjamin Biolay, à quelques uns de ses confrères me jette la première pierre ! Il est toujours désagréable pour un musicien d'entendre que l'on retrouve dans le fruit de son travail l'accent de tel ou tel artiste ; mais il faut également avouer que depuis les années 70, la musique n'a pas été révolutionnée. Dans La Superbe, on se promène entre Gainsbourg (certaines instrus comme celle de Miss Catastrophe sonnent très Aux armes et caetera), les saxos trainant des jazzeux d'un autre temps, l'électro chaloupée à la sauce Fade to grey (Si tu suis mon regard), des volutes vocales dignes de feu Alain Baschung, des mélodies empruntées à la pop anglaise et des rythmiques issues du rap !
♪ Benjamin Biolay est un sentimental !
Il parait que les meilleurs productions artistiques naissent de la douleur ; Biolay a dû en voir des vertes et des pas mûres pendant toutes ces années ! Il y a deux ans il nous livrait avec Trash Yéyé, son premier témoignage en musique de la fin d'un couple (c'est l'époque de sa rupture d'avec Chiara Mastroianni) ;
avec La Superbe, il en remet une bonne couche... une jolie couche... pour les finitions. Manque, jalousie, silence, nostalgie, regrets, amertume, colère, violence, lâcheté... elle est complète la palette des sentiments distillés dans ces quelques 22 titres ambiancés ! Mélancolique, avec des plans de piano et des envolées de violons tristes comme les adieux, la musique de Benjamin Biolay pénètre. Et puisqu'elle est l'histoire vieille comme le monde de l'Amoureux malheureux, puisqu'elle est un peu l'histoire de chacun d'entre-nous, elle coule doucement dans nos veines, comme un remède.
Dans Brandt Rhapsodie, morceau en duo avec Jeanne Cherhal, le couple est disséqué au travers de petits mots abandonnés sur le papier : la rencontre, l'obsession des débuts qui empêche de manger, de travailler... ; le sexe, les bébés ; le quotidien, la liste de courses ; la part des autres, le poids de la famille ; le départ... et puis plus rien.
♪ ♪ Bref, La Superbe, c'est beau, c'est bien, on n'en sort pas indemne... De la grande chanson française comme on en fait plus... comme on l'aime ! ♪ ♪
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Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 27 Oct - 2:52
UN BILLET SUR SON MYSPACE dimanche, octobre 18, 2009
veille de match? chers tous,
je profite d'une éphémère connexion internet pour vous livrer quelques sentiments et remerciements. J'ai vu que certains s'inquiètent fort gentiment du peu de passages télés prévus au plan promo. C'est très touchant et je l'apprécie mais, il s'agit aussi d'un choix de ma part. En effet, il devient de plus en plus rare de pouvoir faire de la musique à la télévision.
De l'autre côté il existe bon nombre de talk-shows mais je n'ai guère envie de m'y rendre car je me sais à la fois bon et mauvais client. Je n'ai ni une personnalité ni une façon de m'exprimer propices à ce genre d'exercice médiatique. J'y souris peu parce que j'y suis mal à l'aise et gêné.
Je me sens plus en confiance avec la presse écrite malgré le très récent épisode madrilène (mes propos y sont totalement déformés) j' en assumerai les conséquences et le quatrième contrôle fiscal qui ira avec. En revanche, ce qui est le plus ennuyeux, c'est de passer pour un enragé inculte ( je pense que le gouvernement de Vichy était bien pire que l'actuel, ça va de soit). etc.
Pour ce qui y est de l'effet d'annonce catastrophique de l'autre soir. Il est vrai que, sans rentrer dans des détails trop privés ou confidentiels, ma situation de chanteur est des plus précaire. Je me suis souvent battu et je continuerai pour remédier à cette précarité (certes relative). Je pense que tous les musiciens vraiment passionnés et dédiés à leur artisanat ont pour devoir de trouver les solutions du futur pour que la musique, si elle doit décéder, renaisse au moins de ces cendres.
