
H A R ' M O N Y FORUM MUSIQUE ET ARTS |
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| Auteur | Message |
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Bridget

Nombre de messages: 779 Age: 58 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 20 Oct - 0:31 | |
| Benjamin Biolay - France Inter
Benjamin Biolay est l’invité de Vincent Josse dans Esprit critique sur France Inter (09h10 - 19 octobre 2009)
Dernière édition par Bridget le Mar 20 Oct - 0:40, édité 1 fois |
|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5862 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: BENJAMIN BIOLAY L INCONTOURNABLE Mar 20 Oct - 0:33 | |
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|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5862 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 20 Oct - 0:45 | |
| Benjamin Biolay édite un double CD plein de panache. dandy un peu maudit mais surtout très érudit. C'est l'histoire d'un petit provincial doué et discret, devenu dandy parisien aux yeux bouffis en moins de temps qu'il ne le faut pour l'écrire. Un drôle de destin dont l'évocation, à chaque fois, nous téléporte dans ce bar, non loin de la gare de Genève, un après-midi de mai 2001. Ce jour-là, pour la première fois depuis des mois, il fait enfin chaud. Pourtant, Benjamin Biolay porte encore une veste épaisse et noire. Le Lyonnais, tenu pour responsable du come-back épatant d'Henry Salvador et du premier coup d'éclat discographique de Keren Ann, est déjà une star, mais il s'en fiche éperdument... Quelques jours plus tard, le public va découvrir les mélodies solaires et toxiques de «Rose Kennedy», concept album irradiant axé sur le destin compliqué d'une famille mythique américaine. Benjamin Biolay «boxe» alors dans une autre catégorie que ses contemporains... L'art d'en rajouter Las, deux ans plus tard, à l'heure de la sortie de «Négatif», son second et splendide album solo, Benjamin frime au bar du Lutecia à Paris. Le milieu musical, qui le décrit paresseusement comme le nouveau Gainsbourg, se prosterne à ses pieds et salue l'habileté avec laquelle il vient de passer la bague au doigt de Chiara Mastroianni, fille de Marcello et Catherine Deneuve. Avec des «clients» ayant pour nom Juliette Gréco, Isabelle Boulay, Julien Clerc, Heather Nova, Françoise Hardy, ou encore sa soeur Coralie Clément, il passe pour le faiseur de tubes le plus indispensable du moment. Cela lui monte à la tête, il en rajoute... A peine divorcé d'avec Chiara Mastroianni, il confirme son goût pour les jolies artistes en s'affichant plus ou moins officieusement avec Mélanie Doutey, Elodie Frégé, Virginie Ledoyen. Cerné par les médias, il se compose un personnage mi-bobo mi-bling-bling, fume des kilos de cannabis, frime avec les basketteurs et les rappeurs, pleure la mort de la gauche française et provoque en duel les journalistes de droite qui ne l'apprécient guère. Bien entendu, sa production s'en ressent. Ses arrangements tiennent de la formule et ses disques sont orphelins de sa grâce initiale. Autant dire qu'en cet automne 2009, au moment où paraît «La superbe», son septième album, «Ben», 36 ans, agace plus qu'il ne fascine, même si ses talents d'acteur pourraient lui permettre de rebondir dans un nouveau domaine: il a récemment été nominé aux Césars pour son rôle dans «Stella» de Sylvie Verheyde! Un souffle certain Edité par Naïve, le label qui héberge Carla Bruni, première dame pour laquelle Biolay a signé l'an passé quelques arrangements, «La superbe» est un drôle de disque, bancal mais doté d'un souffle certain. Le temps de 22 chansons réparties sur deux disques, l'artiste y évoque la fin d'un couple au sortir d'un «été pourri». Si l'affaire patauge assez nettement au milieu du second acte, l'ouverture («La superbe», «15 août», «Padam», «Miss Catastrophe»), portée par des cordes grandioses ou secouée par des mélodies pop enivrantes impressionne. Dans ces moments-là, le prodige aux ailes froissées affronte les événements avec panache, ose flash-back, pensée «cut-up» façon beat generation et descente aux enfers à la manière du jazzman maudit Chet Baker. Pas mal pour un seul homme... «La superbe» Distr. Musikvertrieb source LE MATIN |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 5114 Age: 59 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 20 Oct - 7:38 | |
| Benjamin Biolay : “Ressembler à Serge Gainsbourg serait sclérosant” Propos recueillis par Nicolas Palita, le lundi 19 octobre 2009 à 04:00
Pour son cinquième disque, le chanteur a enregistré vingt-deux chansons inédites. De plus en plus d’artistes voient leur contrat non renouvelé. Tel vient d’être le cas pour Benjamin Biolay. Il a néanmoins fini par retrouver une maison de disques. Réputé pour son franc-parler, il est souvent incompris. Relativement détendu, il s’en est expliqué et s’est confié quitte à déplaire à nouveau.
FRANCE-SOIR. Dans quel état d’esprit avez-vous créé vos nouvelles compositions ? BENJAMIN BIOLAY. Mon avant-dernier album devait sortir en mai 2007. Pour cause de plans sociaux à répétitions, il ne s’est retrouvé dans les bacs qu’une année plus tard. Par ailleurs, la direction de la maison de disques pour laquelle je travaillais (NDLR : EMI) n’a pas souhaité me prolonger. Je l’ai relativement mal vécu car j’avais bien mouillé le maillot pour eux en enregistrant plusieurs albums et en collaborant sur ceux de Julien Clerc, Henri Salvador, Françoise Hardy, etc. Plutôt que de me mettre sur le marché, j’ai voulu profiter de cette chance de n’avoir aucune obligation. J’ai donc pris le temps de ressentir le besoin de me remettre à la musique. Au final, j’ai ressenti un vrai plaisir à monter mon studio et à ne pas avoir d’inspecteur des travaux finis qui juge mes chansons.
Musicalement, l’inspiration est-elle venue facilement ? N’ayant pas la velléité de faire un album, j’ai travaillé comme un peintre du dimanche. Au début, je pensais enregistrer des sons très urbains, à la limite du rap blanc. A l’écoute du résultat, je suis sorti de mon cahier des charges sans réellement m’en rendre compte.
Vous intitulez ce double album La Superbe. N’est-ce pas un peu prétentieux ? Le titre vient de la première chanson de l’album. Il représente un générique qui évoque des situations de ruptures tout en gardant une dignité. En revanche, c’est un peu gênant car à l’étranger ils croient que j’affirme être quelqu’un de super (rire).
Que pensez-vous de votre image en France ? Elle est brouillée. Chaque fois que j’ai voulu inverser la tendance, la situation a empiré. Du coup je préfère ne pas m’en préoccuper. J’essaye aussi d’être le plus rare possible et de ne pas participer à des émissions dans lesquelles je n’ai pas ma place.
On vous a beaucoup reproché de vous prendre pour Serge Gainsbourg… C’est stupide de penser que je puisse avoir ce genre de prétention ! C’est d’autant plus ridicule qu’étant de nature angoissée et hypocondriaque je n’arrive pas à rêver de reconnaissance ni de carrière. Quand Serge Gainsbourg était vivant, tout le monde lui crachait dessus. Je l’admire énormément et je sais qu’il était infiniment plus brillant que moi. Ce serait sclérosant d’essayer de lui ressembler. Vous verrez, bientôt on dira de tous les artistes qu’ils rêvent d’être Alain Bashung…
Etes-vous toujours aussi critique à l’égard de vos collègues ? Je suis connu pour avoir fait de grands reproches à mes congénères. En toute sincérité, c’était juste un acte pour que l’on me sorte de cette catégorie de nouvelle chanson française qui ne représente qu’un terme marketing. Par ailleurs, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Je ne voulais pas faire de la peine à la maman de Benabar mais je ne peux pas effacer ce que j’ai dit ni mentir en écrivant sur un blog que j’aime ses chansons. La vraie musique est un langage d’amour. Le reste c’est du bla-bla. J’aime Emilie Simon, Phoenix, etc. Par ailleurs, on oublie trop souvent que la scène c’est aussi l’orchestre national de Paris, les frères Belmondo, etc.