Est-il encore judicieux de signer avec une maison de disque ? Quelle sont les armes pour lutter contre la musique au mètre, sous forme de sonnerie et bientôt de vibration voire de pet.? Doit on finalement offrir ni plus ni moins notre musique, ceci sous contrôle d'un mécène ou d'une fédération ou coopérative? Mille questions que je me pose depuis plusieurs semaines, découvrant qu'aujourd'hui, il est impossible de maîtriser quoi que ce soit sur les différents réseaux. En attendant que du chaos naisse un nouvel ordre, je m'arrogerai volontiers le droit de tenter ma chance comme comédien parce que j'y prends un plaisir monstre et que j'ai tant de chose à attendre et je l'espère à offrir (pas gagné au jour d'aujourd'hui!!!mais il y a toujours des progrès à faire).
j'ai par ailleurs pour but de mettre en streaming la dizaine d'inédits de la superbe. Ce sera très bientôt. Je m'y engage. Enfin, je tiens à remercier tous ceux qui m'envoient de merveilleux messages de soutien qui me donnent bien du courage et de l'envie. très sincèrement à vous
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Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 27 Oct - 15:59
BENJAMIN BIOLAY - La Superbe [6/10] mardi 27 octobre 2009 Publié par Benjamin F
Chanson française / 2009. Ne pas avoir peur du qu’en dira-t-on. Ne pas avoir peur de ses ambitions. Ne pas avoir peur du ridicule. Se mettre à nu. Défier sans provoquer. Ramener à votre cause ce qui se gaussait encore de vous il y a deux ans de ça. Garder le cap mais avec plus d’assurance. Croire en soi, croire en ses blessures. Ne pas craindre de dépasser les bornes. Oser le vulgaire. Oser les violons qui dégoulinent et les passages jazzy un peu cheap. Ne pas regarder en arrière. Fermer les yeux. Produire. Multiplier les accointances. Produire plus. S’éparpiller. Démontrer l’étendu de son talent. Se perdre. Se retrouver.
« La Superbe » est un album qui devrait susciter les passions : souvent splendide, quelque fois insipide, occasionnellement risible, Benjamin Biolay convainc puis déçoit, puis rassure, puis s’enfuit. Comment se faire un avis, quand chaque minute provoque des émotions si contradictoires. Ne pas juger ? Ne pas écrire ? Réécouter ?
Violons qui regardent dans les yeux des beats electroniques, « La Superbe » révèle des frissons chez l’auditeur. Empli d’une légèreté pop qui ne tarde pas à s’acoquiner avec les mélodies ambiantes de Air, « 15 Août » est un titre complexe aussi bien dans structure que dans sa rythmique littéraire. Valérie Donzelli y est délicieuse comme dans un film de Christophe Honoré, et la chanson atteint des sommets tant Benjamin Biolay y traite de la rupture comme Alex Beaupain traite de la mort, avec une tristesse mélancolique qui ne pratique pourtant pas l’auto-apitoiement. S’ensuit « Padam » qui emporte l’adhésion par son refrain évident, par son naturel insolent.
Mais rien ne peut être si beau dans l’hexagone. La longue introduction de « Miss Catastrophe » est gâchée par des cuivres de mauvais goûts tandis que le texte, moins introspectif, n’arrive pas à émouvoir. Le chanteur semble mal à l’aise, a des difficultés à trouver le ton et n’a pas l’humour d’un Fuzati pour briller sur un exercice de ce genre. « Ton héritage » s’inscrit dans la grande tradition de la chanson française. On pourra au choix s’y ennuyer ou verser une larme. Plus introspectif « Si Tu Suis Mon Regard » est une jolie confession intime sur fond de résurgence rock à la Miossec. La noirceur de « Night Shop » et son parcours initiatique, un peu fantasmagorique, rappelle l’écrasante beauté des chansons de « La Musique » de Dominique A. « Tu Es Mon Amour » pourrait dénoter de par ses orientations cubaines, mais la guitare suit avec aisance la voix de Benjamin Biolay.
« Sans Viser Personne » est de ces titres qui vous détruisent un album, son refrain « Déçu de vous, déçu de nous, je ne crois plus en rien du tout » rappelle Gilles Gabriel, la parodie d’Alain Chabat (« Flou de toi, je suis flou de toi… »). Et non je ne caricature pas ; enfin pas tant que ça. De même, l’effet mythologique, l’ambiance club de jazz de « La Toxicomanie » semble assez vain au sein de la rigueur et de la volonté de redéfinir la musique française qui parcourt le disque.
Et puis arrive « Brandt Rhapsody » en duo avec Jeanne Cherhal, un titre qui à lui tout seul justifie, cautionne, illumine « La Superbe ». A mi-chemin, entre Gainsbourg et Arnaud Fleurent-Didier, il redéfinit un pont entre passé et futur. Je voudrais passer au deuxième disque mais non je reste bloqué. J’appuie sur repeat. J’appuie sur repeat. J’appuie sur repeat…
Malheureusement, un deuxième disque se loge quelque part, il crie famine, il réclame de l’attention. Je ne me sens pas d’humeur cruelle.