Vous êtes-vous réconcilié avec Christophe Willem ? Il n’a pas accepté mes critiques. Ces dernières étaient surtout destinées aux personnes qui lui ont proposé des chansons uniquement pour des raisons financières. Il a mal réagi et a dit beaucoup de choses sur moi. Si je le croise, je lui mettrai peut-être une gifle…
De belles chansons
Ce nouveau disque de Benjamin Biolay est une bonne surprise. Alors que sa musique n’était pas forcément toujours accessible, les chansons sont plus simples que celles de ses précédents opus. Si le premier CD reste assez sombre, le deuxième contient des airs plus dynamiques. Certes la majorité des textes peuvent sembler assez mélancoliques et introvertis mais l’artiste joue avec les mots. Qu’il soit ironique sur Assez parlé de moi ou qu’il se confie dans Jaloux de tout, l’ensemble s’écoute avec plaisir. Ce double album pourrait bien lui permettre de retrouver les faveurs du grand public. Edition France Soir du lundi 19 octobre 2009 page 24
http://www.francesoir.fr/musique/2009/10/19/benjamin-biolay.html
Dernière édition par liliane le Mar 20 Oct - 15:11, édité 1 fois |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 5114 Age: 59 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 20 Oct - 7:38 | |
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|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5862 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 20 Oct - 13:18 | |
| Benjamin Biolay - La Superbe Article de type Chronique publié dans le genre Variétés Françaises le 18/10/2009 par Philippe Barbot Benjamin Biolay, le dandy désabusé aux fairs de Droopy attachant revient avec un double album généreux et plein de classe. Prouvant ainsi, si besoin était, que son talent d'auteur-compositeur ne doit rien à personne.
Chapeau pour La Superbe. Dire de quelqu’un qu’il n’a rien perdu de sa superbe, c’est insinuer qu’il semble toujours aussi élégant et orgueilleux… Dans ce registre-là, le titre du nouvel et double album de Benjamin Biolay est judicieusement adéquat. Superbe, certes, au sens brillant du terme, ambitieux aussi, mais nullement présomptueux, quoique un brin arrogant.
A première écoute, on a l’impression que le dandy Biolay tente de refaire le coup du Melody Nelson de Gainsbourg, le grand classique de la pop poétique franco-anglaise du début des seventies : des nappes de cordes et de cuivres tournoyantes, une pincée d’électro-rock jazzifiante, et, surtout, ce parlé-chanté si caractéristique de feu l’homme à la tête de chou.
Une sorte d’opéra pop narré tout au long de vingt deux chansons enrichies de plages instrumentales à la densité lyrique, qui nous font voyager entre Paris, Lyon et Buenos Aires, évoquent aussi parfois Morrissey ou New Order, les anciennes gloires de Manchester.
Entre slam de fond et vagues mélancoliques, déambulations noctambules, vague à l’âme et vogue la galère, Benjamin le désabusé tisse une sorte de journal intime sculpté de courriers de rancœur et de complaintes du mal aimé, avec une nonchalance romantique qui ne réussit pas à masquer une véritable émotion.
Comme cette Brandt Rhapsody, co-chantée avec Jeanne Cherhal, qui décrit le lent effritement d’un couple à travers un échange de post-it collés sur le frigo, ou Ton héritage, jolie miniature pianistique dédiée à sa fille ; ou encore Jaloux de tout, errance symphonique sur les tourments de la jalousie, qui s’étale sur plus de sept minutes.
Biolay a visé haut. Qu’il est loin le temps où il façonnait un exotique Jardin d’hiver pour un Salvador pré retraité, fredonnait avec Chiara Mastroianni, chaperonnait sa petite sœur Coralie Clément ou fantasmait sur l’histoire de la famille Kennedy.
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|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5862 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 20 Oct - 13:28 | |
| Benjamin Biolay - La Superbe Article de type Chronique publié dans le genre Variétés Françaises le 18/10/2009 par Philippe Barbot Benjamin Biolay, le dandy désabusé aux fairs de Droopy attachant revient avec un double album généreux et plein de classe. Prouvant ainsi, si besoin était, que son talent d'auteur-compositeur ne doit rien à personne. Chapeau pour La Superbe. Dire de quelqu’un qu’il n’a rien perdu de sa superbe, c’est insinuer qu’il semble toujours aussi élégant et orgueilleux… Dans ce registre-là, le titre du nouvel et double album de Benjamin Biolay est judicieusement adéquat. Superbe, certes, au sens brillant du terme, ambitieux aussi, mais nullement présomptueux, quoique un brin arrogant. A première écoute, on a l’impression que le dandy Biolay tente de refaire le coup du Melody Nelson de Gainsbourg, le grand classique de la pop poétique franco-anglaise du début des seventies : des nappes de cordes et de cuivres tournoyantes, une pincée d’électro-rock jazzifiante, et, surtout, ce parlé-chanté si caractéristique de feu l’homme à la tête de chou. Une sorte d’opéra pop narré tout au long de vingt deux chansons enrichies de plages instrumentales à la densité lyrique, qui nous font voyager entre Paris, Lyon et Buenos Aires, évoquent aussi parfois Morrissey ou New Order, les anciennes gloires de Manchester. Entre slam de fond et vagues mélancoliques, déambulations noctambules, vague à l’âme et vogue la galère, Benjamin le désabusé tisse une sorte de journal intime sculpté de courriers de rancœur et de complaintes du mal aimé, avec une nonchalance romantique qui ne réussit pas à masquer une véritable émotion. Comme cette Brandt Rhapsody, co-chantée avec Jeanne Cherhal, qui décrit le lent effritement d’un couple à travers un échange de post-it collés sur le frigo, ou Ton héritage, jolie miniature pianistique dédiée à sa fille ; ou encore Jaloux de tout, errance symphonique sur les tourments de la jalousie, qui s’étale sur plus de sept minutes. Biolay a visé haut. Qu’il est loin le temps où il façonnait un exotique Jardin d’hiver pour un Salvador pré retraité, fredonnait avec Chiara Mastroianni, chaperonnait sa petite sœur Coralie Clément ou fantasmait sur l’histoire de la famille Kennedy. |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 779 Age: 58 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | |  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5862 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Jeu 22 Oct - 0:31 | |
| LA SUPERBE Vue par Pierre Derensy Volubilis Pour commencer, rectifions tout de suite une chose : « La Superbe » n’est pas le premier double album de Benjamin Biolay. Son complexe des grandeurs s’étant accompli sur la face B de « Négatif » lors de ses années de formations au métier d’artiste complet, n’ayons pas peur d’affirmer que celui-ci comporte 23 titres car, voyez-vous, le mot parfait, était bien trop imposant pour se contenter d’un seul disque. Il y manquerait le a, le i ou le t. Quand en plus on décide de l’appelle ainsi : « La Superbe » et qu’on a un peu de jugeote comme il doit en avoir, il faut être sur de son coup pour ne pas se couvrir de ridicule. Bien plus qu’une série de chansons merveilleuses dont aucune n’est à jeter, signalons que le disque est bien séparé en 2 pour une raison évidente : le premier prend aux tripes et le second aux couilles. On reconnaît les grands disques au fait qu’ils sont obligatoirement des reflets de nous dans la glace. Nos ombres de l’autre coté du miroir. Benjamin Biolay a toujours été doué pour parcourir nos vies, la sienne et celles de quelques autres.
Si l’on nous qualifie, encore une fois lui et moi plus ces quelques autres dont je ne veux entendre parler, de « romantique tourmenté », il faudra un jour nous rendre justice, se tourner pour excaver ses origines et regarder du coté des Smiths de l’autre coté de la Manche plutôt que de se contenter de suivre le cour de la Seine et les quelques allitérations gainsbourienne. Pour le coup, vu de chez nous, à peine peut-on admettre une filiation musicale avec Christophe pour planter un décor multicolore et savoir tenir un album de bout en bout avec tant d’atmosphères différentes, de rythmes foisonnants. A l’époque où l’on peut voyager vers les bouts du monde en mode économique : rien de surprenant à chercher des influences divers et variés, mais là, le fabuleux vient du fait qu’il n’y a pas de triches. Tout l’édifice tient debout. Crépusculaire ou radieux, victorieux puis rampant, expurgeant des fautes et cherchant la rédemption. Ambiance tellurique ou piano-voix. La musique qu’il compose, dirige, enregistre est un coup de trique qui se marie si bien avec le noir latex de ses textes. Biolay ou l’adepte du sens caché pour ne pas livrer un quota de mots, faire des clins d’œil du bord de terrain de jeu pour se rendre compte qu’il y a des strates de mélodies cachés. Même s’il n’y a pas de sentiment de revanche, revanche il y a : celle du talent qui éclabousse tout sur son passage et laissera des traces très longtemps.