Le refrain de « Prenons Le Large » rappelle un mauvais single d’Etienne Daho, la chanson manque de retenue, de classe, elle transpire d’une insupportable frivolité. « Tout Ça Me Tourmente » voit le retour de la muse Jeanne Cherhal, et Benjamin Biolay est poussé dans ses derniers retranchements. A fleur de peau, la plume aiguisée, il attaque le texte là où ça fait mal, sans se farder d’instrumentations trop envahissantes. Mais point d’inquiétude, après avoir fait monter les larmes, le chanteur au lieu de sortir une lame tranchante, joue le troubadour, il sautille sur du post 8 bits, joue la farce, fait le clown, se tourne volontairement en ridicule (« Assez Parlé De Moi »). « Buenos Aires » perd assez vite le fil s’orientant vers des terres trop obscures que le mixage ne peut canaliser.
Perdu entre titres anecdotiques (« Lyon Presqu'île »), chansons un peu faciles (« Raté », « Reviens Mon Amour » ) et grand moment de songwriting (« Mélancolique ») le mystère Benjamin Biolay reste ainsi complet. Une chose est sûre, c’est définitivement lorsqu’il fait son Gainsbourg qu’il est le plus délicieux : lorsque des instrumentations splendides créera la stratosphère qui accueillera ce spoken word où la langue française règnera en princesse (« Jaloux De Tout »)
« La Superbe » est une pièce à conviction de plus. Nous savions déjà à quel point la quantité peut nuire à l’homogénéité et à la ligne directrice d’un album, mais si nous l’avions oublier, « La Superbe » nous le rappelle d’une bien amer manière. Car si l’on épurait ce double album, si l’on en tirait la quintessence, si l’on balayait d’un coup de revers les égarements, on obtiendrait un chef d’œuvre, un chef d’œuvre capable de faire vaciller la chanson française.
Malheureusement un album est un ensemble indissociable qui ne peut souffrir d’une décomposition/recomposition. L’artiste l’a voulu comme tel, je le juge comme tel, avec ses victoires, avec ses douleurs.
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Sujet: Re: LA SUPERBE Mer 28 Oct - 8:49
Il y a quelque chose d'agaçant chez Benjamin Biolay. Ses poses gainsbouriennes, son chant désabusé, sa grandiloquence orchestrale et ses manières démonstratives – pourquoi, par exemple, sortir un double album sans que le propos le justifie vraiment ? Mais il y a aussi quelque chose de brillant, voire d'impressionnant, chez ce jeune homme de 36 ans... Et le plus troublant, c'est que ce sont à peu près les mêmes traits qui nous irritent et qui nous séduisent ! Sa noirceur très esthétique, et finalement très attirante ; son écriture à nu, s'ouvrant sur des abîmes de désillusion ; son raffinement musical, se moquant de la mode pour pencher vers les années 60 (parfois, on croit reconnaître la patte de Jean-Claude Vannier, arrangeur de... Gainsbourg), ou même 80 (qui ose encore de tels solos de saxo ?).
Et puis il y a ses mélodies, circulaires, tourbillonnantes, qui happent et qui s'enroulent à en donner le vertige. La Superbe est riche de tout cela ; mieux, elle livre de vrais joyaux : le morceau d'ouverture, très cinématographique, fascinante entrée en matière d'un périple émotionnel qui s'annonce sans repos. Ton héritage, autoportrait en creux sans une once de complaisance. Brandt Rhapsodie, long dialogue de sourds où la voix de Biolay croise celle de Jeanne Cherhal, pour dire la déliquescence du couple avec une justesse glaçante.
Fini le chanteur propret des débuts, le voici donc plus que jamais sur la brèche, incisif et fragile, qui proclame tout de go « je ne crois plus en rien ». Que ce soit sincère ou teinté de provocation, Biolay interpelle et remue celui qui tend l'oreille. Son sixième album studio a beau être long, il est magnifique. Traversé par une ambition artistique et un souffle si rares dans la chanson d'aujourd'hui qu'on ne peut que s'incliner. Dont acte.