Si vous pensiez tenir le catalogue définitif de la chanson française, prenez le temps de reclasser vos fiches et dites moi quel sommité pourrait éviter d’employer en exemple « L’Héritage » et « Reviens Mon Amour » deux titres de cet album, afin d’expliquer le mot «classe universelle » et « diversité gracieuse » pour parler d’un disque de musique. Raconter toute une vie via des post-it scotchés sur un frigidaire et rendre cela merveilleux : c’est peut être résumé là, cette génération qui nous englobe : lui, moi et les autres. Sachez qu’on peut se sentir heureux de se reconnaitre en lui plutôt qu’en Pascal Obispo.
Biolay vient de faire un monument. Je ne vais pas faire le tour de propriétaire pour vous vendre le produit fini. La maison où il nous invite est spacieuse, avec pleins de surprises. On sent bien que le propriétaire ouvre ses portes pour une collocation. Pour des solitaires se savoir plusieurs est déjà le comble du bonheur. Pierre Derensy superbe texte.
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|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5862 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Ven 23 Oct - 13:04 | |
| Benjamin Biolay chronique un amour déliquescent sur "La Superbe"
De Bénédicte REY (AFP) PADAM EXTRAIT PARIS — "J'ai senti très vite que c'était mission vérité et qu'il ne fallait surtout pas en dévier", raconte Benjamin Biolay, à propos de "La Superbe" un double album salué par la critique, où il chronique avec une honnêteté à la fois touchante et glaçante la déliquescence de l'amour. Sur ce cinquième album -- le premier chez le label indépendant Naïve --, Biolay creuse les thèmes qu'il abordait sur son précédent disque "Trash Yéyé" paru en 2007. "Pour moi +Trash Yéyé+ ne parlait quasiment que de sexe. Dans celui-là, il y a beaucoup d'amour physique, mais il parle du vrai amour, de la passion, avec tout ce que ça peut comporter de cruel, de glaçant", estime-t-il. Le chanteur y dissèque l'excitation des débuts, la lassitude qui s'installe, les petites lâchetés de la rupture, les remords et les fêlures. Certaines références agaceront ceux qui reprochent au musicien un côté germano-pratin, mais Biolay se montre sans concession sur lui-même lorsqu'il dissèque ses sentiments, comme sur l'émouvant "Ton héritage", inventaire des traits de caractère légués à son enfant tel un fardeau. "Dans ce disque, je me suis rendu compte très vite que c'était mission vérité, qu'il ne fallait surtout pas en dévier, ne pas me censurer. Les seuls moments un peu +artificiels+, c'est quand je sentais qu'il y avait trop de pathos, je mettais une petite connerie au passage, un truc presque obscène", dit-il. Ce disque est surtout une réussite musicale. Biolay y fait la démonstration de son talent de compositeur, capable d'explorer tous les styles. Parant ses chansons d'orchestrations raffinés, il enchaîne dans la fluidité pop-songs de facture anglo-saxonne, arrangements jazzy, paysages cinématographiques à la John Barry, touches d'électro et même incursions dans le rap. "J'avais besoin de revenir à de très vieilles amours comme la pop anglaise, parce que les premiers trucs que j'ai joué avec mon premier groupe c'était les Smiths, James, Joy Division, New Order. J'avais aussi envie de faire de la musique qui ressemble à ce que j'écoute chez moi", explique-t-il, citant Lil Wayne et Booba. "Le rap c'est ce que j'écoute le plus depuis très longtemps. C'est la musique qui accompagne ma vie, c'est aussi la musique qui est la plus loin possible dans l'absolu de ce que je fais", dit-il Ce double album, il a voulu le "monter un peu comme un film", tourné entre Paris, Lyon et Buenos Aires. Il est ponctué de petites saynètes où Biolay et la chanteuse Jeanne Cherhal lisent des petits mots qu'on imagine laissés sur la commode de l'entrée: billets amoureux, liste de courses, factures à payer, lettres de rupture... "J'ai fait une première partie avec un générique, un moment où ça démarre fort, une deuxième que négativement on pourrait qualifier de ventre mou -- il y a toujours ça dans les films, des moments très éthérés où se passent en fait les choses les plus importantes -- et une troisième partie où ça repart sur les chapeaux de roues jusqu'au final", détaille-t-il. Le cinéma est d'ailleurs de plus en plus présent dans la vie du musicien. Nommé aux Césars en 2009, il sera prochainement à l'affiche du film "La Meute" de Franck Richard, aux côtés de Yolande Moreau et Emilie Dequenne. "C'est quelque chose que je n'avais jamais envisagé, imaginé, désiré, et je prends un plaisir fou à le faire. Je le vis comme un immense bonheur sans nuage. Fort de mon expérience et des conneries que j'ai faites dans la musique, je ne réitère surtout pas les mêmes erreurs", sourit-il. |
|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5862 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Ven 23 Oct - 13:14 | |
| - Benjamin Biolay: "La Superbe" (Naïve). L'artiste fait partie des auteurs compositeurs et arrangeurs les plus demandés. Il a travaillé avec Juliette Gréco, Françoise Hardy, Julien Clerc, Elodie Frégé...Mais n'a pas encore réussi à trouver un large public, malgré des albums le plus souvent salués par la critique. Il tente cette fois l'aventure du double CD, dans lequel se côtoient plages instrumentales, chansons courtes et chansons longues non formatées. Un peu comme Serge Gainsbourg, il mélange avec beaucoup de talent quantité de styles sur lesquels ses textes parfois parlés-chantés prennent le dessus. Cet "opéra urbain" entre acoustique et électronique foisonne de références. Les Beatles. Mais aussi The Smiths ("Reviens mon amour"), New Order ("Prenons le large") ou encore Chet Baker pour le style et le texte ("La Toxicomanie"). Les thèmes évoqués ne sont pas très gais: la séparation, l'abandon, la fuite. Benjamin Biolay adresse aussi des clins d'oeil à Michel Legrand ("Ton héritage" dédié à sa fille) mais aussi à Alain Bashung. "Miss Catastrophe" résonne comme un bel hommage au tube de l'artiste disparu "Madame Rêve". Jeanne Cherhal le rejoint sur "Brandt Rhapsodie", une chanson désabusée sur l'usure du couple. En 2000, Benjamin Biolay s'était fait connaître grâce à son travail avec Keren Ann sur l'album "Chambre avec vue" qui avait signé le grand retour d'Henri Salvador, avant de publier son premier album "Rose Kennedy" en 2001. L'ex-époux de Chiara Mastroianni, avec qui il a eu une fille en 2003, mène de front une carrière de chanteur et d'acteur. En décembre, il sera à l'affiche de "La meute" de Franck Richard, aux côtés de Yolande Moreau et d'Emilie Dequenne. AP EDITION sortie albums le nouvel obs. |
|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5862 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Ven 23 Oct - 20:45 | |
| LA SUPERBE
On reste Dieu merci à la merci d'un conifère d'un silence inédit, d'une seule partie de jambes en l'air le soleil est assis du mauvais côté de la mer quelle aventure, quelle aventure on reste Dieu merci à la merci d'un abribus ne reste pas ici on entend sonner l'angélus le soleil et jauni, plus triste que le cirque Gruss quelle aventure, quelle aventure on reste Dieu merci à la merci d'un engrenage d'un verre de campari, du bon vouloir de l'équipage Paris est si petit quand on le regagne à la nage quelle aventure, quelle aventure
on flane, on flaire, on flaire la flamme singulière on gagne on perd, on perd la gagne, la superbe
On reste Dieu merci à la merci de l'amour crasse d'un simple démenti, d'une mauvaise vie d'une mauvaise passe le silence est aussi pesant qu'un porte-avion qui passe quelle aventure, quelle aventure on reste Dieu merci à la merci d'un sacrifice d'une mort à crédit, d'un préjugé, d'un préjudice le soleil s'enfuit comme un savon soudain qui glisse quelle aventure, quelle aventure
on flâne, on flaire, on flaire la flamme singulière On gagne on perd, on perd la gagne, la superbe
On reste Dieu merci a la merci d'un Numbutal du plafond décrêpi qu'on observe à l'horizontale le soleil est parti la neige tombe sur les dalles quelle aventure, quelle aventure on reste Dieu merci à la merci d'un lampadaire d'une douleur endormie, d'un chasse spleen un soir d'hiver la vieillesse ennemie reste la seule pierre angulaire quelle aventure, quelle aventure
on flâne, on flaire, on flaire la flamme singulière on perd on gagne, on perd la gagne, la superbe la superbe ....