Valérie Lehoux
Telerama n° 3119 - 24 octobre 2009
Dernière édition par liliane le Mer 4 Nov - 7:44, édité 2 fois
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Sujet: Re: LA SUPERBE Mer 28 Oct - 19:46
LA SUPERBE, vu par Har'mony :
Benjamin Biolay, l'élégante french touch passée inaperçue sur l'hexagone c était sans compter sur la SUPERBE. Le talent sort toujours de l'ombre, au prix du mépris quelquefois et de la caricature facile. Cet album aux accents de vérité mise a nu qui parle à toute une génération sera une REVELATION et une confirmation. Il etait temps pour la chanson française devenue insipide, sans ligne harmonique on était en panne de "musique". Benjamin Biolay arrive sur du satin noir et brillant on est loin du synthétique.
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Sujet: Re: LA SUPERBE Jeu 29 Oct - 12:10
Benjamin Biolay ose un double album qui épate
Biolay pousse loin dans les sentiments, dans l'impudeur, dans le fatalisme. : mm paris
J'avais beaucoup d'idées. Je me suis retrouvé avec 80 chansons ou esquisses. J'ai fini par en garder 30. Là-dedans, une vingtaine étaient plus enlevées. » Voilà comment on en arrive à sortir un double album, pari commercialement risqué en ces temps de crise. Sauf qu'à l'écoute de La superbe, on convient qu'il n'y a pas grand chose de trop à ces 100 minutes de musique.
Mieux, la critique tresse des fleurs. Une unanimité à laquelle Biolay n'était guère habitué. Avec son image de râleur, persifleur à l'occasion, cet auteur-compositeur surdoué n'a pas été ménagé depuis son premier album, en 2001. Les trois disques qui ont suivi, pourtant parsemés de pépites, n'avaient guère inversé la tendance, même si une certaine admiration commençait à se faire sentir.
Des chansons qui font la gueule
Il est vrai qu'en parallèle à sa propre carrière, Biolay écrivait à la pelle mais toujours finement, surtout pour les filles, sans distinction de style ou de notoriété : Juliette Gréco, Elodie Frégé, Françoise Hardy, Coralie Clément (sa soeur)... Et puis, comme pour brouiller un peu plus son image, le voilà qui devenait acteur, comme son ancienne épouse, Chiara Mastroianni.
Et sort ce disque, qui déborde de mal-être, de chansons qui font franchement la gueule, entre doutes, ruptures, solitude, dérives, remords : « La culpabilité, c'est de l'honnêteté, raconte le garçon de 36 ans, qui reçoit dans le studio parisien où il a enregistré. C'est arrêter de chercher des responsables à ses emmerdements. Mes textes sont bleus. Les thèmes éternels du blues, je dois les avoir en moi. Mais au fil des chansons, vous ne trouvez pas que le personnage est plus apaisé ? »
Non, pas vraiment... Peut-être parce que Biolay pousse loin dans les sentiments, dans l'impudeur, dans le fatalisme : « Bien sûr, ce n'est pas très pudique, mais ça concerne 70 % de la population mâle, non ? Et ce ne sont que des chansons. Et j'aime sortir des punchlines (paroles qui suscitent des réactions instantanées)... »
Ses 23 chansons sont servies sur des arrangements de feu, où guitares, cordes, piano, claviers, programmations, basse-batterie et même saxophone rivalisent. C'est parfois hargneux comme du rock. Parfois romantique comme des ballades. Un concentré d'émotions. La preuve par Biolay que la musique mérite toujours d'être rassemblée en chansons sous un format discographique. Et qu'avec toutes ces paroles, ces mélodies, ces images, un disque, ça ressemble aussi à du cinéma.
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Sujet: Re: LA SUPERBE Ven 30 Oct - 12:26
RARE & ATYPIQUE
Photo S. Dolidon
Benjamin Biolay ne fait rien comme les autres et pas grand-chose pour qu’on l’aime. Ses disques divisent, ses entretiens à la presse ne ménagent personne (et surtout pas les artistes) et enfin sa voix agace souvent. On imagine que Indifférer l’ennuierait.
A l'image de son maître Gainsbourg, Benjamin Biolay signe un album désabusé, aux arrangements grandiloquents .. La Superbe, double album, est donc un opus riche. Des titres raffinés, à l'image du pop des années 60 ou de certains titres de Daho.
Sorte de journal sur la dérive des sentiments et la fonte des grandes espérances de couple, La superbe confirme que le jeune homme creuse un sillon atypique dans cette scène française, parfois si consensuelle... Francoscene