On reste Dieu merci à la merci d'une étincelle quelque part à Paris, au fin fond du bar d'un hôtel des la prochaine vie, jurer de se rester fidèles quelle aventure, quelle aventure la superbe, la superbe, la superbe quelle aventure.
Benjamin Biolay 2009
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|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5862 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Ven 23 Oct - 22:17 | |
| Benjamin Biolay, salutaire noirceur
Olivier Horner  Le Français voit double: deux disques et vingt-deux titres pour une subtile épopée sentimentale. Une épopée sentimentale et existentialiste. Avec La Superbe, Benjamin Biolay laisse dériver ses états d’âme en vingt-deux étapes singulières. Pour son cinquième album studio – sans compter le Home (2004) cosigné avec son ex-muse Chiara Mastroianni – le Français de 36 ans a ambitieusement vu double. Deux disques pour des digressions mélodiques et lexicales multiples, où la noirceur se mêle à des climats de torpeur, où les simples doutes côtoient les grandiloquentes déroutes quand bien même surgissent çà et là des flammes passionnelles et des lueurs d’espoir. Moins sombre et cru que le déjà très accompli Trash Yéyé (2007), La Superbe excelle à instaurer de délétères atmosphères, de lumineuses noirceurs et des méandres mélodiques pop inouïs. L’ensemble souvent rehaussé par ces cordes sanglotantes si chères à Biolay depuis sa magistrale et élégante entrée en matière voilà huit ans au fil de Rose Kennedy. LE TEMPS |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 5114 Age: 59 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Sam 24 Oct - 19:08 | |
| L'orgie haut de gamme de Benjamin Biolay Par lilianmass, jeudi 22 octobre 2009 à 15:37
Revenu des doutes, et des ses certitudes, l’ex bellâtre Biolay s’achète un prénom sur « La superbe » double album tourmenté et chanté comme jamais, qui mérite l’automne.__
On n’y croyait plus. Trop longtemps Biolay nous promit des merveilles dont ne devinait que des monts, et encore, de ces monts chauves le plus souvent, de plus en plus souvent, pas des cimes enneigées d’altitude respectable. Trop longtemps que le beau jeune homme enfumé se la racontait en prenant la pose, toutes les poses, au bras de ses conquêtes raffinées et célèbres. Trop longtemps que Biolay se dissimulait derrière l’étiquette « nouveau Gainsbourg » à laquelle venait de succéder l’étiquette « nouveau chanteur engagé » qui le plaçait plus aux côtés d’un Cali que d’un Bashung. On n’y croyait plus et lui non plus, d’ailleurs : toute conviction absente de son avant désormais avant dernier album « Trash yéyé », triste et fade comme un 0-0 du mois d’août. Et puis soudain Biolay se fit discret. Pour tout dire, il avait un peu disparu des sons, depuis quelques temps, aussi mystérieusement que certains mannequins chutent des podiums, la cheville fragile. Biolay n’était plus nulle part. ni grand espoir ni ancienne vedette, ni gendre idéal ni amant de Chiara. Biolay ne se dissimulait plus dans aucun rond de fumée, toute dissipée, toute avalée. Aucun nouvel album ne se faisait attendre, pas plus que le soleil au mois de novembre. Comme on n’attend plus rien de Miossec, devenu sobre, trop sobre, on ne guettait plus le nouveau Biolay avec impatience. Tout charme rompu, la partie semblait jouée d’avance : ce serait sans doute pas mal, sans plus. Tempéré, comme d’habitude. Moyen. Et puis, La superbe. Toute la superbe. Toute sa superbe retrouvée, enfin. Les jupes de Rose Kennedy retroussées à nouveau, mais plus haut, bien plus haut, vers ces fameux sommets qu’on ne soupçonnait plus. La superbe. Double disque, double break, double scotch qui nous colle, nous fixe, nous accroche au point de ne plus souhaiter, jamais, redescendre. Double CD comme avant on produisait des doubles albums, blancs ou autres. Ambitieux format, à la hauteur d’une mélancolie magique, d’un revenu de tout merveilleux, d’un retour sur terre mouvementé, d’un retour sur soi sans fard. Biolay à nu, Benjamin en plein, dans le mille, chez lui, à travers lui, sans elle. Bashung n’aurait sans doute pas renié cet album de rupture là, raffiné et précis, tendu, grave et brillant. Plus fort encore, Biolay s’invente une voix, un chant enfin, celui d’un Benjamin au clair, audible, plus dissimulé derrière une fumée trop esthétique toc jusque là, trop poseuse pour être sincère. Benjamin audible, beau oui comme Biolay, qui ensorcelle et convainc du début à la fin sans fausse note, aucune, sans baisse de régime, sans moment faible. Décisif au centre du terrain, dans l’entrejeu jusque dans la surface de réparation. Le match plein, référence, d’un jeune homme aux illusions sinon perdues du moins envolées pour beaucoup, envolées au loin mais brillamment ravalées, façades éclatantes quand même, art déco ou classiques classe, baroques ou rococo, grotesques et brutes, devantures brillantes, inévitables, insurpassables. On n’y croyait plus et on n’en revient pas : BB tient enfin ses promesses. Alors aujourd’hui comme hier on lui dira qu’il est très beau, bien sûr, mais aujourd’hui plus qu’hier lui, lui, lui, ne nous croira pas trop.
http://lmassoulier.lejdd.fr/2009/10/22/40-l-orgie-haut-de-gamme-de-benjamin-biolay |
|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 5862 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Sam 24 Oct - 23:43 | |
| Benjamin Biolay | La Superbe | critique22 octobre 2009 biolay la superbestarAurait il enfin touché les anges, notre Benjamin Biolay national ? Possible si on écoute son nouvel album La Superbe, opus trempé d’émotions et affublé d’une production de haute volée. Une exploration quasi autobiographique d’une carrière débutée il y a maintenant quasiment 15 ans et parsemée d’albums personnels, de participations, de projets annexes; un parcours dicté par l’instinct plutôt que par l’obligation, qui penche cette fois çi vers la bande originale de film et la nostalgie pour illustrer une nouvelle fois et de la plus belle des manières un dilettantisme que l’on jugera génial ou crispant, voire les deux, mais surtout remarquablement illustré par une osmose musique / textes qui approche aujourd’hui la perfection. D’un côté, des influences new age pour des morceaux enlevés – synthétiseurs et voix traitées à la réverb’, rythmique et guitares énergiques voire pressées – véritables peintures d’une vie passée, inaccessible, que l’on poursuit indéfiniment. De l’autre, des pièces à l’ambiance cotonneuse, portées par des cordes célestes et perchées très haut dans les nuages de l’inconscient et du désir. Des souvenirs, des oeuvres qui rappellent Ennio Morricone Ton Héritage, Gainsbourg pour le road movie personnel Tu Es Mon Amour ou le très jazz Toxicomanie, des airs de poésie égarée façon Miossec sans Viser personne, de la chanson réaliste façon écriture hip pop Brandt Rhapsodie, une structure et un chant clins d’oeil à Bashung Prenons Le Large… Il ne manque pas grand chose, sinon rien à ce double haut de gamme, objet rare, moderne, touchant par sa sincérité, consécration d’une carrière riche en fausse routes magnifiques et contre-pieds, que l’on salue aujourd’hui comme il se doit. Du grand art.laurelld, magazine francophone de critique musicale |
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